Évangile selon Luc 11​:​1-54

11  Un jour, il priait à un certain endroit. Quand il eut fini, un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-​nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. »  Alors il leur dit : « Quand vous priez, dites : “Père, que ton nom soit sanctifié+. Que ton royaume vienne+.  Donne-​nous chaque jour le pain dont nous avons besoin pour la journée+.  Pardonne-​nous nos péchés+, car nous aussi nous pardonnons à tous ceux qui pèchent contre nous+. Et ne nous fais pas entrer en tentation+.” »  Puis il leur dit : « Imaginez que l’un de vous aille chez un ami à minuit et lui dise : “Mon ami, prête-​moi trois pains,  parce qu’un de mes amis qui est en voyage vient d’arriver chez moi et je n’ai rien à lui offrir.”  Et de l’intérieur, il répond : “Laisse-​moi tranquille. La porte est déjà verrouillée, et mes enfants et moi sommes au lit. Je ne peux pas me lever pour te donner quelque chose.”  Je vous dis que, même s’il ne se lève pas pour lui donner quelque chose parce que c’est son ami, il se lèvera parce que l’autre a l’audace d’insister+, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.  Donc je vous dis : Continuez à demander+, et on vous donnera. Continuez à chercher, et vous trouverez. Continuez à frapper, et on vous ouvrira+. 10  Car celui qui demande reçoit+, celui qui cherche trouve, et à celui qui frappe on ouvrira. 11  En effet, quel père parmi vous, si son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu d’un poisson+ ? 12  Ou bien, si son fils demande un œuf, lui donnera-​t-​il un scorpion ? 13  Si donc vous qui êtes méchants, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père au ciel donnera-​t-​il de l’esprit saint à ceux qui le lui demandent+ ! » 14  Plus tard, il expulsa un démon qui rendait un homme muet+. Une fois le démon sorti, le muet parla. La foule fut très étonnée+. 15  Mais certains dirent : « C’est par le moyen de Béelzéboub, le chef des démons, qu’il expulse les démons+. » 16  D’autres, pour le piéger, lui demandèrent un signe+ venant du ciel. 17  Sachant ce qu’ils pensaient+, il leur dit : « Un royaume divisé finit par être détruit, et une famille divisée finit par disparaître. 18  Si donc Satan lutte* contre lui-​même, comment son royaume pourra-​t-​il tenir ? Vous affirmez que c’est par le moyen de Béelzéboub que j’expulse les démons. 19  Mais si j’expulse les démons par le moyen de Béelzéboub, par le moyen de qui vos disciples* le font-​ils ? Voilà pourquoi ils seront vos juges. 20  Maintenant, si c’est par le moyen du doigt de Dieu+ que j’expulse les démons, c’est donc que le royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous*+. 21  Quand un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sécurité. 22  Mais quand quelqu’un de plus fort que lui l’attaque et arrive à le vaincre, il lui enlève toutes les armes dans lesquelles il mettait sa confiance et il distribue les choses qu’il lui a prises. 23  Celui qui n’est pas de mon côté est contre moi, et celui qui ne rassemble pas avec moi disperse+. 24  « Après être sorti d’un homme, un esprit impur passe par des lieux arides à la recherche d’un endroit où se reposer, mais comme il n’en trouve pas, il dit : “Je vais retourner dans la maison d’où je suis sorti+.” 25  En arrivant, il la trouve balayée et décorée. 26  Il va alors chercher sept autres esprits plus méchants que lui, puis ils entrent et s’installent là. Finalement, l’état de cet homme devient pire qu’avant+. » 27  Pendant qu’il disait cela, une femme lui cria du milieu de la foule : « Heureuse est la femme qui t’a porté en elle et qui t’a allaité+ ! » 28  Mais il répondit : « Non, heureux plutôt sont ceux qui entendent la parole de Dieu et y obéissent+ ! » 29  Alors que la foule grossissait, il commença à dire : « Cette génération est une génération méchante. Elle cherche un signe*, mais le seul signe qui lui sera donné sera le signe de Jonas+. 