Évangile selon Matthieu 23​:​1-39

23  Puis Jésus dit à la foule et à ses disciples :  « Les scribes et les pharisiens se sont assis sur le siège de Moïse.  Faites donc tout ce qu’ils vous disent, mais n’agissez pas comme eux, car ils ne font pas ce qu’ils disent+.  Ils préparent* de lourdes charges et les mettent sur les épaules des gens+, mais eux-​mêmes ne veulent pas les bouger du doigt+.  Tout ce qu’ils font, ils le font pour être remarqués par les hommes+. Par exemple, ils agrandissent les boîtes qui contiennent des passages des Écritures et qu’ils portent pour se protéger+, et ils allongent les franges de leurs vêtements+.  Ils aiment la place la plus en vue dans les repas et les premiers sièges dans les synagogues+.  Ils aiment être salués sur les places de marché et être appelés Rabbi par les hommes.  Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi, car vous n’avez qu’un seul Enseignant+, et vous êtes tous frères.  De plus, n’appelez personne sur la terre votre père, car vous n’avez qu’un seul Père+ : celui qui est au ciel. 10  Ne vous faites pas non plus appeler chefs, car vous n’avez qu’un seul Chef : le Christ+. 11  Mais le plus grand parmi vous doit être votre serviteur+. 12  Celui qui s’élève sera humilié+, et celui qui s’humilie sera élevé+. 13  « Malheur à vous, scribes et pharisiens ! Hypocrites ! Parce que vous fermez la porte du royaume des cieux devant les hommes. Vous, vous n’entrez pas, et ceux qui veulent entrer, vous les en empêchez+. 14  —— 15  « Malheur à vous, scribes et pharisiens ! Hypocrites+ ! Parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand il l’est devenu, vous faites de lui quelqu’un qui mérite deux fois plus que vous d’aller dans la géhenne. 16  « Malheur à vous, guides aveugles+ ! Parce que vous dites : “Si quelqu’un jure par le Temple, ce n’est rien. Mais si quelqu’un jure par l’or du Temple, il doit tenir sa promesse+.” 17  Fous et aveugles ! Qu’est-​ce qui est le plus important : l’or ou le Temple qui a sanctifié cet or ? 18  Vous dites aussi : “Si quelqu’un jure par l’autel+, ce n’est rien. Mais si quelqu’un jure par l’offrande qui est dessus, il doit tenir sa promesse.” 19  Aveugles ! Qu’est-​ce qui est le plus important : l’offrande ou l’autel qui sanctifie cette offrande ? 20  Donc, celui qui jure par l’autel jure à la fois par lui et par tout ce qui est dessus, 21  celui qui jure par le Temple jure à la fois par lui et par celui qui l’habite+ 22  et celui qui jure par le ciel jure à la fois par le trône de Dieu et par celui qui est assis dessus+. 23  « Malheur à vous, scribes et pharisiens ! Hypocrites ! Parce que vous donnez le dixième de la menthe, de l’aneth et du cumin+, mais que vous avez laissé de côté les points les plus importants* de la Loi, c’est-à-dire la justice+, la miséricorde+ et la fidélité*. Il fallait donner ces choses sans laisser de côté les autres+. 24  Guides aveugles+ ! Vous filtrez le moucheron+, mais vous avalez le chameau+. 25  « Malheur à vous, scribes et pharisiens ! Hypocrites ! Parce que vous nettoyez* l’extérieur de la coupe et du plat+, mais qu’à l’intérieur ils sont pleins d’avidité*+ et d’envies non maîtrisées+. 26  Pharisien aveugle, nettoie d’abord l’intérieur de la coupe et du plat pour que l’extérieur aussi devienne propre*. 27  « Malheur à vous, scribes et pharisiens ! Hypocrites+ ! Parce que vous ressemblez à des tombes blanchies+, qui paraissent belles à l’extérieur, mais qui à l’intérieur sont pleines d’ossements et de toutes sortes d’impuretés. 28  De même, extérieurement vous paraissez justes, mais intérieurement vous êtes pleins d’hypocrisie et de mépris pour la loi+. 29  « Malheur à vous, scribes et pharisiens ! Hypocrites+ ! Parce que vous construisez les tombes des prophètes et décorez les tombes des justes+, 30  et vous dites : “Si nous avions vécu à l’époque de nos ancêtres, nous ne nous serions pas associés à eux pour tuer les prophètes.” 31  Donc, vous témoignez contre vous-​mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes+. 32  Eh bien, comblez donc la mesure de vos ancêtres. 33  « Serpents, fils de vipères+, comment pourrez-​vous échapper au jugement de la géhenne+ ? 34  C’est pourquoi je vous envoie des prophètes+, des sages et des enseignants+. Certains, vous les tuerez+ et vous les attacherez au poteau*, et d’autres, vous les fouetterez+ dans vos synagogues et vous les persécuterez+ de ville en ville, 35  afin que retombe sur vous tout le sang juste répandu sur la terre, depuis le sang du juste Abel+ jusqu’au sang de Zacharie fils de Barakia, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel+. 36  Vraiment je vous le dis, cette génération sera punie pour tout cela. 37  « Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés+ ! Combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu+. 38  Voyez ! Votre maison vous est abandonnée+. 39  Car je vous dis que vous ne me verrez plus, à partir de maintenant et jusqu’à ce que vous disiez : “Béni est celui qui vient au nom de Jéhovah+ !” »

