Aller au contenu

Aller au sommaire

« Le juste se réjouira au sujet de Jéhovah »

« Le juste se réjouira au sujet de Jéhovah »

DIANA a plus de 80 ans. Son mari, qui avait la maladie d’Alzheimer, a passé plusieurs années dans un établissement médicalisé avant de mourir. Elle a aussi perdu ses deux fils et a dû se battre contre un cancer du sein. Mais à chaque fois que les membres de son assemblée la voient aux réunions ou en prédication, ils remarquent qu’elle est toujours joyeuse.

John a été responsable itinérant pendant plus de 40 ans. Il aimait cette forme de service ; c’était toute sa vie ! Mais il a dû arrêter pour s’occuper d’un proche malade. Quand ceux qui l’ont connu par le passé le rencontrent lors d’une assemblée régionale, ils trouvent qu’il n’a pas changé du tout. Il rayonne toujours de joie !

Comment Diana et John font-​ils pour garder leur joie ? Comment quelqu’un qui souffre moralement et physiquement peut-​il être joyeux ? Et comment quelqu’un qui a perdu des responsabilités qu’il aimait au service de Jéhovah peut-​il rester heureux ? La Bible nous l’explique ainsi : « Le juste se réjouira au sujet de Jéhovah » (Ps. 64:10). Pour mieux comprendre cette vérité fondamentale, examinons ce qui procure une joie temporaire et ce qui procure une joie durable.

UNE JOIE TEMPORAIRE

Tu seras sans doute d’accord pour dire que certaines choses apportent presque toujours de la joie. Par exemple, le mariage de deux personnes qui s’aiment, le fait d’avoir un enfant, ou celui de recevoir des responsabilités dans l’organisation de Jéhovah. Ces choses rendent joyeux, et c’est normal puisqu’elles nous viennent de Jéhovah. C’est lui qui est à l’origine du mariage, qui nous a créés avec la possibilité d’avoir des enfants, et qui nous confie des responsabilités dans son peuple (Gen. 2:18, 22 ; Ps. 127:3 ; 1 Tim. 3:1).

Mais ces causes de joie peuvent être temporaires. En effet, il arrive malheureusement qu’un conjoint soit infidèle, ou qu’il meure (Ézéch. 24:18 ; Osée 3:1). Des enfants peuvent devenir désobéissants à leurs parents et à Dieu, et même se faire excommunier. Par exemple, les fils de Samuel servaient Jéhovah d’une mauvaise façon, et David a connu de nombreux problèmes dans sa famille à cause  de son péché avec Bethsabée (1 Sam. 8:1-3 ; 2 Sam. 12:11). De telles choses causent du chagrin et de la détresse, certainement pas de la joie.

Il peut aussi arriver que nous devions cesser d’exercer certaines responsabilités dans le peuple de Jéhovah, en raison de changements dans l’organisation, d’une mauvaise santé ou de nouvelles obligations familiales. Beaucoup de ceux qui ont vécu cette situation disent que la satisfaction qu’ils ressentaient dans leurs activités leur manque.

Ainsi, certaines sources de joie peuvent être temporaires. Mais alors, y a-​t-​il une autre sorte de joie, une joie qui dure même quand les choses ne se passent pas comme nous l’aurions voulu ? Sûrement, puisque Samuel, David et d’autres ont pu garder une certaine joie malgré leurs épreuves.

UNE JOIE DURABLE

Jésus savait ce qu’est la vraie joie. Avant qu’il vienne sur terre, sa situation était idéale : il se « réjouissai[t] tout le temps devant [Jéhovah] » (Prov. 8:30). Mais en tant qu’humain, il a dû faire face à de grandes difficultés. Malgré tout, il trouvait de la joie à faire la volonté de son Père (Jean 4:34). Que dire des dernières heures de sa vie, si pénibles ? Nous lisons : « Pour la joie qui était placée devant lui, il a enduré un poteau de supplice » (Héb. 12:2). Nous avons donc de bonnes raisons d’examiner deux enseignements de Jésus à propos de la vraie joie.

Un jour, ses 70 disciples sont revenus vers lui après avoir prêché. Ils étaient joyeux, car ils avaient accompli des miracles et même expulsé des démons. Mais Jésus leur a dit : « Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; réjouissez-​vous parce que vos noms ont été inscrits dans le ciel » (Luc 10:1-9, 17, 20). Oui, ce qui rend vraiment joyeux, ce n’est pas d’avoir un privilège particulier. C’est de plaire à Jéhovah.

