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Ils construisent ensemble dans le monde entier

Ils construisent ensemble dans le monde entier

 Chapitre 20

Ils construisent ensemble dans le monde entier

LES Témoins de Jéhovah manifestent une authentique fraternité de bien des façons. Ceux qui assistent à leurs réunions en ont la preuve. Lors des assemblées, cette fraternité est démontrée sur une plus grande échelle. Elle transparaît aussi clairement lorsqu’ils travaillent ensemble à la construction de lieux de réunion convenant à leurs congrégations.

Au début des années 90, on comptait près de 60 000 congrégations des Témoins de Jéhovah dans le monde entier. Au cours de la décennie précédente, 1 759 congrégations en moyenne se sont ajoutées chaque année. Dans les années 90, ce nombre est passé à plus de 3 000 par an. Fournir à toutes ces congrégations des lieux de réunion représente un travail colossal.

Les Salles du Royaume

Tout comme les chrétiens du Ier siècle, de nombreuses congrégations de Témoins de Jéhovah tenaient au départ la majorité de leurs réunions dans des foyers. Les quelques Témoins de Suède, qui ont commencé à organiser des réunions à Stockholm, les tenaient dans une menuiserie qu’ils louaient le soir après les heures de travail. En Espagne, en raison de la persécution, un petit groupe de la province de La Corogne tenait ses premières réunions dans un grenier.

Lorsqu’elles avaient besoin de plus de place, et dans les pays où elles étaient libres de le faire, les congrégations de Témoins de Jéhovah louaient des salles de réunion. Toutefois, si les lieux avaient d’autres utilisateurs, il fallait transporter et installer le matériel à chaque réunion, et une odeur de tabac subsistait souvent. Là où c’était possible, les frères louaient un magasin inutilisé ou une pièce à l’étage à l’usage exclusif de la congrégation. Mais, avec le temps, le coût élevé des locations et la difficulté à trouver des lieux appropriés les ont amenés à prendre d’autres dispositions. Dans certains cas, ils ont acheté et rénové des bâtiments.

 Avant la Seconde Guerre mondiale, quelques congrégations ont construit des lieux de réunion adaptés à leurs besoins. Dès 1890, aux États-Unis, un groupe d’Étudiants de la Bible de Mount Lookout (Virginie occidentale) a bâti sa propre salle de réunion *. Toutefois, la construction de Salles du Royaume n’a commencé à se développer que dans les années 50.

C’est Joseph Rutherford, alors président de la Société, qui a proposé en 1935 le nom de Salle du Royaume. À Hawaii, il a pris des dispositions pour que les frères construisent une salle de réunion attenante aux locaux de la filiale de Honolulu. Lorsque James Harrub a demandé à frère Rutherford comment il allait appeler la construction, ce dernier a répondu: “Que dirais-​tu de ‘Salle du Royaume’, puisque c’est la bonne nouvelle du Royaume que nous prêchons?” Par la suite, là où c’était possible, les Témoins ont peu à peu commencé à apposer sur leurs salles des panonceaux qui portaient l’inscription “Salle du Royaume”. Ainsi, lorsque le Tabernacle de Londres a été rénové en 1937-​1938, il a été rebaptisé Salle du Royaume. Avec le temps, le principal lieu de réunion des congrégations du monde entier a fini par être appelé Salle du Royaume des Témoins de Jéhovah.

Des méthodes diverses

Chaque congrégation décide de louer ou de construire sa propre Salle du Royaume. Elle assume aussi le coût de la construction et de l’entretien du bâtiment. Afin d’économiser des fonds, la grande majorité des congrégations s’efforcent de construire en faisant le moins possible appel à des entrepreneurs.

Les salles peuvent être en brique, en pierre, en bois ou en d’autres matériaux, en fonction de leur coût et des possibilités locales. À Katima Mulilo, en Namibie, les frères ont utilisé de longues herbes pour le toit de chaume, ainsi que de la boue de fourmilière (qui devient très dure en séchant) pour  les murs et le sol. Les Témoins de Segovia, en Colombie, ont fabriqué eux-​mêmes des parpaings de ciment. À Colfax, en Californie, ils se sont servis de lave brute du mont Lassen.

Alors que l’assistance aux réunions dépassait souvent 200 personnes en 1972, la congrégation de Maseru, au Lesotho, comprit la nécessité d’édifier une Salle du Royaume adaptée à ses besoins. Chacun de ses membres a participé à la construction. Des frères âgés ont parcouru à pied une trentaine de kilomètres pour apporter leur aide. Les enfants ont fait rouler des tonneaux remplis d’eau jusqu’au chantier. Les sœurs ont préparé les repas. Avant que la dalle en béton ne soit coulée, elles ont aussi damé la terre en chantant des cantiques et en tapant des pieds au rythme de la musique. Les frères ont bâti les murs avec des pierres qu’ils ont extraites eux-​mêmes des montagnes avoisinantes. Ainsi, ils ont construit une salle pouvant accueillir environ 250 personnes.

Parfois, des Témoins des congrégations voisines apportent leur aide à la construction. Ainsi, en 1985, lorsque les Témoins de Jéhovah d’Imbali, une cité noire d’Afrique du Sud, ont construit une salle pouvant accueillir 400 personnes, leurs coreligionnaires de Pietermaritzburg et de Durban sont venus les aider. Imaginez, en cette période de troubles raciaux en Afrique du Sud, l’étonnement des voisins à la vue de dizaines de Témoins blancs, métis et indiens envahissant la cité et travaillant épaule contre épaule avec leurs frères noirs! Comme l’a dit le maire: “Seul l’amour peut faire cela.”

Même si les frères se montraient de bonne volonté, leur situation leur imposait des limites. Dans les congrégations, les hommes étaient chargés de famille et ne pouvaient ordinairement travailler sur un tel chantier que le week-end et peut-être un peu le soir. Beaucoup de congrégations ne comptaient que peu de frères qualifiés dans le bâtiment, voire aucun. Néanmoins, il était possible d’ériger, en quelques jours ou en quelques semaines, une construction relativement simple qui convienne sous les tropiques, comme celles ouvertes sur les côtés. Avec l’aide des frères de congrégations avoisinantes, des bâtiments plus solides ont été achevés en cinq ou six mois. Dans d’autres cas, cela a demandé un an ou deux.

Cependant, au cours des années 70, le nombre des congrégations de Témoins de Jéhovah a augmenté dans le monde entier au rythme de deux ou trois par jour. Au début des années 90, le taux d’accroissement était d’environ neuf congrégations par jour. Pourrait-​on répondre au besoin en Salles du Royaume?

