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Les réunions: culte, instruction et encouragement

Les réunions: culte, instruction et encouragement

 Chapitre 16

Les réunions: culte, instruction et encouragement

LES réunions de leur congrégation occupent une place importante dans l’activité des Témoins de Jéhovah. Même lorsque les circonstances ne s’y prêtent pas, les Témoins s’efforcent d’y assister régulièrement, conformément à cette exhortation biblique: “Observons-​nous les uns les autres pour nous inciter à l’amour et aux belles œuvres, sans abandonner le rassemblement de nous-​mêmes, comme quelques-uns en ont coutume, mais en nous encourageant mutuellement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour.” (Héb. 10:24, 25). Là où cela est possible, chaque congrégation organise des réunions trois fois par semaine, réunions qui durent au total 4 heures et 45 minutes. Cependant, la nature et la fréquence des réunions ont évolué en fonction des besoins.

Au Ier siècle, les manifestations des dons miraculeux de l’esprit étaient une particularité des réunions chrétiennes. Pour quelle raison? Parce qu’au moyen de ces dons Dieu attestait qu’il n’utilisait plus le système religieux juif, mais que son esprit reposait désormais sur la congrégation chrétienne récemment formée (Actes 2:1-21; Héb. 2:2-4). Lors de ces réunions, les chrétiens prononçaient des prières, chantaient des louanges à Dieu, mettaient l’accent sur la prophétie (c’est-à-dire la transmission de révélations relatives à la volonté et au dessein divins) et sur la transmission d’une instruction propre à édifier les auditeurs. Ces chrétiens vivaient à une époque où des événements prodigieux se produisaient en rapport avec le dessein divin. Il leur fallait les comprendre et savoir comment agir en conséquence. Toutefois, lors de ces réunions, certains ne faisaient pas preuve d’équilibre; aussi, comme le montre la Bible, avaient-​ils besoin de conseils pour les diriger de la façon la plus profitable. — 1 Cor. 14:1-40.

Retrouvait-​on dans les réunions des Étudiants de la Bible, dans les années 1870 et après, les caractéristiques de celles que tenaient les chrétiens du Ier siècle?

Les besoins spirituels des premiers Étudiants de la Bible sont satisfaits

En 1870, Charles Russell et un petit groupe d’amis d’Allegheny (Pennsylvanie) et des alentours ont formé une classe pour l’étude de la Bible. Grâce à leurs réunions, ils ont progressivement accru leur amour pour Dieu et pour  sa Parole, et en sont venus à connaître ce qu’enseigne la Bible. Aucun don miraculeux des langues ne se manifestait à ces réunions. Pourquoi? Parce que ces dons miraculeux avaient atteint leur but au Ier siècle, et, conformément à ce que la Bible avait annoncé, ils avaient cessé. “Ainsi que saint Paul l’a clairement exprimé, a expliqué frère Russell, l’étape suivante en matière de progrès consistait à manifester les fruits de l’Esprit.” (1 Cor. 13:4-10). De plus, tout comme au Ier siècle, une œuvre urgente d’évangélisation devait être accomplie, œuvre pour laquelle ils avaient besoin d’encouragements (Héb. 10:24, 25). Ils n’ont pas tardé à se réunir régulièrement deux fois par semaine.

Frère Russell a compris qu’il importe que les serviteurs de Jéhovah, aussi dispersés soient-​ils sur la terre, forment un peuple uni. C’est pourquoi en 1879, peu après le début de la parution de La Tour de Garde, ses lecteurs ont été invités à demander à frère Russell ou à l’un de ses collaborateurs de leur rendre visite. L’annonce stipulait: “Sans argent, sans payer.” Lorsqu’un certain nombre de demandes lui sont parvenues, frère Russell a entrepris un voyage d’un mois qui l’a conduit jusqu’à Lynn, dans le Massachusetts; il tenait des réunions de quatre à six heures par jour à chaque étape. Il traitait le sujet “Les choses qui appartiennent au Royaume de Dieu”.

Dès 1881, frère Russell a adressé cette exhortation aux lecteurs de La Tour de Garde qui n’avaient pas encore de réunions dans leur région: “Réunissez-​vous chez vous avec votre famille, ou même avec quelques personnes qui manifestent de l’intérêt. Lisez, étudiez, louez Dieu et adorez-​le ensemble, car là où deux ou trois se réunissent en Son nom, le Seigneur, votre Enseignant, est là au milieu de vous. Telle était la nature de certaines réunions de l’Église aux jours des apôtres. (Voir Philémon 2.)”

Le programme des réunions s’est développé progressivement. Des suggestions étaient faites, mais il appartenait à chaque groupe de déterminer ce qui convenait le mieux à sa situation. De temps à autre, un orateur donnait un discours, mais on mettait surtout l’accent sur les réunions auxquelles chacun pouvait participer librement. Au début, certaines classes d’Étudiants de la Bible utilisaient peu les publications de la Société pendant leurs réunions, mais les ministres itinérants, ou pèlerins, les ont aidées à en saisir tout l’intérêt.

Après leur parution, on a commencé à se servir de plusieurs tomes de L’Aurore du Millénium pour étudier la Bible. En 1895, les groupes d’étude étaient appelés Cercles de l’aurore pour l’étude de la Bible *. En Norvège, certains en ont parlé plus tard comme de “réunions de lecture et d’entretiens”, ajoutant: “Des extraits des livres de Charles Russell étaient lus à haute voix, et si quelqu’un voulait faire un commentaire ou poser une question, il levait la main.” Frère Russell a conseillé à ceux qui participaient à  ces réunions d’utiliser différentes traductions des Écritures, les références marginales de la Bible et des concordances bibliques. Les études avaient souvent lieu dans un foyer, par groupes de taille moyenne, un soir qui convenait à tous. Ces réunions sont à l’origine de l’étude de livre qui se tient aujourd’hui dans les congrégations.

