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Partie 1 — Témoins jusque dans la partie la plus lointaine de la terre

Partie 1 — Témoins jusque dans la partie la plus lointaine de la terre

 Chapitre 22

Partie 1 — Témoins jusque dans la partie la plus lointaine de la terre

Ici s’ouvre un chapitre en cinq parties qui raconte comment l’activité des Témoins de Jéhovah s’est étendue autour du globe. La première partie, qui va des années 1870 à l’année 1914, occupe les pages 404 à 422. La société humaine ne s’est jamais remise des convulsions provoquées par la Première Guerre mondiale, qui a débuté en 1914. Les Étudiants de la Bible avaient depuis longtemps annoncé que cette année correspondrait à la fin des temps des Gentils.

AVANT de monter au ciel, Jésus Christ a confié à ses apôtres une mission: “Vous serez mes témoins (...) jusque dans la partie la plus lointaine de la terre.” (Actes 1:8). Il avait également annoncé: “Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée par toute la terre habitée, en témoignage pour toutes les nations.” (Mat. 24:14). Cette œuvre n’a pas été achevée au Ier siècle. C’est principalement à notre époque qu’elle s’est accomplie. L’historique de cette activité des années 1870 à nos jours est tout simplement passionnant.

Charles Russell s’est fait connaître du public par ses discours bibliques qui faisaient l’objet de campagnes d’annonce, mais en fait il n’était pas tant attiré par de larges auditoires que par les gens eux-​mêmes. C’est ainsi que, peu après avoir lancé La Tour de Garde en 1879, il a entrepris de nombreux voyages pour rencontrer de petits groupes de lecteurs de ce périodique et pour discuter des Écritures avec eux.

Charles Russell pressait ceux qui croyaient aux précieuses promesses de la Parole de Dieu de les faire connaître à autrui. Ceux dont le cœur était profondément touché par ce qu’ils apprenaient s’y sont employés avec un zèle remarquable. Pour faciliter leur tâche, des imprimés étaient mis à leur disposition. Au début de 1881 ont été publiés plusieurs tracts. Leur contenu a ensuite été refondu, avec des renseignements plus détaillés, pour constituer la brochure Food for Thinking Christians (Nourriture pour les chrétiens réfléchis), dont 1 200 000 exemplaires ont été distribués. Mais comment cette poignée d’Étudiants de la Bible (peut-être une centaine à l’époque) a-​t-​elle pu en distribuer autant?

 On s’intéresse aux pratiquants

Certaines brochures ont été remises à des proches ou à des amis. Des journaux ont accepté d’en envoyer un exemplaire à chacun de leurs abonnés (on a principalement sollicité les hebdomadaires et les mensuels, pour que de nombreux habitants des campagnes reçoivent Nourriture pour les chrétiens réfléchis). Mais la plupart des brochures ont été distribuées quelques dimanches de suite devant des églises aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Les Étudiants de la Bible n’étaient pas assez nombreux pour s’en charger seuls; ils ont donc loué les services d’autres personnes.

Frère Russell a envoyé deux de ses associés, J. Sunderlin et J. Bender, en Grande-Bretagne, pour y diriger la distribution de 300 000 exemplaires de la brochure. Frère Sunderlin s’est rendu à Londres, tandis que frère Bender s’est rendu plus au nord, en Écosse, puis est redescendu par étapes vers le sud. Les frères s’intéressaient surtout aux grandes villes. Ils recherchaient par petites annonces des hommes capables et les chargeaient par contrat de trouver suffisamment d’assistants pour distribuer la quantité de brochures qui leur était allouée. Près de 500 porteurs ont été recrutés sur la seule ville de Londres. En seulement deux dimanches consécutifs, la tâche était accomplie.

La même année, des dispositions ont été prises pour que des Étudiants de  la Bible en mesure de consacrer la moitié de leur temps ou plus à l’œuvre du Seigneur soient colporteurs et distribuent des manuels d’étude biblique. Ces précurseurs des pionniers d’aujourd’hui ont assuré à la bonne nouvelle une diffusion extraordinaire.

Au cours de la décennie suivante, frère Russell a préparé un éventail de tracts permettant de diffuser facilement les remarquables vérités bibliques qui avaient déjà été comprises. Il a aussi écrit plusieurs tomes de L’Aurore du Millénium (ouvrage appelé plus tard Études des Écritures). Il a ensuite entrepris des voyages d’évangélisation à l’étranger.