Notes

Ou « attachent ».
Litt. « les choses qui ont le plus de poids dans ».
Ou « foi ».
Ou « purifiez ».
Ou « du produit de vos pillages (vols) ».
Ou « pur ».
Ou « exécuterez ».

Notes d'étude

se sont assis sur le siège de Moïse : Ou « se sont attribué la place de Moïse », en affirmant avec présomption qu’ils ont, comme Moïse, l’autorité pour interpréter la loi de Dieu.

lourdes charges : Cette expression se rapporte manifestement aux règles et aux traditions orales qui étaient pesantes pour le peuple.

ne veulent pas les bouger du doigt : Cela signifie sans doute que les chefs religieux n’étaient pas disposés à supprimer la moindre règle, et donc à soulager ceux à qui ils imposaient de lourdes charges.

les boîtes qui contiennent des passages des Écritures et qu’ils portent pour se protéger : Litt. « leurs phylactères ». Ces petites boîtes en cuir renfermaient quatre passages de la Loi (Ex 13:1-10, 11-16 ; Dt 6:4-9 ; 11:13-21). Certains hommes juifs les portaient sur le front et le bras gauche. Cette pratique tire son origine d’une interprétation littérale du commandement que Dieu avait donné aux Israélites en Ex 13:9, 16 ; Dt 6:8 ; 11:18. Jésus a condamné les chefs religieux parce qu’ils agrandissaient ces boîtes pour impressionner les autres et qu’ils les considéraient à tort comme des porte-bonheur, ou des amulettes, capables de les protéger.

allongent les franges : En Nb 15:38-40, Dieu a ordonné aux Israélites de faire des franges à leurs vêtements. Mais pour se faire remarquer, les scribes et les pharisiens faisaient à leurs vêtements des franges plus longues que tous les autres.

premiers sièges : Ou « meilleurs sièges ». Apparemment, les présidents de la synagogue et les invités de marque s’asseyaient près des rouleaux des Écritures, là où toute l’assemblée pouvait les voir. Ces places d’honneur étaient probablement réservées aux personnages importants.

places de marché : Ou « lieux d’assemblée ». Le mot grec agora désigne ici un espace découvert où l’on se retrouvait pour vendre et acheter, et où l’on tenait des réunions publiques. Il y avait des places de marché dans les villes, grandes et petites, du Proche-Orient ancien et du monde gréco-romain.