Charles Russell a compris qu’il ne suffisait pas d’étudier des doctrines. Il fallait aussi des expressions de piété qui remplissent le cœur des gens de reconnaissance pour l’amour de Dieu et du désir de l’honorer et de le servir. Dans ce but, les classes ont été encouragées à organiser des réunions spéciales une fois par semaine. On les appelait parfois “Cottage meetings” (“Réunions de foyer”) parce qu’elles avaient lieu chez des particuliers. Des prières, des cantiques de louange et des témoignages personnels des assistants * figuraient au programme. Ces témoignages étaient parfois des faits encourageants, mais ils se rapportaient aussi aux épreuves, aux difficultés et aux inquiétudes qu’ils avaient eues les jours précédents. Dans certains endroits, ces réunions n’atteignaient pas leur objectif parce qu’on accordait une importance excessive aux individus. Des suggestions bienveillantes ont donc été faites dans La Tour de Garde pour remédier à la situation.

Edith Brenisen, femme de l’un des premiers pèlerins aux États-Unis, a conservé le souvenir de ces réunions: “Ces soirées offraient l’occasion de méditer sur la protection bienveillante de Jéhovah et de fréquenter étroitement nos frères et sœurs. En écoutant leurs rapports, nous parvenions à mieux les connaître. En observant leur fidélité et en entendant comment ils avaient surmonté leurs difficultés, nous arrivions souvent à résoudre nos problèmes.” Toutefois, avec le temps, il est apparu que des réunions conçues pour équiper chacun en vue de participer à l’œuvre d’évangélisation seraient plus profitables.

La manière dont la réunion du dimanche était dirigée en certains endroits préoccupait les frères. Des classes essayaient d’étudier la Bible verset par verset. Cependant, les divergences d’opinion quant à la signification des versets n’avaient parfois rien d’encourageant. Afin de remédier à cette situation, certains membres de la congrégation de Los Angeles (Californie) ont préparé des plans pour une étude de la Bible par sujet, avec des questions et des références que toute la classe devait examiner avant d’assister à la réunion. En 1902, la Société a publié (en anglais) une Bible contenant des “Auxiliaires pour les études béréennes de la Bible”, dont un index par sujet *. Afin de simplifier encore les choses, à partir du 1er mars 1905, La Tour de Garde en anglais a publié des plans de discussion pour la congrégation, comprenant  des questions ainsi que des références à la Bible et aux publications de la Société à des fins de recherches. Cette rubrique est parue jusqu’en 1914, année où des questions sur les volumes des Études des Écritures ont été publiées (en anglais) afin d’être utilisées dans les Études béréennes.

Toutes les classes disposaient des mêmes matières, mais la fréquence des réunions variait d’une à quatre fois par semaine ou plus, suivant les dispositions  prises sur le plan local. Au début de 1914, à Colombo (Ceylan, l’actuel Sri Lanka), il y avait des réunions tous les jours.

On encourageait les Étudiants de la Bible à apprendre à faire des recherches, à ‘examiner toutes choses’, à exprimer les idées dans leurs propres termes (1 Thess. 5:21, Sg). Frère Russell conseillait une discussion libre et précise des matières à étudier. Il a fait aussi cette recommandation: “N’oubliez  jamais que la Bible est notre référence et que, quels que soient les auxiliaires que Dieu nous donne, ce ne sont que des ‘auxiliaires’ qui, en aucun cas, ne la remplacent.”

La commémoration de la mort du Seigneur

À partir de 1876, les Étudiants de la Bible ont pris chaque année des dispositions pour commémorer la mort du Seigneur *. Au début, le groupe de Pittsburgh (Pennsylvanie) et des alentours se réunissait chez l’un des frères. En 1883, une centaine de personnes s’est rassemblée dans une salle de la ville, louée pour l’occasion. En 1905, les frères ont décidé d’utiliser le spacieux Carnegie Hall pour accueillir l’assistance nombreuse qu’ils attendaient à Pittsburgh.

Les Étudiants de la Bible comprenaient qu’il s’agissait d’un événement annuel et non hebdomadaire. La date de cette célébration correspondait au 14 Nisan du calendrier juif, jour de la mort de Jésus. Au fil des ans, la méthode de calcul de cette date a été améliorée *, mais ce qui importait le plus, c’était la signification de l’événement lui-​même.

À l’occasion de cette commémoration, les Étudiants de la Bible se réunissaient par groupes de tailles diverses en différents lieux, mais ceux qui pouvaient se joindre aux frères de Pittsburgh étaient les bienvenus. De 1886 à 1893, les lecteurs de La Tour de Garde ont été particulièrement invités à se réunir à Pittsburgh, si c’était possible. Ils ont répondu à cette invitation et sont venus de différents endroits des États-Unis et du Canada. C’est ce qui, non seulement leur a permis de célébrer le Mémorial ensemble, mais les a aussi aidés à resserrer leurs liens et leur unité spirituelle. Toutefois, à mesure que les classes sont devenues plus nombreuses, tant aux États-Unis que dans d’autres parties du monde, il n’a plus été possible de se réunir en un seul lieu. Les Étudiants de la Bible ont  compris qu’il serait plus profitable de se réunir avec leurs compagnons là où ils habitaient.

Comme le soulignait La Tour de Garde, beaucoup disaient avoir foi en la rançon et aucun ne négligeait la commémoration annuelle. Cependant, cet événement revêtait une signification particulière pour ceux qui faisaient vraiment partie du “petit troupeau” du Christ, ceux qui allaient avoir part au Royaume céleste. Lorsque le Christ a institué le Mémorial, la nuit précédant sa mort, il a dit à ceux à qui cette espérance était offerte: “Continuez à faire ceci en souvenir de moi.” — Luc 12:32; 22:19, 20, 28-30.