Russell se rend à l’étranger

En 1891, il s’est rendu au Canada, où l’intérêt suscité à partir de 1880 a permis de rassembler 700 personnes à Toronto. Il est également allé en Europe en 1891 pour déterminer ce qui pouvait être fait en vue d’une plus grande diffusion de la vérité dans ces régions. Son voyage l’a conduit en Irlande, en Écosse, en Angleterre, dans de nombreux pays du continent européen, en Russie (dans l’actuelle Moldavie) et au Proche-Orient.

Quelles conclusions a-​t-​il tirées de ce voyage? Il a écrit: “Il semble n’y avoir aucune opportunité ou facilité pour la vérité en Russie (...) ni le moindre espoir d’une moisson en Italie, en Turquie, en Autriche ou en Allemagne. Mais la Norvège, la Suède, le Danemark, la Suisse et particulièrement l’Angleterre, l’Irlande et l’Écosse sont des champs mûrs qui attendent la moisson. Ces champs semblent crier: ‘Venez nous aider’!” À l’époque, l’Église catholique interdisait toujours de lire la Bible, de nombreux protestants délaissaient leurs temples et beaucoup de gens, déçus par les Églises, rejetaient complètement les Écritures.

Pour aider ces personnes affamées sur le plan spirituel, des efforts intensifs ont été déployés après le voyage de frère Russell en 1891 pour traduire les publications dans les langues parlées en Europe. Pour que les publications soient plus faciles à obtenir en Grande-Bretagne, des dispositions ont aussi été prises pour leur impression et leur stockage à Londres. Le “champ” britannique était effectivement mûr pour la moisson. Vers 1900, on y comptait déjà neuf congrégations et 138 Étudiants de la Bible, dont quelques colporteurs zélés. Quand frère Russell est retourné en Grande-Bretagne en 1903, un millier de personnes se sont réunies à Glasgow pour l’écouter parler des “Espérances et perspectives du Millénium”, 800 se sont rassemblées à Londres, et dans d’autres villes l’assistance a oscillé entre 500 et 600 personnes.

En Italie, par contre, et conformément aux remarques de frère Russell, ce n’est que 17 ans après sa visite que la première congrégation des Étudiants de la Bible a été formée à Pinerolo. Et en Turquie? À la fin des années 1880, Basil Stephanoff avait prêché en Macédoine, dans ce qui était à l’époque la Turquie européenne. Il avait apparemment suscité de l’intérêt, mais de soi-disant frères l’ont accusé faussement et il a été emprisonné. Ce n’est qu’en 1909 qu’un ressortissant grec habitant Smyrne (aujourd’hui Izmir), en Turquie, a indiqué  dans une lettre qu’un groupe de cette ville appréciait l’étude des publications de la Watch Tower. Pour ce qui est de l’Autriche, frère Russell est retourné à Vienne en 1911 pour y prononcer un discours, mais la réunion a été interrompue par des manifestants. En Allemagne aussi, l’intérêt ne s’est manifesté que lentement. Les Scandinaves, par contre, semblaient plus conscients de leurs besoins spirituels.

Le message se répand parmi les Scandinaves

De nombreux Suédois vivaient en Amérique. En 1883, on a traduit à leur intention un numéro de La Tour de Garde en suédois. Très vite, des Suédois d’Amérique ont fait parvenir par la poste des exemplaires de ce périodique à leurs amis et à leurs proches en Suède. Aucune publication n’avait encore été imprimée en norvégien. Toutefois, en 1892, l’année suivant le voyage de frère Russell en Europe, Knud Pederson Hammer, Norvégien qui avait connu la vérité en Amérique, est retourné en Norvège pour donner le témoignage à sa famille.

Puis, en 1894, alors que l’on commençait à produire des publications en dano-norvégien, Sophus Winter, Américain d’origine danoise de 25 ans, a été envoyé au Danemark pour les y diffuser. Au printemps de l’année suivante, il avait distribué 500 tomes de L’Aurore du Millénium. Avant longtemps, quelques personnes qui avaient lu ces publications se sont jointes à lui dans  l’activité. Malheureusement, il a plus tard perdu conscience de la valeur de son privilège; mais d’autres ont continué à faire briller leur lumière.