30  Car tout comme Jonas+ est devenu un signe pour les Ninivites, le Fils de l’homme sera un signe pour cette génération. 31  Lors du jugement, la reine du Sud+ sera ressuscitée* avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle est venue de l’autre bout de la terre pour entendre la sagesse de Salomon. Mais voyez, il y a ici plus que Salomon+. 32  Lors du jugement, les habitants de Ninive ressusciteront avec cette génération et ils la condamneront, car ils se sont repentis en entendant le message prêché par Jonas+. Mais voyez, il y a ici plus que Jonas. 33  Après avoir allumé une lampe, on ne la met pas dans un endroit secret ou sous un panier. On la met plutôt sur le porte-lampe+, pour que ceux qui entrent voient la lumière. 34  La lampe du corps, c’est l’œil. Quand ton œil fixe une seule chose, tout ton corps est lumineux*+. Mais quand il est envieux, ton corps est obscur+. 35  Fais donc attention que la lumière qui est en toi ne soit pas obscurité. 36  Si donc tout ton corps est lumineux, sans aucune partie obscure, il sera aussi lumineux qu’une lampe qui t’éclaire. » 37  Après que Jésus eut dit cela, un pharisien l’invita à manger chez lui. Il entra donc et s’étendit à table. 38  Cependant, le pharisien fut surpris en voyant que Jésus ne s’était pas lavé avant le repas+. 39  Mais le Seigneur lui dit : « Vous, les pharisiens, vous nettoyez* l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes pleins d’avidité* et de méchanceté+. 40  Insensés ! Celui qui a créé l’extérieur n’a-​t-​il pas aussi créé l’intérieur ? 41  Quand vous faites des dons aux pauvres, donnez plutôt ce qui vient de l’intérieur, et tout chez vous sera pur*+. 42  Mais malheur à vous, pharisiens, parce que vous donnez le dixième de la menthe, de la rue et de toutes les autres* herbes aromatiques*+, mais que vous laissez de côté la justice* et l’amour pour Dieu ! Vous deviez donner ces choses sans laisser de côté les autres+. 43  Malheur à vous, pharisiens, parce que vous aimez les premiers sièges dans les synagogues et que vous aimez être salués sur les places de marché+ ! 44  Malheur à vous, parce que vous êtes comme ces tombes* qu’on ne remarque pas+ et sur lesquelles on marche sans le savoir ! » 45  Alors un spécialiste de la Loi lui dit : « Enseignant, en disant cela, tu nous insultes nous aussi. » 46  Jésus répondit : « Malheur aussi à vous qui êtes spécialistes de la Loi, parce que vous placez sur les gens des charges difficiles à porter, mais vous, vous n’y touchez pas d’un seul doigt+ ! 47  « Malheur à vous, parce que vous construisez les tombes* des prophètes, mais ce sont vos ancêtres qui les ont tués+ ! 48  Oui, vous êtes témoins de ce que vos ancêtres ont fait, et pourtant vous les approuvez. Ils ont tué les prophètes+, et vous, vous construisez leurs tombes. 49  C’est pourquoi, dans sa sagesse, Dieu a dit aussi : “Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, et ils en tueront et en persécuteront certains+, 50  pour que le sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde soit mis sur le compte* de cette génération+, 51  depuis le sang d’Abel+ jusqu’à celui de Zacharie, qui a été tué entre l’autel et le Temple+.” Je vous dis que tout cela sera mis sur le compte* de cette génération. 52  « Malheur à vous qui êtes spécialistes de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance. Vous, vous n’êtes pas entrés, et ceux qui entrent, vous essayez de les en empêcher+ ! » 53  Quand il sortit de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’en prendre violemment à lui et à le harceler de beaucoup d’autres questions, 54  guettant la moindre parole qu’ils pourraient utiliser contre lui+.