C’est surtout au début des années 30 que les futurs membres de la “grande multitude”, ou “grande foule”, des “autres brebis” ont commencé à se manifester (Rév. 7:9, 10, Sy; Jean 10:16). À cette époque on les appelait les Jonadabs. Pour la première fois, La Tour de Garde du 1er mars 1938 (15 février 1938, en anglais) les a spécialement invités à assister au Mémorial en ces termes: “Que chaque groupe des oints se réunisse le 15 avril, après 6 heures du soir, pour célébrer la fête commémorative, et que leurs compagnons, les Jonadabs, soient également présents.” Ils y ont assisté non pas comme participants, mais en qualité d’observateurs. Ils sont venus grossir le nombre des personnes réunies pour le Mémorial de la mort du Christ. En 1938, il y a eu 73 420 assistants et 39 225 participants au pain et au vin emblématiques. Les années suivantes, beaucoup de gens qui s’intéressaient à la vérité depuis peu et d’autres qui n’étaient pas encore des Témoins de Jéhovah actifs étaient présents en tant qu’observateurs. Ainsi, en 1992, alors qu’un maximum de 4 472 787 personnes ont participé au ministère, 11 431 171 ont assisté au Mémorial et seulement 8 683 ont pris les emblèmes. Dans certains pays, l’assistance a été cinq ou six fois supérieure au nombre des Témoins actifs.

Comme ils attachent une grande importance à la signification de la mort du Christ, les Témoins de Jéhovah célèbrent le Mémorial même dans des conditions très difficiles. En Rhodésie (l’actuel Zimbabwe), pendant la guerre qui a sévi durant les années 70, il était impossible de sortir le soir à cause du couvre-feu. Dans certaines régions, les frères se rassemblaient donc chez un Témoin de Jéhovah dans la journée et célébraient le Mémorial le soir. Bien sûr, comme ils ne pouvaient pas rentrer chez eux après la réunion, ils restaient toute la nuit chez ce Témoin. Ils passaient le reste de la soirée à chanter des cantiques et à raconter des faits de prédication, ce qui constituait une source d’encouragement supplémentaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans les camps de concentration, les Témoins ont célébré le Mémorial quand bien même ils risquaient d’être sévèrement punis si les gardes les découvraient. Lorsqu’en raison de sa foi chrétienne Harold King s’est trouvé seul dans une prison de la Chine communiste de 1958 à 1963, il a fait de son mieux pour célébrer le  Mémorial étant donné les circonstances. Plus tard, il a raconté: “De la fenêtre de ma prison, j’observais la lune, je la voyais devenir pleine au début du printemps. Je calculais le plus soigneusement possible la date de la fête.” Il a improvisé les emblèmes nécessaires en fabriquant un peu de vin avec des groseilles noires et en se servant du riz, qui est sans levain, comme du pain. Il a ajouté: “Je chantais, priais et prononçais [le discours habituel] comme le fait en la circonstance n’importe quelle congrégation du peuple de Jéhovah. Ainsi, chaque année, je me sentais uni avec mes frères du monde entier en cette occasion des plus importante.”

Les jeunes s’intègrent

Les premières années, les publications et les réunions des Étudiants de la Bible n’étaient pas particulièrement adaptées aux jeunes. Certes, ceux-ci pouvaient assister aux réunions — d’ailleurs, certains le faisaient et étaient des auditeurs attentifs — mais aucun effort particulier n’était fourni afin de les faire participer. Pour quelles raisons?

À cette époque, les frères croyaient qu’il ne restait que très peu de temps avant que les membres de l’Épouse du Christ ne soient unis à lui dans la gloire céleste. En 1883, La Tour de Garde (en anglais) donnait cette explication: “Nous, qui sommes formés pour l’appel vers le haut, ne pouvons pas nous détourner de l’œuvre particulière de cette époque, œuvre qui consiste à préparer ‘l’Épouse, la femme de l’Agneau’. L’Épouse doit être prête et, en ce moment même, tandis que les dernières touches sont apportées à sa parure avant le mariage, chaque membre se doit de participer à cette œuvre primordiale.”

On exhortait les parents à assumer la responsabilité que Dieu leur a confiée:  l’éducation spirituelle de leurs enfants. Les écoles du dimanche pour les jeunes n’étaient pas recommandées. Il était clair que ces écoles du dimanche mises en place par la chrétienté avaient causé un tort considérable. Les parents qui y envoyaient leurs enfants pensaient souvent que cette disposition les dégageait de la responsabilité de leur donner une instruction religieuse. Les enfants, de leur côté, ne considéraient plus leurs parents comme la principale source d’instruction religieuse et n’étaient pas enclins à les honorer et à leur obéir comme il se doit.

Toutefois, de 1892 à 1927, dans chaque exemplaire de La Tour de Garde en anglais est paru un commentaire du texte publié dans les “Leçons internationales des écoles du dimanche”, très répandues alors dans les églises protestantes. Pendant des années, ces textes ont été choisis par F. Peloubet, pasteur congrégationaliste, et ses adjoints. La Tour de Garde examinait ces textes selon la connaissance plus profonde des Écritures, exempte de tous les credos de la chrétienté, dont les Étudiants de la Bible disposaient. On espérait ainsi que La Tour de Garde serait introduite dans certaines Églises, que la vérité serait présentée et que certains paroissiens l’accepteraient. Bien sûr, la différence était évidente, ce qui n’a fait qu’exciter la colère du clergé protestant.

Quand l’année 1918 est arrivée, le reste, les membres oints encore en vie, était toujours sur la terre, et davantage d’enfants assistaient aux réunions. Souvent, on les laissait simplement jouer pendant que leurs parents étudiaient. Pourtant, les jeunes aussi devaient apprendre à ‘rechercher la justice et l’humilité’ s’ils voulaient ‘être à l’abri au jour de la colère du Seigneur’. (Soph. 2:3, TOB.) C’est pourquoi, en 1918, la Société a encouragé les congrégations à créer des classes pour les jeunes de 8 à 15 ans. Dans certains endroits existaient même des classes primaires pour les enfants qui n’étaient pas en âge d’assister à la classe des plus grands. À la même époque, on a de nouveau mis l’accent sur la responsabilité des parents envers leurs enfants.

