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L’avortement : une effroyable tragédie

L’avortement : une effroyable tragédie

L’AVORTEMENT tue 50 à 60 millions d’enfants par an. Avez-vous une idée de ce que représente ce chiffre? C’est comme si l’on rayait chaque année de la carte un pays comme la France.

La plupart des gouvernements ne tenant pas de comptes rigoureux, il est difficile d’obtenir des chiffres exacts. De plus, là où l’avortement est illégal ou soumis à des restrictions, les spécialistes ne peuvent qu’avancer des estimations. Se dégagent néanmoins les grandes lignes suivantes:

Aux États-Unis, l’avortement est la deuxième intervention chirurgicale après l’ablation des amygdales. Chaque année, plus de 1,5 million de femmes se font avorter, dont la grande majorité (80 %) ne sont pas mariées. Les femmes seules avortent deux fois plus souvent qu’elles n’enfantent, alors que les femmes mariées enfantent dix fois plus souvent qu’elles ne se font avorter.

En Amérique latine, où le catholicisme domine largement, les lois sur l’avortement sont les plus strictes du monde. Les avortements illégaux y sont pourtant monnaie courante et constituent une grave menace pour la santé des femmes. Ainsi, environ quatre millions de Brésiliennes se sont fait avorter l’année dernière, dont 400 000 ont dû être soignées à cause de complications. En Amérique latine, environ un quart des grossesses sont interrompues.

En Afrique, les lois sont également sévères. Les accidents et les décès sont fréquents, particulièrement chez les pauvres qui se tournent vers des avorteurs clandestins.

Dans de nombreux pays du Proche-Orient, les textes de lois sont stricts, mais les femmes qui en ont les moyens cherchent fréquemment, et parviennent aisément, à se faire avorter.

La plupart des pays occidentaux autorisent l’avortement sous certaines conditions. C’est en Scandinavie que les gouvernements sont les plus libéraux. Les Services britanniques de la santé tiennent un relevé des avortements depuis la légalisation de la procédure en 1967: il s’en pratique aujourd’hui deux fois plus, et l’on observe une augmentation des naissances illégitimes, des maladies sexuellement transmissibles et de la prostitution, ainsi que quantité d’affections des organes reproducteurs.

En Europe de l’Est, les lois sur l’avortement sont à l’image d’une situation en perpétuelle évolution. L’ex-Union soviétique détiendrait l’un des records mondiaux, avec un chiffre annuel d’avortements estimé à 11 millions. À cause de la rareté des contraceptifs et de la précarité des conditions économiques, les femmes se font avorter en moyenne six à neuf fois dans leur vie.

Dans les pays d’Europe de l’Est, la tendance est généralement à la libéralisation. La Roumanie en est un exemple frappant. L’ancien régime proscrivait farouchement l’avortement et interdisait la contraception afin de favoriser la croissance démographique. Les femmes étaient tenues à un quota d’au moins quatre enfants. En 1988, les enfants abandonnés étaient si nombreux que les orphelinats étaient surpeuplés. Depuis que le gouvernement révolutionnaire de 1989 a levé l’interdit qui frappait l’avortement, 3 grossesses sur 4 sont interrompues, soit le taux le plus élevé d’Europe.

C’est en Asie que l’on pratique le plus d’avortements. La Chine, avec son programme d’enfant  unique et ses avortements obligatoires, tient le haut de la liste: 14 millions d’avortements par an. Au Japon, les femmes ornent des statuettes de bavoirs et de jouets en souvenir des enfants qu’elles n’ont pas eus du fait d’un avortement. La pilule contraceptive suscite une grande méfiance, et l’avortement constitue la méthode favorite de planification familiale.

Partout en Asie, et plus particulièrement en Inde, les progrès de la médecine placent les militantes des droits de la femme dans une situation délicate. Grâce à l’amniocentèse et à l’échographie, on peut déterminer le sexe de l’enfant de plus en plus tôt. Or la culture orientale a depuis longtemps un penchant marqué pour les fils. Par conséquent, là où il est facile de connaître le sexe de l’enfant et d’interrompre la grossesse, nombre des femmes qui portent une fille se font avorter, nuisant du même coup à l’équilibre des sexes. Le mouvement féministe se trouve donc aujourd’hui dans une situation paradoxale: il réclame le droit de la femme à avorter lorsqu’elle porte un fœtus de son sexe.

En Asie, où l’on préfère les garçons, les médecins pratiquent des milliers d’avortements sur les femmes enceintes de filles.

Ce que ressent la mère

Comme toute intervention médicale, l’avortement comporte son lot de risques et de douleur. Durant la grossesse, le col de l’utérus est hermétiquement fermé pour protéger le bébé. Sa dilatation et l’insertion d’instruments peuvent être douloureuses et provoquer des lésions. L’avortement par aspiration dure une trentaine de minutes. Chez certaines femmes, il cause des douleurs et des crampes qui vont du supportable à l’atroce. L’avortement par injection de solution saline consiste à provoquer l’accouchement, parfois à l’aide de prostaglandine, une substance qui déclenche le travail. Les contractions, qui durent parfois des heures, voire des jours, peuvent être douloureuses et moralement épuisantes.

