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Partie 4 — Témoins jusque dans la partie la plus lointaine de la terre

Partie 4 — Témoins jusque dans la partie la plus lointaine de la terre

 Chapitre 22

Partie 4 — Témoins jusque dans la partie la plus lointaine de la terre

Alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage, les Témoins de Jéhovah se sont préparés à accomplir une activité accrue dès la fin du conflit. Le compte rendu des pages 462 à 501 donne des détails captivants sur ce qui s’est passé de 1945 à 1975 tandis que le nombre des Témoins augmentait, qu’ils atteignaient beaucoup plus de pays, et qu’ils prêchaient et enseignaient la Parole de Dieu plus à fond que jamais.

EN 1945, la plupart des îles des Antilles avaient déjà entendu dans une certaine mesure le message du Royaume. Mais le témoignage devait y être donné plus à fond. Les missionnaires formés à l’École de Galaad allaient beaucoup y contribuer.

Les missionnaires intensifient le témoignage donné aux Antilles

En 1960, ces missionnaires avaient prêché sur 27 îles ou archipels des Antilles. À leur arrivée, il n’y avait aucune congrégation de Témoins de Jéhovah sur la moitié de ces terres. Ils se sont mis à diriger des études bibliques au domicile des personnes bien disposées, et ils ont organisé des réunions régulières. Là où des congrégations étaient déjà établies, ils ont apporté une formation précieuse aux proclamateurs qui ont ainsi pu améliorer la qualité des réunions et l’efficacité de leur ministère.

Les Étudiants de la Bible avaient commencé à prêcher à la Trinité avant la Première Guerre mondiale, mais après la venue des missionnaires de Galaad  en 1946, l’activité des études bibliques à domicile a reçu une forte impulsion. À la Jamaïque, la bonne nouvelle était prêchée depuis près d’un demi-siècle et les Témoins étaient un millier quand les premiers missionnaires sont arrivés. Toutefois, ils ont apprécié d’être aidés à parler aux gens plus instruits, notamment dans la banlieue de la capitale. Sur l’île d’Aruba, par contre, comme la population anglophone avait déjà souvent reçu le témoignage, les missionnaires ont dirigé leur attention sur les autochtones. Tout le monde devait entendre la bonne nouvelle.

Pour que les habitants de toutes les îles de cette région du globe puissent entendre parler du Royaume de Dieu, en 1948 la Société Watch Tower a équipé une goélette de 18 mètres, le Sibia, pour en faire une maison de missionnaires. L’équipage a été chargé de diffuser le message du Royaume sur chaque île des Antilles où personne ne prêchait la bonne nouvelle. Cet équipage se composait de Gust Maki, le capitaine, de Stanley Carter, de Ronald Parkin et d’Arthur Worsley. Ils se sont tout d’abord rendus sur les îles isolées de l’archipel des Bahamas, puis ont mis le cap au sud-est tout en parcourant les îles Sous-le-Vent et les îles du Vent. Leur prédication a-​t-​elle produit du fruit? Sur l’île de Saint-Martin, un commerçant leur a dit: “Les gens ne discutaient jamais de la Bible ici, mais depuis que vous êtes arrivés tout le monde en parle.” Par la suite, le Sibia a été remplacé par un bateau plus grand, le Light. On a également modifié la composition de l’équipage. En une dizaine d’années, l’activité spéciale accomplie avec ces bateaux a été menée à bon terme, et des proclamateurs de la bonne nouvelle résidant sur les îles l’ont poursuivie.

Ils prêchent tout d’abord dans les grandes villes

Comme aux Antilles, dans de nombreuses régions d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, certains habitants possédaient déjà des publications de la Société Watch Tower avant l’arrivée de missionnaires de l’École de Galaad. Cependant, pour faire connaître la bonne nouvelle à tout le monde et aider les gens sincères à devenir des disciples authentiques, la prédication devait être mieux organisée.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, il y avait quelques centaines de Témoins de Jéhovah en Argentine et au Brésil; trois mille environ au Mexique; quelques congrégations minuscules en Guyane britannique (aujourd’hui la Guyana), au Chili, en Guyane néerlandaise (aujourd’hui le Suriname), au Paraguay et en Uruguay; une poignée de prédicateurs en Colombie, au Guatemala et au Venezuela. Par contre, en Bolivie, en Équateur, au Honduras, au Nicaragua et au Salvador, il a fallu attendre l’arrivée de missionnaires formés à l’École de Galaad pour que l’activité des Témoins de Jéhovah prenne pied.

Dans un premier temps, les missionnaires ont accordé une attention spéciale aux principales agglomérations. Il est intéressant de noter qu’au Ier siècle, l’apôtre Paul a effectué une bonne partie de sa prédication dans les villes situées  sur les grandes routes d’Asie Mineure et de Grèce. Il a passé 18 mois à enseigner la Parole de Dieu à Corinthe, l’une des plus grandes villes de la Grèce antique (Actes 18:1-11). Il a également proclamé le Royaume de Dieu pendant plus de deux ans à Éphèse, carrefour et pôle commercial du monde antique. — Actes 19:8-10; 20:31.

Pareillement, quand Edward Michalec et Harold Morris, missionnaires diplômés de Galaad, sont arrivés en Bolivie en 1945, ils n’ont pas cherché un endroit où le climat était le plus agréable. Dans un premier temps, ils ont plutôt accordé leur attention à La Paz, la capitale, située dans les Andes à environ 3 700 mètres d’altitude. Il est exténuant pour les nouveaux venus de remonter les rues escarpées à cette altitude; leur cœur bat souvent la chamade. Mais les missionnaires ont trouvé de nombreuses personnes intéressées par le message de la Bible. Il n’était pas rare qu’on leur dise: “Je suis catholique, mais je n’aime pas les prêtres.” Au bout de deux mois seulement, les deux missionnaires dirigeaient 41 études bibliques à domicile.

Au cours de la décennie suivante, comme d’autres missionnaires arrivaient et que le nombre de Témoins locaux augmentait, il a été possible de prêcher dans d’autres villes boliviennes: Cochabamba, Oruro, Santa Cruz, Sucre, Potosí et Tarija. Par la suite, l’intérêt a été dirigé sur des localités plus petites ainsi que sur les campagnes.

De même, en Colombie, les missionnaires ont commencé à prêcher de manière organisée dans la capitale, Bogotá, en 1945, et dans la ville côtière de Barranquilla l’année suivante. Après cela, Carthagène, Santa Marta, Cali et Medellín ont progressivement reçu le témoignage. Il était possible de rencontrer davantage de personnes en peu de temps en parcourant d’abord les grandes villes. Puis, avec l’aide de celles qui y découvraient la vérité, le message pouvait être transmis dans les régions avoisinantes.

Si les habitants d’une ville manifestaient très peu d’intérêt, les missionnaires étaient envoyés ailleurs. Ainsi, en Équateur, au milieu des années 50, alors que Carl Dochow prêchait depuis trois ans à Cuenca, dont les habitants se caractérisaient par leur fanatisme religieux, personne n’avait le courage d’y prendre position pour la vérité. Ce missionnaire a donc été déplacé à Machala, ville peuplée de gens tolérants et ouverts d’esprit. Dix ans plus tard, toutefois, les habitants de Cuenca se sont vu offrir une autre chance. Un état d’esprit  différent y régnait, on a surmonté les obstacles, et en 1992 plus de 1 200 habitants étaient devenus Témoins de Jéhovah à Cuenca et dans ses environs, où ils étaient organisés en 25 congrégations.

Recherche patiente des “brebis”

Il a fallu beaucoup de patience pour rechercher les authentiques “brebis”. Au Suriname, pour les trouver les Témoins de Jéhovah ont prêché aux Amérindiens, aux Chinois, aux Indonésiens, aux Juifs, aux Libanais, aux descendants des colons néerlandais et aux tribus de Bosnegers, qui vivent dans la jungle et descendent d’esclaves fugitifs. Parmi ces gens, des centaines avaient vraiment faim de vérité. Certains ont dû s’affranchir de l’animisme et du spiritisme. Tel a été le cas de Paitu, un sorcier qui a pris à cœur le message de la Bible: il a jeté au fleuve ses idoles, ses amulettes et ses philtres (voir Deutéronome 7:25; 18:9-14; Actes 19:19, 20). En 1975, il s’est voué à Jéhovah, le vrai Dieu.

Beaucoup de Péruviens vivent dans de petits villages éparpillés dans les Andes et dans la jungle que traverse le cours supérieur de l’Amazone. Comment allait-​on les atteindre? En 1971, des Témoins sont venus des États-Unis au Pérou pour voir leur fils missionnaire, Joe Leydig. Quand ils ont appris combien étaient nombreux les villages disséminés ici et là dans les vallées, l’intérêt qu’ils portaient à ces gens les a incités à faire quelque chose. Ils ont participé à l’achat d’un petit camping-car, puis de deux autres, ainsi que de motos tout terrain qui serviraient à aller prêcher dans ces régions reculées.

Malgré les efforts des prédicateurs, dans de nombreux endroits il semblait n’y avoir qu’un très petit nombre de personnes sensibles au message de la Bible. On imagine sans peine les sentiments des six jeunes missionnaires qui ont été envoyés à Barquisimeto (Venezuela) au début des années 50 quand, après avoir prêché diligemment pendant toute une année, ils n’ont observé pour ainsi dire aucun progrès. Certes, les gens étaient assez amicaux, mais la plupart étaient aussi très superstitieux et pensaient que c’était un péché de lire ne serait-​ce qu’un verset de la Bible. Quiconque manifestait de l’intérêt était rapidement dissuadé par sa famille ou ses voisins (Mat. 13:19-21). Cependant, confiants qu’il se trouvait certainement quelques personnes comparables à des brebis à Barquisimeto et que Jéhovah les rassemblerait à son heure, les missionnaires ont continué d’aller de maison en maison. Quelle n’a pas été la joie de Penny Gavette quand, un jour, après l’avoir écoutée une femme aux cheveux gris lui a dit:

“Madame, depuis mon enfance, j’attends que quelqu’un se présente à ma porte pour m’expliquer les choses que vous venez de me dire. Vous savez,  quand j’étais jeune, je faisais le ménage chez le prêtre, et il avait une Bible dans sa bibliothèque. Je savais que nous n’avions pas le droit de la lire, mais j’étais si curieuse de savoir pourquoi qu’un jour où personne n’était là je l’ai emportée chez moi et je l’ai parcourue en cachette. Ce que j’ai lu m’a fait comprendre que l’Église catholique ne nous avait pas enseigné la vérité et n’était donc pas la vraie religion. J’avais peur d’en parler à qui que ce soit, mais j’étais sûre qu’un jour ou l’autre ceux qui enseignent la vraie religion viendraient dans notre ville. Quand les protestants sont arrivés, au début j’ai cru que ce devait être eux, mais je me suis vite aperçue qu’ils enseignaient la plupart des mensonges de l’Église catholique. Par contre, ce que vous venez de me dire correspond à ce que j’ai lu dans la Bible il y a de nombreuses années.” Cette femme a accepté avec empressement d’étudier la Bible et elle est devenue Témoin de Jéhovah. Malgré l’opposition de sa famille, elle a servi Jéhovah fidèlement jusqu’à sa mort.

Il a fallu déployer beaucoup d’efforts pour rassembler en congrégations de telles personnes comparables à des brebis et pour les former afin qu’elles servent elles aussi Jéhovah. Par exemple, en Argentine, Rosendo Ojeda, de General San Martín, dans la province du Chaco, parcourait régulièrement une soixantaine de kilomètres pour diriger une réunion chez Alejandro Sozoñiuk, une personne bien disposée. Ce voyage, qui lui prenait souvent dix heures, il le faisait en partie à vélo et en partie à pied, parfois avec de l’eau jusqu’aux aisselles. Il a parcouru ce trajet une fois par mois pendant cinq ans, et restait une semaine à chaque fois pour prêcher dans la région. Ses efforts ont-​ils été récompensés? Cela ne fait aucun doute pour lui, car ils ont permis la formation d’une congrégation dont les membres louent Jéhovah avec joie.

Une instruction en vue de la vie

Au Mexique, les Témoins de Jéhovah poursuivaient leur œuvre en respectant les lois sur les organisations culturelles dans ce pays. Leur objectif n’était pas simplement de tenir des réunions et d’y prononcer des discours. Ils voulaient qu’à l’exemple des Béréens du temps de l’apôtre Paul les personnes qu’ils enseignaient soient capables de ‘scruter les Écritures pour voir s’il en était bien ainsi’. (Actes 17:11.) Au Mexique, comme dans beaucoup d’autres pays, pour y parvenir, il fallait souvent apporter une aide particulière aux gens qui n’avaient pas été à l’école, mais qui aspiraient à lire eux-​mêmes la Parole inspirée de Dieu.

Des cours dirigés par les Témoins de Jéhovah au Mexique ont aidé des dizaines de milliers de personnes à apprendre à lire et à écrire. Cette activité est appréciée par le ministère de l’Éducation et, en 1974, un directeur du Bureau général pour la formation des adultes a adressé à La Torre del Vigía de México, association civile utilisée par les Témoins de Jéhovah, une lettre où on pouvait lire ceci: “Je profite de l’occasion pour vous féliciter chaleureusement (...) de la coopération louable que votre association apporte année après année pour le bien de notre peuple.”

 Tout en préparant les gens à vivre éternellement sous la domination du Royaume de Dieu, l’enseignement dispensé par les Témoins améliore également leur vie de famille dès à présent. En 1952, après avoir célébré plusieurs mariages de Témoins de Jéhovah, un juge d’El Salto, dans l’État de Durango, a déclaré: “Nous disons être de bons patriotes et de bons citoyens, mais nous n’arrivons pas à la cheville des Témoins de Jéhovah. Ils sont des exemples pour nous, car ils n’acceptent dans leur organisation personne qui vive maritalement, sans avoir fait légaliser son union. Quant à vous, qui êtes catholiques, vous menez presque tous une vie immorale et vous n’avez pas fait légaliser votre mariage.”

Ce programme d’enseignement aide également les gens à vivre ensemble en paix, à s’aimer les uns les autres au lieu de se haïr et de s’entre-tuer. Quand un Témoin a commencé à prêcher à Venado, dans l’État de Guanajuato, il s’est aperçu que les gens possédaient tous des fusils et des pistolets. Les querelles entraînaient la disparition de familles entières. Mais l’instruction biblique a entraîné de grands changements. Beaucoup ont vendu leurs armes pour s’acheter des Bibles. Dans la région, plus de 150 personnes sont bientôt devenues Témoins de Jéhovah. Figurément, elles ‘ont forgé leurs épées en socs de charrue’ et se sont mises à favoriser la paix. — Michée 4:3.