Notes

Litt. « est divisé ».
Litt. « fils ».
Ou « vous a atteints », « vous a pris par surprise ».
Ou « miracle comme preuve ».
Litt. « relevée ».
Ou « éclairé ».
Ou « purifiez ».
Ou « du produit de vos pillages (vols) ».
Ou p.-ê. « tout sera pur pour vous ».
Ou « toutes les autres sortes de ».
Ou p.-ê. « plantes potagères ».
Ou « jugement juste ».
Ou « tombes de souvenir ».
Ou « tombes de souvenir ».
Ou « réclamé à ».
Ou « réclamé à ».

Notes d'étude

Seigneur, apprends-​nous à prier : Seul Luc rapporte la requête de ce disciple. Cette conversation sur la prière a eu lieu environ 18 mois après le Sermon sur la montagne, dans lequel Jésus avait enseigné à ses disciples la prière modèle (Mt 6:9-13). Le disciple en question n’était peut-être pas présent à ce moment-​là, ce qui expliquerait pourquoi Jésus a rappelé les points essentiels de cette prière. La prière faisait partie de la vie et du culte des juifs, et les Écritures hébraïques contenaient de nombreuses prières, dans le livre des Psaumes et ailleurs. Il semble donc que ce disciple ne demandait pas qu’on lui apprenne quelque chose qu’il ne connaissait absolument pas ou qu’il n’avait jamais fait. Par ailleurs, il avait sans doute l’habitude des prières formalistes des chefs religieux juifs. Mais il avait probablement observé Jésus en train de prier, et il avait remarqué une grande différence entre la ferveur hypocrite des prières des rabbins et la façon de prier de Jésus (Mt 6:5-8).

nom : Il s’agit du nom personnel de Dieu, représenté par les quatre lettres hébraïques יהוה (YHWH) et traditionnellement rendu par « Jéhovah » en français. Dans la Traduction du monde nouveau, ce nom figure 6 979 fois dans les Écritures hébraïques et 237 fois dans les Écritures grecques chrétiennes (au sujet de l’utilisation du nom divin dans les Écritures grecques chrétiennes, voir app. A5 et app. C). Dans la Bible, le « nom » se rapporte aussi parfois à la personne elle-​même, à sa réputation ou à tout ce qu’elle déclare être (cf. Ex 34:5, 6 ; Ré 3:4, note).

soit sanctifié : Ou « soit considéré comme sacré, saint », « soit traité avec respect ». Il s’agit d’une requête par laquelle on demande que toute la création, aussi bien les humains que les anges, considère le nom de Dieu comme saint. Cette requête exprime aussi le souhait que Dieu agisse pour se sanctifier et laver son nom de tout le déshonneur dont il est couvert depuis la rébellion du premier couple humain dans le jardin d’Éden.

Que ton royaume vienne : Le royaume de Dieu est un moyen que Jéhovah utilise pour exercer sa souveraineté sur la terre. Par cette requête, on demande à Dieu d’entrer en action et de faire de son royaume, dirigé par le Roi messianique et ses dirigeants adjoints, l’unique gouvernement à diriger la terre. L’exemple que Jésus prend en Lc 19:11-27 confirme que le royaume de Dieu « viendra » en ce sens qu’il appliquera son jugement : il détruira tous ses ennemis et récompensera ceux qui espèrent en lui (voir Mt 24:42, 44). Il fera disparaître le présent monde méchant, y compris tous les gouvernements humains, et instaurera un nouveau monde juste (Dn 2:44 ; 2P 3:13 ; Ré 16:14-16 ; 19:11-21).

Quand vous priez, dites : La prière qui suit ces paroles, rapportée dans les versets 2b à 4, reprend le contenu de la prière modèle, que Jésus a enseignée environ 18 mois plus tôt, lors du Sermon sur la montagne (Mt 6:9b-13). Il est intéressant de noter qu’il n’a pas répété mot pour mot la prière modèle, preuve qu’il ne s’agit pas d’une prière liturgique destinée à être récitée par cœur. De plus, par la suite, ni Jésus ni ses disciples n’ont collé rigoureusement aux mots et aux formules de la prière modèle dans leurs propres prières.

nom : Voir note d’étude sur Mt 6:9.

soit sanctifié : Voir note d’étude sur Mt 6:9.

Que ton royaume vienne : Voir note d’étude sur Mt 6:10.

le pain dont nous avons besoin pour la journée : Dans de nombreux contextes, les mots hébreu et grec rendus par « pain » signifient simplement « nourriture » (Gn 3:19 ; note). Jésus montre donc que ceux qui servent Dieu peuvent lui demander en toute confiance de pourvoir à leurs besoins, non par une quantité excessive de nourriture, mais par une quantité suffisante pour chaque jour. Cette déclaration de Jésus a peut-être rappelé à ses disciples l’ordre que Dieu avait donné aux Israélites au sujet de la manne fournie miraculeusement : « Jour après jour, chacun devra [...] ramasser la quantité dont il a besoin » (Ex 16:4). La requête rapportée ici ressemble à celle que Jésus a enseignée à ses disciples environ 18 mois plus tôt, lors du Sermon sur la montagne, mais les termes employés ne sont pas identiques (Mt 6:9b-13). Cela montre que l’objectif de Jésus n’était pas que cette prière soit récitée mot pour mot (Mt 6:7). Quand Jésus répétait des enseignements importants, comme il le fait ici au sujet de la prière, c’était non seulement pour que ceux qui étaient absents en d’autres occasions puissent en bénéficier, mais aussi pour que ceux qui étaient présents à ces moments-​là se rappellent les idées essentielles.