Rabbi : Ce mot signifie littéralement « mon grand » ; il dérive du mot hébreu rav, qui signifie « grand ». Dans l’usage courant, « rabbi » avait le sens d’« enseignant » (Jean 1:38), mais avec le temps on s’est mis à l’employer comme titre honorifique. Des hommes instruits, des scribes et des enseignants de la Loi exigeaient qu’on les appelle par ce titre.

père : Dans ce verset, Jésus interdit d’appliquer à un humain le terme « père » comme titre honorifique, formel ou religieux.

Christ : Le titre « Christ », qui vient du grec Khristos, et le titre « Messie » (de l’hébreu mashiaḥ) sont équivalents : ils signifient tous les deux « oint ». À l’époque biblique, on désignait officiellement quelqu’un comme dirigeant en l’oignant avec de l’huile.

le Christ : Ici, dans le texte grec, le titre « Christ » est précédé de l’article défini. C’est de toute évidence une manière de mettre l’accent sur la fonction de Messie qu’occupe Jésus.

chefs : Ou « guides », « conducteurs ». Le mot grec employé ici est un synonyme du mot qui est utilisé au verset 8 et qui est traduit par « Enseignant ». Dans ce contexte, il désigne des hommes qui donnent une direction et des instructions, des guides spirituels. Il était probablement employé comme titre religieux.

Chef : Aucun humain imparfait ne peut être le Chef spirituel des vrais chrétiens ; seul Jésus est en droit de porter ce titre (voir note d’étude sur chefs dans ce verset).

le Christ : En grec, le titre qui est traduit par « Christ », mot qui signifie « oint », est précédé ici de l’article défini. C’est une façon de montrer que Jésus est le Messie promis, celui qui a été oint pour un rôle particulier (voir notes d’étude sur Mt 1:1 et 2:4).

serviteur : Ou « ministre ». La Bible utilise souvent le mot grec diakonos pour désigner une personne qui, sans relâche, se dépense humblement au service des autres. Ce mot est utilisé pour parler de Christ (Rm 15:8), des ministres ou serviteurs de Christ (1Co 3:5-7 ; Col 1:23), des assistants dans l’assemblée (Php 1:1 ; 1Tm 3:8), ainsi que des domestiques (Jean 2:5, 9) et des fonctionnaires (Rm 13:4) [voir lexique à « ministre »].

serviteur : Ou « ministre » (voir note d’étude sur Mt 20:26).

hypocrites : Le mot grec hupokritês désignait au départ les acteurs de théâtre grecs (et plus tard romains) qui portaient de grands masques conçus pour amplifier leur voix. Avec le temps, ce mot en est venu à être utilisé dans un sens métaphorique pour parler d’une personne qui cache ses véritables intentions ou sa personnalité en utilisant la tromperie ou en jouant la comédie. Ici, Jésus applique le terme « hypocrites » aux chefs religieux juifs (Mt 6:5, 16).

Malheur à vous : Première des sept malédictions que Jésus prononce à l’encontre des chefs religieux de son époque, et dans lesquelles il les qualifie d’hypocrites et de guides aveugles.

Hypocrites : Voir note d’étude sur Mt 6:2.

vous fermez la porte du royaume des cieux : Litt. « vous fermez le royaume des cieux », c’est-à-dire qu’ils empêchent les gens d’y entrer.

Dans quelques manuscrits, on lit à cet endroit : « Malheur à vous, scribes et pharisiens ! Hypocrites ! Parce que vous dévorez les maisons des veuves et que pour l’apparence vous faites de longues prières ; à cause de cela, vous recevrez un jugement plus abondant. » Mais les manuscrits les plus anciens et qui font le plus autorité ne contiennent pas ce verset. Par contre, des paroles similaires, qui font partie du texte inspiré, figurent en Mc 12:40 et en Lc 20:47 (voir app. A3).

converti : Litt. « prosélyte ». Le mot grec prosêlutos désigne un Gentil qui s’est converti au judaïsme, ce qui impliquait pour les hommes de se faire circoncire.

quelqu’un qui mérite [...] d’aller dans la géhenne : Litt. « un fils de géhenne », c’est-à-dire quelqu’un qui mérite la destruction éternelle (voir lexique à « géhenne »).

