LES abeilles peuvent atterrir sans difficulté et en toute sécurité sous pratiquement n’importe quel angle. Comment font-elles ?

Considérez ceci : Pour atterrir en toute sécurité, une abeille doit réduire sa vitesse d’approche à une vitesse pratiquement nulle avant de se poser. Une façon logique d’y parvenir consisterait à mesurer deux paramètres (la vitesse de vol et la distance jusqu’au point d’atterrissage), puis à réduire la vitesse en conséquence. Mais cette méthode serait difficile à mettre en œuvre pour la plupart des insectes, qui ont des yeux rapprochés et une vision sans mise au point ne leur permettant pas de mesurer directement une distance.

La vision des abeilles est très différente de celle des humains, qui eux sont dotés d’une vision binoculaire. Les abeilles se servent vraisemblablement du simple fait qu’un objet apparaît de plus en plus gros à mesure qu’elles s’en approchent. Plus elles se rapprochent de l’objet, plus il semble grossir rapidement. Des expériences menées à l’Université nationale australienne montrent que l’abeille diminue sa vitesse de vol de façon à ce que l’objet grossisse à un rythme constant. Au moment où l’abeille atteint sa cible, sa vitesse est presque nulle, ce qui lui permet d’atterrir en douceur.

La revue Proceedings of the National Academy of Sciences rapporte : « La simplicité et la généralisation possible de cette stratégie d’atterrissage [...] la rendent idéale pour une application aux systèmes de guidage des robots volants *. »

Qu’en pensez-vous ? La stratégie d’atterrissage de l’abeille est-elle le produit du hasard ? Ou d’une conception ?

^ § 6 E. Baird et al, « A universal strategy for visually guided landing », 12 nov. 2013.