Aller au contenu

Aller à la table des matières

‘Cherchez d’abord le Royaume’

‘Cherchez d’abord le Royaume’

 Chapitre 18

‘Cherchez d’abord le Royaume’

LA SANCTIFICATION du nom de Jéhovah au moyen du Royaume, tel est le thème principal de la Bible. Jésus a enseigné à ses disciples à chercher d’abord le Royaume, en le mettant à la première place dans leur vie. Pour quelle raison?

La Tour de Garde a souvent expliqué que Jéhovah est le Souverain universel puisqu’il est le Créateur. Il mérite que ses créatures le tiennent en haute estime (Rév. 4:11). Toutefois, très tôt dans l’histoire humaine, un fils spirituel de Dieu qui s’est fait lui-​même Satan le Diable a défié la souveraineté de Jéhovah (Gen. 3:1-5). De plus, Satan a prêté des mobiles égoïstes à tous les serviteurs de Jéhovah (Job 1:9-11; 2:4, 5; Rév. 12:10). C’est ainsi que la paix de l’univers a été troublée.

Depuis des dizaines d’années maintenant, les publications de la Société Watch Tower expliquent que Jéhovah a pris des dispositions pour régler ces questions de manière à exalter non seulement sa toute-puissance, mais aussi sa sagesse, sa justice et son amour extraordinaires. Le Royaume messianique de Dieu est au cœur de ces dispositions. Au moyen de ce Royaume, l’humanité se voit accorder la possibilité d’apprendre les voies de la justice. Ce Royaume détruira les méchants, fera éclater la souveraineté de Jéhovah et réalisera son dessein, qui consiste à faire de la terre un paradis peuplé d’humains aimant sincèrement Dieu et leur prochain, et ayant le bonheur de jouir de la vie parfaite.

En raison de l’importance de ce Royaume, Jésus a donné à ses disciples le conseil suivant: “Continuez donc à chercher d’abord le royaume.” (Mat. 6:10, 33). Les Témoins de Jéhovah d’aujourd’hui prouvent amplement qu’ils s’efforcent de suivre ce conseil.

Ils renoncent à tout pour le Royaume

Très tôt, les Étudiants de la Bible se sont intéressés à ce que signifiait chercher d’abord le Royaume. Ils ont analysé la parabole de Jésus dans laquelle il compare le Royaume à une perle d’une valeur telle qu’un homme “s’en est allé vendre promptement tout ce qu’il possédait et il l’a achetée”. (Mat. 13:45, 46.) Ils se sont interrogés sur le sens du conseil que Jésus a donné au jeune homme riche: celui de vendre tout ce qu’il possédait, de donner aux pauvres et de le suivre (Marc 10:17-30) *. Ils ont compris que s’ils voulaient être dignes d’avoir part au Royaume de Dieu, ils devaient en faire leur principale  préoccupation, se réjouissant de vouer leur vie, leurs talents et leurs ressources à son service. Tout le reste ne devait occuper qu’une place secondaire dans leur vie.

Charles Russell a personnellement pris ce conseil à cœur. Il a vendu son florissant commerce de vêtements masculins, a peu à peu réduit ses parts dans d’autres affaires, et a ensuite utilisé ses biens pour apporter aux gens une aide spirituelle (voir Matthieu 6:19-21). Il n’a pas fait cela pendant quelques années seulement. Jusqu’à sa mort, il a employé toutes ses ressources, ses aptitudes mentales, sa santé et ses biens, pour communiquer à autrui le message important relatif au Royaume messianique. Lors de ses funérailles, Joseph Rutherford, l’un de ses collaborateurs, a dit à son sujet: “Charles Russell a été fidèle à Dieu, fidèle à Jésus Christ, fidèle à la cause du Royaume messianique.”

En avril 1881 (alors que seulement quelques centaines de personnes assistaient aux réunions des Étudiants de la Bible), La Tour de Garde en anglais a publié un article intitulé “Recherchons 1 000 prédicateurs”. Cet article invitait les hommes et les femmes sans charge de famille à entreprendre l’œuvre de colporteurs ou d’évangélisateurs. Reprenant les termes de Jésus dans la parabole consignée en Matthieu 20:1-16, La Tour de Garde a soulevé cette question: “Qui désire ardemment travailler dans la vigne, et prie le Seigneur de lui ouvrir la voie?” Ceux qui pouvaient consacrer au moins la moitié de leur temps exclusivement à l’œuvre du Seigneur étaient encouragés à le faire. Pour les aider à payer leurs frais de transport, de nourriture, de vêtement et de logement, la Société a fourni aux premiers colporteurs des manuels bibliques qu’ils étaient chargés de proposer aux gens; elle a fixé le montant de la modeste contribution qu’ils pouvaient demander en échange de ces publications et les a invités à garder une partie des fonds qu’ils recevraient. Qui a accepté ces dispositions et a entrepris le service de colporteur?

En 1885, environ 300 colporteurs collaboraient avec la Société. En 1914, leur nombre a finalement dépassé les 1 000. Ce n’était pas une œuvre facile. Après avoir parcouru quatre petites villes et n’avoir rencontré que trois ou quatre personnes qui manifestaient quelque intérêt pour le message, un colporteur a écrit: “Je dois dire que je me sens plutôt seul, après avoir fait tout ce chemin, après avoir rencontré tant de gens et après avoir trouvé si peu d’intérêt pour le plan de Dieu et son Église. Priez pour moi, pour que je puisse présenter la vérité avec efficacité et hardiesse, et que je ne renonce pas à faire ce qui est excellent.”

Ils se sont offerts volontairement

Ces colporteurs étaient de véritables pionniers. Ils ont pénétré les régions les plus reculées du pays, à une époque où les moyens de transport étaient très rudimentaires et où les routes n’étaient, pour la plupart, que des pistes de chariots. Sœur Early, en Nouvelle-Zélande, faisait partie de ceux-là. Ayant commencé bien avant la Première Guerre mondiale, elle a passé 34 ans dans le service à plein temps, jusqu’à sa mort en 1943. Elle a parcouru à bicyclette une bonne partie du pays. Même quand l’arthrite l’a rendue impotente et  qu’elle n’a pu continuer d’aller à vélo, elle s’en est servie pour s’appuyer dessus et pour transporter ses livres dans le quartier d’affaires de Christchurch. Elle parvenait à monter les escaliers, mais elle devait les descendre à reculons à cause de l’arthrite. Cependant, elle a mis jusqu’au bout ses forces au service de Jéhovah.

Ces hommes et ces femmes n’entreprenaient pas cette activité parce qu’ils avaient confiance en eux. Certains étaient par nature très timides, mais ils aimaient Jéhovah. Avant de donner le témoignage dans un quartier d’affaires, une sœur demandait à tous les Étudiants de la Bible de son entourage de prier pour elle. Avec le temps, elle a acquis de l’expérience et elle est devenue très enthousiaste dans cette activité.

Lorsqu’en 1907 Malinda Keefer a parlé à frère Russell de son désir d’entreprendre le service à plein temps, elle a dit qu’elle pensait devoir d’abord acquérir une plus grande connaissance. En fait, elle ne connaissait les publications des Étudiants de la Bible que depuis l’année précédente. Frère Russell lui a répondu: “Si tu attends de tout savoir, tu ne commenceras jamais ce service, mais c’est en l’accomplissant que tu augmenteras ta connaissance.” Sans plus attendre, elle a commencé son activité aux États-Unis, dans l’Ohio. Maintes fois, elle a pensé au Psaume 110:3: “Ton peuple s’offrira volontairement.” C’est ce qu’elle n’a cessé de faire pendant 76 ans *. Quand elle a entrepris ce service, elle était célibataire. Puis elle a continué pendant 15 ans avec son mari. Et lorsqu’il est décédé, elle n’a pas renoncé, grâce à l’aide de Jéhovah. Se souvenant de toutes ces années, elle a confié: “Combien je suis heureuse de m’être offerte de moi-​même en tant que pionnière, alors que j’étais une jeune femme, et d’avoir toujours mis à la première place les intérêts du Royaume!”