D’autres dispositions ont été prises. En 1920, une rubrique intitulée “Étude de la Bible pour les jeunes” (constituée de questions suivies de versets bibliques dans lesquels on trouvait la réponse) est parue dans L’Âge d’Or. La même année est paru The Golden Âge ABC (L’ABC de L’Âge d’Or); il s’agissait d’une brochure illustrée à l’usage des parents en vue de l’enseignement des vérités bibliques et des qualités chrétiennes aux tout-petits. The Way to Paradise (Le chemin du paradis), livre écrit par William Van Amburgh, est paru ensuite en 1924. Cet ouvrage était adapté aux “étudiants de la Bible de niveau moyen”. Il a servi quelque temps lors des réunions pour les jeunes. En outre, les “jeunes Témoins” américains s’organisaient entre eux pour la prédication. En Suisse, un groupe de jeunes avait formé pour les 13-25 ans une association appelée “La jeunesse de Jéhovah”. Ils avaient leur propre secrétariat, à Berne, et ils éditaient et imprimaient sur les presses de la Société un périodique spécial intitulé La jeunesse de Jéhovah. Ces jeunes avaient leurs propres réunions et jouaient des drames bibliques, tel celui présenté au Volkshaus, à Zurich, devant une assistance de 1 500 personnes.

 Toutefois, il en résultait qu’une organisation se développait au sein de celle des serviteurs de Jéhovah, ce qui ne favorisait pas l’unité. Cette association a donc été dissoute en 1936. En avril 1938, lors d’un séjour en Australie, Joseph Rutherford, président de la Société, a remarqué qu’une classe destinée aux enfants se déroulait en dehors de l’assemblée pour les adultes. Il a immédiatement pris des dispositions afin que les enfants rejoignent l’assemblée principale et ce, pour leur plus grand profit.

La même année, La Tour de Garde est revenue sur la question des classes séparées pour les jeunes dans les congrégations. Cette étude a rappelé que les parents ont la responsabilité d’instruire leurs enfants (Éph. 6:4; voir aussi Deutéronome 4:9, 10; Jérémie 35:6-10). Elle a également montré que la Bible ne fournit aucun précédent pour tenir à l’écart les jeunes dans des classes prévues à leur intention. Au contraire, les jeunes devaient accompagner leurs parents afin d’écouter la Parole de Dieu (Deut. 31:12, 13; Josué 8:34, 35). Si des explications supplémentaires sur les matières de l’étude s’avéraient nécessaires, les parents pouvaient les donner à la maison. En outre, des articles ont expliqué que l’organisation de ces classes était préjudiciable à la prédication de la bonne nouvelle de maison en maison. Pourquoi cela? Parce que les instructeurs négligeaient la prédication afin de préparer et de diriger les classes. Toutes les classes séparées pour les jeunes ont donc été supprimées.

Depuis lors et aujourd’hui encore, les Témoins de Jéhovah ont l’habitude d’assister aux réunions en famille. Les parents aident leurs enfants à se préparer pour y participer convenablement. De surcroît, un excellent choix de publications a été mis à la disposition des parents pour qu’ils instruisent leurs jeunes enfants à la maison. Parmi celles-ci figurent les livres Enfants, paru en 1941; Écoutez le grand Enseignant, en 1971; Votre jeunesse — Comment en tirer le meilleur parti, en 1976; Recueil d’histoires bibliques, en 1978; et Les jeunes s’interrogent Réponses pratiques, en 1989.

Tous équipés en vue d’être des évangélisateurs actifs

Depuis la parution de son premier numéro, La Tour de Garde rappelle régulièrement à ses lecteurs que tous les véritables chrétiens ont la responsabilité et le privilège de prêcher la bonne nouvelle relative au dessein de Dieu. Les réunions de la congrégation les aident à préparer leur cœur et leur esprit à cette activité, en faisant croître leur amour pour Jéhovah et en augmentant leur connaissance de son dessein. Toutefois, c’est surtout après l’assemblée de Cedar Point (Ohio), en 1922, qu’on a mis l’accent sur la prédication et sur le moyen d’y participer efficacement.

Le Bulletin *, feuillet d’informations relatives à la prédication, contenait  un bref message qu’il fallait apprendre par cœur et réciter quand on donnait le témoignage aux gens. Afin de relancer les efforts concertés pour annoncer le Royaume, pendant une bonne partie de l’année 1923, chaque début de mois, la moitié de la réunion de prières, de louanges et de témoignages qui avait lieu le mercredi soir a été consacrée à des témoignages sur la prédication.

Dès 1926, les réunions mensuelles au cours desquelles on parlait de la prédication ont été appelées “réunions des ouvriers”. Ceux qui y assistaient étaient généralement ceux qui prêchaient. Durant ces réunions, on discutait des méthodes utilisées pour donner le témoignage à autrui et on préparait l’activité future. En 1928, la Société a encouragé les congrégations à tenir de telles réunions chaque semaine. Les quatre années suivantes, les congrégations ont commencé à remplacer les réunions de témoignages (ou de déclarations) par ce qu’on a appelé la “Réunion de service”, et la Société a encouragé tout le monde à y assister. Depuis plus de 60 ans, cette réunion a lieu chaque semaine dans les congrégations. Au moyen de discours, de discussions avec participation de l’auditoire, de démonstrations et d’interviews, une aide précise est apportée dans tous les domaines du ministère chrétien.

Ce genre de réunion ne date pas du XXsiècle. Jésus lui-​même a donné des instructions détaillées à ses disciples avant de les envoyer prêcher (Mat. 10:5 à 11:1; Luc 10:1-16). Par la suite, ils se sont édifiés les uns les autres en se réunissant pour se raconter ce qui leur était arrivé dans le ministère. — Actes 4:21-31; 15:3.

