LE DÉFI

Enfant, il vous racontait tout. Maintenant, il ne vous dit plus rien. Quand vous essayez de discuter, soit il vous répond sèchement, soit il déclenche une dispute qui transforme votre maison en champ de bataille.

Rassurez-vous, vous pouvez apprendre à parler avec votre adolescent. Pour commencer, examinons deux facteurs qui compliquent parfois les choses *.

POURQUOI C’EST COMPLIQUÉ

La recherche d’indépendance. Pour devenir un adulte responsable, votre adolescent doit, figurément parlant, passer progressivement du siège passager au siège conducteur et apprendre à se diriger par lui-même sur les routes sinueuses de la vie. Évidemment, certains adolescents veulent trop de liberté ; d’un autre côté, certains parents n’en accordent pas suffisamment. Le conflit qui en résulte peut générer beaucoup de contrariétés, tant pour les parents que pour les ados. « Mes parents essaient de tout contrôler dans ma vie, se plaint Alexis *, 16 ans. Si à mes 18 ans, ils ne me donnent pas plus de liberté, je pars ! »

Le raisonnement abstrait. Un jeune enfant raisonne de façon concrète : pour lui, tout est blanc ou noir. Un adolescent, lui, peut percevoir le gris, les nuances. C’est un aspect important du raisonnement abstrait, qui aide un jeune à acquérir du bon sens. Prenons un exemple. Pour un enfant, le concept d’équité est simple : « Maman casse un biscuit en deux, en donne une moitié à moi, une moitié à mon frère. » D’après lui, l’équité se résume à une simple formule mathématique. Les adolescents, eux, comprennent que ce n’est pas si simple. En effet, équité ne veut pas toujours dire égalité, et égalité ne veut pas toujours dire équité. Le raisonnement abstrait permet à votre adolescent de s’attaquer à des notions complexes. L’inconvénient ? Cela peut également l’amener à s’attaquer à vous.

 CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE

Ayez des échanges détendus. Profitez des situations de la vie courante. Par exemple, des parents se sont rendu compte que leurs adolescents ont davantage tendance à s’ouvrir à eux quand ils font ensemble des tâches ménagères, ou lors d’un trajet en voiture, c’est-à-dire quand ils sont côte à côte et pas face à face. (Principe biblique : Deutéronome 6:6, 7.)

Restez bref. Vous n’avez pas besoin de débattre jusqu’au bout de chaque problème. Formulez votre remarque et... restez-en là. Votre adolescent n’« entendra » l’essentiel de votre message que plus tard, quand il sera seul et pourra réfléchir à ce que vous avez dit. Laissez-lui une chance de le faire. (Principe biblique : Proverbes 1:1-4.)

Écoutez et soyez souple. Écoutez attentivement votre adolescent, sans l’interrompre. Vous aurez ainsi une vision complète du problème. Quand vous prenez la parole, soyez raisonnable. Si vous vous en tenez rigoureusement aux règles, votre ado cherchera sans doute un moyen de les contourner. « Des jeunes en viennent à mener deux vies, avertit le livre Maintenir la communication avec son adolescent (angl.). Dans l’une, ils disent à leurs parents ce qu’ils veulent entendre ; dans l’autre, ils font ce qu’ils veulent dès que leurs parents ont le dos tourné. » (Principe biblique : Philippiens 4:5.)

Restez calme. « Quand on n’est pas d’accord, ma mère se vexe de tout ce que je dis, explique Marion, une adolescente. Ça m’énerve ! Du coup, ça finit en dispute. » Plutôt que de rembarrer votre ado, dites quelque chose qui « reflétera » ses sentiments. Par exemple, au lieu de : « Quoi ? Tu t’inquiètes pour ça ? ! », dites : « Je vois bien à quel point ça te tracasse. » (Principe biblique : Proverbes 10:19.)

Autant que possible, guidez, n’imposez pas. La capacité à raisonner de façon abstraite est comme un muscle qui a besoin d’être développé. Alors, quand votre ado est face à un choix, ne faites pas « l’exercice » à sa place. Dans la conversation, donnez-lui l’occasion de trouver une solution par lui-même. Puis, après avoir discuté de différentes possibilités, vous pourriez dire : « Réfléchis à chacune de ces options pendant un jour ou deux, et on en reparle ensemble. Tu pourras me dire celle que tu préfères et pourquoi. » (Principe biblique : Hébreux 5:14.)

^ § 5 Bien que dans cet article nous parlions de l’adolescent au masculin, les principes mentionnés sont aussi valables pour une fille.

^ § 7 Certains prénoms ont été changés.