En ce temps-​là, lorsque des assemblées avaient lieu, on prévoyait des sessions spéciales avec les colporteurs. Ils y recevaient la réponse à leurs questions et des encouragements, et une formation était donnée aux nouveaux.

À partir de 1919, de plus en plus de serviteurs de Jéhovah ont accordé un si grand prix au Royaume de Dieu qu’ils ont réellement construit leur vie autour de lui. Certains d’entre eux ont pu renoncer à leurs objectifs profanes pour se consacrer entièrement au ministère.

Ils subviennent à leurs besoins matériels

Comment subvenaient-​ils à leurs besoins matériels? Voici le témoignage d’Anna Petersen (plus tard Rømer), évangélisatrice à plein temps au Danemark: “L’argent reçu en échange des publications nous permettait de faire face à nos dépenses quotidiennes, et nos besoins étaient limités. S’il fallait engager de plus grosses dépenses, nous arrivions toujours à les couvrir d’une manière ou d’une autre. Les sœurs avaient l’habitude de nous donner des vêtements,  des robes et des manteaux, que nous pouvions enfiler et porter sur-le-champ, et nous étions donc toujours bien habillées. Certains hivers, j’ai travaillé dans un bureau pendant deux mois. (...) En profitant des soldes, je pouvais m’acheter les vêtements dont j’avais besoin pour une année entière. Tout allait bien. Nous ne manquions jamais de rien.” Les biens matériels n’étaient pas le principal souci des colporteurs. Leur amour pour Jéhovah et pour ses voies était en eux comme un feu brûlant, et ils n’avaient qu’à l’exprimer.

Pour se loger, ils pouvaient louer une chambre modeste le temps qu’ils prêchaient dans les alentours. D’aucuns utilisaient une caravane, rien d’élaboré, juste une place pour dormir et pour manger. D’autres dormaient sous des tentes, tandis qu’ils voyageaient de lieu en lieu. Dans certains endroits, les frères organisaient des “camps de pionniers”. Des Témoins de la région prêtaient une maison, et quelqu’un était désigné pour s’en occuper. Les pionniers qui œuvraient dans cette région pouvaient y loger et contribuaient aux dépenses.

Ces serviteurs à plein temps ne permettaient pas que les gens semblables à des brebis soient privés de publications bibliques par manque d’argent. Ils échangeaient souvent leurs publications contre des pommes de terre, du beurre, des œufs, des fruits frais ou en conserve, des poulets, du savon, et quantité d’autres choses. Ils ne cherchaient pas à s’enrichir; c’était plutôt un moyen d’aider les personnes sincères à connaître le message du Royaume. Du même coup, ayant ainsi les choses nécessaires à la vie, ils pouvaient continuer leur ministère. Ils avaient confiance en la promesse de Jésus selon laquelle s’ils ‘continuaient à chercher d’abord le Royaume et la justice [de Dieu]’, la nourriture et le logement nécessaires leur seraient accordés. — Matthieu 6:33.

Désireux de servir où il y avait du besoin

Leur désir sincère d’accomplir l’œuvre que Jésus avait confiée à ses disciples a conduit les serviteurs à plein temps dans de nouveaux territoires, voire de nouveaux pays. Lorsqu’en 1931 Frank Rice a été invité à quitter l’Australie pour entreprendre la prédication de la bonne nouvelle à Java (aujourd’hui partie  de l’Indonésie), il était dans le ministère à plein temps depuis dix ans. Dorénavant, il lui fallait s’habituer à de nouvelles coutumes et apprendre de nouvelles langues. Il pouvait donner le témoignage en anglais à certaines personnes dans les magasins et les bureaux, mais il voulait aussi prêcher à d’autres. Il a beaucoup étudié, et en trois mois il connaissait assez le néerlandais pour commencer à prêcher de maison en maison. Ensuite il a appris le malais.

Frank n’avait que 26 ans lorsqu’il est arrivé à Java, et il a œuvré seul une bonne partie des six années qu’il a passées dans ce territoire et à Sumatra. (Vers la fin de 1931, Clem Deschamp et Bill Hunter sont venus d’Australie pour l’aider dans cette œuvre. Ensemble, ils ont prêché à l’intérieur du pays, pendant que Frank parcourait la capitale et les alentours. Plus tard, Clem et Bill ont aussi été nommés dans des territoires séparés.) Il n’y avait pas de réunions auxquelles Frank aurait pu assister. Il se sentait parfois très seul, et à plusieurs reprises il a lutté contre l’envie de tout abandonner et de repartir en Australie. Mais il a persévéré. Comment a-​t-​il fait? La nourriture spirituelle contenue dans La Tour de Garde l’a aidé à s’affermir. En 1937, il a été envoyé en Indochine, où il a échappé de peu à la mort lors des violents soulèvements qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Il manifestait toujours ce désir de servir, lorsque, dans les années 70, il a écrit pour exprimer la joie qu’il retirait du fait que toute sa famille servait Jéhovah, et pour dire que sa femme et lui se préparaient à partir dans un territoire d’Australie où le besoin était grand.

‘Ils se confient en Jéhovah de tout leur cœur’

Claude Goodman était décidé à ‘se confier en Jéhovah de tout son cœur et à ne pas s’appuyer sur sa propre intelligence’; c’est pourquoi, en tant qu’évangélisateur, il a choisi le service de colporteur plutôt qu’une carrière dans les affaires (Prov. 3:5, 6). Accompagné de Ronald Tippin, qui l’avait aidé à connaître la vérité, il a été colporteur en Angleterre pendant plus d’un an. Puis, en 1929, ces deux frères se sont rendus disponibles pour aller en Inde *. Ce n’était pas une mince affaire!

Les années suivantes, ils ont voyagé à pied, en train et en car, mais aussi en train de marchandises, en char à bœufs, à dos de chameau, en sampan, en pousse-pousse et même en avion et en train privé. Parfois ils étendaient leurs sacs de couchage dans la salle d’attente d’une gare, dans une étable, dans la jungle ou sur le sol plein de bouse d’une ferme, mais d’autres fois ils dormaient dans des hôtels luxueux ou dans le palais d’un radjah. Comme l’apôtre Paul,  ils ont appris le secret du contentement, avec très peu de ressources comme dans l’abondance (Phil. 4:12, 13). Ils avaient généralement très peu, mais ils n’ont jamais manqué de ce dont ils avaient réellement besoin. Ils ont vu s’accomplir pour eux la promesse de Jésus selon laquelle, s’ils cherchaient d’abord le Royaume et la justice de Dieu, leurs besoins matériels seraient comblés.

Ils ont eu de graves accès de dengue, de paludisme et de typhoïde, mais leurs frères leur ont prodigué des soins empreints d’amour. Ils ont dû accomplir leur service dans les quartiers misérables des villes comme Calcutta, et donner le témoignage dans les plantations de thé des montagnes de Ceylan (l’actuel Sri Lanka). Pour combler les besoins spirituels des gens, ils leur offraient des publications, leur faisaient écouter des enregistrements dans les langues locales, et donnaient des discours. Comme l’œuvre progressait, Claude a aussi appris à se servir d’une presse et à s’occuper de l’œuvre dans des filiales de la Société.