Fous et aveugles ! : Ou « fous aveugles ! ». Dans la Bible, le terme « fou » désigne généralement quelqu’un qui rejette la raison avec mépris et qui adopte une conduite dénuée de sens moral et opposée aux principes justes de Dieu.

dixième de la menthe, de l’aneth et du cumin : Sous la Loi mosaïque, les Israélites devaient donner la dîme, ou le dixième de leurs récoltes (Lv 27:30 ; Dt 14:22). La Loi n’ordonnait pas explicitement de donner le dixième d’herbes comme la menthe, l’aneth ou le cumin. Mais Jésus n’a pas remis en cause cette tradition. Il a plutôt reproché aux scribes et aux pharisiens de se concentrer sur des détails mineurs de la Loi, alors qu’ils en négligeaient les points fondamentaux, comme la justice, la miséricorde et la fidélité.

Vous filtrez le moucheron, mais vous avalez le chameau : Le moucheron faisait partie des plus petits êtres vivants impurs connus des Israélites, et le chameau des plus grands (Lv 11:4, 21-24). Jésus utilise ici une hyperbole teintée d’ironie ; il dit que les chefs religieux filtrent leurs boissons pour éviter d’avaler un moucheron, et donc de se rendre impurs du point de vue rituel, alors qu’ils laissent complètement de côté les points les plus importants de la Loi, ce qui revient en quelque sorte à avaler un chameau.

tombes blanchies : En Israël, on avait l’habitude de blanchir les tombes pour éviter aux passants de les toucher accidentellement et de se rendre ainsi impurs du point de vue rituel (Nb 19:16). D’après la Mishna (Chekalim 1:1), on blanchissait les tombes chaque année, un mois avant la Pâque. Jésus a utilisé cette métaphore pour illustrer l’hypocrisie des chefs religieux.

mépris de la loi : En grec, le mot utilisé ici emporte l’idée de transgression et de mépris des lois ; les gens se comporteraient donc comme s’il n’y avait pas de lois. Dans la Bible, ce mot se rapporte au mépris des lois de Dieu (Mt 7:23, note ; 2Co 6:14 ; 2Th 2:3-7 ; 1J 3:4).

mépris pour la loi : Voir note d’étude sur Mt 24:12.

tombes : Ou « tombes de souvenir » (voir lexique à « tombe de souvenir »).

comblez [...] la mesure de vos ancêtres : Ou « achevez ce que vos ancêtres ont commencé ». Cette expression idiomatique signifie littéralement « compléter une mesure que quelqu’un a commencé à remplir ». Mais ici, Jésus n’ordonne pas aux chefs juifs de finir ce que leurs ancêtres ont commencé. En fait, avec ironie, il leur annonce qu’ils vont le tuer, tout comme leurs ancêtres ont tué les prophètes de Dieu d’autrefois.

géhenne : Ce terme vient de l’expression hébraïque gé hinnom, qui signifie « vallée de Hinnom ». Cette vallée s’étendait au S et au SO de Jérusalem (voir app. B12, carte « Jérusalem et ses environs »). Au temps de Jésus, cette vallée était devenue un lieu où l’on brûlait les déchets. Le mot « géhenne » convenait donc bien pour symboliser la destruction totale (voir lexique).

Serpents, fils de vipères : Satan, « le serpent originel » (Ré 12:9), est spirituellement parlant le père des opposants au vrai culte. Jésus qualifie donc à juste titre ces chefs religieux de « serpents » et de « fils de vipères » (Jean 8:44 ; 1J 3:12). Ils infligeaient des blessures spirituelles mortelles à ceux qui étaient exposés à leur méchanceté. Jean le Baptiseur a lui aussi utilisé l’expression « fils de vipères » (Mt 3:7).

géhenne : Voir note d’étude sur Mt 5:22 et lexique.

enseignants : Ou « instructeurs publics », « personnes instruites ». Le mot grec grammateus est rendu par « scribe » lorsqu’il désigne des enseignants de la Loi. Mais ici, Jésus parle de ses disciples, qui vont être envoyés vers les autres pour les enseigner.