De nombreux Mexicains pieux ont pris à cœur ce que les Témoins de Jéhovah leur ont enseigné à partir de la Parole de Dieu. Ainsi, après la Seconde Guerre mondiale, le nombre des proclamateurs dans ce pays est passé de quelques milliers à 10 000, puis à 20 000, à 40 000, à 80 000 et davantage au fur et à mesure que les Témoins montraient à leurs semblables comment appliquer les conseils de la Parole de Dieu et l’enseigner à autrui.

Ils se réunissent malgré l’adversité

Alors que leur nombre augmentait, dans un pays après l’autre les Témoins de Jéhovah ont dû surmonter de grands obstacles pour tenir des assemblées en vue de dispenser l’instruction chrétienne. En Argentine, le gouvernement a interdit l’œuvre en 1950. Cependant, par obéissance à Dieu, ils n’ont pas cessé de prêcher ni de se rassembler. L’organisation des assemblées était nettement plus compliquée, mais elles avaient lieu.

Par exemple, fin 1953, frères Knorr et Henschel se sont rendus en Argentine pour desservir une série d’assemblées tenues à travers tout le pays. Frère  Knorr y est entré par l’ouest, frère Henschel par le sud. Ils ont parlé à des groupes réunis dans des fermes, dans un verger, en pique-nique près d’un torrent de montagne et dans des foyers privés. Ils ont souvent dû parcourir de longues distances pour aller d’un endroit à l’autre. Une fois arrivés à Buenos Aires, ils ont pris l’un après l’autre la parole dans neuf endroits un certain jour, et dans onze foyers le lendemain. À tous les deux, ils s’étaient adressés à 56 groupes, soit à une assistance totale de 2 505 personnes. C’était un programme exténuant, mais ils étaient heureux de servir leurs frères de cette façon.

En vue de tenir une assemblée en Colombie en 1955, les Témoins ont réservé une salle à Barranquilla. Mais, sous l’influence de l’évêque, le maire et le gouverneur ont fait en sorte que la réservation soit annulée. Bien qu’ils n’en aient été informés que la veille de l’assemblée, les Témoins ont pris des dispositions pour tenir celle-ci dans la propriété de la filiale de la Société. Mais, le premier jour, alors que la session du soir débutait, des policiers armés qui avaient reçu l’ordre de disperser l’assemblée sont arrivés sur les lieux. Les Témoins ont agi avec détermination. Ils ont fait appel auprès du maire le lendemain matin; le secrétaire de ce dernier a présenté des excuses, et près de 1 000 personnes se sont serrées sur le terrain de la Société pour le dernier jour de cette assemblée “Le Royaume triomphant”. Malgré l’opposition, les frères ont ainsi pu être fortifiés par les conseils d’ordre spirituel dont ils avaient besoin.

Ils servent là où le besoin est particulièrement grand

La moisson était grande, et il y avait un besoin considérable d’ouvriers en Amérique latine, comme en de nombreux autres lieux. En 1957, lors des assemblées tenues dans le monde entier, les Témoins de Jéhovah mûrs sur le plan spirituel, avec ou sans famille à charge, ont été encouragés à se déplacer dans des régions où le besoin était particulièrement grand en vue de s’y installer et d’y effectuer leur ministère. Le même encouragement a été redonné de diverses façons par la suite. Cette invitation rappelait celle que Dieu a adressée à l’apôtre Paul en lui montrant en vision un homme qui lui faisait cette supplication: “Passe en Macédoine et viens à notre aide.” (Actes 16:9, 10). Quelle réponse les serviteurs de Jéhovah ont-​ils donnée à l’invitation faite à notre époque? Ils se sont offerts volontairement. — Ps. 110:3.

Quand on a de jeunes enfants, il faut beaucoup de foi pour se déraciner, quitter ses proches, son foyer et son emploi afin de se rendre dans un environnement complètement nouveau. Un tel déplacement oblige parfois à accepter un niveau de vie très différent et, dans certains cas, à apprendre une nouvelle langue. Pourtant, des milliers de Témoins, seuls ou chargés de famille,  se sont déplacés pour aider autrui à découvrir les dispositions empreintes d’amour que Jéhovah a prises en vue de la vie éternelle.

Sans tarder, un certain nombre de Témoins de Jéhovah ont déménagé à la fin des années 50; d’autres l’ont fait dans les années 60; davantage encore dans les années 70. Et ce déplacement de Témoins vers des régions où le besoin est particulièrement grand s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui.

D’où étaient-​ils originaires? Un grand nombre d’Australie, du Canada, des États-Unis et de Nouvelle-Zélande. Beaucoup d’Allemagne, de France et de Grande-Bretagne. D’autres également d’Autriche, de Belgique, de la République de Corée, du Danemark, d’Espagne, de Finlande, d’Italie, du Japon, de Norvège, de Suède et de Suisse, pour ne citer que ces pays-​là. Au fur et à mesure que le nombre des Témoins de Jéhovah a augmenté en Argentine, au Brésil, au Mexique et dans d’autres pays d’Amérique latine, eux aussi ont fourni des ouvriers désireux de se rendre dans d’autres pays où le besoin est grand. Pareillement, en Afrique, des ouvriers zélés se sont déplacés d’un pays à l’autre pour participer à la diffusion du témoignage.

Où sont-​ils allés? Dans des pays comme l’Afghanistan, la Malaisie, le Sénégal et sur des îles comme la Réunion et Sainte-Lucie. Un millier de prédicateurs sont allés s’installer en Irlande, où ils sont restés pendant des périodes plus ou moins longues. Un nombre considérable se sont rendus en Islande, malgré ses hivers longs et ténébreux, et certains y sont demeurés, sont devenus des piliers dans les congrégations et ont aidé les nouveaux avec amour. En Amérique centrale et en Amérique du Sud notamment, un grand soutien a été apporté. Plus de 1 000 Témoins se sont déplacés en Colombie, plus de 870 en Équateur et plus de 110 au Salvador.

Harold et Anne Zimmerman figurent au nombre de ceux qui se sont déplacés. Ils avaient déjà été enseignants-missionnaires en Éthiopie. Pourtant, en 1959, quand ils ont fait leurs derniers préparatifs en vue de se rendre des États-Unis en Colombie pour participer à la proclamation du message du Royaume, ils élevaient quatre enfants, âgés de cinq mois à cinq ans. Harold est parti le premier pour chercher du travail. À son arrivée, les nouvelles locales l’ont préoccupé. Une guerre civile ignorée du reste du monde était en cours, et des massacres se perpétraient à l’intérieur du pays. ‘Est-​ce que je veux vraiment amener ma famille ici pour vivre dans de telles conditions?’ s’est-​il demandé. Il a essayé de se rappeler des exemples ou des principes bibliques susceptibles de le guider. C’est alors qu’il a repensé au récit biblique concernant les espions craintifs qui, à leur retour dans le camp d’Israël, ont fait un rapport défaitiste concernant la Terre promise (Nomb. 13:25 à 14:4, 11). Cette réflexion l’a aidé à prendre une  décision; il ne voulait pas leur ressembler. Il s’est rapidement arrangé pour que sa famille le rejoigne. C’est seulement lorsqu’il ne lui restait plus que trois dollars qu’il a trouvé l’emploi dont il avait besoin, mais sa famille a toujours eu les choses indispensables pour vivre. Le temps qu’il a dû consacrer à son travail pour subvenir aux besoins de sa famille a varié au fil des ans, mais il s’est toujours efforcé d’accorder la première place à la cause du Royaume. Quand ils sont arrivés en Colombie, il y avait environ 1 400 Témoins dans ce pays. Quel accroissement prodigieux ils ont vu depuis lors!

Il n’est pas toujours nécessaire de s’expatrier pour servir là où le besoin est particulièrement grand. Des milliers de Témoins seuls ou avec une famille sont allés s’installer dans d’autres régions de leur propre pays. Au Brésil, une famille de l’État de Bahia s’est installée à Prado, ville où il n’y avait aucun Témoin. Malgré l’opposition du clergé, ils ont vécu et prêché dans cette ville et ses alentours pendant trois ans. Un bâtiment abandonné a été racheté à l’Église et transformé en Salle du Royaume. Peu après, il y avait plus de cent Témoins actifs dans la région. Et ce n’était qu’un début.

En Amérique latine, un nombre toujours plus grand de personnes éprises de justice acceptaient cette invitation consignée au Psaume 148: ‘Louez Jah! Louez Jéhovah depuis la terre, vous tous, groupements nationaux.’ (Vv. Ps 148:1, 7-11). Ainsi, en 1975, il y avait dans tous les pays d’Amérique latine des personnes qui louaient Jéhovah. Le rapport pour cette année-​là montrait qu’elles étaient 80 481 organisées en 2 998 congrégations à le servir au Mexique. En Amérique centrale, 24 703 prédicateurs constitués en 462 congrégations parlaient de sa royauté. Et en Amérique du Sud, ils étaient 206 457 répartis en 3 620 congrégations à le louer publiquement.

La bonne nouvelle atteint les îles du Pacifique

Tandis qu’ils enregistraient un accroissement rapide en Amérique du Sud, les Témoins de Jéhovah dirigeaient aussi leur attention vers les îles du Pacifique. Il en existe des centaines, dispersées entre l’Australie et les Amériques, dont beaucoup émergent tout juste de l’océan. Certaines ne sont peuplées que par quelques familles; d’autres, par des dizaines de milliers de personnes. Au début des années 50, à cause des préjugés des autorités, la Société Watch Tower ne pouvait pas envoyer de missionnaires dans nombre de ces îles. Pourtant, leurs habitants avaient eux aussi besoin d’entendre parler de Jéhovah et de son Royaume, conformément à cette prophétie consignée en Ésaïe 42:10-12: “Chantez à Jéhovah un chant nouveau, sa louange, depuis l’extrémité de la terre, (...) que dans les îles on annonce sa louange!” C’est pourquoi, en 1951, à l’assemblée de Sydney (Australie), les pionniers et les surveillants de circonscription qui étaient prêts à participer à la proclamation du message du Royaume sur les îles ont été invités à se réunir avec frère Knorr. Une trentaine de prédicateurs se sont portés volontaires pour aller prêcher sur ces îles des tropiques.

Parmi eux se trouvaient Tom et Rowena Kitto, qui se sont vite retrouvés  en Papouasie, où il n’y avait aucun Témoin à l’époque. Ils ont commencé à prêcher aux Européens de Port Moresby. Peu après, ils passaient des soirées à Hanuabada, le “Grand Village”, avec un groupe de 30 à 40 Papous affamés de vérité. Par leur intermédiaire, le message a atteint d’autres villages. Sans tarder, les Kerema ont envoyé une délégation pour demander que quelqu’un vienne étudier la Bible avec eux. Puis c’est un chef de Haima qui est arrivé pour faire cette requête: “Venez, s’il vous plaît, enseigner la vérité à mon peuple.” Et c’est ainsi qu’elle s’est répandue dans le pays.

John et Ellen Hubler, un autre couple, sont allés en Nouvelle-Calédonie pour y inaugurer l’œuvre. À leur arrivée, en 1954, ils n’avaient que des visas de tourisme valables un mois. Mais John a trouvé un emploi, et cela l’a aidé à obtenir une prolongation. Avec le temps, d’autres Témoins — 31 en tout — les ont rejoints. Au début, ils ont accompli leur ministère dans des régions reculées, afin de ne pas trop attirer l’attention. Par la suite, ils ont commencé à prêcher dans la capitale, Nouméa, et une congrégation a vu le jour. Puis, en 1959, un membre de l’Action catholique a été nommé à un poste clé dans l’administration, et plus aucun renouvellement de visa n’a été accordé aux Témoins. Les Hubler ont dû partir. Les publications de la Société Watch Tower ont été interdites. Malgré tout, la bonne nouvelle du Royaume avait pris pied, et le nombre des Témoins a continué d’augmenter.

À Tahiti, de nombreuses personnes avaient manifesté de l’intérêt pour l’œuvre des Témoins de Jéhovah quand des prédicateurs y étaient passés. Toutefois, en 1957 il n’y avait aucun Témoin sur cette île, leur œuvre y était interdite et les missionnaires de la Société Watch Tower n’y étaient pas acceptés. Cependant, Agnes Schenck, une Tahitienne qui vivait alors aux États-Unis, était devenue Témoin de Jéhovah et lorsqu’elle a appris qu’il y avait besoin de prédicateurs du Royaume à Tahiti, elle, son mari et leur fils ont décidé de s’y rendre. Ils ont pris le bateau en Californie en mai 1958. Peu après, deux autres familles les ont rejoints, quoiqu’elles n’aient pu obtenir que des visas de tourisme de trois mois. L’année suivante, une congrégation a été formée à Papeete, et en 1960 le gouvernement du territoire a reconnu une association locale des Témoins de Jéhovah.

 Deux sœurs missionnaires qui retournaient dans leur territoire se sont arrêtées chez une parente sur l’île de Niue afin d’y faire connaître le message du Royaume. Le mois qu’elles ont passé sur cette île a été très fructueux; elles y ont rencontré de nombreuses personnes bien disposées. Mais quand le bateau qui assurait la liaison entre les îles est arrivé, elles ont dû repartir. Cependant, peu après, Seremaia Raibe, un Fidjien, a obtenu un contrat de travail avec le ministère des Travaux publics à Niue, et il a profité de son temps libre pour prêcher. Malheureusement, à l’instigation du clergé, le permis de séjour de frère Raibe a été annulé au bout de quelques mois, et en septembre 1961 l’Assemblée législative a décidé de ne plus autoriser aucun Témoin de Jéhovah à entrer dans le pays. Malgré tout, la bonne nouvelle a continué d’y être prêchée. Par quel moyen? Les Témoins locaux, bien qu’ils aient appris la vérité depuis peu, ont persévéré dans le service de Jéhovah. De plus, le gouvernement avait déjà accepté d’embaucher William Lovini, un natif du pays, qui vivait en Nouvelle-Zélande. Pourquoi tenait-​il à retourner à Niue? Parce qu’il était devenu Témoin de Jéhovah et voulait servir là où le besoin était grand. En 1964, le nombre des Témoins s’élevait à 34 sur cette île.