Dans sa 87année, il pouvait se pencher sur la vie riche d’expériences qu’il avait eue, en servant Jéhovah en Angleterre, en Inde, au Pakistan, à Ceylan, en Birmanie (l’actuel Myanmar), en Malaisie, en Thaïlande et en Australie. Célibataire, et plus tard mari et père, il a toujours mis le Royaume à la première place dans sa vie. Il a entrepris le service à plein temps moins de deux ans après son baptême et a décidé d’en faire sa carrière.

La puissance de Dieu rendue parfaite dans la faiblesse

Ben Brickell était lui aussi un Témoin zélé. Semblable à d’autres, ayant les mêmes besoins et les mêmes faiblesses, il était remarquable par sa foi. Il a commencé le service de colporteur en 1930, en Nouvelle-Zélande, et il a donné le témoignage dans des territoires qui n’ont plus été parcourus pendant des dizaines d’années. Deux ans plus tard, en Australie, il a entrepris une tournée de prédication de cinq mois à travers une région désertique dans laquelle aucun Témoin n’avait encore donné le témoignage. Sa bicyclette était lourdement chargée de couvertures, de linge, de nourriture et de livres à distribuer. Alors que d’autres hommes avaient péri en essayant de traverser cette région, il a persévéré, se reposant sur Jéhovah. Par la suite, il a servi en Malaisie, où il a eu de graves ennuis cardiaques. Il n’a pas renoncé pour autant. Après une période de repos, il a repris son activité de prédicateur à plein temps en Australie. Une  dizaine d’années plus tard, une maladie grave l’a contraint à entrer à l’hôpital, et à sa sortie le médecin lui a reconnu “une incapacité de travail à 85 %”. Il ne pouvait même plus descendre dans la rue pour faire ses courses sans s’arrêter en cours de route pour se reposer.

Mais Ben Brickell était résolu à reprendre ses activités, et il y est parvenu, tout en se reposant lorsque c’était nécessaire. Bientôt il est reparti prêcher dans l’arrière-pays australien au relief accidenté. Il a fait ce qu’il fallait pour se soigner, mais son service pour Jéhovah a été sa principale préoccupation jusqu’à sa mort, 30 ans plus tard, à l’âge de 65 ans environ *. Il reconnaissait que les déficiences dues à sa faiblesse étaient compensées par la puissance de Jéhovah. Lors d’une assemblée à Melbourne, en 1969, il se tenait au stand des pionniers et portait au revers de sa veste un gros badge sur lequel on lisait: “Pour tout renseignement sur le service de pionnier, interrogez-​moi.” — Voir 2 Corinthiens 12:7-10.

Ils atteignent les villages dans la jungle et les camps de mineurs dans la montagne

Le zèle pour le service de Jéhovah a incité des hommes, mais aussi des femmes, à prêcher dans des territoires vierges. Freida Johnson, une chrétienne ointe, était plutôt petite et âgée d’une cinquantaine d’années. Elle s’est déplacée seule dans plusieurs régions d’Amérique centrale, parcourant à cheval la côte nord du Honduras. Il fallait avoir la foi pour prêcher seule dans cette région, visiter les bananeraies éloignées, les villes de La Ceiba, Tela et Trujillo, et les lointains villages caraïbes isolés. Elle a donné le témoignage dans ce pays en 1930 et en 1931, puis en 1934, et enfin en 1940 et en 1941. Elle y a laissé des milliers de publications exposant les vérités bibliques.

Dans ces années-​là, une autre prédicatrice zélée a débuté dans le ministère à plein temps. Il s’agissait de Kathe Palm, originaire d’Allemagne. C’est l’assemblée de 1931 à Columbus (Ohio), assemblée au cours de laquelle les Étudiants de la Bible ont adopté le nom de Témoins de Jéhovah, qui l’a poussée à l’action. Elle a alors décidé de chercher d’abord le Royaume, et c’est ce qu’elle faisait encore en 1992, à l’âge de 89 ans.

Elle a entrepris le service de pionnier à New York. Par la suite, dans le Dakota du Sud, elle a eu une compagne pendant quelques mois, puis elle a continué seule, voyageant à cheval. Quand on l’a invitée à se rendre en Amérique du Sud, en Colombie, elle a accepté aussitôt et y est arrivée vers la fin  de l’année 1934. Une fois encore, elle a eu une compagne pendant quelques mois, puis elle s’est retrouvée seule. Cela ne l’a pas fait renoncer.

Un couple l’a invitée à le rejoindre au Chili. C’était un autre vaste territoire, qui s’étendait sur 4 265 kilomètres le long de la côte ouest du continent sud-américain. Après avoir prêché dans les quartiers d’affaires de la capitale, elle est partie plus au nord. Elle a donné le témoignage de porte en porte dans chaque camp de mineurs, dans chaque ville, grande ou petite, qui dépendait d’une compagnie minière. Les ouvriers qui travaillaient dans les Andes étaient surpris de voir une femme seule leur rendre visite, mais elle était déterminée à ne négliger aucun des territoires qui lui avaient été confiés. Plus tard, elle est allée dans le sud, où quelques estancias s’étendaient sur 100 000 hectares. Les gens étaient amicaux et hospitaliers et l’invitaient à leur table au moment des repas. Ainsi et de bien d’autres façons, Jéhovah a pris soin d’elle pour qu’elle ait ce qu’il lui fallait pour vivre.

Elle a passé sa vie à prêcher la bonne nouvelle du Royaume *. Pensant à toutes ses années de service, elle a dit: “J’ai le sentiment d’avoir vécu une vie très riche. Chaque année, aux assemblées du peuple de Dieu, j’éprouve une vive satisfaction à la vue des personnes, nombreuses, avec lesquelles j’ai étudié la Bible, et qui publient à présent la bonne nouvelle et aident les autres à venir aux eaux de la vie.” Elle a eu la joie de voir le nombre des adorateurs de Jéhovah au Chili passer d’environ 50 à plus de 44 000.

“Me voici! Envoie-​moi”

Martin Poetzinger, un Allemand, s’est fait baptiser après avoir entendu un discours dont le thème était l’invitation à servir Jéhovah lancée en Ésaïe 6:8 et la réponse positive du prophète: “Me voici! Envoie-​moi.” Deux ans plus tard, en 1930, il a entrepris le ministère à plein temps en Bavière *. Quelque temps après, le gouvernement a interdit la prédication des Témoins, fermé les lieux de réunion et confisqué les publications. La Gestapo était menaçante. Cependant, tous ces événements survenus en 1933 n’ont pas amené frère Poetzinger à mettre un terme à son ministère.

Il a été invité à poursuivre son activité en Bulgarie. Les Témoins utilisaient alors des cartes de témoignage en bulgare pour présenter les publications bibliques. Toutefois, de nombreuses personnes étaient illettrées. Frère Poetzinger a donc pris des leçons pour apprendre leur langue, qui utilisait l’alphabet cyrillique. Lorsque des publications étaient laissées à une famille, il fallait souvent que les enfants les lisent à leurs parents.

Frère Poetzinger a été seul une bonne partie de la première année et il a écrit: “Au Mémorial, j’ai prononcé le discours, prié et conclu la réunion moi-​même.”  En 1934, les étrangers ont été expulsés; il est donc allé en Hongrie. Là encore, il lui a fallu apprendre une nouvelle langue pour prêcher. De Hongrie, il est parti dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie.