synagogues : Voir lexique à « synagogue ».

depuis le sang du juste Abel jusqu’au sang de Zacharie : Cette expression de Jésus englobait tous les témoins de Jéhovah qui ont été assassinés et dont parlent les Écritures hébraïques, depuis Abel, mentionné dans le premier livre (Gn 4:8), jusqu’à Zacharie, mentionné en 2Ch 24:20, les Chroniques étant le dernier livre du canon juif traditionnel. Donc, quand Jésus a dit ‘depuis Abel jusqu’à Zacharie’, cela signifiait « depuis le tout premier meurtre jusqu’au dernier ».

fils de Barakia : D’après 2Ch 24:20, ce Zacharie était « fils du prêtre Joad ». Certains ont émis l’idée que Joad portait deux noms différents, comme c’est le cas d’autres personnages de la Bible (comparer Mt 9:9 avec Mc 2:14), ou bien que Barakia était le grand-père de Zacharie ou un ancêtre plus éloigné.

que vous avez assassiné : Même si ces chefs religieux juifs n’avaient pas tué Zacharie de leurs propres mains, Jésus les tenait pour responsables parce qu’ils avaient la même tendance au meurtre que leurs ancêtres (Ré 18:24).

entre le sanctuaire et l’autel : Selon 2Ch 24:21, Zacharie a été assassiné « dans la cour du temple de Jéhovah ». L’autel des holocaustes se trouvait dans la cour intérieure, hors du sanctuaire et face à l’entrée de celui-ci (voir app. B8). L’endroit où Jésus situe cet épisode correspondrait à la zone entre l’entrée du sanctuaire et l’autel des holocaustes.

Vraiment : Grec amên. Ce mot grec est une transcription de l’hébreu ʼamén, qui signifie « qu’il en soit ainsi » ou « certainement ». Jésus utilise fréquemment cette expression pour introduire une affirmation, une promesse ou une prophétie, soulignant ainsi leur véracité et leur fiabilité absolues. Cette façon qu’avait Jésus d’employer le terme « vraiment », ou « amen », est semble-​t-​il unique dans la littérature sacrée. Quand Jésus répète le mot grec deux fois (amên amên), comme c’est le cas tout au long de l’Évangile selon Jean, l’expression est traduite par « oui, [...] c’est la vérité » (voir note d’étude sur Jean 1:51).

Vraiment : Voir note d’étude sur Mt 5:18.

Jérusalem, Jérusalem : D’après Lc 13:34, Jésus a fait une déclaration quasi identique quelque temps plus tôt en Pérée. La déclaration rapportée en Mt 23:37 a été faite par Jésus le 11 nisan, au cours de la dernière semaine de son ministère terrestre (voir app. A7).

voyez : Le mot grec idou, traduit ici par « voyez », est souvent utilisé pour attirer l’attention sur ce qui suit et inciter le lecteur à s’imaginer la scène ou à s’arrêter sur un détail du récit. Il permet aussi de produire une accentuation ou d’introduire une information nouvelle ou surprenante. Ce mot grec a été rendu de différentes manières en fonction du contexte et, dans certains cas, il n’a pas été traduit. Les livres des Écritures grecques chrétiennes qui emploient le plus ce terme sont les Évangiles de Matthieu et de Luc et le livre de la Révélation. Une expression équivalente est souvent utilisée dans les Écritures hébraïques.

Voyez ! : Voir note d’étude sur Mt 1:20.

maison : C.-à-d. le Temple.

vous est abandonnée : Certains manuscrits anciens ajoutent le mot grec qui signifie « déserte ». La phrase pourrait donc être rendue ainsi : « Votre maison vous est laissée déserte. »

Jéhovah : En Ps 118:26, qui est cité ici, le nom divin, représenté par quatre consonnes hébraïques (translittérées par YHWH), figure dans le texte hébreu original (voir app. C).