Les premières années, aucune formation visant à aider les assistants à s’exprimer en public n’était donnée lors des réunions de la congrégation. Toutefois, dès 1916, on a suggéré à ceux qui pensaient avoir quelque talent d’orateur public d’organiser entre eux des classes, peut-être en présence d’un ancien qui les écouterait et leur donnerait quelques conseils sur le contenu et la présentation de leurs discours. Ces rassemblements, réservés aux membres masculins de la congrégation, ont fini par être appelés Écoles des prophètes. Se souvenant de cette époque, Grant Suiter a dit: “Les critiques positives que l’on me faisait à l’école n’étaient pas sévères comparées à celles que mon père me fit en privé après avoir assisté à l’une de ces réunions au cours de laquelle j’avais fait un exposé.” Afin d’aider ceux qui s’efforçaient de progresser, les frères ont, à titre personnel, compilé et imprimé un cahier d’instructions relatives à l’art oratoire, ainsi que les plans de plusieurs discours. Toutefois, avec le temps, ces Écoles des prophètes ont été supprimées. Dans le but de satisfaire le besoin particulier qui se faisait sentir alors, on a veillé à ce que chaque membre de la congrégation se  qualifie afin de participer pleinement à l’œuvre d’évangélisation de maison en maison.

Était-​il possible de former chaque membre de cette organisation internationale en pleine expansion non seulement en vue de donner un bref témoignage et de proposer une publication biblique, mais aussi de parler avec aisance et d’être un enseignant de la Parole de Dieu? Tel était l’objectif d’une école spéciale mise en place dans chaque congrégation des Témoins de Jéhovah à partir de 1943. Elle fonctionnait déjà au siège mondial des Témoins de Jéhovah depuis février 1942. Chaque semaine, une instruction était donnée et des élèves prononçaient des discours sur lesquels ils étaient conseillés. Au début, seuls les hommes faisaient des discours à cette école, mais toute la congrégation était encouragée à y assister, à préparer les leçons et à participer aux révisions. En 1959, les sœurs aussi ont eu le privilège de s’inscrire, afin de se préparer à traiter un sujet biblique sous forme d’une discussion avec une interlocutrice.

Au sujet des résultats obtenus par cette école, la filiale de la Société Watch Tower en Afrique du Sud a raconté: “Cette excellente disposition a aidé beaucoup de frères, qui croyaient ne jamais pouvoir prendre la parole en public, à devenir en peu de temps de bons orateurs et des proclamateurs qualifiés. Dans toutes les parties de l’Afrique du Sud, les frères ont apprécié ce nouveau don de Jéhovah et l’ont accueilli avec enthousiasme. Cette école a été mise en place malgré les barrières linguistiques et le manque d’instruction.”

L’École du ministère théocratique est toujours une réunion importante dans les congrégations des Témoins de Jéhovah. Presque tous ceux qui le peuvent sont inscrits: les jeunes et les plus âgés, les nouveaux Témoins et ceux qui ont plus d’expérience. C’est un programme d’enseignement continu.

Tout le monde est invité à voir et à écouter

Les Témoins de Jéhovah ne forment en aucun cas une société secrète. Leurs croyances fondées sur la Bible sont clairement exposées dans des publications accessibles à tous. De plus, ils font un effort particulier pour inviter les gens à assister à leurs réunions afin qu’ils voient et entendent ce qui s’y passe.

Jésus Christ a instruit individuellement ses disciples, mais il s’est aussi exprimé en public: sur une plage, sur le flanc d’une montagne, dans des synagogues, dans le temple à Jérusalem, partout où les foules pouvaient l’entendre  (Mat. 5:1, 2; 13:1-9; Jean 18:20). Suivant son exemple, dès le début des années 1870, les Étudiants de la Bible se sont mis à organiser des réunions au cours desquelles des amis, des voisins et d’autres personnes qui s’intéressaient à la Bible pouvaient écouter des discours sur le dessein de Dieu à l’égard de l’humanité.

Les Étudiants de la Bible se sont particulièrement efforcés de présenter ces discours dans des endroits pratiques pour le public. On considérait cela comme une extension de l’activité des classes. En 1911, les congrégations qui avaient assez d’orateurs qualifiés ont été encouragées à prendre des dispositions pour que certains d’entre eux se rendent dans les villes et les villages d’alentour et y tiennent des réunions dans des lieux publics. Là où cela était possible, ils présentaient une série de six discours. Après le dernier, l’orateur demandait combien de personnes portaient un intérêt suffisant à l’étude de la Bible pour se réunir régulièrement. La première année, plus de 3 000 discours ont ainsi été prononcés.

À partir de 1914, le “Photo-Drame de la Création” a également été présenté au public. L’entrée était gratuite. Depuis cette époque, les frères ont présenté d’autres films et d’autres projections de vues fixes. Au début des années 20, la Société Watch Tower a largement utilisé la radio, ce qui a permis aux gens d’entendre des discours bibliques chez eux. Puis, dans les années 30, les discours de Joseph Rutherford ont été enregistrés et diffusés lors de milliers de réunions publiques.

En 1945, un grand nombre d’orateurs avaient été formés à l’École du ministère théocratique. En janvier de cette année-​là, une campagne de discours publics bien organisée a commencé. La Société a fourni les plans d’une série de huit discours d’actualité. Ces discours ont été annoncés au moyen de feuilles d’invitation et parfois de pancartes. Les frères ont utilisé les lieux où les congrégations se réunissaient habituellement, mais ils ont aussi fait des efforts particuliers pour que ces discours soient présentés là où il n’y avait pas de congrégation. Tous les membres des congrégations pouvaient participer à cette campagne, en annonçant les réunions, en y assistant, ainsi qu’en accueillant les nouveaux venus et en répondant à leurs questions. La première année de cette activité spéciale, 18 646 discours publics ont été écoutés par 917 352 assistants aux États-Unis. L’année suivante, ce sont 28 703 discours qui ont été présentés. Au Canada, 2 552 réunions de ce genre ont été organisées en 1945, et 4 645 l’année suivante.

