Thierry * : “ Tous les jours, c’était la même histoire. Michael, mon fils de quatre ans, avait laissé traîner ses jouets partout. Quand j’essayais de les lui faire ranger, avant de le mettre au lit, il piquait une colère. Parfois, ça m’énervait tellement que je lui criais après. Résultat, nous nous sentions très mal tous les deux. Comme je voulais que l’heure du coucher soit un moment agréable, j’ai abdiqué : je rangeais tout moi-même. ”

Emily : “ Un jour, ma fille de 13 ans, Jenny, n’a pas bien compris en quoi consistait un devoir scolaire. De retour à la maison, elle a pleuré pendant une heure. Je l’ai encouragée à chercher de l’aide à l’école, mais elle soutenait que son enseignante était méchante ; donc, elle n’osait pas lui parler. L’envie m’a pris d’aller dire au professeur ses quatre vérités. Personne n’avait le droit de causer des misères à ma petite fille ! ”

VOUS reconnaissez-vous en Thierry ou en Emily ? Comme eux, beaucoup de parents supportent mal que leur enfant soit en difficulté ou malheureux. Il est naturel de vouloir protéger son enfant. Toutefois, les situations décrites ci-dessus étaient en fait d’excellentes occasions d’inculquer aux enfants le sens des responsabilités. Bien sûr, on n’apprend pas les mêmes choses à 4 ans qu’à 13 ans.

En vérité, vous ne serez pas toujours là pour tirer votre enfant d’affaire. Tôt ou tard, un enfant quitte son père et sa mère, et ‘ porte sa propre charge ’. (Galates 6:5 ; Genèse 2:24.) S’ils veulent que leurs enfants soient capables de se débrouiller seuls, les parents doivent poursuivre l’objectif d’en faire des adultes altruistes, humains  et responsables. Ce qui n’est pas si simple.

Ils bénéficient d’un magnifique exemple dans la façon dont Jésus a agi avec ses disciples. Évidemment, il n’était pas leur père, mais il avait choisi ces hommes et les avait formés afin qu’ils puissent continuer l’œuvre après son départ (Matthieu 28:19, 20). C’est ce genre d’objectif que chaque parent souhaite atteindre quand il responsabilise ses enfants. Attardons-nous sur trois points à imiter.

L’exemple.

Vers la fin de sa vie, Jésus a déclaré à ses disciples : “ Je vous ai donné l’exemple, pour que, comme moi je vous ai fait, vous fassiez vous aussi. ” (Jean 13:15). De même, les parents doivent expliquer et montrer par l’exemple ce que signifie exactement être responsable.

Demandez-vous : ‘ Suis-je en général positif quand je parle des responsabilités qui m’incombent ? Est-ce que j’exprime la satisfaction que je ressens à donner de ma personne ? Ou ai-je tendance à me plaindre et à me comparer à ceux qui semblent mener une vie plus facile ? ’

C’est vrai, nul n’est parfait. Il nous arrive à tous de nous sentir surchargés. Mais votre exemple est probablement le moyen le plus puissant d’amener votre enfant à mesurer la valeur d’un comportement responsable.

FAITES L’ESSAI : Si c’est possible, emmenez de temps en temps votre enfant au travail afin qu’il voie ce que vous faites pour subvenir aux besoins de la famille. Participez à des activités bénévoles auxquelles il peut se joindre. Puis parlez du plaisir que vous avez éprouvé à honorer cet engagement. — Actes 20:35.

Des attentes raisonnables.

Jésus n’ignorait pas qu’il faudrait du temps pour que ses disciples soient prêts à assumer les rôles et les responsabilités qu’il envisageait de leur confier. Il leur a indiqué un jour : “ J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter à présent. ” (Jean 16:12). Loin de leur demander d’être tout de suite autonomes, il a passé de longs moments à leur enseigner quantité de choses. C’est uniquement lorsqu’il les en a estimés capables qu’il les a envoyés seuls sur le terrain.

Pareillement, il n’est pas raisonnable de vouloir qu’un enfant endosse des responsabilités d’adulte avant qu’il n’y soit prêt. Cela étant, à mesure qu’il grandit, il est bien de déterminer quelles tâches sont à sa portée. Par exemple, un enfant devra apprendre à s’occuper de son hygiène corporelle, de l’entretien de sa chambre, à être ponctuel et à gérer correctement son argent. Quand il va à l’école, le travail scolaire devrait faire partie des responsabilités qui lui incombent.

