Le SIDA: que réserve l’avenir?

“J’AI l’intime conviction que nous trouverons un vaccin dans les dix ans.” — Jorg Eichberg, responsable de l’unité de recherche sur les vaccins au Centre de recherche Wyeth-Ayerst de Philadelphie (États-Unis).

Imaginez que l’on trouve effectivement un remède, ou même un vaccin, contre le SIDA. Ce serait formidable! À n’en pas douter, cette pensée était au centre des préoccupations des 9 000 sidologues qui se sont réunis l’an dernier à Florence autour du thème “La science relève le défi du SIDA”.

Alors que 90 % des nouveaux cas d’infection surviennent dans les pays en développement, il devient impératif de trouver une parade. Or, selon New Scientist, nombre d’assistants à la conférence de Florence semblaient avoir “perdu la notion de l’urgence”. “Peut-être”, ajoute la revue, le fléau a-t-il pris une telle ampleur que beaucoup “ont purement et simplement abdiqué devant le problème”.

Le fait est, malheureusement, que les scientifiques trouvent sur leur chemin plus de questions que de réponses. New Scientist explique qu’“après 10 ans d’épidémie les problèmes auxquels se heurtent virologues et immunologistes semblent aussi importants”. Selon le sidologue britannique Ian Weller, “le traitement antiviral absolu n’est pas pour demain”.

Même en supposant qu’on parvienne à mettre au point un vaccin contre le SIDA, dans quelle mesure serait-il disponible? Voici ce qu’en pense le docteur Dennis Sifris, un médecin présent sur le terrain africain: “Nous disposons d’un vaccin très efficace contre la tuberculose. Théoriquement, donc, la tuberculose ainsi que la rougeole et l’hépatite B devraient avoir été éradiquées. Or ces trois maladies (...)  font toujours des ravages en Afrique. Cela montre que, même si l’on trouve un vaccin, sa diffusion dans la population posera un énorme problème.”

Avec si peu d’espoir de trouver un traitement efficace contre le SIDA, il ne reste qu’une solution: persuader la population africaine de changer ses habitudes sexuelles. Mais comment?

La solution de facilité

Pour enrayer l’épidémie en Afrique, un seul mot d’ordre: ‘Des préservatifs, encore des préservatifs, toujours des préservatifs.’ Les routiers s’en voient remettre gratuitement aux postes frontière. On en trouve insérés dans les journaux. Les cliniques et le personnel médical les stockent par millions.

Bien que ces mesures puissent avoir un certain effet sur la transmission du SIDA, elles n’en présentent pas moins des inconvénients — notamment en Afrique. Stefan van der Borght, membre de Médecins Sans Frontières en Angola, explique que distribuer trois millions de préservatifs peut sembler une bonne idée. Mais cela signifie que, quand le million et demi  d’hommes de la province aura fait l’amour deux fois, les réserves seront épuisées.

Outre ces complications d’ordre logistique, quel effet la distribution systématique de préservatifs a-t-elle sur le vagabondage sexuel, la cause première du SIDA en Afrique? Tous les rapports indiquent que cette mesure stimule l’activité sexuelle plutôt qu’elle ne la refrène. Les autorités gouvernementales elles-mêmes commencent à le reconnaître. Un gouvernement a demandé à ses organes officiels de cesser la publicité pour les préservatifs, car elle encourage le vagabondage sexuel. Dans son livre Le SIDA: compte à rebours vers la fin du monde, Keith Edelston suggère une solution plus radicale encore: “Compte tenu des risques (...) inhérents à l’utilisation des préservatifs, il est clair que la stricte monogamie est le seul moyen d’être totalement à l’abri.”

Mais ce retour à la fidélité conjugale est-il une solution réaliste?

La fin du SIDA

“Si, demain, le vagabondage sexuel cessait, le virus disparaîtrait, affirme le professeur Reuben Sher, spécialiste du SIDA en Afrique. Les malades qui en sont porteurs mourraient, et avec eux le virus.” Dans le même ordre d’idée, voici ce qu’on a pu lire dans le Star, quotidien sud-africain de Johannesburg: “Celui qui ne couche pas à droite et à gauche, qui n’utilise pas de seringues ayant déjà servi et qui ne reçoit pas de transfusions sanguines, court très peu de risques de contracter le [VIH].”

Actuellement, plus de 450 000 Témoins de Jéhovah d’Afrique se gardent de ces pratiques. Ils croient fermement à la valeur des principes moraux de la Bible. Leur raisonnement est le suivant: si le Créateur, Jéhovah Dieu, a fait les humains, alors le mode de conduite qu’il préconise doit être bénéfique. Le principe énoncé en Hébreux 13:4 en est un bon exemple: “Que le mariage soit honoré chez tous et le lit conjugal sans souillure.” Loin de se sentir frustrés, ceux qui mettent en pratique de tels principes s’épargnent bien des tourments sur les plans physique et affectif. — Voir Actes 15:29; 2 Corinthiens 7:1; Éphésiens 5:3-5.

Les médias font d’ailleurs souvent l’éloge de la haute moralité des Témoins de Jéhovah d’Afrique. “Ce sont (...) des citoyens honnêtes et disciplinés qui respectent un code de haute moralité”, a fait observer le Daily Telegraph de Londres, ajoutant: “Le vagabondage sexuel et la polygamie caractéristiques de la société africaine sont tout bonnement inconcevables chez les Témoins.” De même, dans son livre L’évolution de la religion de nos jours (angl.), Bryan Wilson écrit que, “dans la société africaine, les Témoins (...) deviennent des gens exceptionnels” et que “les effets de [leur] (...) code de moralité se voient clairement chez eux”.

Cela ne veut pas dire que les Témoins de Jéhovah sont totalement immunisés contre le SIDA. Certains ont été infectés par un conjoint qui n’adhérait pas aux principes chrétiens et d’autres ont contracté la maladie avant de devenir Témoins. Quelques-uns ont également choisi de retourner aux pratiques laxistes du monde moderne et, parmi eux, un petit nombre en ont payé les conséquences: ils ont contracté le SIDA (Galates 6:7). Ceux qui ont sciemment persisté dans ce mode de vie immoral ont, en outre, perdu le privilège de demeurer au sein de la congrégation chrétienne (1 Corinthiens 5:13; 6:9, 10). Cependant, l’immense majorité des plus de quatre millions de Témoins de Jéhovah du monde entier jouissent du bien-être physique, affectif et spirituel qui résulte de l’obéissance aux principes moraux établis par le Créateur.

On peut être heureux de savoir que la Bible annonce la fin prochaine et définitive des fléaux tels que le SIDA (Révélation 21:1-4). Jéhovah Dieu promet l’établissement d’un monde nouveau dans lequel toutes les pratiques immorales responsables de maladies comme le SIDA auront disparu. Il n’y aura plus alors de victimes innocentes, car tout le monde aura un mode de vie droit et sain qui procurera le bonheur véritable. — Ésaïe 11:9; 2 Pierre 3:13.

[Entrefilet, page 9]

“Ce n’est pas de consacrer des milliards à la recherche dont nous avons besoin (...). C’est d’un retour à la morale.” — Docteur Mark Hendricks, immunologiste sud-africain.

[Illustration, page 9]

La stricte monogamie est l’une des meilleures protections contre le SIDA.

[Illustration, page 10]

Dieu fait la promesse d’un monde nouveau débarrassé de maladies telles que le SIDA.