Dans la majorité des congrégations des Témoins de Jéhovah, la réunion publique fait maintenant partie du programme des réunions hebdomadaires.  Il s’agit d’un discours durant lequel chacun est encouragé à consulter des textes importants des Écritures qui sont lus et commentés. Ces réunions sont une source abondante d’instruction spirituelle pour la congrégation et pour les nouveaux venus.

Les gens qui assistent pour la première fois à une réunion des Témoins de Jéhovah sont souvent agréablement surpris. Au Zimbabwe, un homme politique en vue s’est rendu dans une Salle du Royaume pour voir ce qui s’y passait. Il était violent de nature, et il s’est volontairement présenté sans être rasé et les cheveux hirsutes. Il s’attendait à ce que les Témoins le chassent. Au lieu de cela, ils lui ont témoigné un intérêt sincère et l’ont encouragé à avoir une étude biblique à domicile. Cet homme est aujourd’hui un Témoin chrétien humble et pacifique.

Des millions de personnes ont assisté aux réunions des Témoins de Jéhovah et se sont senties poussées à dire: “Dieu est vraiment parmi vous.” — 1 Cor. 14:25.

Des lieux de réunion convenables

Aux jours des apôtres de Jésus Christ, les chrétiens se réunissaient souvent dans des foyers. À certains endroits, ils ont pu parler dans des synagogues juives. À Éphèse, Paul a donné des discours pendant deux ans dans la salle d’une école (Actes 19:8-10; 1 Cor. 16:19; Philém. 1, 2). De même, à la fin du XIXsiècle, les Étudiants de la Bible se réunissaient dans des foyers, s’exprimaient parfois dans des églises ou des temples, ou louaient des salles publiques. Dans de rares cas, ils ont acheté par la suite des bâtiments que d’autres groupes religieux avaient utilisés et s’y sont réunis régulièrement. Citons par exemple le Tabernacle de Brooklyn et le Tabernacle de Londres.

Cependant, ils n’ont jamais jugé nécessaire d’orner les bâtiments dans lesquels ils se réunissaient. Quelques congrégations ont acheté et rénové des locaux convenables; d’autres ont construit des salles. Après 1935, on a peu à peu donné le nom de Salles du Royaume aux lieux de réunion des congrégations. Elles sont généralement attrayantes mais sans ostentation. Leur architecture peut varier d’un endroit à un autre, mais elles sont avant tout fonctionnelles.

Un programme d’enseignement unifié

À la fin du XIXe et au début du XXsiècle, la croissance et l’activité spirituelles différaient considérablement d’une congrégation à l’autre. Elles avaient en commun certaines croyances fondamentales qui les distinguaient de la chrétienté. Cependant, tandis que certains frères appréciaient profondément les moyens utilisés par Jéhovah pour nourrir son peuple, d’autres se laissaient facilement ébranler par des individus qui avaient des opinions très personnelles.

Avant sa mort, Jésus a prié pour que “tous [ses disciples] soient un”, unis à Dieu et à Christ ainsi que l’un à l’autre (Jean 17:20, 21). Ce ne devait  pas être une unité forcée. Elle résulterait d’un programme d’enseignement unifié qui toucherait les cœurs réceptifs. Des siècles auparavant, cette prédiction avait été faite: “Tous tes fils seront des personnes enseignées par Jéhovah, et la paix de tes fils sera abondante.” (És. 54:13). Pour connaître pleinement cette paix, tous avaient besoin de bénéficier de l’enseignement progressif que Jéhovah leur dispensait par le moyen de son canal de communication visible.

Pendant de nombreuses années, les Étudiants de la Bible ont utilisé les tomes des Études des Écritures et la Bible comme base de discussion. Ceux-ci contenaient, en fait, la “nourriture [spirituelle] en temps voulu”. (Mat. 24:45.) Toutefois, un examen continu des Écritures sous la direction de l’esprit de Dieu a révélé que les serviteurs de Jéhovah avaient encore beaucoup à apprendre et qu’il leur fallait encore se purifier sur le plan spirituel (Mal. 3:1-3; És. 6:1-8). De plus, après l’établissement du Royaume, en 1914, de nombreuses prophéties se sont accomplies rapidement, ce qui a attiré l’attention sur l’œuvre urgente que tous les véritables chrétiens devaient entreprendre. Ces renseignements spirituels opportuns étaient donnés régulièrement dans les colonnes de La Tour de Garde.

S’étant aperçus que tous les membres des congrégations ne tiraient pas profit de ces articles, certains représentants itinérants de la Société ont conseillé au siège mondial de faire en sorte que toutes les congrégations étudient La Tour de Garde lors des réunions hebdomadaires. Ce conseil a été transmis aux congrégations et la rubrique “Questions béréennes”, destinée à l’étude des principaux articles de La Tour de Garde, est parue régulièrement dans ce périodique à partir de l’édition anglaise du 15 mai 1922 (novembre 1922 en français). La plupart des congrégations ont commencé à faire cette étude une ou plusieurs fois par semaine, mais sa durée variait d’une classe à l’autre. Dans certains endroits, comme celui qui dirigeait l’étude avait beaucoup à dire, elle durait deux heures ou plus.

Toutefois, dans les années 30, l’organisation théocratique a remplacé les procédures démocratiques, ce qui a beaucoup influencé la façon de considérer l’étude de La Tour de Garde. On a accordé une plus grande attention à la compréhension des sujets d’étude fournis par la Société. Ceux qui avaient profité des réunions pour exprimer des opinions personnelles et qui rejetaient la responsabilité de participer à la prédication se sont peu à peu retirés. Grâce à une aide patiente, les frères ont appris à limiter l’étude à une heure. Il en est résulté une plus grande participation; les réunions sont devenues plus vivantes. Un esprit d’unité véritable s’est répandu dans les congrégations; il était fondé sur le programme unifié donnant la nourriture spirituelle et dans lequel la Bible était le critère de vérité.