Il a gardé de nombreux et heureux souvenirs: la découverte de personnes qui aiment la vérité tandis qu’il traversait la campagne et les villages, le sac à dos chargé de publications; la façon dont Jéhovah a veillé sur lui par l’intermédiaire de gens hospitaliers qui lui offraient un repas et même un lit pour la nuit; les discussions tardives avec ceux qui venaient à son logement pour en entendre davantage sur le message réconfortant du Royaume.

Sa foi a aussi été durement éprouvée. Alors qu’il servait à l’étranger et qu’il n’avait pas d’argent, il est tombé gravement malade. Aucun médecin n’acceptait de venir le voir. Mais Jéhovah a pourvu. Comment? Le médecin-chef de l’hôpital local a été appelé. Cet homme, qui croyait fermement en la Bible, a soigné frère Poetzinger comme il l’aurait fait pour son fils, sans demander d’honoraires. Le médecin était impressionné par l’esprit de sacrifice que reflétait l’œuvre effectuée par ce jeune homme, et il a accepté en cadeau un éventail des publications de la Société.

Martin Poetzinger a subi encore une dure épreuve quatre mois après son mariage. Il a été arrêté en décembre 1936 et enfermé dans un premier camp de concentration, puis dans un autre, pendant que sa femme était détenue dans un troisième. Ils ne se sont pas vus pendant neuf ans. Jéhovah n’a pas empêché cette cruelle persécution, mais il a fortifié Martin, sa femme Gertrud, ainsi que des milliers d’autres, pour qu’ils la supportent.

Après que sa femme et lui ont été libérés, frère Poetzinger a été surveillant itinérant pendant plusieurs années en Allemagne. Il a assisté à l’extraordinaire assemblée qui s’est tenue après la guerre, sur l’ancienne esplanade utilisée par Hitler, à Nuremberg. En cette circonstance, l’esplanade était remplie de fidèles sujets du Royaume de Dieu. Il était présent aux inoubliables assemblées tenues dans le Yankee Stadium de New York. Il a pleinement tiré profit de sa formation à Galaad, l’École biblique de la Société Watchtower. Puis, en 1977, il est devenu membre du Collège central des Témoins de Jéhovah. Sa conduite jusqu’à ce qu’il achève sa course terrestre, en 1988, peut se résumer ainsi: ‘Il est une chose que je fais, chercher d’abord le Royaume.’

Ils apprennent ce que cela signifie vraiment

L’esprit de sacrifice n’est sans doute pas quelque chose de nouveau chez les Témoins de Jéhovah. Lorsque le premier volume de L’Aurore du Millénium est paru en 1886, la question de la consécration (ou, comme on dit maintenant, de l’offrande de soi) était examinée avec franchise. Il était expliqué  que, d’après les Écritures, les véritables chrétiens doivent “consacrer” toutes choses à Dieu; cela comprend leurs capacités, leurs biens, leur vie même. Les chrétiens deviennent ainsi les intendants de ce qui est “consacré” à Dieu, et, en tant que tels, ils ont des comptes à rendre non pas aux hommes, mais à Dieu.

Un nombre croissant d’Étudiants de la Bible donnaient vraiment d’eux-​mêmes dans le service de Dieu. Ils vouaient tous leurs talents, leurs biens, leur énergie vitale, à l’accomplissement de sa volonté. En revanche, d’autres pensaient qu’il était plus important de cultiver ce qu’ils appelaient le caractère chrétien, afin de se qualifier pour avoir part au Royaume avec Christ.

Bien que Charles Russell ait souvent parlé de la responsabilité de chaque chrétien de donner à autrui le témoignage relatif au Royaume de Dieu, celle-ci a davantage été mise en valeur après la Première Guerre mondiale. L’article “Caractère ou alliance”, paru dans La Tour de Garde de juillet 1926, en est un exemple frappant. Il démontrait sans ambages les conséquences nuisibles de ce qu’on appelait le développement du caractère et soulignait ensuite l’importance de s’acquitter de ses obligations envers Dieu par des actes.

Un peu plus tôt, La Tour de Garde de janvier 1921 (1er juillet 1920 en anglais) avait analysé la grande prophétie de Jésus relative au ‘signe de son avènement et de la fin du monde’. (Mat. 24:3, Sg.) Elle avait attiré l’attention sur l’œuvre de prédication qui devait être effectuée en accomplissement de la prophétie de Matthieu 24:14 et avait précisé la nature du message à proclamer, en ces termes: “La bonne nouvelle concerne ici la fin de l’ancien ordre de choses et l’instauration du royaume du Messie.” La Tour de Garde expliquait que, selon les déclarations de Jésus relatives à d’autres éléments du signe, cette œuvre devait être accomplie “pendant l’intervalle compris entre la grande guerre mondiale [la Première] et la ‘grande tribulation’ mentionnée par le Maître en Matthieu 24:21, 22”. Cette œuvre était urgente. Qui l’accomplirait?

Manifestement, cette responsabilité incombait aux membres de “l’église”, la congrégation des véritables chrétiens. Toutefois, La Tour de Garde de novembre 1932 (1er août en anglais) leur a conseillé d’encourager “la classe de Jonadab” à participer à cette œuvre avec eux, en accord avec l’esprit de Révélation 22:17. La classe de Jonadab, ceux qui espèrent vivre éternellement dans le Paradis terrestre, a répondu à cette invitation, et beaucoup l’ont fait avec zèle.

L’importance capitale de cette œuvre a été accentuée: “Il est tout aussi nécessaire de collaborer au service du Seigneur que d’assister à une réunion”, disait La Tour de Garde en 1921. “Chacun doit être un prédicateur de l’Évangile”, lisait-​on en 1922. “Jéhovah a fait de la prédication l’œuvre la plus importante qu’aucun de nous puisse accomplir en ce monde”, ajoutait celle de 1950. La déclaration de Paul en 1 Corinthiens 9:16 a souvent été citée: “Une nécessité (...) m’est imposée. Oui, malheur à moi si je n’annonce pas la bonne nouvelle!” Ce verset s’applique à chaque Témoin de Jéhovah.

 Combien sont-​ils à prêcher? Dans quelle mesure? Pourquoi?

Certains sont-​ils obligés de s’engager dans cette œuvre contre leur volonté? “Non, a répondu La Tour de Garde dans son numéro de mars 1920; personne n’est obligé de faire quoi que ce soit. C’est un service purement volontaire, accompli par amour pour le Seigneur et sa juste cause. Jéhovah ne force jamais personne.” À propos des mobiles qui poussent à accomplir ce service, La Tour de Garde du 1er septembre 1922 (en anglais) disait aussi: “Celui dont le cœur est rempli de gratitude et qui apprécie ce que Dieu a fait pour lui voudra faire quelque chose en retour; plus profonde sera sa gratitude pour la bonté de Dieu à son égard, plus grand sera son amour; et plus grand sera son amour, plus vif sera son désir de le servir.” L’article expliquait qu’on démontre son amour pour Dieu en observant ses commandements, et l’un de ces commandements est de prêcher l’heureuse nouvelle du Royaume de Dieu. — És. 61:1, 2; 1 Jean 5:3.

Ceux qui entreprennent cette activité ne sont pas guidés par l’ambition propre au monde. On leur dit franchement que lorsqu’ils iront de maison en maison ou aux coins des rues présenter des publications, ils seront considérés comme “fous, faibles et indignes”, qu’ils seront “méprisés, persécutés”, et comptés comme des gens “de peu d’importance” du point de vue du monde. Mais ils savent que Jésus et ses premiers disciples ont été aussi traités de la sorte. — Jean 15:18-20; 1 Cor. 1:18-31.