En 1973, David Wolfgramm, un Tongan, sa femme et leurs huit enfants vivaient dans une maison confortable en Nouvelle-Zélande. Mais ils ont abandonné ces conditions agréables et se sont rendus sur l’archipel Tonga pour y promouvoir les intérêts du Royaume. Ils ont contribué à étendre l’œuvre sur ces îles, dont une trentaine sont habitées.

Il a fallu beaucoup de temps, d’énergie et d’argent pour atteindre les îles. Mais les Témoins de Jéhovah accordent un grand prix à la vie de leurs semblables et ne sont pas chiches de leurs efforts pour les aider à profiter des dispositions que Jéhovah a prises avec amour afin que les humains puissent vivre éternellement dans le monde nouveau.

Une famille qui a vendu sa ferme en Australie pour aller s’installer sur une île du Pacifique a exprimé ses sentiments en ces termes: “Entendre ces insulaires dire qu’ils en sont venus à connaître Jéhovah et appeler nos enfants leurs enfants parce qu’ils les aiment à cause de la vérité, constater que l’intérêt pour le Royaume s’accroît et que le nombre d’assistants aux réunions augmente, entendre ces gens charmants dire: ‘Mes enfants se marieront seulement dans le Seigneur’, alors qu’ils ont hérité de traditions séculaires et que les mariages se font habituellement à la mode orientale, les voir régulariser leur situation conjugale et dénouer les embrouillaminis familiaux, (...) s’apercevoir qu’ils étudient tout en gardant le bétail sur le bord de la route ou après avoir effectué un travail éreintant dans les rizières, apprendre qu’ils dévoilent la fausseté de l’idolâtrie et parlent de la beauté du nom de Jéhovah à la boutique du village et en d’autres endroits, entendre une mère de famille indienne assez âgée vous appeler frère et sœur et demander à vous accompagner pour parler aux gens du vrai Dieu (...) — tout cela représente une inestimable récompense que nous avons reçue pour avoir répondu à l’appel venu du Pacifique Sud.”

 Ces insulaires du Pacifique n’ont toutefois pas été les seuls à recevoir de l’aide. À partir de 1964, on a invité des pionniers philippins expérimentés à prêter main-forte aux missionnaires zélés qui étaient déjà à l’œuvre en République de Corée, à Hong-Kong, en Indonésie, au Laos, en Malaisie, à Taïwan, en Thaïlande et au Viêt Nam.

L’opposition de la famille et de l’entourage

Quand quelqu’un décide de devenir Témoin de Jéhovah, sa décision n’est pas toujours considérée par sa famille et son entourage comme une simple question de choix personnel. — Mat. 10:34-36; 1 Pierre 4:4.

La plupart de ceux qui sont devenus Témoins de Jéhovah à Hong-Kong étaient jeunes. Mais ils ont été mis à rude épreuve dans un système où les hautes études et les emplois bien rémunérés sont une priorité. Les parents voient en leurs enfants un investissement qui leur assurera de vieux jours tranquilles. Ainsi, quand les parents d’un jeune homme habitant Kwuntong ont compris que leur fils gagnerait moins d’argent parce qu’il étudiait la Bible, assistait aux réunions et prêchait, ils se sont farouchement opposés à lui. Son père l’a poursuivi avec un couperet; sa mère lui a craché dessus en public. Ils n’ont pour ainsi dire pas cessé de l’insulter pendant des mois. Un jour, il leur a posé cette question: “Ne m’avez-​vous pas élevé par amour?” “Non, pour l’argent!” telle a été leur réponse. Malgré tout, le jeune homme a continué de mettre le culte de Jéhovah à la première place dans sa vie; mais quand il a quitté la maison, il n’a pas pour autant cessé d’aider financièrement ses parents au mieux de ses possibilités, car il savait que cela ne manquerait pas de plaire à Jéhovah. — Mat. 15:3-9; 19:19.

Dans les sociétés très soudées, les difficultés ne viennent pas uniquement de la famille proche. C’est ce qu’a constaté Fuaiupolu Pele, aux Samoa occidentales. Il était impensable pour les gens qu’un Samoan rejette les coutumes et la religion de ses ancêtres, et Pele savait qu’on lui demanderait des comptes. Il a donc étudié assidûment et prié Jéhovah avec ferveur. Quand il a été convoqué par le grand chef de la famille à une réunion tenue à Faleasiu, il s’est retrouvé en face de six chefs, de trois hommes de loi, de dix pasteurs, de deux enseignants en théologie, du grand chef qui présidait, ainsi que d’hommes et de femmes âgés de la famille. Ils l’ont maudit et dénigré, lui et un autre membre de la famille qui s’intéressait au message des Témoins de Jéhovah. Un débat a suivi; il a duré jusqu’à 4 heures du matin. Certains étaient irrités de voir Pele utiliser la Bible, et ils hurlaient: “Ne t’occupe pas de la Bible! Laisse cette Bible de côté!” Mais, à la fin, le grand chef a dit d’une voix faible: “Tu as gagné, Pele.” Mais celui-ci a répondu: “Veuillez m’excuser, Monsieur, mais je n’ai pas gagné. Cette nuit, vous  avez entendu le message du Royaume. J’espère sincèrement que vous lui obéirez.”

Quand le clergé s’oppose farouchement

Les missionnaires de la chrétienté étaient arrivés dans les îles du Pacifique dans les années 1800. En de nombreux endroits, cette arrivée s’était faite pacifiquement; ailleurs, ils avaient été soutenus militairement. Dans certaines régions, ils s’étaient partagé les îles entre eux dans le cadre d’un “accord à l’amiable”. Mais il y avait eu aussi des guerres de religion, dans lesquelles catholiques et protestants s’étaient battus pour avoir la mainmise sur des territoires. Ces “bergers” religieux, les ecclésiastiques, cherchaient maintenant par tous les moyens à empêcher les Témoins de Jéhovah de pénétrer dans ce qu’ils considéraient comme leur domaine réservé. Dans certains cas, ils ont incité les autorités à expulser les Témoins de quelques îles. Dans d’autres, ils ont fait eux-​mêmes la loi.

Sur l’île de Nouvelle-Bretagne, dans le village de Vunabal, plusieurs membres de la tribu Sulka ont manifesté un grand intérêt pour la vérité biblique. Mais un dimanche de 1959, alors que John Davison étudiait la Bible avec eux, une foule de catholiques, sous la direction du catéchiste, a fait irruption dans la maison et a interrompu l’étude en recourant à des violences verbales et physiques. Les faits ont été signalés à la police à Kokopo.

Au lieu d’abandonner les “brebis”, les Témoins sont revenus la semaine suivante pour continuer à fournir une aide spirituelle aux personnes qui appréciaient la vérité à Vunabal. Le prêtre était là lui aussi, quoique les villageois ne l’aient pas invité, accompagné de plusieurs centaines de catholiques d’une autre tribu. Après avoir été excités par cet ecclésiastique, ceux-ci ont insulté les Témoins, leur ont craché dessus, les ont menacés du poing et ont déchiré les Bibles des villageois sous les yeux du prêtre qui restait les bras croisés et souriait. Les policiers, qui s’efforçaient de rétablir l’ordre, étaient visiblement outrés, et de nombreux villageois ont eu peur également. Mais au moins l’un d’entre eux s’est montré courageux et a pris position pour ce qu’il savait être la vérité. Depuis, des centaines de personnes ont fait de même sur cette île.

Il ne faut toutefois pas en déduire que tous les enseignants religieux ont conçu de l’inimitié pour les Témoins de Jéhovah. Aux îles Salomon, Shem Irofaʼalu s’est senti redevable envers ceux qui le considéraient comme leur guide religieux. Après avoir lu le livre Du paradis perdu au paradis reconquis, publié par la Société Watch Tower, il a compris qu’on lui avait menti. Lui et les chefs religieux placés sous son autorité ont eu des discussions avec les Témoins, ont posé des questions et ont consulté les versets cités dans la Bible. Ils ont ensuite tous décidé de devenir Témoins de Jéhovah, si bien qu’ils ont transformé les églises de 28 villages en Salles du Royaume.

 Un torrent de vérité inonde l’Afrique

En particulier, dès le début des années 20, de grands efforts ont été fournis pour que dans toute l’Afrique les gens aient la possibilité de connaître Jéhovah, le vrai Dieu, et de bénéficier ainsi de ses dispositions empreintes d’amour. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y avait des Témoins de Jéhovah actifs dans 14 pays de ce continent. Le message du Royaume en avait atteint 14 autres, mais aucun Témoin n’y remettait de rapport d’activité en 1945. Au cours des 30 années suivantes, jusqu’en 1975, la prédication de la bonne nouvelle s’est étendue à 19 pays supplémentaires. Dans presque tous ces pays, ainsi que sur les îles qui entourent l’Afrique, des congrégations ont commencé à voir le jour — dans certains pays quelques-unes, plus d’un millier en Zambie et près de deux mille au Nigeria. Comment ce résultat a-​t-​il été atteint?

Le message du Royaume ressemble aux eaux impétueuses d’un torrent. Elles coulent essentiellement dans le lit du cours d’eau, bien qu’une partie puisse déborder sur les rives; et si un obstacle obstrue leur passage, elles en trouvent un autre, ou bien elles s’accumulent jusqu’à déferler par-dessus.

Selon ses méthodes, la Société Watch Tower a envoyé des ministres à plein temps — pionniers, pionniers spéciaux et missionnaires — dans les pays où la prédication était à ses débuts, voire inexistante. Partout où ils sont allés, ces prédicateurs ont invité les gens à “prendre l’eau de la vie, gratuitement”. (Rév. 22:17.) Par exemple, en Afrique du Nord, quatre pionniers spéciaux français ont lancé cette invitation en Algérie, en 1952. Une diseuse de bonne aventure n’a pas tardé à accepter la vérité; elle a compris qu’il lui fallait abandonner son activité professionnelle pour plaire à Jéhovah, et elle s’est mise à prêcher à ses anciens clients (Deut. 18:10-12). Les pionniers ont utilisé efficacement le livre “Que Dieu soit reconnu pour vrai!” pour aider les gens sincères à discerner la différence entre la Sainte Bible et la tradition religieuse. Il s’agissait d’un instrument si puissant pour affranchir les gens des pratiques de la fausse religion qu’un jour un ecclésiastique a brandi ce livre en chaire et a prononcé une malédiction sur lui, sur ceux qui le distribuaient et sur ceux qui le lisaient.

En 1954, un missionnaire a été expulsé d’Espagne, pays catholique, parce qu’il enseignait la Bible sans avoir reçu l’aval du clergé; l’année suivante, lui et son compagnon de service sont donc partis prêcher au Maroc. Ils n’ont pas tardé à être rejoints par une famille de cinq Témoins de Jéhovah qui avait été expulsée de Tunisie, où de graves troubles s’étaient produits parce qu’un couple juif avait accepté Jésus comme le Messie et s’était rapidement mis à parler à autrui de sa nouvelle foi. Plus au sud, des pionniers ghanéens ont été envoyés au Mali en 1962. Par la suite, on a invité également des pionniers français qui prêchaient en Algérie à apporter leur aide au Mali. Nombre de ceux qui sont devenus Témoins ont à leur tour entrepris le service à plein temps. En 1966, huit pionniers spéciaux du Nigeria se sont rendus au Niger, pays à la population clairsemée qui comprend une partie du Sahara. Le Burundi a aussi eu l’occasion d’entendre le message du Royaume, car deux pionniers spéciaux originaires de Rhodésie du Nord (aujourd’hui la Zambie) y ont été envoyés  en 1963, après quoi quatre missionnaires formés à l’École de Galaad les ont rejoints.

Au début des années 50, il y avait aussi des missionnaires en Éthiopie. Le gouvernement éthiopien exigeait qu’ils ouvrent une mission officielle et donnent des cours, ce qu’ils ont fait. Mais, en plus, ils ont diligemment enseigné la Bible, et des gens n’ont pas tardé à affluer chaque jour à la maison de missionnaires pour demander que quelqu’un les aide à comprendre la Bible. Durant les trois décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, 39 pays du continent africain ont bénéficié de l’aide de missionnaires formés à Galaad.

Dans le même temps, les eaux de la vérité se déversaient dans les régions desséchées sur le plan spirituel grâce aux Témoins de Jéhovah qui côtoyaient d’autres personnes dans le cadre de leur travail. Ainsi, des Témoins égyptiens qui ont dû se rendre en Libye pour des raisons professionnelles en 1950 ont prêché avec zèle pendant leur temps libre. Cette même année, un Témoin, marchand de laine, a quitté l’Égypte avec sa famille pour s’installer à Khartoum, au Soudan. Il prêchait à ses clients avant de leur parler affaires. L’un des premiers Témoins qui aient prêché au Sénégal (à l’époque une partie de l’Afrique-Occidentale française) y est arrivé en 1951 comme représentant d’une société commerciale. Il était en même temps conscient des responsabilités qui lui incombaient en qualité de Témoin du Très-Haut. En 1959, pour des raisons professionnelles, un Témoin est allé à Fort-Lamy (aujourd’hui Ndjamena), dans ce qui est devenu plus tard le Tchad, et il en a profité pour faire connaître le message du Royaume dans ce pays. Dans les pays limitrophes du Niger se trouvaient des commerçants Témoins de Jéhovah; ainsi, tandis que des pionniers spéciaux se dépensaient au Niger après 1966, ces commerçants prêchaient aux Nigériens avec qui ils étaient en affaires. Par ailleurs, deux sœurs dont les maris sont allés travailler en Mauritanie en 1966 ont saisi l’occasion de prêcher dans ce pays.

Les gens qui étaient désaltérés par “l’eau de la vie” en faisaient profiter d’autres. Ainsi, en 1947, un homme qui avait assisté à quelques réunions, mais qui n’était pas lui-​même Témoin de Jéhovah, a déménagé du Cameroun en Oubangui-Chari (aujourd’hui la République centrafricaine). Quand il a entendu parler d’un habitant de Bangui qui s’intéressait beaucoup à la Bible, il a aimablement fait en sorte que le bureau suisse de la Société Watch Tower lui envoie un livre. Il s’agissait d’Étienne Nkounkou, qui s’est alors délecté  de l’excellente nourriture spirituelle contenue dans cet ouvrage, et chaque semaine il en lisait une partie à un groupe de personnes qui s’intéressaient également à la Bible. Ils ont pris contact avec le siège mondial de la Société et, leur connaissance augmentant, ce groupe d’étude est devenu également un groupe de prédicateurs. Bien que le gouvernement ait, à l’instigation du clergé, interdit les publications de la Société Watch Tower, ces nouveaux Témoins ont continué à prêcher avec la Bible uniquement. Comme les habitants de ce pays aiment discuter de ce livre, lorsque l’interdiction de certaines des publications de la Société a été levée en 1957, les Témoins étaient déjà plus de 500.