Développement des techniques de construction rapide

Aux États-Unis, au début des années 70, plus de 50 Témoins des congrégations voisines ont aidé le groupe de Webb City à construire une Salle du Royaume à Carterville (Missouri). En un week-end, ils ont érigé la structure principale et considérablement avancé la pose du toit. Il restait beaucoup à faire, et il a fallu des mois pour achever le travail; mais la plus grosse partie a été réalisée en très peu de temps.

 Au cours des dix années suivantes, les frères ayant travaillé ensemble à la construction d’environ 60 salles avaient surmonté des difficultés et mis au point des méthodes plus efficaces. Avec le temps, ils se sont rendu compte qu’une fois les fondations posées ils pouvaient presque achever une Salle du Royaume en un week-end.

Plusieurs surveillants de congrégation — tous originaires du Middle West (États-Unis) — se sont mis à l’œuvre pour atteindre cet objectif. Lorsque des congrégations sollicitaient leur aide pour construire leur Salle du Royaume, un ou plusieurs de ces frères discutaient du projet avec elles, et leur donnaient des détails relatifs aux préparatifs à effectuer sur le plan local avant que ne commence le travail. Entre autres, il fallait obtenir le permis de construire, poser les fondations et couler la dalle, effectuer le branchement électrique, mettre en place les réseaux d’évacuation et prendre des dispositions fermes pour la livraison des matériaux de construction. Puis il fallait fixer une date pour l’érection de la Salle du Royaume. Le bâtiment n’était pas préfabriqué; il était construit directement sur place.

Qui effectuait la construction proprement dite? Dans la mesure du possible, elle était faite par des volontaires. Souvent, des familles entières y participaient. Ceux qui organisaient la construction prenaient contact avec des Témoins qualifiés qui avaient exprimé le désir de participer à ces projets. Beaucoup attendaient chaque nouvelle construction avec impatience. D’autres Témoins qui en avaient entendu parler voulaient y participer aussi; des centaines de volontaires venus de la région, et de plus loin, affluaient sur les chantiers, désireux de faire leur maximum. La plupart d’entre eux n’étaient pas des professionnels, mais à coup sûr ils ont prouvé qu’ils s’identifiaient aux fidèles partisans du Royaume messianique de Jéhovah au sujet desquels Psaume 110:3 dit: “Ton peuple s’offrira volontairement.”

Le jeudi soir précédant le gros du travail, ceux qui dirigeaient la construction se réunissaient pour régler les derniers détails. Le lendemain soir, les travailleurs assistaient à une projection de diapositives afin qu’ils comprennent comment le travail allait être accompli. On mettait l’accent sur l’importance des qualités chrétiennes. Les frères étaient incités à travailler ensemble dans l’amour, à être bons, à faire preuve de patience et de considération. Chacun était encouragé à travailler à une allure constante, mais sans précipitation, et à ne pas hésiter à prendre quelques minutes pour échanger des propos édifiants avec ses compagnons. La construction commençait tôt le lendemain matin.

À l’heure convenue le samedi matin, tout le monde cessait de travailler afin d’écouter l’examen du texte du jour tiré de la Bible. Puis une prière était faite, car chacun comprenait bien que le succès de l’entreprise dépendait de la bénédiction de Jéhovah. — Ps. 127:1.

Une fois commencé, le travail avançait rapidement. Au bout d’une heure, on avait dressé les murs et monté les fermes. Puis on fixait les panneaux de contre-plaqué sur les murs. Les électriciens commençaient ensuite leur  installation. On branchait les gaines de chauffage et de climatisation. On fabriquait et montait les menuiseries. Parfois il pleuvait tout le week-end, ou le temps tournait au froid ou à la chaleur excessive, mais le travail avançait. Il n’y avait ni compétition ni rivalité entre les ouvriers.

Fréquemment, la Salle du Royaume était achevée le deuxième jour, avant le coucher du soleil. Elle était joliment décorée à l’intérieur et, parfois, même les aménagements extérieurs étaient terminés. Par commodité, les travaux étaient parfois programmés sur trois jours, ou sur deux week-ends. La construction terminée, beaucoup de travailleurs, fatigués mais très heureux, assistaient sur place à la première réunion de la congrégation, l’étude de La Tour de Garde.

Doutant de la qualité d’un travail accompli si vite, plusieurs habitants de Guymon (Oklahoma) ont appelé l’inspecteur des bâtiments de la ville. “Je leur ai dit que s’ils voulaient voir quelque chose de bien fait ils devraient visiter la salle, a dit l’inspecteur lorsqu’il a relaté cet incident aux Témoins. Vous, vous faites correctement même ce qui sera caché et ne se verra pas.”

Comme le besoin en Salles du Royaume ne cessait d’augmenter, les Témoins qui avaient mis au point les méthodes de construction rapide ont formé d’autres frères. Des échos de ces constructions sont parvenus dans d’autres pays. Pouvait-​on employer ces méthodes en dehors des États-Unis?

Les constructions selon la méthode rapide sur le plan international

Au Canada, la construction de Salles du Royaume était loin de combler les besoins des congrégations. Les Témoins de ce pays ont donc invité ceux qui organisaient des constructions selon la méthode rapide aux États-Unis à leur expliquer comment ils s’y prenaient. Au début, les Canadiens doutaient que ces méthodes soient applicables dans leur pays, mais ils ont décidé d’essayer. La Salle du Royaume d’Elmira, en Ontario, a été la première à être construite selon ce procédé, en 1982. En 1992, 306 salles avaient été édifiées selon cette méthode dans ce pays.

Les Témoins de Northampton, en Angleterre, ont pensé qu’ils pouvaient en faire autant. Leur projet, réalisé en 1983, était le premier d’Europe. Des frères expérimentés dans ce type de construction sont venus des États-Unis et du Canada pour diriger les travaux et apprendre aux Témoins de l’endroit les méthodes de travail. D’autres volontaires venus du Japon, de l’Inde, de France et d’Allemagne étaient présents. Ils étaient tous là en tant que bénévoles. Comment cela a-​t-​il été possible? Le surveillant d’une équipe de Témoins irlandais qui a travaillé sur ce projet a dit: “Ce fut un succès parce que tous les frères et sœurs ont travaillé de concert sous l’influence de l’esprit de Jéhovah.”

Même quand la législation locale en matière de construction semble empêcher la réalisation d’un tel projet, les frères ont remarqué que, souvent, lorsqu’on leur donne des détails les autorités sont heureuses de coopérer.

