UNE ânesse qui parle! ‘Voyons, c’est impossible! Les bêtes ne parlent pas.’ Vous dites-vous cela? Pourtant la Bible nous a conservé le souvenir d’un tel prodige.

Les Israélites, parvenus au seuil du pays de Canaan, campaient dans les plaines de Moab. Or Balak, roi de Moab, eut peur à cause de toute cette multitude. Il envoya chercher le devin Balaam pour maudire Israël, lui promettant de l’argent. Balaam accepta de venir. Il monta sur son ânesse et se mit en route.

Or Jéhovah avait défendu à Balaam de maudire Israël. Il envoya donc un ange se poster sur la route pour lui barrer le passage. Balaam ne voyait pas l’ange debout sur la route, une épée à la main, mais son ânesse, elle, le voyait et cherchait à l’éviter. Elle finit par se coucher sous Balaam, qui, furieux, la battit avec son bâton.

C’est alors que, sous l’action divine, Balaam entendit son ânesse lui parler. ‘Que t’ai-je fait pour que tu me battes?’ lui dit-elle.

‘C’est que tu t’es moquée de moi!’ lui répondit Balaam. ‘Si j’avais une épée, je te tuerais.’

‘Ai-je jamais agi ainsi avec toi?’ demanda l’ânesse.

‘Non’, fit Balaam.

Alors Jéhovah ouvrit les yeux de Balaam, qui vit l’ange sur la route, une épée à la main. L’ange lui dit: ‘Pourquoi as-tu battu ton ânesse? Je suis venu te barrer le passage, car tu ne dois pas aller maudire Israël. Si ton ânesse ne s’était pas écartée devant moi, je t’aurais tué, tandis qu’elle je l’aurais laissée en vie.’

Balaam dit: ‘J’ai péché. J’ignorais que tu étais posté sur la route.’ L’ange laissa partir Balaam, qui alla chez Balak. Le devin tenta néanmoins de maudire Israël, mais Jéhovah, l’en empêchant, lui fit bénir par trois fois son peuple.