Face aux obstacles

Quand des obstacles ont entravé le cours de l’eau vivifiante, elle s’est rapidement frayé un autre chemin. En 1949, Ayité Sessi, un pionnier originaire du Dahomey (aujourd’hui le Bénin), prêchait depuis peu au Togo français (aujourd’hui le Togo) lorsque le gouvernement l’a obligé à partir. Mais l’année suivante, Akakpo Agbetor, un ancien boxeur originaire du Togo, y est retourné avec son frère. Comme il s’agissait de son pays natal, il a pu prêcher assez librement, et même tenir des réunions. Bien que les pionniers qui avaient été envoyés sur l’île Fernando Poo (aujourd’hui rattachée à la Guinée équatoriale) vers 1950 aient été expulsés rapidement à cause de l’intolérance religieuse, par la suite d’autres Témoins sont parvenus à obtenir des contrats de travail qui leur ont permis de vivre sur cette île. Et, bien sûr, en obéissance au commandement de Jésus, ils y ont prêché. — Marc 13:10.

 Emmanuel Mama, surveillant de circonscription ghanéen, a été envoyé en Haute-Volta (aujourd’hui le Burkina Faso) pour quelques semaines en 1959 et il lui a été possible de prêcher intensément à Ouagadougou, la capitale. Il n’y avait cependant aucun Témoin dans le pays. Quatre ans plus tard, sept Témoins originaires du Togo, du Dahomey (aujourd’hui le Bénin) et du Congo se sont installés à Ouagadougou et y ont cherché du travail, afin de pouvoir prêcher dans le pays. Quelques mois plus tard, ils ont été rejoints par plusieurs pionniers spéciaux ghanéens. En 1964 cependant, à l’instigation du clergé, alors que les Témoins étaient dans le pays depuis moins d’un an, les autorités les ont arrêtés, détenus pendant 13 jours, puis expulsés du pays. Les efforts de ces Témoins avaient-​ils été vains? Emmanuel Johnson, un habitant du pays, avait appris où trouver la vérité biblique. Il a continué à étudier avec les Témoins de Jéhovah par courrier, et s’est fait baptiser en 1969. Oui, l’œuvre du Royaume avait pris pied dans un pays de plus.

Quand une demande de visas a été déposée pour que des missionnaires formés à Galaad puissent entrer en Côte d’Ivoire, les autorités françaises ont refusé de les accorder. C’est pourquoi, en 1950, Alfred Shooter, de la Côte de l’Or (aujourd’hui le Ghana), a été envoyé dans la capitale de la Côte d’Ivoire comme pionnier. Lorsqu’il y a été installé, sa femme l’a rejoint, et quelques mois plus tard un couple de missionnaires, Gabriel et Florence Paterson, sont arrivés. Mais des difficultés ont surgi. Leurs publications ont été saisies parce qu’elles n’avaient pas été approuvées par le gouvernement, et ils se sont vu infliger une amende. Toutefois, par la suite, ils ont vu leurs livres sur la place du marché. Ils les ont donc rachetés et en ont fait bon usage.

Dans le même temps, ces Témoins se sont rendus dans de nombreuses administrations pour essayer d’obtenir des visas permanents. M. Houphouët-Boigny, qui est devenu plus tard président de la Côte d’Ivoire, leur a offert son aide. “La vérité, a-​t-​il observé, ne connaît pas de frontières. Elle ressemble à un torrent; endiguez-​le et il submergera ses digues.” Quand un prêtre catholique et un pasteur méthodiste ont essayé de nuire aux Témoins, Ouezzin Coulibaly, un député, a dit: “Je représente le peuple de ce pays. Nous sommes le peuple et nous aimons les Témoins de Jéhovah. Nous souhaitons donc qu’ils restent dans notre pays.”

Des disciples clairvoyants

Lorsqu’il a ordonné de ‘faire des disciples de gens de toutes les nations’, Jésus Christ a également dit qu’il faudrait baptiser ceux qui deviendraient ses disciples — qui croiraient à ses enseignements et les mettraient en pratique (Mat. 28:19, 20). Conformément à ce commandement, des dispositions sont prises pour que les nouveaux disciples puissent se faire baptiser lors des assemblées que les Témoins de Jéhovah tiennent périodiquement. Le nombre des baptisés à chacun de ces rassemblements est parfois relativement réduit. Mais, à une assemblée organisée au Nigeria en 1970, 3 775 nouveaux Témoins ont été immergés dans l’eau. L’objectif, toutefois, n’est pas de baptiser les masses.

 Quand, en 1956, on s’est aperçu que certains se faisaient baptiser en Côte de l’Or alors qu’ils n’avaient pas édifié leur foi sur un bon fondement, on a décidé de s’intéresser de plus près aux candidats au baptême. Les surveillants des congrégations de ce pays ont été chargés de s’entretenir personnellement avec chaque candidat au baptême pour s’assurer qu’il comprenait bien les vérités fondamentales de la Bible, qu’il menait une vie conforme aux normes bibliques et qu’il comprenait clairement les obligations qui sont celles d’un Témoin de Jéhovah voué et baptisé. Par la suite, une disposition semblable a pris effet dans le monde entier. Une liste détaillée des enseignements fondamentaux de la Bible à examiner avec les candidats au baptême est parue en 1967 dans le livre “Ta Parole est une lampe pour mon pied”. Après des années d’expérience, une liste affinée a été publiée en 1983 dans le livre Organisés pour bien remplir notre ministère.

Ces dispositions prenaient-​elles en compte les besoins des gens qui n’avaient que peu ou pas d’instruction scolaire?

Lutte contre l’analphabétisme

En 1957, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture estimait que, dans le monde entier, environ 44 % des personnes de plus de 15 ans ne savaient ni lire ni écrire. Selon un rapport, dans 42 pays d’Afrique, 2 pays des Amériques, 28 pays d’Asie et 4 pays de l’Océanie, 75 % des adultes étaient analphabètes. Pourtant, eux aussi devaient avoir la possibilité d’apprendre les lois divines en vue de se préparer à être des sujets de son Royaume. Beaucoup d’illettrés avaient l’esprit vif et étaient capables de mémoriser la plus grande partie de ce qu’ils entendaient, mais ils n’étaient pas en mesure de lire eux-​mêmes la précieuse Parole de Dieu ni d’utiliser les manuels d’étude biblique.

Depuis des années, les Témoins apportaient une aide personnelle aux gens qui voulaient apprendre à lire. Toutefois, en 1949 et en 1950, ils ont inauguré dans de nombreux pays d’Afrique des classes de lecture dans chaque  congrégation. Ces cours étaient généralement donnés dans les Salles du Royaume, et, dans certains endroits, tout le village y était invité.

Là où les autorités avaient mis en place un programme d’alphabétisation, les Témoins de Jéhovah ont été heureux de soutenir cette disposition. Mais dans de nombreuses régions, ils ont dû rédiger et utiliser leurs propres manuels d’enseignement. Les cours dirigés par les Témoins de Jéhovah ont aidé des dizaines de milliers de gens, dont des milliers de femmes et de personnes âgées, à apprendre à lire et à écrire. En raison de la conception des cours, non seulement ils ont appris à lire et à écrire, mais dans le même temps ils se sont familiarisés avec les vérités fondamentales de la Sainte Parole de Dieu. Cet enseignement les a formés pour participer à l’œuvre consistant à faire des disciples, œuvre ordonnée par Jésus. Le désir de prendre part efficacement à cette œuvre en a incité beaucoup à faire de vigoureux efforts pour apprendre à lire.

Au Dahomey (aujourd’hui le Bénin), pays d’Afrique occidentale, un Témoin baptisé depuis peu qui s’était fait éconduire par un homme parce qu’il ne savait pas lire a pris la résolution de surmonter cette difficulté. En plus d’assister aux cours d’alphabétisation, il a beaucoup travaillé personnellement. Six semaines plus tard, il a rendu visite au même homme; celui-ci a été tellement étonné de l’entendre, lui qui était peu auparavant analphabète, lire des passages de la Parole de Dieu qu’il s’est intéressé au message. Certains de ceux qui ont été instruits dans ces classes d’alphabétisation sont même devenus par la suite surveillants itinérants, et ont donc reçu la responsabilité d’enseigner plusieurs congrégations. C’est le cas d’Ezekiel Ovbiagele, au Nigeria.

Enseignement au moyen de projections de films et de diapositives

Afin d’aider les personnes qui manifestaient de l’intérêt pour la Bible à discerner l’envergure de l’organisation visible de Jéhovah, un film est sorti en 1954. Ce documentaire intitulé La Société du Monde Nouveau en action a contribué à briser les préjugés dans certaines localités.

Dans ce qui est aujourd’hui la Zambie, il fallait souvent un groupe électrogène pour projeter le film. Un morceau de tissu blanc tendu entre deux arbres faisait office d’écran. Dans la province de Barotse, après avoir regardé le film avec sa famille royale, le chef suprême a voulu que le public le voie. C’est ainsi que le lendemain soir ce film a été projeté devant 2 500 personnes. Sur une période de plus de 17 ans, l’assistance totale aux projections en Zambie a dépassé le million. Les assistants étaient émerveillés de ce qu’ils voyaient. Non loin de là, au Tanganyika (aujourd’hui une partie de la Tanzanie), des “Ndaka, ndaka” (Merci, merci) fusaient de partout après la projection.

Après La Société du Monde Nouveau en action, d’autres films sont sortis: Le bonheur de la société du Monde Nouveau, La Proclamation de la ‘bonne nouvelle éternelle’ autour du monde, Dieu ne peut mentir et Héritage. Des séries de diapositives, avec commentaire, ont aussi été produites. Certaines montraient la valeur pratique de la Bible à notre époque, les origines païennes des doctrines  et pratiques de la chrétienté, et la signification des conditions mondiales à la lumière des prophéties bibliques; d’autres avaient trait à l’organisation des Témoins de Jéhovah: elles étaient consacrées à la visite de leur siège mondial, aux assemblées exaltantes qu’ils ont tenues dans des pays où leur œuvre était auparavant interdite et à leur histoire moderne. Toutes ces projections ont aidé les gens à comprendre que Jéhovah a bel et bien un peuple sur la terre et que la Bible est Sa Parole inspirée.

L’identification des véritables “brebis”

Dans certains pays, des gens qui possédaient simplement quelques publications de la Société Watch Tower se disaient Témoins de Jéhovah ou utilisaient le nom Watch Tower. Mais avaient-​ils rejeté leurs anciennes croyances et changé de mode de vie pour le conformer aux normes de la Bible? Après avoir reçu un enseignement approprié, se révéleraient-​ils être des personnes véritablement comparables à des brebis qui écoutent la voix du Maître, Jésus Christ? — Jean 10:4, 5.

En 1954, la filiale sud-africaine de la Société Watch Tower a reçu une lettre surprenante d’un groupe d’Africains de Baía dos Tigres, colonie pénitentiaire située dans le sud de l’Angola. Son auteur, João Mancoca, écrivait: “Le groupe des Témoins de Jéhovah d’Angola comprend 1 000 membres. Leur conducteur se nomme Simão Gonçalves Toco.” Qui était ce Toco? Ceux qui le suivaient étaient-​ils vraiment Témoins de Jéhovah?

Des dispositions ont été prises pour que John Cooke, un missionnaire qui parlait portugais, se rende en Angola. Au terme d’une longue conversation avec un responsable de la colonie, frère Cooke a été autorisé à rencontrer Mancoca. Il a appris que dans les années 40, alors que Toco appartenait à une mission baptiste au Congo belge (aujourd’hui le Zaïre), il était entré en possession de quelques publications de la Société Watch Tower et avait fait part à ses collaborateurs de ce qu’il apprenait. Cependant, des pratiquants du spiritisme avaient alors influencé ce groupe, et avec le temps Toco avait complètement cessé d’utiliser les publications de la Société Watch Tower et la Bible. Il s’était plutôt tourné vers les médiums pour recevoir une direction. Ses disciples avaient été rapatriés en Angola par le gouvernement et s’étaient trouvés dispersés un peu partout dans le pays.

Mancoca avait été un des compagnons de Toco, mais il avait essayé  de persuader les autres de ne plus pratiquer le spiritisme et de respecter la Bible. Cela n’était pas du goût de certains disciples de Toco, et ils avaient lancé de fausses accusations contre lui auprès des autorités portugaises. C’est pourquoi Mancoca et ceux qui partageaient ses vues avaient été déportés dans une colonie pénitentiaire. De là, il avait pris contact avec la Société Watch Tower et avait reçu d’autres publications bibliques. Il était humble, appréciait les choses spirituelles et avait un désir sincère de collaborer étroitement avec l’organisation qui lui avait permis de découvrir la vérité. Après avoir discuté des vérités bibliques pendant de nombreuses heures avec ce groupe, frère Cooke a acquis la conviction que João Mancoca était vraiment l’une des brebis du Seigneur. Cet homme le prouvait dans des circonstances on ne peut plus difficiles depuis de nombreuses années maintenant.

Frère Cooke a également eu des conversations avec Toco et certains de ceux qui le suivaient. Cependant, à quelques exceptions près, ces hommes ne manifestaient pas les qualités propres aux “brebis”, qualités qui caractérisent les disciples du Christ. Il n’y avait donc pas 1 000 Témoins de Jéhovah en Angola, mais seulement 25 environ.

À la même époque, au Congo belge (aujourd’hui le Zaïre), il existait une autre confusion d’identités. Il s’y trouvait un mouvement politico-religieux appelé Kitawala, qui se servait aussi parfois du nom Watch Tower. Certains de ses membres avaient chez eux des publications éditées par les Témoins de Jéhovah, publications qu’ils avaient reçues par la poste. Mais les croyances et les pratiques du Kitawala (entre autres, actes racistes, subversion de l’autorité en vue de provoquer un changement politique ou social, et immoralité sexuelle choquante au nom du culte) ne correspondaient en rien à celles des Témoins de Jéhovah. Pourtant, certains rapports écrits cherchaient à établir un lien entre le Kitawala et la Société Watch Tower utilisée par les Témoins de Jéhovah.