 Après qu’une construction selon la méthode rapide a été réalisée en Norvège, au nord du cercle polaire arctique, le journal Finnmarken a fait ce commentaire: “Fantastique! On ne peut qualifier autrement le travail que les Témoins de Jéhovah ont accompli le week-end dernier.” De même, lorsque les Témoins de l’Île du Nord, en Nouvelle-Zélande, ont bâti une attrayante Salle du Royaume en deux jours et demi, le journal local a titré en première page: “Un projet qui tient du miracle.” Et d’ajouter: “L’aspect le plus stupéfiant de cette réalisation fut peut-être l’organisation et le déroulement parfait des travaux.”

L’éloignement des lieux où l’on a besoin d’une Salle du Royaume n’est pas un obstacle insurmontable. Au Bélize, on a dû transporter tous les matériaux sans exception sur une île à 60 kilomètres de la ville de Bélize pour y construire une salle selon le procédé rapide. Quand une Salle du Royaume climatisée a été construite en un week-end à Port Hedland, dans l’ouest de l’Australie, elle a été réalisée avec des matériaux et une main-d’œuvre venus de 1 600 kilomètres ou plus. Les travailleurs ont voyagé à leurs propres frais. La plupart de ceux qui ont participé à la construction ne connaissaient personnellement aucun des Témoins de la congrégation de Port Hedland, et peu d’entre eux étaient susceptibles d’assister un jour aux réunions en ce lieu. Cela ne les a pourtant pas empêchés d’exprimer leur amour de cette façon.

Même là où les Témoins sont peu nombreux, il est possible d’employer ce procédé pour construire des salles. En 1985, quelque 800 Témoins de la Trinité se sont rendus à Tobago pour aider leurs 84 frères et sœurs chrétiens de cette île à construire une Salle du Royaume à Scarborough. Les 17 Témoins (dont la plupart étaient des femmes et des enfants) de Goose Bay, au Labrador, avaient vraiment besoin d’aide s’ils voulaient une Salle du Royaume. En 1985, 450 Témoins d’autres régions du Canada ont affrété trois avions pour se rendre à Goose Bay. Après deux jours de travail acharné, ils ont procédé à l’inauguration de la salle achevée le dimanche soir.

Cela ne veut pas dire que toutes les Salles du Royaume sont construites à présent selon le procédé rapide, mais un nombre croissant d’entre elles le sont.

Les comités de construction régionaux

Vers le milieu de l’année 1986, le besoin de Salles du Royaume s’était considérablement accru. L’année précédente, 2 461 congrégations avaient été formées dans le monde entier, dont 207 aux États-Unis. Certaines Salles du Royaume étaient alors utilisées par trois, quatre, et même cinq congrégations. Comme les Écritures l’avaient annoncé, Jéhovah accélérait vraiment l’œuvre de rassemblement. — És. 60:22.

Afin d’utiliser au mieux la main-d’œuvre et de permettre à tous ceux qui construisaient des Salles du Royaume de bénéficier de l’expérience acquise, la Société s’est mise à coordonner cette activité. En 1987, on a commencé par  former 60 comités de construction régionaux dans l’ensemble des États-Unis. Tous avaient beaucoup à faire; certains n’ont pas tardé à avoir un programme établi sur une année ou plus. Les hommes désignés pour servir dans ces comités étaient, avant tout, des frères ayant des qualités spirituelles, des anciens, qui manifestaient les fruits de l’esprit d’une manière exemplaire (Gal. 5:22, 23). Beaucoup avaient aussi de l’expérience dans l’immobilier, l’ingénierie, la construction, les affaires, la sécurité et d’autres domaines.

Les congrégations ont été encouragées à prendre contact avec le comité de construction régional avant de choisir l’emplacement d’une nouvelle Salle du Royaume. Dans les villes où il y avait plusieurs congrégations, on leur a conseillé de consulter le ou les surveillants de circonscription, le surveillant de ville et les anciens des congrégations voisines. Celles qui prévoyaient de rénover ou de construire une Salle du Royaume ont été invitées à tirer profit de l’expérience des membres du comité de construction régional et des directives que la Société leur envoyait. Par l’intermédiaire de ce comité, des dispositions seraient prises pour rassembler la main-d’œuvre qualifiée parmi les frères et sœurs de quelque 65 corps de métiers qui s’étaient déjà portés volontaires pour de telles constructions.

À mesure que le procédé s’affinait, on a pu réduire le nombre des travailleurs participant à une construction. Au lieu d’avoir sur le chantier des milliers de spectateurs et de personnes proposant leurs services, il n’y en avait rarement plus de 200 en même temps. Au lieu de passer le week-end entier sur place, les travailleurs n’étaient présents que lorsqu’on avait précisément besoin d’eux. Ainsi, ils avaient plus de temps à accorder à leur famille et aux activités de leur congrégation. Lorsque les frères locaux pouvaient accomplir un certain travail dans un délai raisonnable, il s’avérait souvent plus pratique de ne faire venir les membres de l’équipe de construction rapide que pour les tâches qui nécessitaient leur présence.

Certes, l’ensemble des opérations avançait à une vitesse surprenante, mais ce n’était pas ce qui comptait par-dessus tout. Le plus important, c’était de construire une Salle du Royaume modeste, mais de qualité, qui corresponde aux besoins locaux. Les plans étaient soigneusement élaborés pour atteindre cet objectif en réduisant les dépenses au minimum. Des dispositions ont été prises pour accorder la priorité à la sécurité, celle des travailleurs, des voisins, des passants et des futurs occupants de la Salle du Royaume.

À mesure que les autres pays ont eu écho de ce procédé de construction de Salles du Royaume, les filiales de la Société qui l’ont jugé utile pour leurs territoires ont reçu des informations plus détaillées. En 1992, les comités de construction régionaux désignés par la Société ont aidé à construire des Salles du Royaume en Afrique du Sud, en Allemagne, en Argentine, en Australie, au Canada, en Espagne, en France, en Grande-Bretagne, au Japon et au Mexique. Les méthodes de construction ont été adaptées à la situation locale. Quand il a fallu faire appel à d’autres filiales pour construire une Salle du Royaume, des dispositions ont été prises au siège mondial de la Société. Dans  certaines parties du monde, de nouvelles salles ont été édifiées en quelques jours; ailleurs, en quelques semaines ou en quelques mois. Grâce à des plans soigneusement élaborés et aux efforts coordonnés de tous, le temps nécessaire à la construction d’une Salle du Royaume a été considérablement réduit.