Documents multimédias

Boîte qui contient des passages des Écritures, ou phylactère
Boîte qui contient des passages des Écritures, ou phylactère

Un phylactère est une petite boîte en cuir contenant des bandelettes de parchemin sur lesquelles sont inscrits quatre passages des Écritures, à savoir Ex 13:1-10, 11-16 ; Dt 6:4-9 ; 11:13-21. Quelque temps après le retour des Juifs exilés à Babylone, les hommes ont pris l’habitude de porter des boîtes contenant des passages des Écritures pendant la prière du matin, sauf les jours de fête et le sabbat. La photo montre un phylactère datant du 1er siècle de n. è. Il a été découvert dans une des grottes de Qumran. Le dessin montre à quoi pouvait ressembler un phylactère tout neuf.

Synagogue du 1er siècle
Synagogue du 1er siècle

Cette reconstitution intègre des éléments architecturaux d’une synagogue du 1er siècle découverte à Gamala, à une dizaine de kilomètres au NE de la mer de Galilée. Elle permet de savoir à quoi pouvait ressembler une synagogue à l’époque.

Les premiers sièges dans les synagogues
Les premiers sièges dans les synagogues

La reconstitution présentée dans cette vidéo a été effectuée notamment à partir des ruines de la synagogue de Gamala, une ville située à 10 km au NE de la mer de Galilée. Il n’existe aujourd’hui aucune synagogue du 1er siècle qui soit restée intacte ; on n’a donc aucune certitude quant à leur configuration précise. La synagogue présentée dans cette vidéo comporte des éléments qui étaient sans doute présents dans beaucoup de synagogues de cette époque.

1. Les premiers, ou meilleurs, sièges de la synagogue. Ils étaient situés sur l’estrade ou tout près de celle-ci.

2. L’estrade depuis laquelle on lisait les Saintes Écritures. L’emplacement de l’estrade pouvait varier d’une synagogue à l’autre.

3. Les places situées le long des murs. Elles étaient peut-être occupées par ceux qui avaient une certaine position dans la société. Les autres s’asseyaient sans doute sur des nattes posées à même le sol. Dans la synagogue de Gamala, il y avait apparemment quatre rangées de gradins.

4. L’arche, une sorte d’armoire ou de coffre, dans laquelle on conservait les rouleaux sacrés. Elle pouvait se trouver contre le mur du fond.

L’attribution des places à la synagogue rappelait constamment à ceux qui étaient présents que certains avaient une position plus élevée que d’autres, sujet qui a souvent fait débat parmi les disciples de Jésus (Mt 18:1-4 ; 20:20, 21 ; Mc 9:33, 34 ; Lc 9:46-48).

Les places en vue dans les repas
Les places en vue dans les repas

Au 1er siècle, il était courant qu’on s’étende à table lors du repas. On s’appuyait sur le coude gauche, posé sur un coussin, et on mangeait de la main droite. Dans la culture gréco-romaine, la salle à manger comportait généralement trois divans disposés autour d’une table basse. Les Romains appelaient ce genre de salle à manger un triclinium (mot latin dérivé d’un mot grec qui signifie « salle à manger avec trois divans »). Habituellement, cet agencement permettait d’accueillir neuf personnes, trois sur chaque divan. Mais avec le temps, on s’est mis à utiliser des divans plus grands, sur lesquels plus de monde pouvait s’étendre. On avait coutume d’attribuer à chaque place dans la salle à manger un niveau d’honneur différent. On attribuait à un divan (A) le niveau d’honneur le plus bas, à un autre (B) le niveau moyen, et au dernier (C) le niveau le plus haut. On donnait aussi aux places sur le divan un niveau d’honneur différent : on considérait qu’un convive était supérieur à son voisin de droite et inférieur à son voisin de gauche. Lors d’un banquet officiel, l’hôte s’asseyait généralement à la première place (1) sur le divan ayant le niveau d’honneur le plus bas. La place d’honneur se situait sur le divan du milieu, en troisième position (2). On ne sait pas dans quelle mesure les Juifs avaient adopté cette coutume, mais Jésus y a manifestement fait allusion quand il a enseigné à ses disciples la nécessité d’être humble.