Les Témoins de Jéhovah ont tenté à plusieurs reprises de faire entrer des surveillants compétents dans le pays, mais à chaque fois ils se sont heurtés à un refus des autorités belges. Les groupements catholiques et protestants s’en réjouissaient. À partir de 1949 particulièrement, de cruelles mesures répressives ont été prises à l’encontre des personnes qui s’efforçaient d’étudier la Bible à l’aide des publications de la Société Watch Tower au Congo belge. Cependant, un des fidèles Témoins habitant ce pays a fait cette déclaration judicieuse: “Nous sommes comme un sac de maïs africain. Où qu’ils nous emmènent, la Parole tombera, grain à grain, jusqu’au jour où la pluie arrivera, et ils nous verront pousser partout.” Et c’est ainsi que de 1949 à 1960, malgré les difficultés, le nombre des Témoins de Jéhovah qui remettaient un rapport d’activité est passé de 48 à 1 528.

 Petit à petit, les autorités se sont rendu compte que les Témoins de Jéhovah n’avaient rien à voir avec le Kitawala. Quand les Témoins ont obtenu dans une certaine mesure la liberté de se réunir, des fonctionnaires gouvernementaux ont souvent fait remarquer leur bonne conduite et leur respect de l’ordre. Lorsque des manifestations violentes ont éclaté pour réclamer l’indépendance, il était de notoriété publique que les Témoins de Jéhovah n’y étaient pas mêlés. En 1961, Ernest Heuse fils, un surveillant chrétien expérimenté originaire de Belgique, a finalement pu entrer dans le pays. Des efforts diligents ont permis d’aider progressivement les Témoins à conformer davantage le fonctionnement des congrégations et leur vie personnelle à la Parole de Dieu. Ils avaient beaucoup à apprendre, et il a fallu faire preuve d’une grande patience.

Dans le but d’asseoir sa position, le Kitawala a envoyé de certaines régions de longues listes de membres qui voulaient être reconnus comme Témoins de Jéhovah. Avec sagesse, frère Heuse a demandé à des Témoins expérimentés de se rendre dans ces régions pour déterminer de quel genre de personnes il s’agissait. Ces frères n’ont pas accepté de s’occuper de groupes importants, mais ont dirigé des études bibliques individuelles.

Avec le temps, l’identité des authentiques “brebis”, c’est-à-dire des personnes qui considéraient Jésus Christ comme leur Berger, est devenue manifeste. Et il y en avait beaucoup. À leur tour, elles en ont enseigné d’autres. Au fil des ans, la Société Watch Tower a envoyé de l’étranger des dizaines de missionnaires pour qu’ils collaborent avec ces personnes, les aident à acquérir une connaissance plus exacte de la Parole de Dieu et leur donnent la formation voulue. En 1975, il y avait au Zaïre 17 477 Témoins de Jéhovah, organisés en 526 congrégations, qui prêchaient et enseignaient avec zèle la Parole de Dieu à leurs semblables.

Ils brisent le pouvoir du fétichisme

À l’ouest du Nigeria se trouve le Bénin (autrefois appelé le Dahomey), dont la population est divisée en 60 groupes ethniques parlant une cinquantaine de langues et dialectes. Dans ce pays, comme dans la majeure partie de l’Afrique, l’animisme est la religion traditionnelle, et il va de pair avec le culte des ancêtres. Cet environnement religieux jette sur l’existence des gens un voile de superstition et de crainte. Beaucoup de prétendus chrétiens aussi pratiquent l’animisme.

Depuis la fin des années 20 jusque dans les années 40, les Témoins de  Jéhovah nigérians ont semé de nombreuses graines de vérité biblique au Dahomey en s’y rendant de temps en temps pour distribuer des publications. Nombre de ces graines avaient simplement besoin d’un peu d’eau pour germer. Elles ont été arrosées en 1948 quand Nouru Akintoundé, un natif du Dahomey qui vivait au Nigeria, est retourné dans son pays comme pionnier. En quatre mois, 300 personnes ont embrassé la vérité et se sont mises à participer à la prédication à ses côtés. Cet accueil dépassait toutes les espérances raisonnables.

Cette activité n’a pas tardé à provoquer des remous non seulement parmi le clergé de la chrétienté, mais aussi parmi les animistes. À Porto-Novo, quand la secrétaire d’une communauté fétichiste s’est intéressée à la vérité, le féticheur en chef a proclamé qu’elle mourrait dans les sept jours. Mais elle a déclaré sans crainte: “Si c’est le fétiche qui a fait Jéhovah, je mourrai; mais si Jéhovah est le Dieu suprême, alors il vaincra le fétiche.” (Voir Deutéronome 4:35; Jean 17:3). Pour que sa prédiction se réalise, le soir du sixième jour le féticheur s’est livré à toutes sortes de rites spirites, puis a déclaré que cette ancienne secrétaire était morte. Quelle n’a pas été la consternation des fétichistes quand, le lendemain, elle est allée au marché de Cotonou, bien vivante! Plus tard, l’un des Témoins a loué une voiture et a conduit cette personne dans Porto-Novo pour que tous puissent voir de leurs propres yeux qu’elle était en vie. Après cela, de nombreux autres fétichistes ont pris fermement position pour la vérité. — Voir Jérémie 10:5.

Peu après, les chefs religieux ont réussi à faire interdire les publications de la Société Watch Tower au Dahomey. Mais, en obéissance à Jéhovah Dieu, les Témoins ont continué à prêcher, souvent avec la Bible uniquement. Ils allaient parfois de porte en porte comme des “vendeurs”, en proposant toutes sortes d’articles. Si la conversation s’engageait bien, ils en venaient à parler de la Bible, et il leur arrivait même de sortir une précieuse publication biblique d’une grande poche intérieure de leur vêtement.

Quand la police leur suscitait beaucoup de difficultés dans les villes, ils prêchaient dans les campagnes (voir Matthieu 10:23). Et lorsqu’ils étaient jetés en prison, ils prêchaient derrière les barreaux. En 1955, les Témoins incarcérés à Abomey ont trouvé au moins 18 personnes qui s’intéressaient à la vérité parmi les détenus et le personnel pénitentiaire.

Dix ans seulement après que le pionnier mentionné plus haut était retourné au Dahomey, son pays natal, pour y prêcher, 1 426 personnes participaient à la prédication, et ce malgré l’interdiction officielle de leur activité.

Davantage d’ouvriers prennent part à la moisson

À l’évidence, beaucoup avaient faim de vérité et cela partout en Afrique. La moisson était grande, mais les ouvriers peu nombreux. Les Témoins ont donc été encouragés de voir le Maître de la moisson, Jéhovah, répondre aux prières qu’ils faisaient pour que davantage d’ouvriers prennent part à la  récolte spirituelle. — Mat. 9:37, 38.

Des pionniers itinérants avaient distribué de nombreuses publications au Kenya dans les années 30, mais l’intérêt suscité n’avait pas vraiment été entretenu. Toutefois, en 1949, Mary Whittington a émigré de Grande-Bretagne avec ses trois jeunes enfants pour vivre à Nairobi avec son mari, qui y travaillait. Sœur Whittington était baptisée depuis à peine un an, mais elle avait l’attitude d’esprit d’un pionnier. Bien qu’elle ne connût aucun Témoin au Kenya, elle s’est mise à aider d’autres personnes à découvrir la vérité dans ce vaste pays. Malgré les obstacles, elle n’a pas baissé les bras. D’autres Témoins aussi — d’Afrique du Sud, d’Australie, du Canada, des États-Unis, de Grande-Bretagne, de Suède et de Zambie — se sont organisés pour venir dans ce pays afin d’y communiquer à autrui l’espérance du Royaume.

De plus, des couples de missionnaires ont été envoyés pour prendre part à la moisson. Au début, les maris étaient obligés d’avoir un emploi pour rester dans le pays, ce qui limitait leur participation au ministère. Leurs femmes, par contre, étaient libres d’être pionnières. Avec le temps, plus d’une centaine de missionnaires formés à Galaad sont venus au Kenya. Quand l’heure de l’indépendance a approché pour ce pays, et avec elle l’abolition de la ségrégation qu’avaient imposée les autorités coloniales britanniques, les Témoins européens ont appris le swahili et ont rapidement étendu leur activité pour prêcher aux Africains. Le nombre des Témoins s’est accru rapidement dans cette partie du champ immense qu’est le monde.

En 1972, le Botswana aussi a reçu de l’aide; des Témoins venus d’Afrique du Sud, de Grande-Bretagne et du Kenya sont venus s’installer dans les grandes villes de ce pays pour participer à la moisson spirituelle. Trois ans après, des missionnaires formés à Galaad sont également arrivés. Une grande partie de la population, toutefois, est éparpillée dans la campagne. Afin de toucher ces gens, des Témoins sud-africains ont traversé le désert du Kalahari. Dans ces endroits isolés, ils ont prêché aux anciens des villages, aux instituteurs et souvent à des groupes de 10 ou 20 auditeurs attentifs. Un jour, un vieil homme leur a dit: “Vous avez fait tout ce chemin pour venir nous parler de ces choses? C’est très gentil à vous, très gentil.”

“Brown la Bible” avait présenté de puissants discours bibliques au Liberia dans les années 20, mais l’opposition était vive dans ce pays. La moisson spirituelle n’y a pas vraiment avancé jusqu’à la venue de missionnaires formés à  l’École de Galaad. Harry Behannan, arrivé en 1946, a été le premier d’entre eux. Beaucoup d’autres l’ont rejoint dans les années qui ont suivi. Petit à petit, des Libériens ont participé avec eux à l’œuvre, et en 1975 plus de mille personnes louaient Jéhovah dans ce pays.

“Brown la Bible” avait prêché davantage encore au Nigeria. Cette nation était divisée en plusieurs royaumes, cités-États et groupes sociaux; ses habitants parlent plus de 250 langues et dialectes. La religion était un facteur de division supplémentaire. Avec peu de tact, certes, mais munis de puissants arguments bibliques, les Témoins de la première heure ont démasqué le clergé et dévoilé ses faux enseignements. Quand leurs publications ont été interdites pendant la Seconde Guerre mondiale, les Témoins ont prêché uniquement avec la Bible, et les gens épris de vérité leur ont prêté une oreille attentive. Ils ont quitté les Églises, puis ont renoncé à la polygamie et se sont débarrassés de leurs gris-gris, autant de choses que les Églises avaient tolérées. En 1950, les Témoins de Jéhovah étaient 8 370 à proclamer le message du Royaume au Nigeria. En 1970, ce nombre avait plus que décuplé.

En Rhodésie du Sud (aujourd’hui le Zimbabwe), il a fallu surmonter l’opposition continuelle des autorités pour aider les personnes qui s’intéressaient au message. On a tenté d’obtenir la reconnaissance officielle de l’œuvre dès le milieu des années 20. En 1932, des pionniers sud-africains ont reçu l’ordre de quitter le pays et on leur a dit de façon péremptoire qu’ils ne pouvaient pas faire appel de cette décision. Ils l’ont fait malgré tout. Il a fallu se défendre en justice contre des accusations selon lesquelles les publications de la Société Watch Tower étaient séditieuses. Au début des années 40, des Témoins ont été emprisonnés parce qu’ils distribuaient des publications qui expliquaient la Bible. C’est seulement en 1966 que les Témoins de Jéhovah ont été pleinement reconnus comme une organisation religieuse au Zimbabwe. Pendant plus de 40 ans, la moisson spirituelle s’était effectuée dans des conditions très pénibles, mais au cours de cette période de courageux ouvriers avaient amené plus de 11 000 personnes à devenir des serviteurs de Jéhovah Dieu.

Ils témoignent devant des gouverneurs et des rois

Jésus savait que ses disciples rencontreraient de l’opposition dans leur ministère. Il leur a dit qu’ils seraient livrés “aux tribunaux locaux”, et même traînés “devant des gouverneurs et des rois”, et que ce serait “en témoignage pour eux et pour les nations”. (Mat. 10:17, 18.) Les Témoins de Jéhovah ont été traités exactement comme Jésus l’avait prédit, et conformément à ses paroles ils se sont efforcés d’en profiter pour donner le témoignage.

Des hommes politiques ont permis à la crainte de les retenir de faire du bien aux disciples du Christ (Jean 12:42, 43). C’est ce que Llewelyn Phillips a constaté en 1948 lors d’entretiens privés avec un certain nombre d’hommes politiques au Congo belge, dans l’espoir d’améliorer le sort des Témoins persécutés dans ce pays. Il a expliqué les croyances et les activités des Témoins  de Jéhovah à ces hommes. Mais, durant la conversation, le gouverneur général a demandé d’un air songeur: “Et si je vous aide, que va-​t-​il m’arriver?” Il savait que l’Église catholique exerçait une grande influence dans le pays.

Par contre, le chef suprême de la nation swazi, le roi Sobhuza II, ne se souciait pas trop de ce que pensait le clergé. Il avait souvent discuté avec les Témoins de Jéhovah, possédait nombre de leurs publications et était bien disposé envers eux. Chaque année, le “Vendredi saint”, il invitait les ecclésiastiques africains à son kraal royal. Il les laissait parler, mais faisait également venir un Témoin de Jéhovah pour qu’il s’exprime. En 1956, le Témoin a parlé dans son exposé de la doctrine de l’immortalité de l’âme et des titres honorifiques des chefs religieux. Quand il a eu fini, le chef suprême a demandé aux ecclésiastiques: “Les affirmations des Témoins de Jéhovah sont-​elles vraies ou fausses? Si elles sont fausses, prouvez-​le.” Ils n’ont pas pu les réfuter. Un jour, le chef suprême a même éclaté de rire en voyant la mine consternée des chefs religieux qui écoutaient le Témoin.

C’était souvent la police que l’on faisait intervenir pour demander aux Témoins de justifier leur activité. Des Témoins de la congrégation de Tanger (Maroc) se rendaient régulièrement à Ceuta, un port appartenant à l’Espagne, mais situé sur la côte marocaine. En 1967, ils ont été arrêtés par la police et ont subi un interrogatoire de deux heures pendant lequel ils ont donné un excellent témoignage. À un certain moment, deux inspecteurs de police leur ont demandé s’ils croyaient en la “Vierge Marie”. Quand les Témoins leur ont répondu que d’après les Évangiles Marie a eu d’autres enfants après la naissance virginale de Jésus, des demi-frères et des demi-sœurs de Jésus, les policiers n’ont pas pu cacher leur surprise et ont dit qu’une telle chose ne pouvait pas être marquée dans la Bible. Quand les prédicateurs leur ont montré le passage de Jean 7:3-5, l’un d’eux l’a lu entièrement, sans un mot; l’autre a donc dit: “Donne-​moi cette Bible. Je vais l’expliquer, moi, ce texte!” Le premier lui a répondu: “Ne te fatigue pas. Ce texte est trop clair.” De nombreuses autres questions ont été examinées dans une atmosphère détendue. Après cet entretien, les autorités se sont rarement interposées lorsque les Témoins ont prêché dans cette région.