Les Témoins de Jéhovah pensent-​ils qu’ils gagneront le salut par leur prédication? Pas du tout! Le livre Unis dans le culte du seul vrai Dieu, qui est utilisé depuis 1983 pour aider les étudiants de la Bible à progresser vers la maturité chrétienne, aborde cette question. Il dit: “Le sacrifice de Jésus nous a également ouvert la porte de la vie éternelle (...). Nous ne gagnons pas le droit à cette récompense. Quoi que nous fassions dans le service de Jéhovah, nous ne pourrons jamais accumuler des mérites tels que Dieu nous devra la vie. Non, la vie éternelle est ‘le don que donne Dieu (...) par Christ Jésus notre Seigneur’. (Rom. 6:23; Éph. 2:8-10.) Toutefois, si nous avons foi dans ce don et si nous nous montrons pleins de gratitude pour la façon dont il a été rendu possible, nous le manifesterons. Si nous comprenons de quelle manière merveilleuse Jéhovah s’est servi de son Fils pour accomplir sa volonté et à quel point il est vital que nous imitions tous attentivement Jésus, nous ferons du ministère chrétien la chose la plus importante de notre vie.”

Peut-​on dire que tous les Témoins de Jéhovah sont des prédicateurs du Royaume? Oui! C’est ce que signifie être Témoin de Jéhovah. Il y a plus d’un demi-siècle, certains pensaient qu’il n’était pas nécessaire de participer à la prédication, que ce soit en public ou de maison en maison. Mais aujourd’hui aucun Témoin ne prétend être dispensé de cette activité en raison de sa position dans la congrégation locale ou dans l’organisation mondiale. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes y participent. Pour eux, c’est un honneur et un service sacré. Beaucoup prêchent en dépit de graves infirmités. Et quant à ceux qui sont physiquement incapables d’aller de maison en maison, ils trouvent d’autres moyens de toucher les gens et de leur donner le témoignage.

 Dans le passé, on avait parfois tendance à laisser les nouveaux prêcher trop tôt. Mais ces dernières années, on a insisté sur le fait qu’ils devaient remplir les conditions requises avant d’y être invités. Qu’est-​ce que cela signifie? Cela ne veut pas dire qu’ils doivent être capables de tout expliquer dans la Bible. Mais, comme le livre Organisés pour bien remplir notre ministère le montre, ils doivent connaître les enseignements fondamentaux de la Bible et y croire. Il leur faut aussi mener une vie pure, en harmonie avec les principes bibliques, et vouloir vraiment devenir Témoins de Jéhovah.

On ne s’attend pas à ce que tous les Témoins prêchent le même nombre d’heures. La situation de chacun est différente. L’âge, la santé, les responsabilités familiales, ainsi que la profondeur de leur reconnaissance sont autant de facteurs. Ce fait a toujours été reconnu. La Tour de Garde du 1er juin 1951 (1er décembre 1950 en anglais) a mis l’accent sur ce point lorsqu’elle a parlé de la “bonne terre” de la parabole du semeur que Jésus a donnée en Luc 8:4-15. Le cours de l’École du ministère du Royaume, préparé pour les anciens en 1972, analysait la nécessité de ‘servir Jéhovah de toute son âme’ et expliquait que “ce qui compte n’est pas l’importance du service accompli par quelqu’un comparé à celui d’un autre, mais plutôt de faire ce que l’on peut”. (Marc 14:6-8.) Toutefois, encourageant une analyse personnelle sérieuse, il montrait que, du fait de notre amour, “toutes les parties de notre personne sont impliquées dans le service plein d’amour que nous offrons à Dieu; aucune fonction, aucune faculté ni aucun désir de notre personne ne doit être exclu”. Nous devons faire appel à toutes nos facultés, toute notre âme, pour faire la volonté de Dieu. Le manuel soulignait ceci: “Dieu exige non pas une simple participation, mais un service accompli de toute notre âme.” — Marc 12:30.

Malheureusement, les humains imparfaits ont tendance à passer d’un extrême à l’autre, à insister sur une chose et à en négliger une autre. C’est pourquoi, dès 1906, frère Russell a jugé utile de préciser que faire preuve d’esprit de sacrifice, ce n’était pas sacrifier les autres. Il ne fallait pas que quelqu’un néglige sa femme, ses enfants ou ses parents âgés afin de se libérer pour prêcher à autrui. Depuis lors, les publications de la Société contiennent de temps à autre des rappels semblables.

Peu à peu, avec l’aide de la Parole de Dieu, l’organisation tout entière s’est efforcée de parvenir à l’équilibre chrétien: être zélé pour le service de Dieu tout en accordant une attention suffisante à tous les aspects du véritable christianisme. Si le “développement du caractère” repose sur une mauvaise interprétation, La Tour de Garde a montré qu’il ne faut toutefois pas minimiser l’importance des fruits de l’esprit et d’une conduite chrétienne. En 1942, La Tour de Garde a dit fort à propos: “Certains en ont conclu à la légère que dans la mesure où ils participaient à l’œuvre de témoignage de maison en maison, ils pouvaient en toute impunité donner libre cours à leurs envies. Chacun devrait se rappeler qu’il ne suffit pas de participer à cette œuvre de témoignage.” — 1 Cor. 9:27.

 La priorité

Les Témoins de Jéhovah ont fini par comprendre que ‘rechercher d’abord le Royaume et la justice de Dieu’, c’est accorder la priorité aux choses les plus importantes. Cela implique accorder à l’étude individuelle de la Parole de Dieu la place qui lui revient, assister régulièrement aux réunions de la congrégation et ne permettre à rien d’empiéter sur ces activités. Il faut donc prendre des décisions qui reflètent le désir sincère de se conformer aux exigences du Royaume de Dieu, telles qu’elles sont exposées dans la Bible. Cela suppose aussi qu’il faut fonder sur la Bible ses décisions concernant la vie de famille, les divertissements, l’instruction scolaire, l’emploi, les affaires commerciales et les relations avec son prochain.

Chercher d’abord le Royaume, ce n’est pas simplement passer chaque mois quelques heures à parler à autrui du dessein divin. C’est accorder aux intérêts du Royaume la première place dans sa vie, tout en s’acquittant avec soin de ses autres obligations bibliques.

Les Témoins de Jéhovah peuvent promouvoir les intérêts du Royaume de diverses manières.

Le privilège de servir au Béthel

Certains sont membres de la famille internationale du Béthel. Il s’agit de ministres à plein temps qui se portent volontaires pour accomplir n’importe quelle tâche qui leur est confiée en rapport avec la préparation et la publication d’ouvrages bibliques, les services administratifs et l’entretien de la famille du Béthel. Dans cette œuvre ils n’acquièrent ni position ni biens. Ils désirent honorer Jéhovah et se contentent des dispositions prises pour eux en matière de nourriture et de logement, et d’une petite somme d’argent en remboursement de leurs frais. Par leur mode de vie, les membres de la famille du Béthel sont assimilés, entre autres par les autorités américaines, aux membres d’un ordre religieux qui ont fait vœu de pauvreté. Les chrétiens servant au Béthel trouvent leur joie à vouer leur vie entière au service de Jéhovah et à faire un travail qui profite à un grand nombre de leurs frères et aux personnes qui s’intéressent à la vérité, parfois à l’échelle internationale. Comme les autres Témoins de Jéhovah, ils prêchent aussi régulièrement.