péchés : Litt. « dettes ». Quand nous péchons contre quelqu’un, nous contractons une dette, ou une obligation, envers lui ; nous devons donc rechercher son pardon. Et nous ne pouvons bénéficier du pardon de Dieu que si nous « pardonnons à ceux qui pèchent contre nous [litt. : « annulons les dettes de nos débiteurs »] » (Mt 6:14, 15 ; 18:35 ; Lc 11:4).

ne nous fais pas entrer en tentation : Ou « ne nous laisse pas céder à la tentation ». Parfois, quand la Bible dit que Dieu fait certaines choses, cela signifie simplement qu’il permet qu’elles arrivent (Ru 1:20, 21). Ainsi, dans ce verset, Jésus ne prétend pas que Dieu tente les humains, qu’il les incite à pécher (Jc 1:13). Il encourage plutôt ses disciples à prier pour que Dieu les aide à éviter ou à endurer la tentation (1Co 10:13).

qui pèchent contre nous : Litt. « qui nous doivent ». Quand nous péchons contre quelqu’un, nous contractons envers lui une dette au sens figuré, ou une obligation ; nous devons donc rechercher son pardon. Dans la prière modèle que Jésus a enseignée lors du Sermon sur la montagne, il a utilisé un terme qui signifie littéralement « dettes », et non péchés (voir note d’étude sur Mt 6:12). Le mot grec rendu par pardonner signifie littéralement « laisser aller », autrement dit annuler une dette en n’exigeant pas son remboursement.

ne nous fais pas entrer en tentation : Voir note d’étude sur Mt 6:13.

Mon ami, prête-​moi trois pains : Comme le montre cet exemple, dans la culture du Moyen-Orient, l’hospitalité est un devoir dans lequel on aime exceller. Même si le voyageur s’est présenté à minuit sans être attendu — un détail peut-être révélateur des aléas des déplacements en ce temps-​là —, l’hôte s’est senti tenu de lui offrir à manger. Il s’est même senti obligé de déranger son voisin à cette heure tardive pour lui demander de la nourriture.

Laisse-​moi tranquille : Si, dans cet exemple, le voisin est peu disposé à apporter son aide, ce n’est pas parce que c’est quelqu’un de désagréable, mais simplement parce qu’il est déjà couché. Les maisons de cette époque, en particulier celles des pauvres, ne consistaient souvent qu’en une seule grande pièce. Donc, si le voisin se levait, il dérangerait probablement toute sa famille, notamment ses enfants qui dorment.

parce que l’autre a l’audace d’insister : Ou « à cause de sa persistance audacieuse ». Le mot grec qu’on peut rendre par « persistance audacieuse » signifie littéralement « absence de modestie » ou « attitude effrontée ». Cependant, dans ce contexte, il emporte l’idée d’audace persistante ou d’insistance. Dans l’exemple de Jésus, l’homme n’a pas honte et ne se retient pas de demander sans relâche ce dont il a besoin, et Jésus dit à ses disciples que leurs prières devraient être tout aussi persistantes (Lc 11:9, 10).

Continuez à demander, [...] à chercher, [...] à frapper : Dans ce verset, la forme des verbes grecs indique une action continue et souligne la nécessité de persévérer dans la prière ; c’est pourquoi ils ont été rendus par « continuez à... ». Le recours à trois verbes donne une idée d’intensité. Jésus fait passer un message similaire dans l’exemple qu’on trouve en Lc 11:5-8.

Continuez à demander, [...] à chercher, [...] à frapper : Voir note d’étude sur Mt 7:7.

vous qui êtes méchants : En raison du péché héréditaire, tous les humains sont imparfaits, et donc méchants dans une certaine mesure.

à combien plus forte raison : Jésus utilisait souvent ce genre de raisonnement : Dans un premier temps, il présentait un fait évident ou une vérité connue ; ensuite, il s’appuyait sur ce fait pour tirer une conclusion plus évidente encore. Il partait du moins important pour prouver le plus important (Mt 10:25 ; 12:12 ; Lc 11:13 ; 12:28).

vous qui êtes méchants : Voir note d’étude sur Mt 7:11.

à combien plus forte raison : Voir note d’étude sur Mt 7:11.