Néanmoins, avant d’abandonner son service, Winter a déployé pendant quelque temps l’activité de colporteur en Suède. Peu après, sur l’île de Sturkö, August Lundborg, jeune capitaine de l’Armée du Salut, a vu chez un ami deux tomes de L’Aurore du Millénium. Il les lui a empruntés, les a lus avec empressement, a quitté l’Église et s’est mis à parler de ce qu’il avait appris. Un autre jeune homme, P. Johansson, a eu les yeux dessillés par un tract trouvé sur un banc, dans un jardin public.

Le groupe suédois grossissait; certains se sont alors rendus en Norvège pour y diffuser des publications bibliques. Mais auparavant, des publications, envoyées par des résidents américains, étaient déjà entrées dans le pays. C’est par ce moyen que Rasmus Blindheim en est venu à servir Jéhovah. Entre autres Norvégiens, Theodor Simonsen, pasteur de la Mission libre, a connu la vérité dans les premières années de l’œuvre. Il s’est mis à réfuter l’enseignement de l’enfer de feu dans ses sermons de la Mission libre. Les paroissiens étaient tout excités, tant ces explications leur semblaient merveilleuses, mais quand il est devenu notoire qu’il avait pris connaissance de “L’Aurore du Millénium”, il a été destitué. Il a toutefois continué à parler des bonnes choses qu’il avait apprises. Un jeune homme, Andreas Øiseth, est entré en possession de publications. Lorsqu’il a acquis la certitude d’avoir trouvé la vérité, il a quitté l’exploitation familiale et il est devenu colporteur. Il prêchait avec méthode, n’oubliant aucune localité en montant vers le nord, puis redescendait le long des fjords. En hiver, il transportait nourriture, vêtements et publications sur un traîneau, et des gens hospitaliers lui offraient un toit. En huit ans de voyage, il a prêché la bonne nouvelle dans presque tout le pays.

En 1906, Ebba, la femme d’August Lundborg, s’est rendue de Suède en Finlande pour y accomplir l’activité de colporteur. À peu près à la même époque, des hommes qui revenaient des États-Unis ont apporté dans leurs bagages des publications de la Société Watch Tower et se sont mis à parler de ce qu’ils apprenaient. C’est ainsi que quelques années plus tard Emil Österman, qui n’était pas satisfait de l’enseignement des Églises, a eu entre les mains Le divin Plan des Âges. Il en a parlé à son ami Kaarlo Harteva, qui lui aussi cherchait la vérité. Conscient de la valeur de cet ouvrage, Harteva l’a traduit en finnois et, avec le soutien financier d’Österman, il l’a fait publier. Ils ont alors tous deux entrepris de le diffuser. Animés par un authentique esprit d’évangélisation, ils  s’adressaient aux gens dans les lieux publics, se rendaient de maison en maison et prononçaient des discours devant des salles combles. À Helsinki, après avoir dénoncé les fausses doctrines de la chrétienté, frère Harteva a mis au défi les auditeurs de défendre la croyance en l’immortalité de l’âme à l’aide de la Bible. Tous les regards se sont tournés vers un ecclésiastique qui était présent. Personne n’a répondu; pas un n’a su réfuter la déclaration explicite d’Ézéchiel 18:4. Certains ont raconté qu’ils ont eu du mal à dormir cette nuit-​là à cause de ce qu’ils avaient entendu.

Un humble jardinier devient évangélisateur en Europe

Entre-temps, Adolf Weber, sur le conseil d’une amie anabaptiste déjà âgée, a quitté la Suisse pour les États-Unis dans l’espoir d’y trouver une meilleure compréhension des Écritures. C’est là qu’il a répondu à une petite annonce et est devenu le jardinier de frère Russell. Grâce au Divin Plan des Âges (déjà traduit en allemand) et aux réunions tenues par frère Russell, Adolf a acquis la connaissance biblique qu’il recherchait, et il s’est fait baptiser en 1890. Les ‘yeux de son cœur ont été éclairés’ et il a pleinement compris quelles perspectives s’offraient à lui (Éph. 1:18). Après avoir donné avec zèle le témoignage pendant quelque temps aux États-Unis, il est retourné dans sa terre natale pour travailler “dans la vigne du Seigneur”. C’est ainsi qu’au milieu des années 1890 il était de retour en Suisse et communiquait la vérité biblique aux personnes réceptives.