Les Témoins de Jéhovah ne se contentent pas de construire des Salles du Royaume. Des installations plus grandes sont aussi nécessaires pour accueillir un certain nombre de congrégations réunies à l’occasion des assemblées de circonscription et des assemblées spéciales d’un jour.

La construction de Salles d’assemblées

Au fil des ans, diverses installations ont été utilisées pour les assemblées de circonscription. Les Témoins de Jéhovah ont loué des auditoriums, des écoles, des théâtres, des entrepôts, des gymnases et des champs de foire. Certaines petites municipalités louaient des installations pratiques à des prix raisonnables. Le plus souvent, il fallait beaucoup de temps et d’efforts pour nettoyer les lieux, installer la sonorisation, construire la scène et transporter les chaises. Parfois, la location était annulée à la dernière minute. À mesure que le nombre des congrégations s’est accru, il est devenu de plus en plus difficile de trouver des lieux qui conviennent en nombre suffisant. Que pouvait-​on faire?

Une fois de plus, la solution pour les Témoins de Jéhovah consistait à disposer de leurs propres installations. Cela impliquait la rénovation de certains bâtiments et la construction de nouveaux. Aux États-Unis, la première Salle d’assemblées de ce genre était un théâtre de Long Island, dans l’État de New York, que les Témoins ont rénové et commencé à utiliser à la fin de l’année 1965.

À peu près à la même époque, les Témoins de Guadeloupe ont créé une Salle d’assemblées qui répondait à leurs besoins. Ils pensaient qu’il serait avantageux de tenir leurs assemblées de circonscription dans différents endroits. Mais la plupart des villes ne possédaient pas d’installations suffisamment grandes. C’est pourquoi les Témoins ont construit une structure transportable faite de tubes d’acier et couverte de feuilles d’aluminium, d’une capacité de 700 places, qu’ils pouvaient monter partout où ils trouvaient un terrain disponible relativement plat. Ils ont dû agrandir cette “salle” à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’elle abrite 5 000 personnes. Imaginez ce que représentaient le transport, le montage et le démontage de 30 tonnes de matériel à chaque assemblée! Cette Salle d’assemblées a été montée et démontée plusieurs fois par an pendant 13 années. Mais il devenait difficile de trouver des emplacements pour l’installer et il s’est avéré nécessaire d’acheter un terrain et d’y construire une Salle d’assemblées permanente, qui sert à présent pour les assemblées de circonscription et de district.

Dans un assez grand nombre d’endroits, des Salles d’assemblées ont été construites à partir de bâtiments déjà existants. En Angleterre (à Hays Bridge, dans le Surrey), les Témoins ont acheté et rénové un complexe scolaire vieux d’une cinquantaine d’années. Il est situé sur un beau terrain de 11 hectares.  D’anciennes salles de cinéma et un bâtiment industriel ont été transformés et utilisés en Espagne; une ancienne fabrique de vêtements en Australie; un dancing au Québec; un bowling au Japon; un entrepôt en République de Corée. Tous ces bâtiments ont été transformés en Salles d’assemblées attrayantes qui servent de grands centres d’enseignement biblique.

D’autres Salles d’assemblées sont des constructions entièrement nouvelles. La conception octogonale unique de la salle de Hellaby, dans le Yorkshire du Sud (Angleterre), et le fait que le plus gros du travail a été accompli par des volontaires lui ont valu d’être l’objet d’un article dans le journal des ingénieurs du bâtiment. La Salle d’assemblées de Saskatoon, en Saskatchewan (Canada), peut accueillir 1 200 personnes, mais lorsque des cloisons intérieures sont mises en place, le bâtiment se divise en quatre Salles du Royaume adjacentes. La Salle d’assemblées de Haïti (préfabriquée et transportée par bateau depuis les États-Unis) a ses deux côtés latéraux ouverts pour que les assistants soient constamment rafraîchis par les vents dominants — un soulagement fort apprécié sous l’ardent soleil haïtien. La salle de Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a été conçue de telle manière que des panneaux de murs peuvent pivoter pour augmenter la capacité de la salle.

La décision de construire une Salle d’assemblées n’est pas prise par un petit groupe de surveillants qui s’attend ensuite à ce que chacun apporte son soutien. Avant qu’une salle ne soit construite, la Société procède à une analyse sérieuse de sa réelle nécessité et du taux de fréquentation envisagé. On ne prend pas seulement en compte l’enthousiasme suscité par le projet sur le plan local, mais aussi les besoins généraux dans le domaine de la prédication. Toutes les congrégations concernées discutent du projet pour s’assurer que les frères ont le désir et la possibilité de le soutenir.

Ainsi, lorsque les travaux commencent, les Témoins de Jéhovah de la région les soutiennent de tout cœur. Chaque construction est financée par les Témoins. On parle du coût financier, mais les offrandes sont volontaires  et anonymes. Les plans sont soigneusement préparés à l’avance, et le projet bénéficie de l’expérience acquise dans la construction de Salles du Royaume et, souvent, de Salles d’assemblées dans d’autres régions. Quand il le faut, certains travaux peuvent être confiés à des entrepreneurs, mais la plus grosse partie est faite par des Témoins enthousiastes, ce qui permet d’en réduire le coût de moitié.

Grâce à une équipe formée de professionnels qualifiés et d’autres frères qui donnent volontiers de leur temps et de leurs talents, les travaux avancent généralement vite. Certaines constructions ont duré plus d’une année. Cependant, en 1985, sur l’île de Vancouver (Canada), quelque 4 500 volontaires ont érigé une Salle d’assemblées de 2 300 mètres carrés en neuf jours. Le bâtiment comprend aussi une Salle du Royaume de 200 places à l’usage des congrégations locales. En Nouvelle-Calédonie, en 1984, le gouvernement avait imposé un couvre-feu en raison des troubles politiques; cependant, jusqu’à 400 volontaires en même temps ont travaillé à la construction de la Salle d’assemblées, qui a été achevée en quatre mois. En Suède, près de Stockholm, une belle Salle d’assemblées très fonctionnelle, équipée de 900 sièges en chêne et capitonnés, a été construite en sept mois.