Béelzéboub : Peut-être une déformation du nom Baal-Zebub, qui signifie « propriétaire (seigneur) des mouches », le Baal que les Philistins adoraient à Ékrôn (2R 1:3). Certains manuscrits grecs utilisent les variantes « Béelzéboul » ou « Béézéboul ». Ces noms signifient peut-être « propriétaire (seigneur) de la demeure (habitation) grandiose » ; mais s’il s’agit d’un jeu de mots sur le terme hébreu non biblique zèvèl (fumier), ils signifieraient « propriétaire (seigneur) du fumier ». Comme le montre Lc 11:18, « Béelzéboub » est appliqué à Satan, le prince, ou chef, des démons.

famille : Litt. « maison ». Dans la langue originale, ce terme peut désigner une famille au sens strict ou une famille au sens large, par exemple la famille d’un roi ainsi que les personnes qui travaillent dans son palais (Ac 7:10 ; Php 4:22). Ce terme était utilisé pour parler d’une dynastie au pouvoir, comme les Hérodes ou les Césars, chez qui les divisions violentes et destructrices étaient courantes.

famille : Voir note d’étude sur Mc 3:25.

doigt de Dieu : C’est-à-dire l’esprit saint de Dieu, comme le montre une conversation similaire qui a eu lieu quelque temps plus tôt et qui est rapportée par Matthieu. Ici, dans le récit de Luc, Jésus dit qu’il expulse les démons « par le moyen du doigt de Dieu », tandis que dans le récit de Matthieu, il dit le faire « par le moyen de l’esprit de Dieu », c’est-à-dire par la force agissante de Dieu (Mt 12:28).

balayée : Certains manuscrits portent ici « vide, balayée », mais la formulation retenue dans le corps du texte trouve de solides appuis dans des manuscrits anciens qui font autorité. Puisque le mot grec qu’on peut traduire par « vide » figure en Mt 12:44, où Jésus tient des propos similaires, certains biblistes pensent que des copistes ont ajouté ce mot au récit de Luc pour le faire correspondre à celui de Matthieu.

le signe de Jonas : Quelque temps plus tôt, Jésus a utilisé l’expression « le signe du prophète Jonas » et l’a appliquée à sa mort et à sa résurrection (Mt 12:39, 40). Jonas avait comparé le fait d’avoir été délivré du ventre du poisson après « trois jours et trois nuits » au fait d’être libéré de la Tombe, d’être ressuscité (Jon 1:17 – 2:2). La résurrection de Jésus, sa sortie de la tombe au sens littéral, allait être tout aussi réelle que la sortie de Jonas du ventre du poisson. Toutefois, même quand Jésus a été ressuscité après un séjour dans la Tombe qui s’est étalé sur trois jours, ses détracteurs insensibles ont refusé d’exercer la foi en lui. Jonas a aussi servi de signe par sa prédication courageuse, qui a poussé les Ninivites à se repentir (Mt 12:41 ; Lc 11:32).

la reine du Sud : C.-à-d. la reine de Saba. On pense que son royaume se trouvait dans le SO de l’Arabie (1R 10:1).

la reine du Sud : Voir note d’étude sur Mt 12:42.

voyez : Le mot grec idou, traduit ici par « voyez », est souvent utilisé pour attirer l’attention sur ce qui suit et inciter le lecteur à s’imaginer la scène ou à s’arrêter sur un détail du récit. Il permet aussi de produire une accentuation ou d’introduire une information nouvelle ou surprenante. Dans cette édition, ce mot grec a été rendu de différentes manières en fonction du contexte et, dans certains cas, il n’a pas été traduit. Les livres des Écritures grecques chrétiennes qui emploient le plus ce terme sont les Évangiles de Matthieu et de Luc et le livre de la Révélation. Une expression équivalente est souvent utilisée dans les Écritures hébraïques.

une lampe : Aux temps bibliques, les lampes utilisées dans les maisons étaient généralement des petits récipients en terre cuite qu’on remplissait d’huile d’olive.

un panier : Il s’agit d’un panier utilisé pour mesurer un volume de matières sèches, comme les céréales. Le « panier » dont il est question ici (grec modios) avait une capacité d’environ 9 L.

une lampe : Voir note d’étude sur Mt 5:15.

un panier : Voir note d’étude sur Mt 5:15.

