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Puis-je être heureux dans une famille monoparentale ?

Puis-je être heureux dans une famille monoparentale ?

 CHAPITRE 25

Puis-​je être heureux dans une famille monoparentale ?

“ Ceux qui ont deux parents peuvent avoir leur chambre à eux et s’acheter de nouveaux habits. Moi, je dois partager ma chambre, et j’ai rarement des vêtements que j’aime. Maman dit qu’elle n’a pas les moyens. Et avec tout ce qu’il faut que je fasse à la maison pendant qu’elle travaille, j’ai l’impression d’être la bonne ; c’est comme si on me volait une partie de mon enfance. ” — Salomé, 13 ans.

 LA FAMILLE comptant le père et la mère est assurément l’idéal. Les deux parents ensemble peuvent en général apporter davantage direction, protection et soutien. “ Il vaut mieux être deux que seul : le travail rendra mieux ”, confirme la Bible. — Ecclésiaste 4:9, Bible des peuples.

Pourtant, si le foyer biparental était un animal, il figurerait sur la liste des espèces menacées ! En France, par exemple, un quart des jeunes de moins de 25 ans vivent avec un seul de leurs parents ou dans une famille recomposée, ceux qui vivent dans une famille recomposée ayant d’abord passé en moyenne quatre ans dans une famille monoparentale.

Quoi qu’il en soit, certains adolescents qui ne vivent qu’avec un parent en éprouvent de la honte. D’autres se sentent écrasés par les pressions et les difficultés auxquelles cette vie les soumet. Si vous évoluez dans une telle structure familiale, quelles difficultés rencontrez-​vous ? Inscrivez ci-dessous le problème qui vous pèse le plus.

․․․․․

Êtes-​vous condamné à être malheureux parce que vous n’avez pas au quotidien l’amour et l’attention de votre parent absent ? Absolument pas ! Votre regard sur la situation joue énormément. “ Tous les jours de l’affligé sont mauvais, énonce Proverbes 15:15 ; mais celui qui a le cœur joyeux vit un festin constant. ” Autrement dit, notre humeur est davantage une question d’état d’esprit que de circonstances. Comment avoir “ le cœur joyeux ” malgré votre situation ?

Neutralisez les sentiments négatifs

Avant tout, ne vous laissez pas démoraliser par les remarques négatives des autres. Parfois des enseignants se montrent d’une insensibilité flagrante envers leurs élèves qui grandissent dans des foyers monoparentaux. Certains partent même du principe que ceux qui sont indisciplinés  le sont à cause d’un contexte familial anormal. Mais demandez-​vous : ‘ Ceux qui font ces remarques nous connaissent-​ils vraiment, ma famille et moi ? Ou répètent-​ils sans réfléchir des idées reçues sur les familles monoparentales ? ’

On note avec intérêt que la Bible emploie des dizaines de fois l’expression “ orphelin de père ”. Mais jamais de façon péjorative. Au contraire, dans presque tous les passages concernés, Jéhovah révèle son souci particulier des enfants élevés par un seul parent *.

D’un autre côté, des personnes bien intentionnées en font peut-être un peu trop dans la délicatesse. Par exemple, elles n’osent pas prononcer devant vous des mots comme “ père ”, “ mariage ”, “ divorce ” ou “ mort ”, de crainte de vous froisser ou de vous gêner. Ce genre d’attitude vous agace-​t-​il ? Si oui, expliquez avec tact à ces personnes que tant de précautions ne sont pas nécessaires. Tony, 14 ans, qui n’a jamais connu son père, observe que des gens se retiennent d’employer certains mots. Mais lui les emploie exprès quand il converse avec eux. “ Je veux qu’ils sachent que je n’ai pas honte de ma situation ”, souligne-​t-​il.

Évitez les “ si seulement ”

C’est normal que vous soyez triste et nostalgique si vos parents ont divorcé ou si l’un d’eux est mort. Mais, à la longue, il vous faudra accepter votre sort. “ Ne dis pas : ‘ Comment se fait-​il que les jours anciens ont été meilleurs que ceux-ci ? ’ ” préconise la Bible (Ecclésiaste 7:10). À cet  égard, Sarah, 13 ans, qui en avait 10 au divorce de ses parents, recommande : “ Ne ruminez pas votre malheur, en cafardant avec des ‘ si seulement ’. Ne pensez pas que si vous avez des problèmes c’est à cause de votre famille pas classique, ni que les enfants qui ont leurs deux parents ont une petite vie pépère. ” Voilà un bon conseil. En effet, même la famille “ idéale ” n’est pas exempte de problèmes.

Pourquoi ne pas vous représenter votre famille comme une équipe de rameurs ? Si elle est au complet, c’est parfait. Dans le cas d’un foyer monoparental, il manque un coéquipier ; l’effort est donc plus rude pour les autres. La famille est-​elle pour autant vouée à l’échec ? Non ! Tant que l’équipe, quoique restreinte, rame à l’unisson, le bateau avance et il arrivera à destination.

 Faites-​vous votre part ?