De hauts responsables politiques ont fini par bien connaître les Témoins de Jéhovah et leur ministère. Certains d’entre eux discernent que l’œuvre  accomplie par les Témoins est vraiment utile aux gens. Fin 1959, durant les préparatifs de l’indépendance du Nigeria, Nnamdi Azikiwe, le gouverneur général, a demandé que William Brown soit présent en qualité de représentant des Témoins de Jéhovah. Il a déclaré au Conseil des ministres: “Si toutes les dénominations religieuses ressemblaient aux Témoins de Jéhovah, nous ne verrions ni meurtres, ni cambriolages, ni délinquance, ni détenus, ni bombes atomiques. Les portes ne seraient pas fermées à clé du matin au soir.”

Une moisson spirituelle de grande envergure était en cours en Afrique. En 1975, 312 754 Témoins prêchaient la bonne nouvelle dans 44 pays de ce continent. Dans neuf de ces pays, moins de 50 personnes avaient pris position pour la vérité biblique et participaient à l’œuvre d’évangélisation. Mais la vie de chaque individu est précieuse aux yeux des Témoins. Dans 19 de ces pays, les prédicateurs qui prenaient part au ministère de maison en maison en qualité de Témoins de Jéhovah se comptaient par milliers. Certains pays signalaient un accroissement spectaculaire. En Angola, par exemple, entre 1970 et 1975, le nombre des Témoins était passé de 355 à 3 055. Au Nigeria, en 1975, il y avait 112 164 Témoins de Jéhovah. Et il ne s’agissait pas simplement de personnes qui appréciaient la lecture des publications de la Société Watch Tower ou qui assistaient de temps à autre aux réunions dans une Salle du Royaume. Tous étaient d’actifs prédicateurs du Royaume de Dieu.

L’Extrême-Orient produit des adorateurs de Jéhovah

Tout comme cela a été le cas dans de nombreuses autres régions de la terre, aux Philippines l’activité des Témoins de Jéhovah s’est rapidement développée après la Seconde Guerre mondiale. Après sa libération de prison le 13 mars 1945, Joseph Dos Santos est entré en contact au plus vite avec le bureau de la Société Watch Tower à New York. Il a demandé tous les manuels d’étude biblique et toutes les instructions concernant l’organisation de l’œuvre que les frères philippins n’avaient pu obtenir durant les hostilités. Puis il  a visité les congrégations pour les unifier et les fortifier. La même année s’est tenue une assemblée pour l’ensemble du pays à Lingayen, dans la province de Pangasinan. Au cours de cette assemblée, on a donné des instructions sur la façon d’enseigner les personnes affamées de vérité au moyen d’études bibliques à domicile. Dans les années qui ont suivi, on s’est efforcé de traduire et de publier davantage d’ouvrages dans les langues vernaculaires: tagalog, iloko et cebuano. Les fondements étaient jetés en vue de l’expansion, qui s’est produite rapidement.

Dix ans après la guerre, le nombre de Témoins aux Philippines était passé d’environ 2 000 à plus de 24 000. Trente ans après la guerre, ils étaient plus de 78 000 à louer Jéhovah dans ce pays.

Un des premiers pays d’Extrême-Orient à avoir accueilli des missionnaires formés à Galaad a été la Chine. Harold King et Stanley Jones sont arrivés à Shanghaï en 1947, Lew Ti Himm en 1949. Les trois pionniers allemands qui avaient commencé à prêcher en Chine en 1939 étaient là pour les recevoir. Dans ce pays, les gens étaient en majorité bouddhistes, et les discussions  bibliques n’éveillaient pas rapidement d’écho chez eux. On trouvait dans les foyers des sanctuaires et des autels. Des miroirs placés au-dessus des portes étaient censés éloigner les mauvais esprits. L’entrée des maisons était décorée d’affichettes rouges portant des inscriptions souhaitant “bonne chance” et d’effrayantes représentations de dieux bouddhiques. Mais la Chine était à l’époque le théâtre de grands changements. Sous la férule communiste, tout le monde était obligé d’étudier “la pensée de Mao Tsê-tung”. Après le travail, les gens devaient assister à de longues réunions où l’on dissertait sur le communisme. C’est dans ce contexte que nos frères ont continué à prêcher activement la bonne nouvelle du Royaume de Dieu.

Nombre de personnes désireuses d’étudier avec les Témoins de Jéhovah avaient entendu parler de la Bible par les Églises de la chrétienté. C’était le cas de Nancy Yuen, permanente de l’Église et mère de famille, qui a apprécié les enseignements que les Témoins lui ont fait découvrir dans la Bible. Avant longtemps, elle prêchait avec zèle de maison en maison et dirigeait elle-​même des études bibliques. Les Témoins prêchaient aussi à des personnes qui avaient reçu une éducation chinoise et bouddhique traditionnelle et ne connaissaient pas la Bible auparavant. En 1956, on a atteint un maximum de 57 proclamateurs. Toutefois, la même année, après avoir été arrêtée six fois parce qu’elle prêchait, Nancy Yuen a été emprisonnée. D’autres Témoins ont été appréhendés ou contraints de quitter le pays. Stanley Jones et Harold King ont été placés en détention le 14 octobre 1958. Ils ont été détenus deux ans avant de passer en jugement. Pendant cette période, ils ont subi d’incessants interrogatoires. Lorsqu’ils ont finalement comparu devant le tribunal en 1960, ils ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement. L’activité publique des Témoins de Jéhovah en Chine a ainsi reçu un coup d’arrêt en octobre 1958. Mais leur prédication n’a jamais été interrompue totalement. Même dans les prisons et dans les camps de travail, ils trouvaient toujours moyen de rendre témoignage. Un plus grand travail allait-​il s’effectuer à l’avenir dans cet immense pays? La réponse serait apportée en temps voulu.

Mais que se passait-​il au Japon à l’époque? Avant la Seconde Guerre mondiale, seuls une centaine de Témoins de Jéhovah y prêchaient. Beaucoup ont transigé avec leur foi pendant le conflit quand ils ont subi une répression sévère. Quelques-uns sont restés fidèles, mais la prédication organisée a cessé. Néanmoins, la proclamation du Royaume de Jéhovah a pris un nouveau départ dans cette partie du monde avec l’arrivée à Tokyo de Don Haslett, missionnaire formé à Galaad, en janvier 1949. Mabel, sa femme, a pu le rejoindre deux mois plus tard. De nombreuses personnes de ce territoire avaient faim de vérité. L’empereur avait renoncé à sa prétendue divinité. Le shinto, le bouddhisme, le catholicisme et le kyodan (formé de divers groupes protestants  japonais) qui avaient tous soutenu l’effort de guerre du Japon, avaient perdu leur crédit à la suite de la défaite.

À la fin de 1949, 13 missionnaires formés à l’École de Galaad étaient à l’œuvre au Japon. D’autres les ont rejoints, plus de 160 en tout. Ils disposaient de très peu de publications en japonais. Certains missionnaires venaient d’Hawaii, où ils avaient parlé un japonais archaïque, mais il leur fallait maintenant se mettre au langage moderne. Les autres avaient appris les rudiments de la langue, mais ont dû recourir souvent au dictionnaire anglais-​japonais, jusqu’à ce qu’ils la possèdent mieux. Avant longtemps, les familles Ishii et Miura, qui n’avaient pas renoncé à leur foi durant la guerre, ont renoué avec l’organisation et ont de nouveau pris part au ministère public.

Progressivement, des maisons de missionnaires ont été ouvertes à Kobe, Nagoya, Osaka, Yokohama, Kyōto et Sendai. De 1949 à 1957, on s’est avant tout efforcé d’organiser l’œuvre du Royaume dans les grandes villes de l’île principale du Japon. Puis les prédicateurs se sont déplacés dans d’autres villes. Le territoire était immense. Il était clair que s’il fallait donner le témoignage à fond à tous les Japonais, il faudrait beaucoup de pionniers. On a mis l’accent sur cette idée, beaucoup se sont portés volontaires, et les efforts unis de ces ministres courageux ont été merveilleusement récompensés! La première décennie a été marquée par une “moisson” de 1 390 adorateurs de Jéhovah. Au milieu des années 70, on comptait 33 480 proclamateurs qui louaient Jéhovah avec zèle dans tout le Japon. Et l’œuvre de rassemblement s’accélérait.

En 1949, l’année où Don Haslett est arrivé au Japon, l’œuvre du Royaume a aussi reçu une impulsion vigoureuse en République de Corée. La Corée avait été sous la domination du Japon pendant la guerre mondiale, et les Témoins avaient été cruellement persécutés. Après la guerre, un petit groupe se réunissait pour étudier; mais il n’avait aucune nouvelle de l’organisation internationale des Témoins, jusqu’à ce qu’un jour de 1948, Choi Young-won lise un article sur les Témoins de Jéhovah dans un journal de l’armée américaine, Stars and Stripes. L’année suivante, une congrégation composée de 12 proclamateurs a été formée à Séoul. Quelque temps après, la même année, sont arrivés les premiers missionnaires de l’École de Galaad, Don et Earlene Steele. Sept mois plus tard, six autres missionnaires ont suivi.

Ils enregistraient d’excellents résultats: en moyenne 20 études bibliques chacun, et une assistance aux réunions qui s’élevait parfois à 336 personnes. Puis la guerre de Corée a éclaté. À peine trois mois après l’arrivée du dernier groupe de missionnaires, ils ont tous dû partir au Japon. Don Steele n’a pu revenir à Séoul que plus d’un an après, et Earlene a dû attendre encore un an avant de pouvoir le rejoindre. Dans l’intervalle, les Témoins coréens étaient restés fermes et avaient prêché  avec zèle, bien que certains aient perdu leur maison et que beaucoup aient dû fuir. Les hostilités étant maintenant terminées, on s’est attaché à produire davantage de publications en coréen. On a organisé des assemblées, et fait venir d’autres missionnaires pour imprimer de l’élan à l’œuvre. En 1975, il y avait 32 693 Témoins de Jéhovah en République de Corée, presque autant qu’au Japon, et on pouvait s’attendre à un fort accroissement, car ils dirigeaient plus de 32 000 études bibliques.

Quelle était la situation en Europe?

En Europe, une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, les Témoins de Jéhovah n’ont pas pour autant été totalement libres d’accomplir leur œuvre d’enseignement biblique sans rencontrer d’opposition. En certains endroits, les autorités les respectaient à cause de la position ferme qu’ils avaient adoptée durant le conflit. Mais ailleurs, les persécutions se sont poursuivies en raison d’un nationalisme exacerbé et de l’animosité religieuse.

Parmi les Témoins qui servaient en Belgique, certains étaient venus d’Allemagne pour prêcher la bonne nouvelle. Comme ils n’avaient pas voulu soutenir le régime nazi, la Gestapo les avait traqués comme des bêtes. Mais ensuite, des fonctionnaires belges ont accusé quelques-uns de ces mêmes Témoins d’être des nazis, et les ont fait incarcérer ou expulser. Cela n’a pas empêché le nombre des Témoins qui participaient au ministère en Belgique de tripler largement dans les cinq années qui ont suivi la guerre.

Qui était la plupart du temps l’instigatrice des persécutions? L’Église catholique. Là où elle avait assez d’influence, elle s’efforçait constamment d’enrayer l’œuvre des Témoins de Jéhovah.

Comme beaucoup d’Occidentaux craignaient le communisme, en 1948, le clergé catholique de Cork, en Irlande, a suscité de l’opposition aux Témoins de Jéhovah en les qualifiant de “diables communistes”. Fred Metcalfe a fait les frais de cette campagne: un jour qu’il prêchait, il a eu affaire à une foule qui l’a frappé à coups de poing et de pied et a éparpillé dans la rue ses publications bibliques. Heureusement, un policier est arrivé et a dispersé la populace. Malgré ces attaques, les Témoins ont persévéré dans leur activité. Tous les Irlandais n’approuvaient pas la violence. Par la suite, même certains de ceux qui s’y étaient livrés l’ont regretté. La plupart des catholiques irlandais n’avaient jamais vu de Bible. Mais, avec patience et bienveillance, les Témoins en ont aidé quelques-uns à se saisir de la vérité qui libère. — Jean 8:32.

 Les Témoins italiens n’étaient qu’une centaine en 1946, mais trois ans plus tard, ils étaient déjà répartis en 64 congrégations, petites certes, mais très actives. Le clergé s’en est inquiété. Incapable de réfuter les vérités bibliques prêchées par les Témoins de Jéhovah, le clergé catholique a talonné les autorités gouvernementales dans le but de se débarrasser d’eux. C’est pourquoi, en 1949, les missionnaires Témoins de Jéhovah ont été expulsés d’Italie.

Les ecclésiastiques catholiques ont très souvent cherché à interrompre les assemblées des Témoins en Italie ou à empêcher qu’elles se tiennent. À Sulmona, en 1948, ils ont envoyé des perturbateurs pour tenter de mettre fin à une assemblée. En 1950, à Milan, ils ont usé de pressions sur le chef de la police pour faire annuler une assemblée prévue au Teatro dell’Arte. En 1951, de nouveau, ils ont demandé à la police d’annuler l’assemblée de Cerignola. Mais en 1957, quand la police a interdit une assemblée des Témoins à Milan, la presse s’en est offusquée, et des questions ont été soulevées au Parlement. L’hebdomadaire romain Il Mondo du 30 juillet 1957 n’a pas hésité à écrire que cette décision avait été prise “pour satisfaire l’archevêque”, Giovanni Battista Montini, qui est devenu plus tard le pape Paul VI. L’Église catholique était connue pour avoir interdit pendant des siècles la diffusion de la Bible dans les langues communes. En revanche, les Témoins de Jéhovah persistaient à faire voir aux catholiques sincères ce que dit la Bible. Le contraste entre la Bible et le dogme de l’Église était flagrant. Les efforts intenses de l’Église catholique n’ont pas empêché des milliers de personnes de la quitter, et, en 1975, on comptait 51 248 Témoins de Jéhovah en Italie. Tous étaient des  évangélisateurs actifs, et leur nombre augmentait rapidement.