La lampe du corps, c’est l’œil : Un œil physique qui fonctionne bien est pour le corps comme une lampe qui brille dans un lieu obscur. Il éclaire la personne tout entière, l’aide à voir ce qu’il y a autour d’elle. Dans ce verset, le mot « œil » est employé dans un sens figuré (Éph 1:18).

fixe une seule chose : Ou « voit clair », « est en bon état ». Le premier sens du mot grec haplous est « seul », « simple ». Ce mot peut emporter l’idée d’une préoccupation unique ou d’un attachement à un seul objectif. Pour qu’un œil physique fonctionne bien, il doit être capable de fixer une seule chose. Et lorsque l’œil figuré d’une personne « fixe » la bonne chose (Mt 6:33), cela a des effets positifs sur toute sa personnalité.

envieux : Litt. « mauvais », « méchant ». Un œil physique qui est malade ou en mauvais état ne voit pas clairement. De même, un œil envieux est incapable de fixer ce qui est vraiment important (Mt 6:33). Un tel œil est insatisfait, avide, facilement distrait et fuyant. Celui qui a un œil envieux n’arrive pas à évaluer les choses correctement et il mène une vie égoïste (voir note d’étude sur Mt 6:22).

La lampe du corps, c’est l’œil : Voir note d’étude sur Mt 6:22.

fixe une seule chose : Voir note d’étude sur Mt 6:22.

envieux : Voir note d’étude sur Mt 6:23.

s’être lavés : Beaucoup de manuscrits anciens utilisent ici le mot grec baptizô (plonger, immerger). Le plus souvent, ce terme se rapporte au baptême chrétien ; mais en Lc 11:38, il est employé pour désigner toute une variété de lavages rituels répétés qui tiraient leur origine de la tradition juive. D’autres manuscrits utilisent ici le mot grec rhantizô, qui signifie « asperger », « purifier par aspersion » (Hé 9:13, 19, 21, 22). Quel que soit le manuscrit que l’on prend comme base de traduction, le sens global reste le même : les Juifs fervents ne mangeaient pas avant de s’être purifiés rituellement d’une manière ou d’une autre. Des découvertes archéologiques faites à Jérusalem ont révélé qu’à l’époque de Jésus, les Juifs utilisaient des bains rituels ; cela justifierait qu’on traduise le verbe baptizô — si c’est bien ce mot qui était utilisé dans le grec original — par « s’être immergés ».

lavé : C.-à-d. lavé de façon rituelle. Le mot grec baptizô (plonger, immerger), qui se rapporte le plus souvent au baptême chrétien, est employé ici pour désigner toute une variété de lavages rituels répétés qui tiraient leur origine de la tradition juive (voir note d’étude sur Mc 7:4).

donnes aux pauvres : Litt. « fais des dons de miséricorde ». Le mot grec éléêmosunê, souvent rendu par « aumône », est apparenté aux mots grecs qu’on peut traduire par « miséricorde » et « faire miséricorde ». Il se rapporte à l’argent ou à la nourriture que l’on donne volontiers aux pauvres pour les aider.

faites des dons aux pauvres : Voir note d’étude sur Mt 6:2.

ce qui vient de l’intérieur : Puisque, dans le verset suivant, Jésus met l’accent sur la justice et l’amour (Lc 11:42), on peut penser qu’il parle ici des qualités de cœur. Pour qu’une bonne action constitue un geste de miséricorde authentique, il doit s’agir d’un don qui vient de l’intérieur, autrement dit d’un cœur rempli d’amour et disposé à aider.

dixième de la menthe, de la rue et de toutes les autres herbes aromatiques : Sous la Loi mosaïque, les Israélites devaient donner la dîme, ou le dixième de leurs récoltes (Lv 27:30 ; Dt 14:22). La Loi n’ordonnait pas explicitement de donner le dixième d’herbes comme la menthe ou la rue. Mais Jésus n’a pas remis en cause cette tradition. Il a plutôt reproché aux scribes et aux pharisiens de se concentrer sur des détails mineurs de la Loi, alors qu’ils en négligeaient les points fondamentaux, comme la justice et l’amour pour Dieu. Plus tard, selon Mt 23:23, quand Jésus a fait une déclaration similaire, il a mentionné la menthe, l’aneth et le cumin.

premiers sièges : Ou « meilleurs sièges ». Apparemment, les présidents de la synagogue et les invités de marque s’asseyaient près de l’endroit où les rouleaux des Écritures étaient rangés, là où toute l’assemblée pouvait les voir. Ces places d’honneur étaient probablement réservées aux personnages importants.

places de marché : Ou « lieux d’assemblée ». Le mot grec agora désigne ici un espace découvert où l’on se retrouvait pour vendre et acheter, et où l’on tenait des réunions publiques. Il y avait des places de marché dans les villes, grandes et petites, du Proche-Orient ancien et du monde gréco-romain.