Parfois, il faut avoir recours à la justice afin d’obtenir les permis de construire des Salles d’assemblées. C’est ce qui s’est passé au Canada, à Surrey (Colombie britannique). Au moment de l’achat du terrain, les règlements d’urbanisme autorisaient la construction de lieux de culte. Mais après qu’une demande de permis de construire a été déposée en 1974, le conseil du district de Surrey a adopté un règlement stipulant que l’on ne pouvait construire des églises et des Salles d’assemblées que dans la zone P-3, une zone inexistante. Pourtant, 79 églises avaient auparavant été bâties dans l’agglomération sans la moindre difficulté. Une action judiciaire a été intentée. Plusieurs jugements ont été rendus en faveur des Témoins de Jéhovah. Une fois écartée l’opposition de fonctionnaires nourris de préjugés, les travailleurs volontaires ont entrepris la construction avec un tel enthousiasme qu’ils l’ont achevée en sept mois. Comme Néhémie lorsqu’il s’est efforcé de reconstruire les murailles de la Jérusalem antique, ils ont senti que ‘la main de Dieu était sur eux’ pour accomplir le travail. — Néh. 2:18.

Aux États-Unis, lorsque les Témoins de Jéhovah ont acheté le théâtre Stanley à Jersey, dans le New Jersey, le bâtiment était classé monument historique. Il était en piètre état, mais il offrait des possibilités intéressantes pour une Salle d’assemblées. Cependant, quand les Témoins ont voulu rénover le bâtiment, la municipalité a refusé d’accorder le permis. Le maire ne voulait pas des Témoins dans sa ville; il avait d’autres projets en vue. Une action en justice a été intentée pour éviter que la municipalité ne pratique un détournement de pouvoir. La cour a prononcé un jugement en faveur des Témoins. Peu de temps après, le maire a été battu à la suite d’une élection. Les travaux ont été faits très rapidement. Il en est résulté une belle Salle d’assemblées d’une capacité de plus de 4 000 places. Les commerçants et les habitants de la ville sont fiers de ce bâtiment.

 Durant les 27 dernières années, en de nombreux endroits du monde, les Témoins de Jéhovah ont construit de belles Salles d’assemblées fonctionnelles qui sont des centres d’enseignement biblique. Il y a de plus en plus de salles de ce genre en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Afrique et en Orient, ainsi que dans de nombreuses îles. Dans certains pays, par exemple au Nigeria, en Italie et au Danemark, les Témoins de Jéhovah ont même construit des installations permanentes plus grandes pour leurs assemblées de district.

Cependant, les Salles d’assemblées et les Salles du Royaume ne sont pas les seules constructions réalisées par les Témoins de Jéhovah pour favoriser la proclamation du Royaume de Dieu.

Des bureaux, des imprimeries et des Béthels dans le monde entier

En 1992, on comptait dans le monde 99 filiales de la Société, dont chacune coordonnait l’activité des Témoins de Jéhovah dans sa portion de territoire. Plus des deux tiers de ces filiales effectuaient divers travaux d’imprimerie qui contribuent à l’œuvre d’enseignement de la Bible. Ceux qui servent dans ces filiales sont, pour la plupart, logés comme une grande famille dans des maisons appelées Béthels, nom qui signifie “Maison de Dieu”. Le nombre des Témoins augmentant et l’œuvre de prédication s’intensifiant, il a fallu agrandir ces installations et en construire de nouvelles.

La croissance de l’organisation est si rapide que souvent entre 20 et 40 projets d’extension de filiales ont été entrepris en même temps. Il a donc fallu mettre en place un vaste Programme international de construction.

En raison de la somme colossale de travail à fournir dans le monde entier, la Société possède son propre bureau d’étude au siège mondial à New York. Des ingénieurs qui ont des années d’expérience ont quitté leur emploi et se sont offerts volontairement pour travailler à plein temps sur des projets de construction directement liés aux activités du Royaume. En outre, les plus expérimentés ont formé d’autres hommes et d’autres femmes dans l’ingénierie, l’architecture et le dessin industriel. Grâce à ce service qui coordonne le travail, l’expérience acquise dans la construction de bâtiments pour des filiales dans le monde entier peut servir à ceux qui travaillent sur des projets dans d’autres pays.

Avec le temps, la quantité de travail à accomplir a nécessité l’ouverture d’un Bureau d’ingénierie régional au Japon pour aider à l’élaboration de plans pour différents projets en Orient. D’autres Bureaux d’ingénierie régionaux fonctionnent en Europe et en Australie, avec du personnel originaire de différents pays. Ces bureaux collaborent étroitement avec le siège mondial de la Société, et leur travail accompli avec l’aide de la technologie informatique réduit le nombre de dessinateurs nécessaires sur les sites de construction.

Certains projets sont de taille relativement modeste. C’était le cas du bâtiment de la filiale construit à Tahiti en 1983. Il comprenait des bureaux, des réserves et des logements pour huit travailleurs volontaires. C’était aussi le  cas du bâtiment de quatre niveaux érigé entre 1982 et 1984 pour la filiale de Martinique. Ces installations ne paraissent peut-être pas extraordinaires à ceux qui habitent de grandes villes dans d’autres pays, mais elles ont attiré l’attention du public. Le journal France-Antilles a déclaré que le bâtiment construit en Martinique était un “chef-d’œuvre architectural” qui reflétait un “grand amour du travail bien fait”.

À l’opposé du point de vue de la taille, les installations achevées au Canada en 1981 comprenaient une imprimerie de 9 300 mètres carrés et un bâtiment résidentiel pouvant accueillir 250 volontaires. À Cesàrio Lange, au Brésil, le complexe de la Société, achevé la même année, était composé de huit bâtiments, d’une surface au sol de presque 46 000 mètres carrés. Il a fallu 10 000 camions de ciment, de pierres et de sable, et des piliers de soutien en béton qui, mis les uns sur les autres, auraient atteint presque deux fois la hauteur de l’Everest. Lorsqu’on a construit une grande imprimerie aux Philippines, il a fallu bâtir un immeuble résidentiel de 10 étages.

Pour répondre aux besoins du nombre croissant de prédicateurs du Royaume au Nigeria, un vaste projet de construction a été entrepris à Igieduma, en 1984. Il comprenait une imprimerie, un grand bâtiment réservé aux bureaux, quatre bâtiments résidentiels reliés entre eux et d’autres installations utilitaires. Il était prévu que l’imprimerie soit entièrement préfabriquée et importée par bateau des États-Unis. Cependant, les frères se sont trouvés confrontés à des délais d’importation apparemment impossibles à respecter. Mais en définitive, ces délais ont été respectés, et le matériel est arrivé sans problème sur le chantier. Les Témoins ne s’en sont pas attribué l’honneur, mais ils ont remercié Jéhovah pour ses bienfaits.