En Espagne, pays catholique, lorsque l’activité organisée des Témoins de Jéhovah a progressivement repris en 1946, le clergé a, comme il fallait s’y attendre, usé de son influence sur les autorités pour tenter de les réduire au silence. Les réunions étaient perturbées. Les missionnaires ont été contraints de quitter le pays. Des Témoins ont été arrêtés pour le seul motif qu’ils possédaient la Bible ou des publications bibliques. Ils étaient souvent détenus jusqu’à trois jours dans des prisons répugnantes de saleté, puis relâchés, avant d’être de nouveau arrêtés, interrogés et emprisonnés. Beaucoup ont été condamnés à des peines d’emprisonnement d’un mois ou plus. Les prêtres ont demandé aux autorités de traquer sans merci quiconque étudierait la Bible avec les Témoins de Jéhovah. Même quand la loi garantissant la liberté religieuse a été adoptée en 1967, la situation ne s’est améliorée que lentement. Il n’empêche qu’en 1970, lorsque les Témoins de Jéhovah ont finalement obtenu la reconnaissance officielle de leur œuvre en Espagne, ils étaient déjà plus de 11 000. Et cinq ans plus tard, ils étaient plus de 30 000, tous des évangélisateurs actifs.

Quelle était la situation au Portugal? Ce pays a également expulsé les missionnaires. Poussée par le clergé catholique, la police perquisitionnait au domicile des Témoins de Jéhovah, saisissait leurs publications bibliques, et interrompait leurs réunions. En janvier 1963, à Caldas da Rainha, le commandant de la police de sûreté publique a même publié un arrêté leur interdisant ‘d’exercer leurs activités de lecture de la Bible’. Mais les Témoins n’ont pas cessé de servir Dieu pour autant. Quand l’œuvre a été reconnue officiellement au Portugal en 1974, ils étaient plus de 13 000.

Dans d’autres pays d’Europe, les autorités ont fait obstacle à la prédication de la bonne nouvelle en assimilant la distribution de publications bibliques à une activité commerciale, tombant sous le coup des lois relatives au commerce. Dans plusieurs cantons suisses, on a appliqué la réglementation sur la mendicité à la distribution de publications en échange de contributions volontaires. Comme les Témoins de Jéhovah poursuivaient leur activité, ils ont connu de multiples arrestations et procès. Néanmoins, quand les affaires ont été portées devant la justice, certaines instances, dont la Haute Cour du canton de Vaud, en 1953, ont estimé que l’activité des Témoins de Jéhovah ne pouvait raisonnablement être assimilée à de la mendicité. Pendant ce temps, au Danemark, certaines autorités cherchaient à restreindre la diffusion  des publications en la limitant aux heures légales d’ouverture des magasins. Là aussi, les Témoins ont dû faire valoir leurs droits devant les tribunaux. Malgré les obstacles, les Témoins de Jéhovah ont continué à proclamer que le Royaume de Dieu est le seul espoir de l’humanité.

En Europe, tout comme dans d’autres parties de la terre, les Témoins de Jéhovah ont rencontré d’autres difficultés, dues cette fois à la neutralité chrétienne. Leur conscience de chrétiens ne leur permettant pas de participer aux conflits du monde, ils ont été emprisonnés dans un pays après l’autre (És. 2:2-4). Cela a empêché de jeunes hommes de prêcher régulièrement de maison en maison. Mais la situation a aussi eu des effets positifs, car un grand témoignage a été donné à des avocats, à des juges, à des officiers et à des gardiens de prison. Même derrière les barreaux, les Témoins ont trouvé moyen de prêcher. Si dans certaines prisons les frères étaient traités durement, ils ont connu un meilleur sort dans d’autres: à la prison de Santa Catalina, à Cadix (Espagne), il leur était possible de consacrer une partie de leur temps à la prédication par courrier. En Suède, on a beaucoup parlé de la façon dont la justice traitait les affaires concernant la neutralité des Témoins de Jéhovah. Ainsi, de diverses façons, il était devenu notoire que Jéhovah a bien des Témoins sur la terre et que ceux-ci adhèrent fermement aux principes bibliques.

Mais il est une autre chose qui a largement contribué à faire connaître les Témoins, et a communiqué une impulsion supplémentaire à leur œuvre d’évangélisation.

Les assemblées contribuent au témoignage

À l’occasion de l’assemblée internationale des Témoins de Jéhovah organisée en France, à Paris, en 1955, les journaux télévisés ont informé toute la nation de l’événement. En 1969, une autre assemblée s’est tenue près de Paris, durant laquelle il a été manifeste que le ministère des Témoins portait du fruit. En cette occasion, 3 619 personnes se sont fait baptiser, soit environ 10 % des assistants. À ce propos, voici ce que l’on pouvait lire dans le quotidien France-Soir du 6 août 1969: “Plus que leurs spectaculaires moyens de diffusion, c’est le prosélytisme des Témoins de Jéhovah qui inquiète les clergés des autres religions; chaque Témoin de Jéhovah se doit en effet de ‘témoigner’ sa foi en faisant du ‘porte-à-porte biblique’.”

Ce même été de 1969, en l’espace de trois semaines, quatre autres grandes  assemblées se sont tenues en Europe: à Londres, à Copenhague, à Rome et à Nuremberg. L’assemblée de Nuremberg a réuni 150 645 personnes venues de 78 pays. Outre les avions et les bateaux, il a fallu environ 20 000 voitures, 250 autobus et 40 trains spéciaux pour les amener sur les lieux de cette assemblée.

Non seulement ces assemblées ont fortifié et équipé les Témoins de Jéhovah en vue de leur ministère, mais elles ont aussi donné aux gens l’occasion de constater par eux-​mêmes qui sont réellement les Témoins de Jéhovah. En 1965, alors qu’une assemblée internationale était prévue à Dublin (Irlande), de fortes pressions religieuses ont été exercées pour tenter de faire obstacle au projet. Malgré tout, elle s’est déroulée comme prévu, et de nombreux habitants de Dublin ont logé ceux qui y assistaient. Quelles en ont été les répercussions? “On ne nous a pas dit la vérité sur vous”, a fait observer une des logeuses à l’issue de l’assemblée. “Les prêtres nous ont menti, mais maintenant que nous vous connaissons, nous serons toujours heureux de vous accueillir.”

Quand les gens parlent une autre langue

Ces dernières décennies, les Témoins de Jéhovah d’Europe ont dû relever un défi, celui de communiquer avec les ressortissants d’autres pays. La quête  de travail entraîne d’importants déplacements de population d’un pays à l’autre. Certaines villes d’Europe sont le siège de grandes institutions internationales dont le personnel ne parle pas forcément la langue du pays.

Bien sûr, dans certains pays, le multilinguisme est une réalité plus que séculaire. L’Inde, par exemple, compte 14 langues principales et peut-être un millier de langues secondaires et de dialectes. Plus de 700 langues seraient parlées en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais au Luxembourg, c’est particulièrement dans les années 60 et 70 que les Témoins ont noté qu’ils rencontraient dans leur territoire des ressortissants de plus de 30 pays, suivis avec le temps par au moins 70 autres nationalités. En Suède, un pays où à l’origine presque tout le monde parlait la même langue, on en parle aujourd’hui une centaine. Comment les Témoins de Jéhovah ont-​ils fait face à cette situation?

En premier lieu, il s’agissait souvent de s’enquérir simplement des origines de l’interlocuteur et d’essayer ensuite de lui procurer quelque publication dans sa langue. Au Danemark, on a produit des cassettes qui permettaient aux Turcs bien disposés d’entendre le message dans leur langue. La Suisse comptait de nombreux travailleurs immigrés italiens et espagnols. Au début, pour les aider, on avait habituellement recours à la méthode illustrée par le fait suivant: Rudolf Wiederkehr a essayé de donner le témoignage à un Italien, mais ils avaient du mal à se comprendre. Que faire? Notre frère a laissé à l’homme une Tour de Garde en italien. Malgré la barrière de la langue, frère Wiederkehr est retourné le voir. Il a commencé une étude biblique avec cet homme, sa femme, et leur fils âgé de 12 ans. Le manuel d’étude de frère Wiederkehr était en allemand, mais pour la famille il en avait apporté des exemplaires en italien. Quand son vocabulaire était insuffisant, il s’expliquait par gestes. Parfois, le garçon, qui apprenait l’allemand à l’école, servait d’interprète. Toute la famille a embrassé la vérité et s’est bientôt mise à la communiquer à autrui.

Des millions d’Espagnols, de Grecs, d’Italiens, de Portugais, de Turcs et de Yougoslaves se sont installés en Allemagne et dans d’autres pays. Pour les aider sur le plan spirituel, le plus efficace était d’employer leur langue maternelle. Rapidement, des Témoins se sont mis à apprendre les langues de ces travailleurs immigrés. En Allemagne, la filiale a organisé des cours de turc. Dans d’autres pays, les Témoins qui parlaient certaines langues ont été invités à s’installer dans des villes où l’on avait spécialement besoin de leurs services.

Certains de ces travailleurs venus de l’étranger n’avaient jamais rencontré de Témoins de Jéhovah, et exprimaient un vif intérêt pour les choses spirituelles. Ils étaient heureux que l’on s’efforce de leur venir en aide. On a formé de nombreuses congrégations d’expression étrangère. Par la suite, quelques-uns de ces travailleurs immigrés sont retournés dans leur pays pour déployer leur activité de prédication dans des régions où le message du Royaume de Dieu n’avait pas été très répandu.

 Une moisson abondante malgré les obstacles

Sur toute la terre, les Témoins de Jéhovah utilisent les mêmes méthodes pour prêcher. En Amérique du Nord, leur intense activité d’évangélisation dure depuis plus d’un siècle. Il n’est donc pas étonnant que cette partie du monde soit le théâtre d’une abondante moisson spirituelle. En 1975, on y dénombrait 624 097 Témoins de Jéhovah actifs, métropole des États-Unis et Canada confondus. Toutefois, la prédication en Amérique du Nord n’a pas été sans susciter d’opposition.

Bien que le gouvernement canadien ait levé l’interdiction qui pesait sur les Témoins de Jéhovah et leurs associations déclarées en 1945, cette décision n’a pas été suivie d’effets immédiats dans la province de Québec. En septembre 1945, des foules composées de catholiques s’en sont prises aux Témoins de Jéhovah à Châteauguay et à Lachine. Des Témoins ont été arrêtés et accusés de sédition pour avoir distribué des publications condamnant l’Église catholique. D’autres ont été emprisonnés pour avoir diffusé des publications bibliques qui n’avaient pas été approuvées par le chef de police. En 1947, 1 700 affaires impliquant des Témoins étaient instruites par les tribunaux du Québec.

Alors qu’on instruisait plusieurs affaires qui allaient faire jurisprudence, on a conseillé aux Témoins de prêcher l’Évangile sans publications, à l’aide de la Bible seule, une traduction catholique dans la mesure du possible. Des ministres à plein temps d’autres provinces du Canada se sont portés volontaires pour apprendre le français et s’installer au Québec afin d’y favoriser l’extension du vrai culte.

De nombreux catholiques sincères invitaient les Témoins à entrer chez eux et leur posaient des questions, tout en précisant souvent: “Je suis catholique et je ne changerai jamais de religion.” Mais des dizaines de milliers ont bel et bien changé de religion après avoir vu par eux-​mêmes ce que dit la  Bible, et en raison de leur amour de la vérité et de leur désir de plaire à Dieu.

De même aux États-Unis, les Témoins de Jéhovah ont dû faire valoir devant les tribunaux leur droit de prêcher en public et de maison en maison. Entre 1937 et 1953, 59 affaires impliquant les Témoins ont été portées jusque devant la Cour suprême, à Washington.

On s’intéresse aux territoires non attribués

L’objectif des Témoins de Jéhovah n’est pas simplement de prêcher la bonne nouvelle au petit bonheur, mais de faire connaître le message du Royaume au plus grand nombre. À cette fin, le Collège central des Témoins de Jéhovah a attribué à chaque filiale un territoire composé d’un ou plusieurs pays. Au fur et à mesure que des congrégations sont formées dans les pays confiés à une filiale, elles se voient à leur tour confier la responsabilité de prêcher dans une partie de ces pays. Ces congrégations divisent alors cette région en territoires qui peuvent être confiés à l’un ou à plusieurs des ministres chrétiens qui les composent. Ces derniers s’efforcent de rencontrer régulièrement chaque habitant. Mais qu’en est-​il des régions qui ne sont pas encore attribuées à une congrégation?

En 1951, on a recensé les comtés des États-Unis pour déterminer où les Témoins de Jéhovah ne passaient pas régulièrement. À l’époque, près de la moitié des comtés n’étaient parcourus qu’en partie, si ce n’est pas du tout. On a fait en sorte que des Témoins aillent prêcher dans ces régions durant les mois d’été ou à d’autres périodes favorables, avec l’objectif d’y former des congrégations. Quand les personnes n’étaient pas chez elles, ils laissaient parfois un feuillet exposant le message, ainsi qu’une publication biblique. Les études bibliques se faisaient par correspondance. Par la suite, on a envoyé des pionniers spéciaux dans ces territoires pour entretenir l’intérêt qui y avait été suscité.

Cette activité ne s’est pas limitée aux années 50. Partout dans le monde, dans des pays où l’on prêchait dans les grandes villes mais où certains territoires n’étaient pas attribués, on s’est appliqué à rencontrer les personnes qui n’entendaient pas régulièrement le message. En Alaska, dans les années 70, environ 20 % de la population vivait dans des villages difficiles d’accès. C’était en hiver, lorsque les activités de pêche étaient pour ainsi dire interrompues, qu’on y rencontrait le plus de personnes. Mais en cette saison il est risqué de se déplacer en avion, en raison du froid et du blizzard. Pourtant, il fallait offrir aux Esquimaux, aux Indiens et aux Aléoutes la possibilité de découvrir l’espérance de la vie éternelle sous la domination du Royaume de Dieu. Pour les rencontrer, un groupe de 11 Témoins s’est servi de petits avions pour atteindre, sur une période de deux ans, quelque 200 villages dispersés sur plus de 844 000 kilomètres carrés. Cette opération a été entièrement financée par les offrandes volontaires des Témoins de cette région.

Outre ces expéditions de prédication, on a encouragé les Témoins mûrs à s’installer dans des régions de leur pays où il y avait particulièrement besoin  de prédicateurs du Royaume. Des milliers ont répondu à l’appel. Parmi ceux qui l’ont fait aux États-Unis, citons Eugene et Delia Shuster, qui ont quitté l’Illinois en 1958 pour servir à Hope, dans l’Arkansas. Ils y sont restés plus de 30 ans pour rechercher les personnes bien disposées envers la vérité, les organiser en congrégation et les aider à croître vers la maturité chrétienne.