premiers sièges : Voir note d’étude sur Mt 23:6.

places de marché : Voir note d’étude sur Mt 23:7.

tombes blanchies : En Israël, on avait l’habitude de blanchir les tombes pour éviter aux passants de les toucher accidentellement et de se rendre ainsi impurs du point de vue rituel (Nb 19:16). D’après la Mishna (Chekalim 1:1), on blanchissait les tombes chaque année, un mois avant la Pâque. Jésus a utilisé cette métaphore pour illustrer l’hypocrisie des chefs religieux.

tombes qu’on ne remarque pas : Ou « tombes non signalées ». Il semble qu’en général, les tombes juives n’étaient pas ornées ni richement décorées. Comme le montre ce verset, certaines passaient tellement inaperçues que, sans même le savoir, des gens pouvaient marcher dessus et se rendre rituellement impurs. Selon la Loi de Moïse, ceux qui touchaient une chose appartenant à un mort étaient considérés comme impurs ; une personne qui marchait sur une tombe qu’elle n’avait pas vue était donc rituellement impure, et ce pendant sept jours (Nb 19:16). C’est pourquoi, pour qu’on puisse facilement voir les tombes et les éviter, les juifs les faisaient blanchir chaque année. Dans ce verset, Jésus voulait apparemment dire que les personnes qui fréquentaient beaucoup les pharisiens, parce qu’elles les prenaient pour des gens bien, se faisaient contaminer sans le savoir par leurs opinions corrompues et leur mentalité impure (voir note d’étude sur Mt 23:27).

dans sa sagesse, Dieu a dit aussi : Litt. « la sagesse de Dieu a dit aussi ». Ici, la déclaration introduite par ces mots est attribuée à Dieu. En une autre occasion, Jésus a fait une déclaration similaire, en disant : « Je vous envoie des prophètes, des sages et des enseignants » (Mt 23:34).

fondation du monde : Le mot grec traduit ici par « fondation » est rendu par « concevoir » en Hé 11:11, où il est employé avec le mot « descendance ». Utilisé ici dans l’expression « fondation du monde », il se rapporte apparemment à la conception et à la naissance des enfants d’Adam et Ève. Jésus associe la « fondation du monde » à Abel, probablement le premier humain à pouvoir être racheté et dont le nom a été écrit dans le rouleau de vie, qui est ouvert depuis la « fondation du monde » (Lc 11:50, 51 ; Ré 17:8).

fondation du monde : Le mot grec traduit ici par « fondation » est rendu par « concevoir » en Hé 11:11, où il est employé avec le mot « descendance ». Utilisé ici dans l’expression « fondation du monde », il se rapporte apparemment à la naissance des enfants d’Adam et Ève. Jésus associe la « fondation du monde » à Abel, probablement le premier humain à pouvoir être racheté et dont le nom a été écrit dans le rouleau de vie, qui est ouvert depuis la « fondation du monde » (Lc 11:51 ; Ré 17:8 ; voir note d’étude sur Mt 25:34).

depuis le sang du juste Abel jusqu’au sang de Zacharie : Cette expression de Jésus englobait tous les témoins de Jéhovah qui ont été assassinés et dont parlent les Écritures hébraïques, depuis Abel, mentionné dans le premier livre (Gn 4:8), jusqu’à Zacharie, mentionné en 2Ch 24:20, les Chroniques étant le dernier livre du canon juif traditionnel. Donc, quand Jésus a dit ‘depuis Abel jusqu’à Zacharie’, cela signifiait « depuis le tout premier meurtre jusqu’au dernier ».

depuis le sang d’Abel jusqu’à celui de Zacharie : Voir note d’étude sur Mt 23:35.

entre l’autel et le Temple : Le « Temple » (litt. « maison ») désigne ici le bâtiment où se trouvaient le Saint et le Très-Saint, bâtiment qu’on appelle aussi « sanctuaire ». Selon 2Ch 24:21, Zacharie a été assassiné « dans la cour du temple de Jéhovah ». L’autel des holocaustes se trouvait dans la cour intérieure, hors du sanctuaire et face à l’entrée de celui-ci (voir app. B8). L’endroit où Jésus situe cet épisode correspondrait à la zone entre l’entrée du sanctuaire et l’autel des holocaustes.