Hémorragies, lésions ou déchirures du col de l’utérus, perforation utérine, caillots de sang, réaction à l’anesthésie, convulsions, fièvre, frissons et vomissements sont au nombre des complications immédiates de l’avortement. Le risque d’infection est particulièrement important si des morceaux de fœtus ou de placenta restent dans l’utérus. Cela arrive fréquemment, et il faut parfois opérer afin d’ôter les résidus en décomposition, voire l’utérus lui-même. Selon des enquêtes officielles réalisées aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans l’ex-Tchécoslovaquie, l’avortement accroît considérablement les risques de stérilité, de grossesses tubaires, de fausses couches, de prématurité et de malformations congénitales.

Everett Koop, ancien ministre américain de la Santé, a fait observer que personne n’avait jamais réalisé d’“étude sur les réactions affectives ou le sentiment de culpabilité des femmes qui  ont subi un avortement et veulent maintenant à tout prix un enfant qu’elles ne peuvent avoir”.

Les études sur l’avortement auraient dû prendre en compte des groupes de jeunes chrétiennes chastes qui restent vierges par respect pour la vie et pour les lois divines. On se serait alors aperçu qu’elles bénéficient de relations plus saines, d’une plus grande estime de soi et de la paix de l’esprit.

Ce que ressent l’enfant

Que ressent l’enfant bien au chaud et en sécurité dans le ventre de sa mère lorsqu’il est victime de cette agression mortelle? Nous ne pouvons que l’imaginer, car aucun ne sera jamais là pour nous le raconter.

La plupart des avortements ont lieu dans les 12 premières semaines de la vie. À ce stade, le minuscule fœtus respire et déglutit. Son cœur bat. Il remue les orteils, serre les poings, se retourne dans son monde liquide... et ressent la douleur.

De nombreux fœtus sont arrachés du ventre et aspirés dans un bocal par un tube au bout tranchant. Le procédé est appelé aspiration sous vide. La puissance de l’aspiration (29 fois celle d’un aspirateur domestique) déchire le petit corps. L’avortement par dilatation du col et curetage est une autre méthode: un couteau en forme de boucle racle la muqueuse utérine, coupant l’enfant en tranches.

 Pour les fœtus de plus de 16 semaines [dans les pays où la loi l’autorise], on emploie l’avortement par injection de solution saline, ou empoisonnement par le sel. À l’aide d’une longue aiguille on perce la poche des eaux pour enlever une partie du liquide amniotique et le remplacer par une solution saline concentrée. Tandis qu’il avale et respire, emplissant de poison ses fragiles poumons, l’enfant lutte et se convulse. Sous l’effet caustique de la solution, l’épiderme, brûlé, laisse la chair à vif et flétrie. Une hémorragie cérébrale peut se déclarer. La mort, douloureuse, survient en quelques heures; bien que parfois, lorsque le travail commence le lendemain, la femme accouche d’un bébé vivant, mais à l’agonie.

Si l’enfant est trop développé pour être tué par ces méthodes ou d’autres, semblables, il reste la solution de l’hystérotomie, une césarienne dont le but n’est pas de sauver la vie, mais de l’interrompre. On ouvre l’abdomen de la mère, et on en sort presque toujours un bébé vivant. Certains même pleurent. Mais on doit le laisser mourir, quand on ne va pas jusqu’à l’étouffer, le noyer ou le tuer délibérément par quelque autre moyen.

Ce que ressent le médecin

Depuis des siècles les médecins font leurs les valeurs énoncées dans le serment d’Hippocrate, qui dit entre autres: “Je ne remettrai à personne du poison si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion; semblablement, je ne remettrai à aucune un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j’exercerai dans l’innocence et la pureté.”

Quel conflit intérieur taraude les médecins qui interrompent la vie dans l’utérus maternel? Le docteur George Flesh raconte: “Mes premiers avortements, du temps où j’étais interne, ne me tourmentaient pas. (...) C’est après que j’ai eu pratiqué des centaines d’avortements que le malaise est apparu. (...) Qu’est-ce qui m’a fait changer? À mes débuts, un couple est venu me voir pour me demander de réaliser un avortement. Or le col de l’utérus de la femme était rigide, et je n’ai pas pu le dilater. Je leur ai donc demandé de revenir une semaine plus tard, quand le col serait plus souple. Quand ils sont revenus, ils avaient changé d’avis. Sept mois plus tard, j’ai procédé à l’accouchement.

“Des années après, j’ai joué avec le petit Jeffrey dans la piscine du club de tennis dont ses parents et moi étions membres. C’était un beau petit garçon, heureux de vivre. J’ai été horrifié à la pensée que seul un obstacle technique m’avait empêché d’interrompre la vie de Jeffrey. (...) Je pense que déchirer un fœtus membre par membre sur simple requête de la mère est un acte de dépravation que la société ne devrait pas permettre.”

Aux États-Unis, 80 % des femmes qui se font avorter ne sont pas mariées.

Une infirmière qui a cessé de participer aux avortements nous parle de ce qu’était son travail dans une clinique spécialisée: “L’une de nos tâches consistait à compter les morceaux. (...) Si la patiente repart avec des morceaux du bébé encore dans l’utérus, elle risque de graves ennuis de santé. Je prenais les morceaux et vérifiais soigneusement qu’il y avait bien deux bras, deux jambes, un torse, une tête. (...) J’ai quatre enfants. (...) Il y avait entre ma vie professionnelle et ma vie privée un conflit insoluble. (...) L’avortement est quelque chose de vraiment pénible.”