La vallée de Hinnom (géhenne)
La vallée de Hinnom (géhenne)

La vallée de Hinnom, appelée en grec géénna, était un ravin situé au S et au SO de Jérusalem. Au temps de Jésus, elle était devenue un lieu où l’on brûlait les déchets, ce qui en faisait un symbole approprié de destruction totale.

La vallée de Hinnom aujourd’hui
La vallée de Hinnom aujourd’hui

1) La vallée de Hinnom, appelée « géhenne » dans les Écritures grecques chrétiennes. 2) Le mont du Temple. C’est là que se trouvait le temple juif au 1er siècle. Aujourd’hui, l’édifice le plus imposant sur le mont du Temple est le sanctuaire musulman qu’on appelle le dôme du Rocher (voir carte de l’appendice B12).

Menthe, aneth et cumin
Menthe, aneth et cumin

Depuis l’Antiquité, la menthe est utilisée en médecine et pour aromatiser la nourriture. Le mot grec hêduosmon, qu’on traduit par « menthe » (littéralement « à l’odeur agréable »), englobait probablement les différentes espèces de menthe connues en Israël et en Syrie, y compris la menthe sauvage (Mentha longifolia), qui est très courante. L’aneth (Anethum graveolens) est cultivé pour ses graines aromatiques, qui sont très appréciées en cuisine comme condiment, mais aussi en médecine comme remède contre les maux d’estomac. Le cumin (Cuminum cyminum), une plante de la famille de la carotte et du persil, est surtout réputé pour ses graines au goût relevé, qui sont utilisées au Moyen-Orient et dans d’autres pays comme épice pour parfumer le pain, les gâteaux, les plats en sauce et les boissons alcoolisées.

Chameau d’Arabie
Chameau d’Arabie

À l’époque de Jésus, le chameau était le plus grand des animaux domestiques de la région. Le chameau d’Arabie, ou dromadaire, (Camelus dromedarius) — sans doute le chameau dont il est généralement question dans la Bible — n’a qu’une bosse. La première fois que la Bible parle du chameau, c’est dans l’épisode où Abraham a séjourné en Égypte et a acquis un certain nombre de ces bêtes de somme (Gn 12:16).

Vipère à cornes
Vipère à cornes

Jean le Baptiseur et Jésus ont tous les deux qualifié les scribes et les pharisiens de « fils de vipères », parce que les blessures spirituelles qu’ils infligeaient étaient comme un venin mortel pour les gens sans méfiance (Mt 3:7 ; 12:34). La photo présente une vipère à cornes (Cerastes cerastes, ou Cerastes cornutus), reconnaissable aux petites cornes pointues qu’elle a au-dessus des yeux. On trouve en Israël d’autres vipères dangereuses, comme la vipère ammodyte (Vipera ammodytes), dans la vallée du Jourdain, et la vipère de Palestine (Vipera palaestina).

Fouet
Fouet

Le plus terrible instrument utilisé pour fouetter quelqu’un était appelé en latin flagellum. Il était formé d’un manche auquel étaient fixées plusieurs cordes ou lanières en cuir. On alourdissait ces lanières avec des morceaux d’os ou de métal tranchants pour rendre les coups plus douloureux.

Poule avec ses poussins
Poule avec ses poussins

Jésus a dépeint une scène touchante dans laquelle il a comparé son souci bienveillant pour les habitants de Jérusalem à l’attitude protectrice d’une poule qui abrite ses petits sous ses ailes. Cet exemple, de même que celui où Jésus a parlé d’un fils qui demande un œuf à son père (Lc 11:11, 12), montre que les poules domestiques étaient très répandues au 1er siècle, en Israël. Le mot grec ornis, qui est utilisé en Mt 23:37 et en Lc 13:34, peut en réalité désigner n’importe quel oiseau, sauvage ou domestiqué. Mais on pense que, dans ces versets, il est question d’une poule, l’oiseau de basse-cour le plus répandu et le plus utile à l’époque.