En 1938, La Tour de Garde était publiée en quelque 20 langues. Son contenu intégral paraissait d’abord en anglais, et n’était généralement pas disponible en d’autres langues avant plusieurs mois, voire une année, à cause du temps qu’il fallait pour traduire et imprimer. Toutefois, dans les  années 80, grâce à un changement de méthode d’impression, on est parvenu à publier La Tour de Garde simultanément en de nombreuses langues. En 1992, les congrégations de 66 langues différentes étudiaient les mêmes matières en même temps. Ainsi, la grande majorité des Témoins de Jéhovah du monde entier partagent semaine après semaine la même nourriture spirituelle. En Amérique du Nord et du Sud, dans une bonne partie de l’Europe, dans de nombreux pays d’Orient, dans beaucoup d’endroits en Afrique et dans un grand nombre d’îles autour du monde, le peuple de Jéhovah profite simultanément de la même nourriture spirituelle. Les Témoins sont tous “étroitement unis dans le même esprit et dans la même pensée”. — 1 Cor. 1:10.

L’assistance aux réunions des congrégations montre que les Témoins de Jéhovah les prennent au sérieux. En 1989, il y avait environ 172 000 Témoins actifs en Italie, et 220 458 personnes assistaient aux réunions hebdomadaires à la Salle du Royaume. Par contre, une agence de presse catholique dit que 80 % des Italiens se déclarent catholiques, mais que seulement 30 % assistent plus ou moins régulièrement à l’office. Les chiffres sont proportionnellement les mêmes au Brésil. Au Danemark, en 1989, l’Église nationale prétendait que ses membres représentaient 89,7 % de la population, mais seulement 2 % allaient à l’église une fois par semaine. Chez les Témoins de Jéhovah de ce pays, à la même époque, le taux d’assistance aux réunions hebdomadaires était de 94,7 %. Un sondage effectué en Allemagne, en 1989, par l’Institut national de recherche d’opinion à Allensbach montrait qu’en République fédérale 5 % des luthériens et 25 % des catholiques assistaient régulièrement à l’office. Cependant, dans les Salles du Royaume des Témoins de Jéhovah, l’assistance hebdomadaire excédait le nombre des Témoins.

Ceux qui sont présents aux réunions font souvent de gros efforts pour s’y rendre. Dans les années 80, au Kenya, une femme de 70 ans faisait régulièrement 10 kilomètres à pied et traversait une rivière à gué pour aller aux réunions chaque semaine. Pour assister aux réunions dans sa langue, un Témoin coréen des États-Unis avait à chaque fois un trajet de trois heures en autobus, en train, en bateau et à pied. Au Suriname, une famille qui a de faibles revenus dépense chaque semaine l’équivalent d’une journée de salaire en frais d’autobus pour assister aux réunions. En Argentine, une famille parcourt régulièrement 50 kilomètres et dépense un quart de ses revenus pour être présente aux réunions d’étude de la Bible. Lorsque la maladie empêche certains d’assister aux réunions de leur congrégation, des dispositions sont prises pour que l’endroit où ils sont soit relié par téléphone ou pour qu’ils écoutent un enregistrement sur cassette de la réunion.

Les Témoins de Jéhovah prennent au sérieux le conseil biblique de ne pas négliger de se rassembler afin de s’édifier sur le plan spirituel (Héb. 10:24, 25). Ils ne se contentent pas d’assister aux réunions de leur congrégation. Les assemblées sont aussi des événements marquants de leur programme annuel.

[Notes]

^ § 11 Plus tard, ces réunions ont été appelées Cercles béréens pour l’étude de la Bible, par allusion aux Béréens du Ier siècle qui furent félicités parce qu’ils ‘scrutaient les Écritures’. — Actes 17:11.

^ § 12 En raison de leur nature, ces réunions étaient aussi appelées “Réunions de prières, de louanges et de témoignages”. Étant donné l’importance accordée à la prière, on a conseillé par la suite que tous les trois mois cette réunion ne soit qu’un service de prières et de cantiques, mais pas de témoignages.

^ § 14 En 1907, les Auxiliaires pour les études béréennes ont été révisés, complétés et remis à jour. Plus de 300 pages de matières utiles ont été ajoutées dans l’édition de 1908.

^ § 18 On en parlait parfois comme de la Pâque antitypique, c’est-à-dire la commémoration de la mort de Jésus Christ; en effet, ayant été préfiguré par l’agneau pascal, le Christ est appelé “Christ notre Pâque” en 1 Corinthiens 5:7. En accord avec 1 Corinthiens 11:20 (Lausanne), on disait aussi la Cène, ou Souper du Seigneur. Soutenant l’idée qu’il s’agissait d’une commémoration annuelle, on employait parfois l’expression “souper anniversaire”.

^ § 19 Voir La Tour de Garde de mars 1891, pp. 33, 34 (angl.), et du 15 mars 1907, p. 88 (angl.); La Tour de Garde du 15 février 1935, p. 62, et du 15 mars 1948, p. 87.

^ § 37 Avant même 1900, une brochure intitulée Suggestive Hints to Colporteurs (Suggestions pour les colporteurs) a été envoyée à ceux qui s’étaient engagés dans ce service spécial. À partir de 1919, le Bulletin a été publié pour stimuler la prédication, d’abord avec la diffusion de L’Âge d’Or, puis dans les différents aspects de l’activité d’évangélisation.

[Entrefilet, page 237]

Des réunions qui favorisaient la participation individuelle.

[Entrefilet, page 238]

Pas seulement des discussions intellectuelles, mais des expressions qui touchent le cœur.

[Entrefilet, page 246]

Tous les membres de la famille sont encouragés à assister aux réunions ensemble.

[Entrefilet, page 252]

Harmonisation du programme d’édification spirituelle.

[Entrefilet, page 253]

Les Témoins prennent leurs réunions au sérieux.