En réponse aux encouragements d’un surveillant de circonscription, Alexander Green et sa femme ont quitté en 1957 Dayton, dans l’Ohio, pour servir dans le Mississippi. Ils ont d’abord été nommés à Jackson, puis, deux ans plus tard, à Clarksdale. Par la suite, frère Green a servi dans cinq autres localités. Dans toutes se trouvaient de petites congrégations qui avaient besoin de soutien. Frère Green a subvenu à ses besoins en travaillant comme concierge, jardinier, restaurateur de meubles, mécanicien auto, etc. Mais sa principale occupation était la prédication de la bonne nouvelle. Il a encouragé les Témoins des villes où il s’est installé à progresser sur le plan spirituel, avec eux il a rencontré les habitants de leur territoire, et il les a souvent aidés à bâtir une Salle du Royaume avant de repartir.

En 1967, dans l’ouest des États-Unis, lorsque Gerald Cain est devenu Témoin, les membres de sa famille et lui ont compris que l’œuvre d’évangélisation était prioritaire. Avant même que l’un d’entre eux ne soit baptisé, ils sont partis servir là où il y avait particulièrement besoin de proclamateurs. Pendant quatre ans, ils ont collaboré avec la congrégation de Needles, en Californie, dont le territoire s’étendait sur trois États de l’Ouest américain. Quand, pour des raisons de santé, ils ont dû déménager, de nouveau ils ont élu domicile dans une région où il y avait grand besoin d’aide, et ont aménagé une partie de leur maison en Salle du Royaume. D’autres déménagements ont suivi, mais chaque fois ils ont avant tout regardé où leur contribution à la prédication serait la plus utile.

Les congrégations étant de plus en plus nombreuses, il était des régions où le manque d’anciens expérimentés se manifestait particulièrement. Pour faire face à ce besoin, des milliers d’anciens ont accepté de se déplacer régulièrement (et à leurs propres frais) dans des congrégations voisines. Ils étaient ainsi amenés à faire chaque semaine la navette trois, quatre ou cinq fois, si ce n’est plus, pour participer aux réunions de ces congrégations et à la prédication, de même que pour ‘faire paître le troupeau’. Cela ne s’est pas fait qu’aux États-Unis, mais aussi en Espagne, au Japon, aux Pays-Bas, au Salvador et dans de nombreux autres pays. Quelques anciens ont déménagé avec leur famille afin d’apporter ainsi leur concours.

Quels résultats ont été enregistrés? Considérons un pays en particulier. Aux États-Unis, en 1951, quand des dispositions ont été annoncées en vue de la prédication dans les territoires non attribués, il y avait quelque 3 000 congrégations comprenant en moyenne 45 proclamateurs. En 1975, on comptait 7 117 congrégations, et la moyenne de proclamateurs par congrégation était montée à près de 80.

 Le témoignage rendu au nom de Jéhovah et à son Royaume de 1945 à 1975 a atteint une ampleur inégalée jusqu’alors.

Le nombre des Témoins dans le monde est passé de 156 299 en 1945 à 2 179 256 en 1975. Chacun d’eux participait personnellement à la proclamation publique du Royaume de Dieu.

En 1975, les Témoins de Jéhovah étaient à l’œuvre dans 212 pays et territoires (selon la carte politique du monde au début des années 90). Aux États-Unis (métropole) et au Canada, ils étaient 624 097 à se dépenser dans le ministère. Venaient s’ajouter à ce chiffre 614 826 proclamateurs en Europe, ex-Union soviétique non comprise. Les 312 754 Témoins d’Afrique faisaient entendre le message biblique sur ce continent. Le Mexique, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud comptaient en tout 311 641 Témoins; l’Asie en comptait 161 598; l’Australie et les nombreuses îles du globe, 131 707.

Jusqu’en 1975, en l’espace de 30 ans, les Témoins de Jéhovah ont consacré 4 635 265 939 heures à prêcher en public et à enseigner. Ils ont distribué 3 914 971 158 livres, brochures et périodiques pour expliquer aux gens qui s’intéressaient au message comment bénéficier du dessein plein d’amour de Jéhovah. Conformément au commandement de Jésus enjoignant de faire des disciples, ils ont effectué 1 788 147 329 nouvelles visites chez des personnes bien disposées et, en 1975, ils ont dirigé en moyenne 1 411 256 études bibliques gratuites à domicile, avec des personnes en particulier ou avec des familles entières.

En 1975, la prédication de la bonne nouvelle avait atteint 225 pays et territoires. Des congrégations de Témoins zélés prospéraient notamment dans plus de 80 pays où la bonne nouvelle avait été entendue en 1945, mais où il n’existait pas de congrégations à l’époque. Parmi ces pays figuraient: la République de Corée, avec 470 congrégations; l’Espagne, avec 513; le Zaïre, avec 526; le Japon, avec 787; et l’Italie, avec 1 031.

Entre 1945 et 1975, l’immense majorité des personnes qui sont devenues Témoins de Jéhovah ne se disaient pas ointes de l’esprit de Dieu en vue de la vie céleste. Au printemps de 1935, le nombre des participants aux emblèmes lors du Repas du Seigneur représentait 93 % des proclamateurs (plus tard, la même année, on a compris que la “grande multitude” de Révélation 7:9 était une classe de personnes qui vivraient éternellement sur la terre). En 1945, le nombre des Témoins qui espéraient vivre sur une terre paradisiaque avait augmenté au point de représenter 86 % des proclamateurs de la bonne nouvelle. En 1975, ceux qui se disaient chrétiens oints de l’esprit représentaient moins de 0,5 % des Témoins de Jéhovah du monde. Bien que dispersés dans quelque 115 pays à l’époque, ces oints ont continué de servir unis comme un seul corps sous l’autorité de Jésus Christ.

[Entrefilet, page 463]

‘Depuis que vous êtes arrivés, tout le monde parle de la Bible.’

[Entrefilet, page 466]

“Ce que vous venez de me dire correspond à ce que j’ai lu dans la Bible il y a de nombreuses années.”

[Entrefilet, page 470]

Des milliers de Témoins sont allés s’installer dans d’autres régions de leur propre pays où le besoin était particulièrement grand.

[Entrefilet, page 472]

“Une inestimable récompense.”

[Entrefilet, page 475]

Des Témoins expérimentés ont été envoyés dans les pays où le besoin en prédicateurs était particulièrement grand.

[Entrefilet, page 486]

Au Nigeria, munis de puissants arguments bibliques, les Témoins de la première heure ont démasqué le clergé et dévoilé ses faux enseignements.

[Entrefilet, page 497]

Quand le vocabulaire était insuffisant, on s’expliquait par gestes.

[Entrefilet, page 499]

L’objectif? Faire connaître le message du Royaume au plus grand nombre.

[Encadré/Illustration, page 489]

On a déployé de grands efforts pour faire connaître la bonne nouvelle du Royaume de Jéhovah aux habitants de la Chine.

De Tche-fou, on a envoyé des milliers de lettres, de tracts et de livres entre 1891 et 1900.

En 1912, Charles Russell a pris la parole à Shanghaï, et s’est rendu dans 15 villes et villages.

Des colporteurs ont distribué de nombreuses publications au cours de leur activité le long de la côte chinoise et à l’intérieur du pays, de 1912 à 1918.

Des colporteurs japonais ont prêché ici, en 1930 et 1931.

Dans les années 30, à la suite d’émissions radiodiffusées en chinois à partir de Shanghaï, de Pékin et de Tientsin, des gens de nombreuses régions de Chine ont écrit pour demander des publications.

Dans les années 30 et 40, des pionniers originaires d’Australie et d’Europe ont prêché dans les villes suivantes: Shanghaï, Pékin, Tientsin, Qingdao, Beihaï, Tche-fou, Weihaï, Canton, Shantou, Amoy, Foutchéou, Wouhan et Nankin. D’autres sont venus par la route de Birmanie et ont prêché à Baoshan, à Tchoungking et à Tchengtou. Des pionniers chinois ont accompli leur activité au Chansi et à Ningbo.

[Illustration]

Des missionnaires de Galaad, comme Stanley Jones (à gauche) et Harold King (à droite), ont prêché ici de 1947 à 1958 aux côtés de Témoins chinois pleins de zèle.

[Carte]

CHINE

[Carte/Illustrations, page 462]

Le “Sibia” a servi de maison de missionnaires flottante aux Antilles.

G. Maki

S. Carter

R. Parkin

A. Worsley

[Carte]

(Voir la publication)

BAHAMAS

ÎLES SOUS-LE-VENT

ÎLES VIERGES (U.S.A.)

ÎLES VIERGES(G.-B.)

ÎLES DU VENT

[Carte, page 477]

(Voir la publication)

En Afrique, les eaux salvatrices de la vérité ont débordé des frontières et se sont répandues dans de nombreuses directions.

AFRIQUE DU SUD

GHANA

KENYA

MALAWI

NIGERIA

SIERRA LEONE

ZAMBIE

[Illustrations, page 464]

Quand ils sont arrivés comme missionnaires en Bolivie, Edward Michalec (à gauche) et Harold Morris (à droite) ont tout d’abord prêché ici, à La Paz.

[Illustration, page 465]

Le bateau “El Refugio”, construit par des Témoins du Pérou, a servi à communiquer le message du Royaume sur les rives du cours supérieur de l’Amazone.

[Illustration, page 467]

Au Mexique, les cours d’alphabétisation donnés par les Témoins ont permis à des dizaines de milliers de personnes de lire la Parole de Dieu.

[Illustration, page 468]

Frère Knorr (au premier plan à droite) a tenu de petites assemblées dans des fermes et dans les montagnes avec les Témoins argentins à l’époque où ils n’étaient pas libres de se réunir plus ouvertement.

[Illustration, page 469]

Parmi les milliers de Témoins qui sont partis à l’étranger pour servir là où le besoin était particulièrement grand, certains avaient une famille; c’est le cas de Harold et Anne Zimmerman, photographiés ici avec leurs quatre jeunes enfants (en Colombie).

[Illustration, page 471]

En réponse à un appel de volontaires, Tom et Rowena Kitto sont allés en Papouasie pour y enseigner la vérité biblique.

[Illustration, page 471]

John et Ellen Hubler, suivis de 31 autres Témoins, se sont rendus en Nouvelle-Calédonie. Quand ils ont dû quitter cette île, une congrégation y avait été solidement établie.

[Illustration, page 473]

Dans sa jeunesse, aux Samoa occidentales, Fuaiupolu Pele a été mis à rude épreuve par sa famille et son entourage quand il a décidé de devenir Témoin de Jéhovah.

[Illustration, page 474]

Quand Shem Irofaʼalu et ses collaborateurs ont acquis la conviction que l’enseignement des Témoins est réellement véridique, ils ont transformé en Salles du Royaume les églises de 28 villages des îles Salomon.

[Illustrations, page 476]

Pour pouvoir prêcher en Éthiopie au début des années 50, les Témoins ont dû ouvrir une mission et donner des cours.

[Illustration, page 478]

Alors qu’il était menacé d’expulsion, Gabriel Paterson (ici en photo) a été rassuré en ces termes par une haute personnalité: ‘La vérité ressemble à un torrent; endiguez-​le et il submergera ses digues.’

[Illustrations, page 479]

En 1970, à une assemblée tenue au Nigeria, 3 775 nouveaux Témoins ont été baptisés; on a pris des dispositions pour s’assurer que chacun remplissait bien les conditions requises.

[Illustrations, page 481]

Des projections de films (en Afrique, et dans le monde entier) ont donné aux gens un aperçu de l’organisation visible de Jéhovah et de son envergure.

[Illustration, page 482]

João Mancoca (ici avec sa femme, Mary) a servi fidèlement Jéhovah pendant des dizaines d’années dans des conditions très pénibles.

[Illustration, page 483]

En 1961, Ernest Heuse et sa famille ont pu entrer au Zaïre (appelé Congo à l’époque) pour contribuer à l’édification spirituelle des personnes sincèrement désireuses de servir Jéhovah.

[Illustrations, page 485]

Alors qu’elle était baptisée depuis un an seulement et qu’elle ne connaissait pas d’autres Témoins au Kenya, Mary Whittington s’est mise à aider autrui à découvrir la vérité.

[Illustration, page 487]

Mary Nisbet (au milieu au premier plan), entre ses fils Robert et George, qui ont été pionniers en Afrique orientale dans les années 30, et (à l’arrière-plan) son fils William et sa femme Muriel, qui ont prêché en Afrique orientale de 1956 à 1973.

[Illustrations, page 488]

Au cours d’une assemblée tenue aux Philippines en 1945, on a donné des conseils sur la façon d’enseigner par le moyen d’études bibliques à domicile.

[Illustrations, page 490]

Don et Mabel Haslett, premiers missionnaires au Japon après la guerre, en train de donner le témoignage dans les rues.

[Illustration, page 491]

Lloyd Barry (à droite) a été au Japon pendant 25 ans, d’abord comme missionnaire, puis comme surveillant de la filiale.

[Illustration, page 491]

Don et Earlene Steele, premiers d’une longue liste de missionnaires qui ont été envoyés en République de Corée.

[Illustration, page 492]

Par le passé, il est arrivé que des foules prennent à partie Fred Metcalfe quand il essayait de prêcher la Bible en Irlande; mais à partir du moment où les Irlandais se sont donné la peine d’écouter, des milliers sont devenus Témoins de Jéhovah.

[Illustration, page 493]

Malgré l’opposition du clergé, des milliers de personnes se sont retrouvées lors des assemblées tenues par les Témoins en Italie (Rome, 1969).

[Illustration, page 494]

Quand l’œuvre était interdite, les réunions avaient souvent lieu dans la campagne, sous la forme de pique-niques, comme ici au Portugal.

[Illustrations, page 495]

Les Témoins emprisonnés à Cadix, en Espagne, ont continué de prêcher par courrier.

[Illustrations, page 496]

De grandes assemblées ont donné aux gens l’occasion de constater par eux-​mêmes qui sont réellement les Témoins de Jéhovah.

Paris, France (1955).

Nuremberg, Allemagne (1955).

[Illustrations, page 498]

Pour permettre à tous les habitants du Luxembourg d’entendre la bonne nouvelle, les Témoins ont dû utiliser des publications dans les langues parlées dans une centaine de pays.