Au départ, la famille du Béthel (ou la famille de la Maison de la Bible, comme on disait alors) se trouvait à Allegheny (Pennsylvanie). En 1896, elle comptait 12 membres. En 1992, elle en comptait plus de 12 900, qui servaient dans 99 pays. En outre, quand il n’y a pas assez de chambres dans les locaux de la Société pour les loger, des centaines d’autres volontaires font chaque jour le déplacement pour travailler au Béthel et dans les imprimeries. Participer aux tâches qui y sont accomplies est pour eux un privilège. Par ailleurs, des milliers de Témoins se proposent de quitter leur emploi et leurs autres activités pendant des périodes de temps plus ou moins longues, afin d’aider à la construction de bâtiments dont la Société a besoin pour que la bonne nouvelle du Royaume soit prêchée partout.

 Beaucoup de membres de la famille internationale du Béthel ont fait de ce service leur carrière. Lorsqu’il est devenu le quatrième président de la Société Watch Tower, en 1977, Frederick Franz était déjà membre de la famille du Béthel depuis 57 ans. Il a servi encore 15 ans au Béthel, jusqu’à sa mort en 1992. Heinrich Dwenger a commencé son activité au Béthel d’Allemagne en 1911; par la suite, il a servi humblement partout où on lui a demandé de le faire. En 1983, l’année de sa mort, il était toujours membre de la famille du Béthel à Thoune, en Suisse. En 1924, George Phillips, un Écossais, a accepté d’être envoyé au bureau de la filiale d’Afrique du Sud (quand ce dernier dirigeait la prédication au Kenya depuis la ville du Cap) et il est demeuré dans ce pays jusqu’à sa mort en 1982 (à ce moment-​là, il y avait sept filiales et quelque 160 000 Témoins de Jéhovah dans cette partie du continent africain). Des chrétiennes comme Kathryn Bogard, Grace DeCecca, Irma Friend, Alice Berner et Mary Hannan ont elles aussi servi durant toute leur vie au Béthel, faisant ce qui est droit jusqu’à la fin. Beaucoup d’autres servent également au Béthel depuis 10, 30, 50, 70 ans et plus *.

Les surveillants itinérants font preuve d’abnégation

Dans le monde entier, on compte quelque 3 900 surveillants de circonscription et de district qui, avec leurs femmes, effectuent leur service partout où c’est nécessaire, généralement dans leur pays. Beaucoup ont quitté leur maison et se déplacent maintenant chaque semaine, ou à intervalles de plusieurs semaines, pour desservir les congrégations qui leur sont confiées. Ils ne perçoivent pas de salaire, mais ils acceptent avec gratitude la nourriture et le logement qui leur sont offerts, et reçoivent une petite somme en remboursement de leurs frais. En 1992, aux États-Unis, où servent 499 surveillants de district et de circonscription, la moyenne  d’âge de ces itinérants, tous anciens, était de 54 ans, et certains accomplissaient ce service depuis 30 ans, 40 ans ou plus. Dans bon nombre de pays, ces surveillants se déplacent en voiture. Dans les territoires du Pacifique, il leur faut souvent voyager en avion ou en bateau. Dans certains endroits, il n’est pas rare que les surveillants de circonscription se rendent dans les congrégations isolées à cheval ou même à pied.

Les pionniers spéciaux comblent un besoin important

Afin d’inaugurer la prédication de la bonne nouvelle dans des régions où il n’y a pas encore de Témoins, ou pour apporter une aide là où le besoin est particulièrement grand, le Collège central prend des dispositions pour y envoyer des pionniers spéciaux. Ce sont des évangélisateurs à plein temps qui consacrent au moins 140 heures par mois à la prédication. Ils sont disposés à servir partout où c’est nécessaire dans leur pays, ou parfois dans un pays voisin. Leur service ne leur laissant que peu de temps, voire pas du tout, ils ne peuvent occuper un emploi afin de subvenir à leurs besoins; ils reçoivent donc une petite somme en remboursement de leur loyer et autres dépenses nécessaires. En 1992, on comptait plus de 14 500 pionniers spéciaux dans le monde.

Lorsque les premiers pionniers spéciaux ont commencé leur service en 1937, ils ont inauguré l’œuvre consistant à faire entendre des enregistrements de discours bibliques sur le pas de la porte des maisons, et à utiliser les disques pour engager des discussions lors des nouvelles visites. Cette activité a eu lieu dans des grandes villes où il y avait déjà des Témoins. Au bout de quelques années, les pionniers spéciaux ont commencé à être envoyés surtout dans des territoires vierges ou dans des congrégations qui avaient un grand besoin d’aide. Grâce à leur travail efficace, des centaines de congrégations ont vu le jour.

Au lieu de parcourir un territoire puis de se déplacer dans un autre, ils rendaient visite à plusieurs reprises aux habitants d’une région donnée, entretenaient l’intérêt pour le message et dirigeaient des études bibliques. Des réunions étaient organisées pour les personnes qui s’intéressaient à la vérité. Ainsi, au Lesotho, en Afrique australe, dès la première semaine de son arrivée, un pionnier spécial a invité toutes les personnes qu’il rencontrait à venir voir comment les Témoins de Jéhovah dirigent l’École du ministère théocratique. Sa famille et lui ont assuré le programme en entier. Puis il a invité tous les assistants à l’étude de La Tour de Garde. Le premier élan de curiosité passé, 30 personnes ont continué de venir à l’étude de La Tour de Garde, et 20 personnes en moyenne assistaient à l’école. Dans les pays où les missionnaires formés à l’École de Galaad ont fortement contribué à faire connaître la bonne nouvelle, on a observé un accroissement plus rapide lorsque des Témoins indigènes ont commencé à se qualifier pour entreprendre le service de pionnier spécial. Ils étaient souvent plus efficaces auprès des gens du pays.

En plus de ces prédicateurs zélés, des centaines de milliers d’autres Témoins de Jéhovah soutiennent énergiquement la cause du Royaume. On trouve parmi eux des jeunes et des moins jeunes, des hommes et des femmes, des gens mariés  et des célibataires. Les pionniers permanents consacrent à la prédication un minimum de 90 heures par mois; les pionniers auxiliaires, au moins 60. Ils choisissent l’endroit où ils aimeraient prêcher. La plupart d’entre eux collaborent avec des congrégations bien établies; certains se déplacent dans des territoires isolés. Ils subviennent à leurs besoins en occupant un emploi, ou grâce au soutien des membres de leur famille. En 1992, plus de 914 500 Témoins étaient pionniers permanents ou pionniers auxiliaires une partie de l’année.

Des écoles avec des objectifs particuliers

Des écoles ont été créées pour former des volontaires en vue de certains services. Par exemple, depuis 1943, l’École de Galaad a formé des milliers de ministres expérimentés pour l’œuvre missionnaire, et des diplômés de cette école ont été envoyés dans toutes les parties de la terre. En 1987, l’École de formation ministérielle a été mise en place pour répondre à des besoins particuliers en rapport avec l’attention à accorder aux congrégations et d’autres responsabilités. Cette école organise des cours en différents endroits, ce qui réduit le déplacement des étudiants vers un lieu central et supprime la nécessité d’apprendre une autre langue pour en bénéficier. Tous ceux qui sont invités à cette école sont des anciens ou des serviteurs ministériels ayant démontré qu’ils cherchaient vraiment d’abord le Royaume. Beaucoup sont disposés à servir dans d’autres pays. Ils manifestent le même état d’esprit que le prophète Ésaïe, qui a dit: “Me voici! Envoie-​moi.” — És. 6:8.