 [Encadré/Illustrations, page 239]

Les premières congrégations

En 1916, il existait dans le monde quelque 1 200 classes d’Étudiants de la Bible.

Durban, Afrique du Sud, 1915 (en haut, à droite); Guyane britannique (Guyana), 1915 (au milieu, à droite); Trondheim, Norvège, 1915 (en bas, à droite); Hamilton, Ontario, Canada, 1912 (tout en bas); Ceylan (Sri Lanka), 1915 (en bas, à gauche); Inde, vers 1915 (en haut, à gauche).

[Encadré/Illustrations, pages 240, 241]

Des louanges à Jéhovah par le chant

Le chant faisait partie du culte des Israélites de l’Antiquité et de celui de Jésus; il en est de même de celui des Témoins de Jéhovah aujourd’hui (Néh. 12:46; Marc 14:26). Non seulement le chant leur permet d’adresser des louanges à Jéhovah et d’exprimer leur reconnaissance pour ses œuvres, mais il les aide aussi à imprimer les vérités bibliques dans leur esprit et dans leur cœur.

Au fil des ans, les Témoins de Jéhovah ont utilisé de nombreux recueils de cantiques. Les paroles ont été mises à jour à mesure qu’ils progressaient dans l’intelligence de la Parole de Dieu.

1879: “Cantiques de l’Épouse”

(144 cantiques exprimant les désirs et les espoirs de l’épouse du Christ.)

1890: “Poèmes et hymnes de l’Aurore du Millénium”

(151 poèmes et 333 cantiques, publiés sans musique. La plupart étaient l’œuvre d’écrivains célèbres.)

1896: “La Tour de Garde” du 1er février (en anglais) était consacrée aux “Cantiques joyeux du matin de Sion”

(Paroles de 11 cantiques avec musique; ces paroles ont été écrites par des Étudiants de la Bible.)

1900: “Cantiques joyeux de Sion”

(82 cantiques, la plupart écrits par un Étudiant de la Bible; supplément de la série précédente.)

1905: “Hymnes de l’Aurore du Millénium”

(Les 333 cantiques publiés en 1890, mais avec la musique.)

1925: “Hymnes du Royaume”

(80 cantiques, avec musique, spécialement pour les enfants.)

1928: “Cantiques de louanges à Jéhovah”

(337 cantiques, un mélange de nouveaux et d’anciens cantiques, écrits par des Étudiants de la Bible. Un effort particulier a été fait pour éliminer des paroles toute trace de la fausse religion et du culte de la créature.)

1944: “Recueil de cantiques pour le service du Royaume”

(62 cantiques adaptés aux besoins du service du Royaume de l’époque, sans mention de nom d’auteur ni de compositeur.)

1950: “Cantiques à la louange de Jéhovah”

(91 cantiques. Ce recueil de cantiques abordait des thèmes plus actuels et était débarrassé des expressions archaïques. Il a été traduit en 18 langues.)

1966: “Chantant et vous accompagnant de musique dans votre cœur”

(119 cantiques qui recouvraient tous les aspects de la vie et du culte des chrétiens. Toutes les musiques qui provenaient de sources profanes ou avaient un rapport avec la fausse religion ont été supprimées. On a fait des enregistrements de la version instrumentale de l’ensemble du recueil pour servir de musique d’accompagnement lors des réunions de la congrégation. On a aussi enregistré certaines parties chantées. À partir de 1980, des arrangements musicaux, les “Mélodies du Royaume”, ont été enregistrés pour permettre à chacun d’écouter chez soi une musique édifiante.)

1984: “Louons Jéhovah par nos chants”

(225 cantiques du Royaume dont les paroles et les mélodies ont été entièrement composées par des chrétiens voués à Jéhovah du monde entier. On a produit des enregistrements sur disques et sur cassettes pour servir d’accompagnement.)

Lors des “Réunions de foyer” du début, les Étudiants de la Bible chantaient des louanges à Dieu. Le chant est devenu aussi une caractéristique de leurs assemblées. Certains chantaient un cantique avant le petit déjeuner, le matin, au moment du culte matinal, comme cela s’est fait pendant des années dans la Maison de la Bible. L’habitude de chanter a été largement abandonnée dans les congrégations vers 1938, mais elle a repris en 1944. Elle est toujours une particularité des réunions et des assemblées des Témoins de Jéhovah.

[Illustration]

Karl Klein dirigeant l’orchestre à une assemblée en 1947.

[Graphique, page 242]

(Voir la publication)

Mémorial de la mort du Christ

Témoins actifs

Assistance

11 000 000

10 000 000

9 000 000

8 000 000

7 000 000

6 000 000

5 000 000

4 000 000

3 000 000

2 000 000

1 000 000

1935 1945 1955 1965 1975 1985 1992

[Illustration, page 243]

Bien que seul dans une prison chinoise, Harold King a continué à célébrer le Mémorial.

[Illustration, page 244]

Classe d’étude de la Bible pour les jeunes en Allemagne, au début des années 30.

[Illustrations, page 244]

En Suisse, au milieu des années 30, les jeunes Témoins publiaient ce périodique et jouaient des drames bibliques devant un vaste auditoire (comme on le voit, au centre).

[Illustrations, page 247]

Le “Bulletin” (1919-​1935), “L’instructeur” (1935-​1936), l’“Informateur” (1936-​1956), et maintenant “Le ministère du Royaume”, qui paraît en 100 langues, ont donné régulièrement des instructions pour que les Témoins de Jéhovah accomplissent leur ministère dans l’unité.

[Illustration, page 248]

Lors de la réunion de service, des démonstrations aident les Témoins de Jéhovah à améliorer leur prédication (Suède).

[Illustration, page 249]

Ce jeune Témoin du Kenya se qualifie en faisant un exposé devant son père, à l’École du ministère théocratique.

 [Illustration, page 250]

En 1992, les matières d’étude biblique pour les congrégations des Témoins de Jéhovah paraissaient simultanément en 66 langues, et d’autres continuent de s’ajouter.