Une expansion rapide dans le monde entier

L’accroissement de l’œuvre de prédication du Royaume a été si rapide qu’une fois les locaux des filiales agrandis, il a souvent fallu recommencer à construire peu de temps après. Voici quelques exemples:

Au Pérou, de nouveaux bâtiments comprenant des bureaux, 22 chambres et d’autres locaux indispensables pour les membres de la famille du Béthel, ainsi qu’une Salle du Royaume, avaient été achevés fin 1984. Mais l’intérêt suscité par le message du Royaume a été plus important que prévu dans ce pays d’Amérique du Sud. Quatre ans plus tard, il a fallu doubler les installations existantes, cette fois en utilisant une structure antisismique.

En 1979, un nouveau complexe spacieux a été construit pour la filiale de Colombie. Il semblait offrir assez d’espace pour les années à venir. Toutefois, en sept ans, le nombre des Témoins colombiens avait presque doublé et la filiale imprimait désormais les périodiques La Atalaya et ¡Despertad! non seulement pour la Colombie, mais aussi pour quatre pays voisins. Une nouvelle construction a donc commencé en 1987, avec cette fois davantage de terrain en vue d’une expansion future.

 En 1980, les Témoins de Jéhovah du Brésil ont passé quelque 14 millions d’heures à prêcher le message du Royaume en public. Ce chiffre a presque atteint les 50 millions en 1989. Davantage de gens ont manifesté le désir de satisfaire leur appétit spirituel. Les locaux de la filiale inaugurés en 1981 ne suffisaient plus. En septembre 1988, on avait commencé à creuser les fondations d’une nouvelle imprimerie qui allait augmenter de 80 % la surface au sol de celle déjà existante. En outre, des bâtiments résidentiels allaient être nécessaires pour loger la famille du Béthel plus nombreuse.

En 1984, à Selters/Taunus, en Allemagne, a été inaugurée une imprimerie de la Société, la deuxième par ordre d’importance dans le monde. Cinq ans plus tard, en raison de l’accroissement local et de la possibilité d’étendre l’œuvre de témoignage dans les pays pour lesquels cette filiale imprimait des publications, des plans ont été dressés pour agrandir l’imprimerie de 85 % de sa surface et ajouter des bâtiments résidentiels et de service.

En 1972, la filiale du Japon a déménagé de Tokyo pour occuper de plus grands locaux à Numazu. Ceux-ci ont été agrandis en 1975. Puis, en 1978, un nouveau terrain a été acquis à Ebina, et la construction d’une imprimerie trois fois plus grande que celle de Numazu a commencé rapidement. Elle a été achevée en 1982. Mais ce n’était pas encore suffisant; d’autres bâtiments ont été ajoutés en 1989. Mais n’aurait-​il pas été possible de construire en une seule fois des locaux suffisamment grands? Non. Le nombre des proclamateurs du Japon a doublé à plusieurs reprises, ce qui était humainement imprévisible. De 14 199 en 1972, leur nombre a fait un bond et a atteint 137 941 en 1989, et une large proportion d’entre eux sont des ministres à plein temps.

On observe un phénomène semblable dans d’autres parties du monde. Une dizaine d’années — parfois seulement quelques années — après que des bâtiments importants équipés pour l’impression ont été construits, il a fallu les agrandir. C’est ce qui s’est produit entre autres au Mexique, au Canada, en Afrique du Sud et en République de Corée.

Qui participe aux travaux? Comment tout cela a-​t-​il été fait?

Des milliers désirent apporter leur aide

Sur les 17 000 Témoins vivant en Suède à l’époque de la construction des bâtiments de la filiale à Arboga, quelque 5 000 volontaires ont participé aux travaux. La plupart n’étaient que des travailleurs volontaires, mais un nombre suffisant de professionnels qualifiés étaient là pour veiller à ce que le travail soit bien fait. Ils étaient animés par l’amour de Jéhovah.

Au Danemark, lorsqu’un fonctionnaire de l’aménagement du territoire a entendu dire que la construction des nouveaux bâtiments de la filiale à Holbaek allait être effectuée par des Témoins de Jéhovah, il a exprimé quelques réserves. Quoi qu’il en soit, parmi les Témoins qui ont apporté leur aide se trouvaient tous les éléments qualifiés nécessaires. Cependant, aurait-​il été plus avantageux de faire appel à des entrepreneurs? Une fois la construction  terminée, des experts de l’urbanisme de la ville ont visité ces bâtiments et ont fait des compliments sur la qualité du travail, ce qu’ils observent rarement dans les entreprises commerciales de nos jours. Quant au fonctionnaire qui avait d’abord émis quelques réserves, il a souri en disant: “Vous savez, à l’époque j’ignorais à quel genre d’organisation j’avais affaire.”

Les grandes villes d’Australie sont très éloignées les unes des autres; c’est pourquoi la plupart des 3 000 volontaires qui venaient travailler à la construction des bâtiments de la filiale, à Ingleburn, entre 1978 et 1983, devaient parcourir au moins 1 600 kilomètres. Toutefois, un transport par car était organisé pour les groupes de volontaires; en chemin, les congrégations pourvoyaient aux repas des frères et les recevaient lors des haltes de repos. Certains frères ont vendu leur maison, fermé leur commerce, pris des vacances et fait d’autres sacrifices encore afin de participer aux travaux. Des équipes d’ouvriers qualifiés sont venus, dont certains à plusieurs reprises, pour couler du béton, faire les plafonds et poser les clôtures. D’autres ont fait des offrandes en matériaux.

La majorité des volontaires sur ces chantiers n’étaient pas des professionnels, mais, après avoir reçu une petite formation, quelques-uns ont assumé de grandes responsabilités et ont fait un excellent travail. Ils ont appris à fabriquer des fenêtres, à conduire des engins, à mélanger du béton et à poser des briques. Ils offraient un avantage considérable sur les non-Témoins qui font la même chose à titre professionnel. Lequel? Les Témoins de Jéhovah qualifiés étaient disposés à partager leurs connaissances. Aucun ne craignait qu’un autre ne lui prenne son travail; il y en avait largement assez pour tout le monde. De plus, ils étaient poussés à effectuer un travail de qualité, parce qu’ils exprimaient ainsi leur amour pour Dieu.

Sur tous les sites de construction, un certain nombre de Témoins forment le noyau de la “famille” des constructeurs. Pendant les travaux qui ont eu lieu à Selters/Taunus, en Allemagne, de 1979 à 1984, ce noyau a été constitué de plusieurs centaines de travailleurs. Des milliers d’autres se sont joints à eux pendant des périodes de temps plus ou moins longues, beaucoup durant le week-end. Un programme était soigneusement établi pour qu’à leur arrivée les volontaires aient tous une tâche à accomplir.