Une autre fois, alors que Jésus s’adressait à une foule, une femme juive a été si impressionnée par ses enseignements qu’elle s’est exclamée que sa mère devait être très heureuse de l’avoir pour fils. Mais Jésus lui a répondu : « Non, heureux plutôt sont ceux qui entendent la parole de Dieu et y obéissent ! »  (Luc 11:27, 28). C’est formidable de pouvoir être fier de ses enfants. Mais ce qui rend beaucoup plus heureux encore, c’est d’obéir à Jéhovah et d’avoir ainsi une bonne relation avec lui.

En effet, être convaincus que nous plaisons à Jéhovah nous permet de ressentir une profonde joie intérieure. Les épreuves, même si elles ne sont pas agréables, ne peuvent pas nous enlever cette conviction. C’est même le contraire : lorsque nous les endurons avec fidélité, c’est une victoire qui nous convainc davantage encore que nous plaisons à Jéhovah (Rom. 5:3-5). De plus, Jéhovah donne son esprit à ceux qui lui font confiance, et la joie fait partie des qualités produites par cet esprit (Gal. 5:22). Voilà pourquoi nous lisons en Psaume 64:10 : « Le juste se réjouira au sujet de Jéhovah. »

Qu’est-​ce qui aide John à rester joyeux ?

Cela explique comment Diana et John, déjà cités, ont pu garder leur joie malgré leurs épreuves. Diana témoigne : « Je me suis réfugiée dans les bras de Jéhovah, comme un enfant le ferait avec ses parents. » Comment sait-​elle qu’elle plaît à Jéhovah ? « Je sens sa bénédiction, car j’arrive à prêcher régulièrement et avec le sourire. » John explique ce qui l’a aidé à rester joyeux et actif en prédication après avoir arrêté le service itinérant qu’il aimait tant : « Depuis 1998, quand je suis devenu formateur à l’École de formation ministérielle, je n’ai jamais autant étudié individuellement. » À propos de sa femme et lui, il ajoute : « Au fil des années, nous avons toujours veillé à effectuer de bon cœur toute forme de service. Cela nous a aidés à nous adapter à ce nouveau changement. »

Beaucoup d’autres encore ont constaté que Psaume 64:10 dit vrai. Parlons par exemple d’un couple qui servait au Béthel des États-Unis depuis plus de 30 ans. On leur a demandé de quitter le Béthel pour devenir pionniers spéciaux. Ils ont admis avec réalisme : « C’est normal d’être triste quand on perd quelque chose qu’on aime. » Mais ils ont ajouté : « On ne peut pas rester triste éternellement. » Ils ont rapidement pris une part active à la prédication avec leurs nouveaux compagnons. Ils ont aussi expliqué : « Nous avons fait des prières très précises. Quand nous avons vu que Jéhovah y répondait, ça nous a encouragés et donné de la joie. Peu après notre arrivée, d’autres sont devenus pionniers, et Jéhovah nous a bénis en nous confiant deux étudiants de la Bible qui progressent bien. »

« DE LA JOIE POUR TOUJOURS »

Bien sûr, ce n’est pas toujours facile d’être joyeux, et nous avons tous des hauts et des bas. Mais Jéhovah nous rassure au moyen des paroles contenues en Psaume 64:10. Même si parfois nous sommes découragés, soyons sûrs que si nous restons fidèles malgré les changements, nous « [nous] réjouir[ons] au sujet de Jéhovah ». De plus, pensons à la joie que nous ressentirons quand Jéhovah aura établi le « nouveau ciel et la nouvelle terre ». Nous serons alors complètement débarrassés de l’imperfection. Tous les serviteurs de Dieu seront « transportés d’allégresse et trouver[ont] de la joie pour toujours » en raison de tout ce qu’il fera (Is. 65:17, 18).

Imagine ce que cela signifiera : Tu auras une santé parfaite et tu commenceras chaque journée plein d’énergie ! Quelle que soit la profondeur des blessures affectives que tu as eues par le passé, tu n’en garderas plus de souvenirs douloureux. En effet, « on ne se rappellera pas les choses passées, et elles ne viendront pas remuer le cœur ». Grâce au miracle de la résurrection, tu seras réuni à ceux que tu aimes. Tu ressentiras ce que les parents de la fillette de 12 ans ont ressenti quand Jésus l’a ressuscitée : « Ils furent hors d’eux-​mêmes, transportés de joie » (Marc 5:42). Et au final, chaque humain sera « juste » dans le plein sens du mot et « se réjouira au sujet de Jéhovah » pour l’éternité.