Comment, au juste, faire votre part avec le reste de la maisonnée ? Considérez les trois suggestions suivantes :

Apprenez à être économe. L’argent est un gros souci dans la plupart des familles monoparentales. Comment coopérer dans ce domaine ? Tony, déjà cité, témoigne : “ Des copains d’école exigent que leurs parents leur achètent des baskets et des vêtements de marque. Ils refusent d’aller en classe sans ça. Moi, je ne suis pas à la mode, mais je suis propre et net, et je prends soin de mes affaires. Maman fait de son mieux ; je ne veux pas lui compliquer la vie. ” Avec un petit effort, vous pouvez imiter l’apôtre Paul, qui explique : “ J’ai [...] appris à me contenter toujours de ce que j’ai. [...] J’ai appris à être satisfait partout et en toute circonstance. ” — Philippiens 4:11, 12, Bible en français courant.

Autre manière d’être économe : éviter le gaspillage (Jean 6:12). Un garçon du nom d’Arnaud précise : “ À la maison, je fais très attention à ne rien casser et à ne rien égarer, parce que ça coûte cher de réparer ou de remplacer. Je veille à éteindre les lumières ou les appareils inutilisés. Ça réduit la facture d’électricité. ”

Prenez des initiatives. Beaucoup de parents seuls hésitent à imposer des règles familiales ou à faire participer leurs enfants aux travaux ménagers. Pourquoi ? Certains croient devoir compenser l’absence de leur conjoint en rendant  la vie facile à leurs enfants. ‘ Je ne veux pas les priver de s’amuser ’, se disent-​ils peut-être.

Du coup, vous pourriez avoir tendance à profiter du sentiment de culpabilité de votre parent. Vous ne feriez cependant qu’alourdir sa charge. Pourquoi ne prendriez-​vous pas plutôt l’initiative de lui donner un coup de main ? Voyez ce que Tony est prêt à faire. “ Ma mère travaille dans un hôpital, explique-​t-​il. Comme sa tenue de service doit être impeccable, je la lui repasse. ” N’est-​ce pas là un travail de femme ? “ Il y en a qui le pensent, répond-​il. Mais ça soulage maman, alors je le fais. ”

Témoignez de la reconnaissance. À part lui prêter main-forte, vous pouvez beaucoup pour remonter le moral  de votre parent simplement en exprimant votre gratitude. Une mère seule a écrit : “ C’est justement les soirs où je rentre du travail vraiment déprimée ou irritable après une journée particulièrement dure que ma fille décide de mettre la table et de préparer le dîner. ” Elle ajoute : “ Mon fils me prend dans ses bras et me serre fort. ” Quel effet lui font ces attentions ? “ Je retrouve ma bonne humeur ”, dit-​elle.

Inscrivez ci-​après lequel de ces trois points vous devez travailler le plus. ․․․․․

Vivre au sein d’une famille monoparentale vous donne l’occasion de cultiver des qualités telles que la compassion, l’abnégation et la fiabilité. En outre, “ il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ”, a déclaré Jésus (Actes 20:35). Vous connaîtrez un grand bonheur si vous donnez de votre personne en soutenant votre parent seul.

Bien sûr, vous regretterez de temps en temps de ne pas avoir vos deux parents à la maison. Vous pouvez néanmoins apprendre à vous accommoder au mieux de votre situation. C’est ce qu’a constaté Nia, qui raconte : “ Quand j’ai perdu mon père, quelqu’un m’a dit : ‘ Ta vie est ce que tu en fais ’, et ça m’a marquée. J’ai gardé en tête que je ne suis pas obligée d’être victime des circonstances. ” Adoptez cette vision des choses ! Rappelez-​vous : ce n’est pas votre situation qui vous rend heureux ou malheureux. C’est votre façon de la considérer — et d’y faire face.

LISEZ ÉGALEMENT À CE SUJET LE CHAPITRE 4 DU VOLUME 1.

[Note]

VERSET BIBLIQUE CLÉ

“ Au lieu de penser chacun à son intérêt, que chacun se préoccupe des autres. ” — Philippiens 2:4, Bible des peuples.

UN CONSEIL

Si vous estimez que vous vous retrouvez avec plus de responsabilités que vous ne pouvez en porter, suggérez gentiment à votre parent...

... d’afficher une liste de toutes les tâches que chaque membre de la famille doit effectuer.

... de redistribuer les tâches, si nécessaire, entre les membres aptes de la famille.

LE SAVEZ-​VOUS... ?

Endosser des responsabilités à la maison peut vous faire mûrir plus vite qu’un jeune qui grandit dans une famille biparentale et qui, généralement, en a moins.

MON PLAN DE BATAILLE

Ce que je compte faire pour neutraliser mes sentiments négatifs : ․․․․․

Ce que je compte dire à quelqu’un qui est exagérément délicat avec moi : ․․․․․

Ce que j’aimerais demander à mon père ou à ma mère à ce sujet : ․․․․․

QU’EN PENSEZ-​VOUS ?

Pourquoi certains ont-​ils des préjugés contre les enfants de parents seuls ?

Pour quelle raison votre parent hésite-​t-​il peut-être à vous faire participer aux tâches ménagères ?

Comment pouvez-​vous lui exprimer votre reconnaissance ?

[Entrefilet, page 211]

“ Depuis le divorce de mes parents, ma mère et moi avons un vrai dialogue ; nous sommes devenues très proches. ” — Mélanie.

[Illustration, pages 210, 211]

Une famille monoparentale est comme une équipe de rameurs privée d’un de ses membres : l’effort est un peu plus rude pour ceux qui restent, mais ils peuvent réussir s’ils rament à l’unisson.