Du fait de l’imperfection, certains problèmes surgissent, mais ceux qui participent à ces constructions s’efforcent de les résoudre en appliquant les principes bibliques. Ils savent que faire les choses d’une manière chrétienne l’emporte sur la seule efficacité. Sur le chantier d’Ebina, au Japon, on voyait en guise de rappel de grandes affiches représentant des travailleurs coiffés de casques, et sur chaque casque était écrit en caractères japonais l’un des fruits de l’esprit de Dieu: l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (Gal. 5:22, 23). Ceux qui visitent les chantiers peuvent voir et entendre la différence. Faisant part de ses remarques, un journaliste qui visitait le chantier de la filiale du Brésil a dit:  “Ici, il n’y a pas de désordres; les ouvriers ne refusent pas de s’entraider. (...) Cette atmosphère chrétienne fait qu’ici tout est différent de ce que l’on a coutume de voir sur les chantiers brésiliens.”

Un accroissement constant au siège mondial

À mesure que s’agrandissent les locaux des filiales de la Société, il faut aussi agrandir ceux du siège mondial. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on a agrandi plus de dix fois l’imprimerie et les bureaux à Brooklyn et dans d’autres endroits de l’État de New York. Afin de loger le personnel, il a fallu construire ou acheter et rénover de nombreux bâtiments, petits et grands. D’autres projets d’extension à Brooklyn ont été annoncés en août 1990 et en janvier 1991, alors même qu’au nord de New York se poursuivait la construction d’un grand centre d’enseignement de la Société Watchtower, destiné à recevoir jusqu’à 1 200 personnes, dont des volontaires du Béthel et des étudiants.

Depuis 1972, on construit sans répit au siège mondial de la Société et dans les propriétés qu’elle possède dans les États de New York et du New Jersey. Avec le temps, on a compris que même s’ils étaient des centaines, les travailleurs permanents ne pouvaient pas faire tout le travail de construction prévu. Ainsi, en 1984, un programme visant à utiliser régulièrement des travailleurs temporaires a été mis en place. Des lettres ont été envoyées aux 8 000 congrégations que comptaient les États-Unis à l’époque, pour inviter les frères qualifiés à venir travailler une semaine ou plus. (Un système semblable avait déjà très bien fonctionné dans certaines filiales comme en Australie, où ceux qui étaient en mesure de venir travailler deux semaines étaient invités à se porter volontaires.) Les travailleurs seraient logés et nourris, mais ils devraient faire le voyage à leurs propres frais et ne percevraient pas de salaire. Qui allait se présenter?

En 1992, plus de 24 000 demandes ont été reçues. Au moins 3 900 d’entre elles ont été envoyées par des Témoins qui revenaient pour la 2e, 3e, 10e ou 20fois. La plupart étaient des anciens, des serviteurs ministériels ou des pionniers, des personnes dotées d’excellentes qualités spirituelles. Tous désiraient accomplir n’importe quelle tâche nécessaire, qu’elle ait trait ou non à leur métier. Le travail était souvent pénible et salissant. Cependant, contribuer ainsi aux progrès de la cause du Royaume était pour eux un privilège. Certains pensent que cela les a aidés à mieux apprécier l’esprit de sacrifice qui caractérise le travail accompli au siège mondial. Tous ont considéré comme une récompense le fait d’assister au culte matinal de la famille du Béthel et à l’étude familiale hebdomadaire de La Tour de Garde.

Les volontaires internationaux

Comme la nécessité d’une expansion rapide se faisait sentir, en 1985, des dispositions ont été prises en rapport avec les volontaires internationaux. Ce n’était pas la première fois que se manifestait une coopération internationale dans la construction, mais les activités allaient désormais être soigneusement  coordonnées depuis le siège mondial. Ceux qui y participent sont des Témoins volontaires pour prendre part à des constructions en dehors de leur pays. Ce sont des travailleurs qualifiés, et les femmes accompagnent leurs maris et font tout ce qu’elles peuvent pour apporter leur aide. La plupart voyagent à leurs propres frais, aucun ne reçoit un salaire. Certains se déplacent pour de courtes périodes de temps, généralement entre deux semaines et trois mois. D’autres sont des volontaires à long terme, qui restent une année ou même plus sur les lieux de construction, peut-être jusqu’à la fin des travaux. Plus de 3 000 Témoins de Jéhovah de 30 pays ont participé à ce programme au cours des cinq dernières années, et beaucoup d’autres désiraient y participer si leurs qualifications étaient utiles. Ils considèrent comme un privilège de donner ainsi d’eux-​mêmes et de leurs biens pour la cause du Royaume.

Les volontaires internationaux sont nourris et logés. Le logement n’offre souvent qu’un confort limité. Les Témoins locaux sont très reconnaissants de ce que font leurs frères venus d’ailleurs et, là où c’est possible, ils les hébergent dans leurs maisons, aussi humbles soient-​elles. Les repas sont souvent pris sur le lieu de la construction.

Les frères venus de l’étranger ne sont pas là pour tout faire. Leur but est de travailler avec l’équipe de construction du pays. Des centaines, voire des milliers d’autres frères du pays peuvent aussi venir les aider le week-end, pendant quelques semaines ou plus longtemps. En Argentine, 259 volontaires étrangers ont travaillé avec des milliers de frères argentins, dont certains étaient là tous les jours, d’autres quelques semaines et un plus grand nombre encore le week-end. En Colombie, plus de 830 volontaires internationaux ont apporté leur aide pendant différentes périodes de temps. En outre,  200 volontaires de Colombie ont travaillé à plein temps à la construction, alors que chaque week-end il y avait 250 autres volontaires, si bien qu’au total plus de 3 600 travailleurs ont participé aux travaux.

Les différences de langues peuvent entraîner des difficultés, mais elles n’empêchent pas les groupes internationaux de travailler ensemble. Des gestes, des expressions de visage, le sens de l’humour et le désir de faire un travail qui honore Jéhovah permettent d’accomplir la tâche.