Les parents ne se contenteront pas de confier des responsabilités à leur enfant. Ils l’aideront aussi à les assumer. Thierry, mentionné plus haut, a compris que, si son fils était contrarié à ce point à l’idée de ranger ses jouets, c’était entre autres raisons parce que la tâche lui paraissait insurmontable. “ Au lieu de lui hurler bêtement de ramasser ses jouets, dit-il, j’ai essayé de lui montrer comment s’y prendre. ”

Qu’a-t-il fait précisément ? “ D’abord, explique-t-il, j’ai fixé une heure pour ramasser les jouets. Le moment venu, je lui prêtais main-forte et nous procédions par zone. J’en ai même fait un jeu, un concours de rapidité. C’est vite devenu un rituel avant le coucher. Nous avions un accord : s’il ne traînait pas, je lui lisais une histoire supplémentaire ; sinon, je réduisais la lecture. ”

 FAITES L’ESSAI : Réfléchissez à ce que vous pourriez raisonnablement attendre de chacun de vos enfants et qui contribuerait à la bonne marche du foyer. Demandez-vous : ‘ Y a-t-il des choses que je fais encore pour eux, dont ils pourraient se charger ? ’ Si oui, formez-les à ces tâches jusqu’à ce que vous soyez sûr qu’ils peuvent les effectuer seuls. Indiquez-leur clairement que, selon la façon dont ils s’en acquittent, il y aura sanction ou récompense. Puis tenez parole.

Des instructions précises.

Comme tout bon enseignant, Jésus savait que c’est par la pratique qu’on apprend le mieux. C’est pourquoi, lorsqu’il l’a jugé approprié, il a envoyé ses disciples “ deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout lieu où lui-même allait arriver ”. (Luc 10:1.) Cependant, il ne les a pas laissés sans direction. Au préalable, il leur a donné des instructions très précises (Luc 10:2-12). Quand, à leur retour, ils ont rapporté leur succès, le Maître les a félicités et encouragés (Luc 10:17-24). Il leur a exprimé à la fois son approbation et sa confiance en leurs capacités.

Lorsque votre enfant fait face à des responsabilités difficiles, comment réagissez-vous ? Essayez-vous de le soustraire à ce qui l’angoisse, de le protéger contre la déception et l’échec ? Votre premier élan sera peut-être de le secourir ou d’endosser vous-même la charge.

Mais réfléchissez : chaque fois que vous volez au secours de votre enfant d’une manière ou d’une autre, quel message envoyez-vous ? Que vous avez confiance en lui et que vous croyez en ses capacités ? Ou que vous le voyez toujours comme un petit sans défense, qui doit s’appuyer sur vous en tout ?

Revenons à Emily. Comment s’est-elle occupée du problème de sa fille ? Au lieu de s’en mêler, elle a décidé de la laisser traiter elle-même avec le professeur. Elles ont rédigé à deux une liste de questions que l’adolescente apporterait à l’école, puis ont déterminé à quel moment elle pourrait aborder l’enseignante. Elles ont même répété ensemble. Emily raconte : “ Elle a rassemblé son courage et est allée voir son professeur, qui l’a félicitée de son initiative. Jenny était très fière d’elle. Je l’étais aussi ! ”

FAITES L’ESSAI : Mettez par écrit une difficulté à laquelle votre enfant se heurte actuellement. Écrivez à côté comment vous pourriez l’aider à la surmonter sans venir à la rescousse. Répétez avec lui les démarches nécessaires. Exprimez votre confiance en ses capacités.

Si vous maternez indéfiniment votre enfant, il apprendra difficilement à affronter les difficultés de la vie. Affermissez-le plutôt en lui enseignant à accepter ses responsabilités. C’est un des plus précieux cadeaux que vous puissiez lui offrir.

^ § 3 Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés.

DEMANDEZ-VOUS...

  • Ai-je des attentes réalistes envers mon enfant ?

  • Est-ce que je lui dis et lui montre ce qu’il doit faire pour atteindre un but ?

  • Quand l’ai-je encouragé ou félicité pour la dernière fois ?