Pour aider ceux qui sont déjà pionniers permanents ou spéciaux à devenir plus efficaces, l’École pour les pionniers a été ouverte en 1977. Dans la mesure du possible, cette école a lieu dans chaque circonscription du monde entier. Tous les pionniers sont invités à assister à ces cours qui durent deux semaines. Depuis lors, petit à petit, tous les pionniers qui ont achevé leur première année de service ont reçu la même formation. En 1992, aux États-Unis, quelque 100 000 pionniers avaient été formés par cette école, et plus de 10 000 le sont chaque année. Près de 55 000 autres pionniers ont été formés au Japon, 38 000 au Mexique, 25 000 au Brésil, et 25 000 en Italie. Outre ces cours, les pionniers bénéficient d’une réunion spéciale avec le surveillant de circonscription lors de sa visite semestrielle dans chaque congrégation et d’une session spéciale de formation avec les surveillants de circonscription et de district lors de l’assemblée de circonscription. Ainsi, la grande armée des prédicateurs du Royaume qui œuvrent comme pionniers sont non seulement des volontaires, mais aussi des ministres bien formés.

Ils servent où le besoin est grand

Des milliers de Témoins de Jéhovah, pionniers ou non, se sont rendus disponibles pour servir dans leur région, et aussi dans d’autres, où il y a un grand besoin de prédicateurs de la bonne nouvelle. Chaque année, des  milliers passent quelques semaines ou quelques mois, selon leurs possibilités, dans des régions souvent éloignées de chez eux pour donner le témoignage à des gens qui ne reçoivent pas régulièrement la visite des Témoins de Jéhovah. Des milliers ont déménagé pour apporter leur aide pendant un certain temps. Beaucoup sont mariés, certains ont des enfants. Ils se sont déplacés, souvent non loin de chez eux, mais certains l’ont fait plusieurs fois au fil des années. Bon nombre de ces Témoins zélés entreprennent le service à l’étranger, certains pendant quelques années, d’autres de façon permanente. Ils acceptent n’importe quel travail pour subvenir à leurs besoins et déménagent à leurs propres frais. Leur seul désir est de participer autant que faire se peut à la propagation du message du Royaume.

Il arrive qu’une famille doive déménager à cause de l’emploi du père qui n’est pas Témoin. Toutefois, les membres de cette famille qui sont Témoins peuvent saisir l’occasion de répandre le message du Royaume. Tel a été le cas, à la fin des années 70, de deux sœurs des États-Unis qui se sont retrouvées dans un camp en pleine jungle, au Suriname. Deux fois par semaine, elles se levaient à 4 heures du matin, empruntaient un car de la compagnie pour un rude trajet d’une heure afin de rejoindre un village où elles passaient la journée à prêcher. Au bout de quelque temps, elles dirigeaient chaque semaine 30 études de la Bible avec des personnes affamées de vérité. Aujourd’hui, il existe une congrégation dans cette partie de la forêt tropicale où la vérité n’avait pas encore pénétré.

Ils saisissent toutes les occasions de donner le témoignage

Bien sûr, tous les Témoins ne vont pas dans d’autres pays ni même dans d’autres villes pour accomplir leur ministère. Tous ne sont pas dans une situation qui leur permet d’être pionniers. Néanmoins, ils prennent tous à cœur l’injonction biblique de fournir “tout effort soutenu” et d’avoir “beaucoup de travail dans l’œuvre du Seigneur”. (2 Pierre 1:5-8; 1 Cor. 15:58.) Ils montrent qu’ils cherchent d’abord le Royaume lorsqu’ils font passer ses intérêts avant le travail et les divertissements. Ceux dont le cœur est rempli de gratitude envers le Royaume participent régulièrement à la prédication, autant que leur situation le leur permet, et beaucoup apportent des changements dans leur vie pour faire plus. Ils sont aussi constamment aux aguets afin de saisir toutes les occasions de rendre témoignage au Royaume devant autrui.

Par exemple, John Furgala, propriétaire d’une quincaillerie à Guayaquil, en Équateur, avait installé dans son magasin un étalage attrayant sur lequel il exposait des publications bibliques. Pendant que son vendeur était occupé à préparer la commande pour un client, John donnait le témoignage à ce dernier.

Au Nigeria, un Témoin zélé, qui subvenait aux besoins de sa famille en exerçant le métier d’électricien, était décidé à profiter de ses relations dans le cadre du travail pour donner le témoignage. Comme il était à son compte, il a décidé de programmer ses activités. Chaque matin, avant le travail, il réunissait sa femme, ses enfants, ses employés et ses apprentis pour l’examen du texte  biblique de la journée ainsi que la lecture de faits de prédication rapportés dans l’Annuaire des Témoins de Jéhovah. Au début de chaque année, il donnait à ses clients un exemplaire du calendrier de la Société Watch Tower et deux périodiques. À la suite de cela, plusieurs de ses employés et de ses clients se sont joints à lui dans le culte de Jéhovah.

De nombreux Témoins de Jéhovah ont le même état d’esprit. Quoi qu’ils fassent, ils recherchent constamment des occasions de faire connaître à autrui la bonne nouvelle.

Une grande armée de joyeux prédicateurs à plein temps

Au fil des années, le zèle des Témoins de Jéhovah pour la prédication ne s’est pas refroidi. Certes, beaucoup de gens leur disent assez fermement que cela ne les intéresse pas, mais un grand nombre sont reconnaissants aux Témoins de les avoir aidés à comprendre la Bible. Les Témoins de Jéhovah sont déterminés à poursuivre cette œuvre jusqu’à ce que Jéhovah leur fasse clairement comprendre qu’elle est achevée.

Loin de s’affaiblir, l’organisation mondiale des Témoins de Jéhovah a intensifié son activité de prédication. En 1982, le rapport mondial montrait que 384 856 662 heures avaient été consacrées à la prédication. Dix ans plus tard (en 1992), ce sont 1 024 910 434 heures qui ont été passées dans cette activité. À quoi est due cette augmentation?

Il est vrai que les Témoins sont plus nombreux, mais cet accroissement n’est pas proportionnel à celui des heures. Pendant cette période, alors que le nombre des Témoins a augmenté de 80 %, celui des pionniers a fait un bond de 250 %. Chaque mois, en moyenne, près de 1 Témoin de Jéhovah sur 7 a participé à une forme ou à une autre du service à plein temps.

Qui figure dans les rangs des pionniers? En République de Corée, par exemple, de nombreux Témoins sont des femmes mariées. Leurs responsabilités familiales ne permettent pas à toutes d’être pionnières en permanence, mais beaucoup mettent à profit les longues vacances scolaires d’hiver pour être pionnières auxiliaires. Cela explique le fait que 53 % des Témoins de ce pays étaient engagés dans une forme ou une autre du service à plein temps en janvier 1990.

Au début, c’est le zèle et l’esprit pionnier des Témoins philippins qui leur a permis de faire connaître le message du Royaume dans les centaines d’îles habitées des Philippines. Ce zèle est encore plus manifeste depuis. En 1992, aux Philippines, chaque mois 22 205 proclamateurs en moyenne étaient pionniers. Parmi eux, beaucoup de jeunes ont choisi de ‘se souvenir de leur Créateur’ et de mettre la vigueur de leur jeunesse à son service (Eccl. 12:1). Après avoir effectué ce service pendant une dizaine d’années, l’un de ces jeunes a dit: “J’ai appris à être patient, à mener une vie simple, à me reposer sur Jéhovah et à être humble. Il est vrai que j’ai eu aussi des difficultés et des moments de découragement, mais tout cela n’est rien comparé aux bienfaits que m’a procurés le service de pionnier.”