Des pays qui comptent peu de travailleurs qualifiés dans le bâtiment connaissent parfois un accroissement extraordinaire et ont donc besoin d’agrandir les bâtiments de leur filiale. Cette situation n’est pas une entrave pour les Témoins de Jéhovah qui s’entraident joyeusement. Ils travaillent ensemble comme une grande famille qui n’est pas divisée par la nationalité, la couleur de la peau ni la langue.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, conformément aux exigences du ministère du Travail, chaque volontaire venu d’Australie et de Nouvelle-Zélande a formé un Papou dans un certain travail. Ainsi, tout en donnant d’eux-​mêmes, les Témoins du pays ont appris des métiers qui leur permettent de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

Lorsqu’il a fallu construire de nouveaux bâtiments pour la filiale du Salvador, 326 volontaires étrangers se sont joints aux frères de ce pays. Pour la construction réalisée en Équateur, 270 Témoins de 14 pays ont travaillé en compagnie des frères et des sœurs équatoriens. Certains volontaires internationaux ont collaboré à plusieurs projets en même temps. Ils ont travaillé alternativement sur des chantiers en Europe et en Afrique, selon l’endroit où leurs compétences étaient nécessaires.

En 1992, des volontaires internationaux ont été envoyés dans 49 filiales pour venir en aide aux équipes de construction locales. Dans certains cas, ceux qui avaient bénéficié de ce programme ont pu à leur tour offrir leur aide à d’autres chrétiens. Ainsi, ayant bénéficié du soutien d’environ 60 serviteurs internationaux permanents lors de la construction des locaux de la filiale des Philippines, et de celle de 230 volontaires étrangers venus pour de courtes périodes de temps, des frères philippins se sont rendus disponibles pour participer à des travaux de construction en Asie du Sud-Est.

Les Témoins de Jéhovah accomplissent cette œuvre de construction pour répondre aux besoins de la prédication de la bonne nouvelle. Avec l’aide de l’esprit de Jéhovah, ils veulent donner le plus grand témoignage possible avant la fin. Ils sont convaincus que le monde nouveau est très proche, et, grâce à leur foi, ils espèrent survivre à Harmaguédon en tant que peuple organisé et vivre dans ce monde nouveau, sous la domination du Royaume messianique de Dieu. Ils espèrent également que certains des beaux bâtiments construits et dédiés à Jéhovah continueront à servir, après Harmaguédon, de centres à partir desquels la connaissance du seul vrai Dieu Jéhovah sera diffusée jusqu’à ce qu’elle remplisse vraiment toute la terre. — És. 11:9.

[Note]

^ § 8 On en parlait comme de l’Église de “la nouvelle lumière” parce que ceux qui s’y rendaient avaient le sentiment que, grâce à la lecture des publications de la Société Watch Tower, ils acquerraient une compréhension nouvelle de la Bible.

[Entrefilet, page 322]

Des Témoins de congrégations voisines apportent leur aide.

[Entrefilet, page 323]

Travaux de construction réalisés par des volontaires.

[Entrefilet, page 324]

Les qualités spirituelles étaient mises en évidence.

[Entrefilet, page 326]

Construction de qualité, sécurité, coût minimum et rapidité.

[Entrefilet, page 328]

Une Salle d’assemblées transportable!

[Entrefilet, page 331]

Le recours à la justice.

[Entrefilet, page 332]

Expansion à l’échelle internationale.

[Entrefilet, page 333]

Les Témoins attribuent l’honneur à Jéhovah, pas à eux-​mêmes.

[Entrefilet, page 334]

Un accroissement qu’aucun humain ne pouvait prédire.

[Entrefilet, page 336]

Participer à la construction du siège mondial est pour eux un privilège.

[Entrefilet, page 339]

Ils travaillent comme une grande famille qui n’est pas divisée par la nationalité, la couleur de la peau ni la langue.

 [Encadré/Illustrations, pages 320, 321]

Ils travaillent ensemble pour construire rapidement des Salles du Royaume

Des milliers de nouvelles congrégations sont formées chaque année. Dans la plupart des cas, les nouvelles Salles du Royaume sont construites par les Témoins de Jéhovah eux-​mêmes. Ces photos ont été prises durant la construction d’une Salle du Royaume aux États-Unis (Connecticut), en 1991.

Vendredi, 7 h 40.

Vendredi midi.

 Samedi, 19 h 41.

La plus grosse partie des travaux s’est achevée le dimanche à 18 h 10.

Ils demandent la bénédiction de Jéhovah et prennent le temps de puiser conseil dans sa Parole.

Tous sont des volontaires, heureux de travailler côte à côte.

 [Encadré/Illustrations, page 327]

Salles du Royaume dans différents pays

Les lieux de réunion des Témoins de Jéhovah sont généralement modestes. Ils sont propres, confortables et attrayants pour le voisinage.

Pérou

Philippines

France

République de Corée

Japon

Papouasie-Nouvelle-Guinée

Irlande

Colombie

Norvège

Lesotho

 [Encadré/Illustrations, page 330]

Les Salles d’assemblées des Témoins de Jéhovah

Afin de tenir leurs assemblées périodiques, les Témoins de Jéhovah de certaines régions ont jugé pratique de construire leurs propres Salles d’assemblées. La plupart des travaux sont réalisés par des Témoins de la région. Voici quelques-unes des salles utilisées au début des années 90:

Grande-Bretagne

Venezuela

Italie

Allemagne

Canada

Japon

 [Encadré/Illustrations, page 338]

Le Programme de construction international répond à des besoins urgents

L’accroissement rapide de l’organisation a exigé l’agrandissement des bureaux, des imprimeries et des Béthels dans le monde.

Les volontaires internationaux aident les Témoins du pays.

Espagne

Les méthodes de construction utilisées permettent à de nombreux volontaires disposant d’une expérience limitée de faire un travail de qualité.

Porto Rico

Les travailleurs qualifiés sont heureux de se rendre utiles.

Nouvelle-Zélande

Grèce

Brésil

L’utilisation de matériaux durables permet à long terme un entretien à faible coût.

Grande-Bretagne

Le travail de grande qualité résulte de l’intérêt personnel accordé par les exécutants; il est une expression de leur amour pour Jéhovah.

Canada

Ces constructions sont des événements joyeux; de nombreuses amitiés durables s’y nouent.

Colombie

Au Japon, des affiches rappellent aux travailleurs les consignes de sécurité et la nécessité de manifester les fruits de l’esprit de Dieu.

[Illustration, page 318]

Le premier bâtiment appelé Salle du Royaume, à Hawaii.

[Illustrations, page 319]

Parmi les premières Salles du Royaume, bon nombre étaient des bâtiments loués ou de simples pièces au-dessus de magasins; quelques-unes ont été construites par les Témoins.

[Illustrations, page 329]

Deux des premières Salles d’assemblées.

New York

Guadeloupe

[Illustrations, page 337]

Travailleurs temporaires récemment arrivés au siège mondial à New York.

On rappelle à chacun qu’être une personne spirituelle et faire un travail de qualité l’emporte sur la rapidité.