la clé de la connaissance : Dans la Bible, ceux qui recevaient des clés, au sens propre ou au sens figuré, se voyaient investis d’une certaine autorité (1Ch 9:26, 27 ; Is 22:20-22). Le terme « clé » en est donc venu à symboliser l’autorité et les responsabilités. Dans ce contexte, il semble que le terme « connaissance » se rapporte à la connaissance fournie par Dieu, puisque Jésus s’adresse à des chefs religieux qui sont des spécialistes de la Loi. Ils étaient censés utiliser leur autorité pour donner aux gens la connaissance exacte de Dieu en leur expliquant la Parole de Dieu, en leur ouvrant l’accès à la compréhension. Une comparaison entre ce verset et Mt 23:13, où Jésus dit que les chefs religieux ‘ont fermé la porte du royaume des cieux devant les hommes’, montre que le terme entrer signifie « obtenir le droit d’entrer dans ce royaume ». En ne donnant pas aux gens la vraie connaissance de Dieu, les chefs religieux ont enlevé à beaucoup la possibilité de comprendre correctement la Parole de Dieu et d’entrer dans son royaume.

s’en prendre violemment à lui : L’expression grecque peut signifier « s’attrouper autour de quelqu’un », mais ici, elle semble se rapporter à l’hostilité des chefs religieux qui essaient d’intimider Jésus en faisant fortement pression sur lui. Le verbe grec utilisé ici est traduit par « en vouloir à » en Mc 6:19, où il se rapporte à la haine tenace qu’Hérodiade nourrissait contre Jean le Baptiseur.

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Scorpion
Scorpion

Sur les plus de 600 variétés de scorpions, qui mesurent généralement entre 2,5 cm et 20 cm, on en trouve une douzaine en Israël et en Syrie. Même si, d’ordinaire, la piqûre du scorpion n’est pas mortelle pour l’homme, plusieurs variétés ont un venin qui est proportionnellement plus violent que celui de nombreuses vipères dangereuses du désert. De toutes les espèces que l’on trouve en Israël, la plus venimeuse est le Leiurus quinquestriatus, qui est de couleur jaune (en photo). La douleur aiguë que provoque la piqûre du scorpion est mentionnée en Ré 9:3, 5, 10. Les scorpions étaient répandus dans le désert de Judée ainsi que dans la péninsule du Sinaï et son « redoutable désert » (Dt 8:15).

Porte-lampe d’intérieur
Porte-lampe d’intérieur

Ce porte-lampe d’intérieur (1) est une représentation artistique inspirée d’objets du 1er siècle découverts en Turquie (à Éphèse) et en Italie. C’est certainement chez les familles aisées que l’on trouvait ce genre de porte-lampe. Dans les habitations plus modestes, les lampes étaient suspendues au plafond, placées dans une niche murale (2) ou posées sur un support en terre cuite ou en bois.

Rue
Rue

La rue est un arbuste vivace aux tiges velues, qui dégage une odeur très forte. Elle peut mesurer environ 1 m de haut, a des feuilles gris-vert et porte des amas de fleurs jaunes. La sous-espèce de rue que l’on voit sur la photo (Ruta chalepensis latifolia) ainsi que l’espèce la plus commune (Ruta graveolens) poussent toutes les deux en Israël. À l’époque du ministère terrestre de Jésus, la rue était peut-être cultivée à des fins médicinales et pour l’assaisonnement des aliments. Dans la Bible, cette plante n’est mentionnée qu’en Lc 11:42, où Jésus a condamné l’hypocrisie des pharisiens qui payaient la dîme de façon scrupuleuse (cf. Mt 23:23).

Place du marché
Place du marché

Certains marchés, comme celui représenté ici, se situaient le long d’une rue. Généralement, les commerçants étalaient dans la rue tellement de marchandises que cela bloquait la circulation. Les habitants pouvaient acheter des articles ménagers courants, de la poterie, de la verrerie coûteuse ou des produits frais. Comme les systèmes de réfrigération n’existaient pas, les gens devaient se rendre au marché chaque jour pour faire des achats. Là, une personne qui faisait ses courses pouvait entendre les dernières nouvelles apportées par des marchands ou d’autres visiteurs, les enfants pouvaient jouer, et les personnes sans emploi pouvaient chercher du travail. Jésus a guéri des malades sur des places de marché, et Paul a prêché dans ce genre d’endroits (Ac 17:17). Les scribes et les pharisiens, des hommes orgueilleux, aimaient quant à eux être remarqués et salués dans ces lieux publics.