 En avril et en mai 1989, La Tour de Garde a démasqué Babylone la Grande, c’est-à-dire la fausse religion sous les formes multiples qu’elle revêt dans le monde. Ces articles ont été publiés simultanément en 39 langues et ont été largement diffusés. Au Japon, où souvent plus de 40 % des proclamateurs sont pionniers, on a recensé un nouveau maximum de 41 055 pionniers auxiliaires en avril de cette année-​là. À Takatsuki (préfecture d’Osaka), 73 des 77 proclamateurs de la congrégation d’Otsuka étaient engagés dans une forme ou une autre du service de pionnier ce mois-​là. Le 8 avril, jour où tous les proclamateurs du Japon avaient été encouragés à participer à la diffusion de ce message capital, des centaines de congrégations, comme celle d’Ushioda, à Yokohama, ont pris des dispositions pour que la prédication ait lieu dans la rue et de maison en maison, de 7 heures à 20 heures, afin de rencontrer le plus de gens possible dans cette région.

Comme partout ailleurs, les Témoins de Jéhovah du Mexique travaillent pour gagner leur vie. Néanmoins, chaque mois en 1992, 50 095 Témoins en moyenne se sont organisés pour être pionniers et aider les gens désireux de connaître le Royaume de Dieu. Dans certaines familles, tous les membres ont coopéré pour permettre à tous, ou au moins à quelques-uns d’entre eux, d’être pionniers. Leur ministère a été productif. En 1992, les Témoins de Jéhovah du Mexique ont dirigé régulièrement plus de 502 017 études bibliques individuelles ou familiales à domicile.

Pour procurer aux congrégations des Témoins de Jéhovah ce dont elles ont besoin, les anciens assument de lourdes responsabilités. Au Nigeria, comme dans bien d’autres pays, la plupart des anciens sont pères de famille. Cependant, outre qu’ils préparent et dirigent les réunions de la congrégation tout en faisant paître le troupeau de Dieu, certains pères de famille sont aussi pionniers. Comment est-​ce possible? Un bon emploi du temps et la coopération familiale sont des facteurs importants.

Il ressort que, partout dans le monde, les Témoins de Jéhovah ont pris à cœur ce conseil de Jésus: ‘Continuez à chercher d’abord le Royaume.’ (Mat. 6:33). Ce qu’ils font est l’expression sincère de leur amour pour Jéhovah et montre qu’ils reconnaissent sa souveraineté. À l’instar du psalmiste David, ils déclarent: “Je t’exalterai, ô mon Dieu, le Roi, et je bénirai ton nom pour des temps indéfinis, oui, pour toujours.” — Ps. 145:1.

[Notes]

^ § 8 La Tour de Garde du 15 août 1906 (angl.), pp. 267-271.

^ § 15 Voir La Tour de Garde du 1er novembre 1967, pp. 668-671.

^ § 26 Voir La Tour de Garde du 15 mars 1974, pp. 184-189.

^ § 32 Voir La Tour de Garde du 15 décembre 1972, pp. 757-760.

^ § 38 La Tour de Garde du 15 juillet 1964, pp. 425-427.

^ § 40 Voir La Tour de Garde du 15 avril 1971, pp. 249-252; 15 septembre 1988, p. 31.

^ § 70 Voir La Tour de Garde du 1er mai 1987, pp. 22-30; 1er novembre 1964, pp. 667-670; 15 mai 1957, pp. 155-159; 15 décembre 1971, pp. 743-746; 1er septembre 1961, p. 267; 1er juillet 1969, pp. 411-415; 1er septembre 1969, pp. 533-538; 1er avril 1959, pp. 220-223 (angl.).

[Entrefilet, page 292]

L’accent est mis sur la responsabilité de donner le témoignage.

[Entrefilet, page 293]

Ils considèrent le témoignage de maison en maison comme un précieux privilège.

[Entrefilet, page 294]

Ils comprennent ce que signifie servir de toute son âme.

[Entrefilet, page 295]

Ce que signifie vraiment ‘chercher d’abord le Royaume’.

[Entrefilet, page 301]

Les Témoins zélés font passer les intérêts du Royaume avant le travail et les divertissements.

[Encadré/Illustration, page 288]

“Où sont les neuf?”

Au Mémorial de la mort du Christ, en 1928, un tract intitulé “Où sont les neuf?” a été distribué. L’analyse de Luc 17:11-19 qu’il contenait a touché le cœur de Claude Goodman, l’a poussé à devenir colporteur, ou pionnier, et à persévérer dans ce service.

 [Encadré/Illustrations, pages 296, 297]

Le service au Béthel

En 1992, 12 974 Témoins servaient au Béthel dans 99 pays.

[Illustrations]

L’étude individuelle est importante pour les membres de la famille du Béthel.

Espagne

Dans chaque Béthel, la journée commence par l’examen d’un verset biblique.

Finlande

 Comme les autres Témoins de Jéhovah partout dans le monde, les membres de la famille du Béthel participent à la prédication.

Suisse

Chaque lundi soir, la famille du Béthel se réunit pour étudier “La Tour de Garde”.

Italie

Le travail est varié, mais tout ce qui est fait favorise la prédication du Royaume de Dieu.

France

Papouasie-Nouvelle-Guinée

États-Unis

Allemagne

Philippines

Mexique

Grande-Bretagne

Nigeria

Pays-Bas

Brésil

Japon

Afrique du Sud

[Encadré/Illustrations, page 298]

Quelques carrières au Béthel

Frederick Franz — États-Unis (1920-​1992).

Heinrich Dwenger — Allemagne (environ 15 ans, 1911-​1933), Hongrie (1933-​1935), Tchécoslovaquie (1936-​1939), puis Suisse (1939-​1983).

George Phillips — Afrique du Sud (1924-​1966, 1976-​1982).

Deux sœurs charnelles (Kathryn Bogard et Grace DeCecca) qui, à elles deux, ont consacré 136 années au service du Béthel. — États-Unis.

[Graphique, page 303]

(Voir la publication)

Accroissement du nombre des pionniers

Pionniers

Proclamateurs

Pourcentage d’accroissement depuis 1982

250 %

200 %

150 %

100 %

50 %

1982 1984 1986 1988 1990 1992

[Illustration, page 284]

Sœur Early a parcouru une bonne partie de la Nouvelle-Zélande à bicyclette pour communiquer le message du Royaume.

[Illustration, page 285]

Pendant 76 ans, célibataire, mariée, puis veuve, Malinda Keefer a consacré sa vie au ministère à plein temps.

[Illustrations, page 286]

De simples voitures aménagées ont servi de logement aux premiers pionniers tandis qu’ils se déplaçaient de lieu en lieu.

Canada

Inde

[Illustration, page 287]

Frank Rice (debout à droite), Clem Deschamp (assis devant Frank, avec sa femme, Jean, près d’eux), et un groupe de Javanais constitué de Témoins et d’étudiants.

[Illustrations, page 288]

Sa vie de ministre chrétien à plein temps a amené Claude Goodman à se dépenser en Inde et dans sept autres pays.

[Illustration, page 289]

Lorsque Ben Brickell était en bonne santé, il s’est mis au service de Jéhovah; de graves ennuis de santé survenus dans les dernières années de sa vie ne l’ont pas fait renoncer.

[Illustration, page 290]

Kathe Palm a donné le témoignage dans toutes sortes de territoires, des quartiers d’affaires d’une grande ville aux camps de mineurs les plus reculés et aux élevages de moutons du Chili.

[Illustration, page 291]

La détermination de Martin et de Gertrud Poetzinger se résume par ces mots: ‘Il est une chose que je fais, chercher d’abord le Royaume.’

[Illustration, page 300]

L’École pour les pionniers (comme ici au Japon) a formé des dizaines de milliers de prédicateurs zélés.