Adolf gagnait sa vie en travaillant comme jardinier et forestier, mais ce qui comptait le plus pour lui, c’était l’œuvre d’évangélisation. Il prêchait à ses collègues de travail ainsi qu’aux habitants des villes et villages suisses des environs. Il parlait plusieurs langues et en a profité pour traduire en français des publications de la Société. À l’approche de l’hiver, il remplissait son sac à dos de publications bibliques et partait à pied pour la France, poussant parfois vers le nord jusqu’en Belgique et vers le sud jusqu’en Italie.

Afin de toucher les gens qu’il ne pouvait rencontrer personnellement, il faisait paraître des annonces dans des journaux et des périodiques pour proposer les manuels d’étude biblique disponibles. Élie Thérond, qui habitait le centre de la France, a répondu à une de ces annonces, a reconnu l’accent de la vérité et s’est rapidement mis à propager le message. De même, en Belgique,  Jean-Baptiste Tilmant père a lu une annonce en 1901 et a commandé deux tomes de L’Aurore du Millénium. Il a été émerveillé de découvrir la vérité biblique exposée si clairement! Il n’a pas pu s’empêcher d’en parler à ses amis. L’année suivante, un groupe d’étude se réunissait régulièrement chez lui. Peu après, l’activité de ce petit groupe portait du fruit, même dans le nord de la France. Frère Weber a gardé le contact avec ces chrétiens et a rendu périodiquement des visites aux différents groupes qui se formaient pour les édifier sur le plan spirituel et leur donner des instructions sur la façon de communiquer la bonne nouvelle à autrui.

La bonne nouvelle parvient en Allemagne

Quelque temps après la parution de publications en allemand, dans le milieu des années 1880, des Américains d’origine allemande qui appréciaient ces ouvrages ont commencé à en envoyer à leurs proches restés au pays. Une infirmière de l’hôpital de Hambourg a remis des exemplaires de L’Aurore du Millénium à des personnes qu’elle côtoyait dans l’établissement. En 1896, en Suisse, Adolf Weber a fait paraître des annonces dans des journaux publiés en allemand et a envoyé par la poste des tracts en Allemagne. L’année suivante, un dépôt de publications a été ouvert en Allemagne pour faciliter la diffusion de l’édition allemande de La Tour de Garde, mais il n’y avait que peu de résultat. Toutefois, en 1902, Margarethe Demut, qui avait connu la vérité en Suisse, s’est installée à Tailfingen, à l’est de la Forêt-Noire. Sa prédication zélée a permis de jeter les bases d’un des premiers groupes d’Étudiants de la Bible en Allemagne. Samuel Lauper, un autre Suisse, s’est installé dans le Bergisches Land, au nord-est de Cologne, pour y propager la bonne nouvelle. En 1904, des réunions se tenaient dans cette région à Wermelskirchen. À ces réunions assistait un homme de 80 ans, Gottlieb Paas, qui cherchait la vérité. Peu de temps après la mise en place de ces réunions, sur son lit de mort Paas a brandi La Tour de Garde en disant: “Voici la vérité, restez-​y attachés.”

Le nombre de personnes qui s’intéressaient aux vérités bibliques augmentait régulièrement. On a alors fait insérer des exemplaires gratuits de La Tour de Garde dans des journaux allemands, malgré le coût élevé de l’opération. Un rapport publié en 1905 indique que plus de 1 500 000 exemplaires de La Tour de Garde avaient été distribués. Cela constituait un véritable tour de force pour ce très petit groupe de chrétiens.

Tous les Étudiants de la Bible n’étaient pas d’avis qu’il suffisait de s’adresser à leur entourage. Dès 1907, frère Erler, un Allemand, a entrepris des voyages en Bohême, dans l’Autriche-Hongrie d’alors (plus tard en Tchécoslovaquie). Il a distribué des publications qui annonçaient Harmaguédon et parlaient des bénédictions que connaîtrait ensuite l’humanité. En 1912, un autre Étudiant de la Bible avait diffusé des publications bibliques dans la région de Memel, aujourd’hui en Lituanie. De nombreuses personnes réagissaient avec enthousiasme au message, et plusieurs groupes assez importants d’Étudiants de la Bible ont rapidement été constitués. Toutefois, quand ces personnes ont appris que  les véritables chrétiens doivent aussi être des témoins, leurs rangs se sont clairsemés. Il n’empêche que quelques-uns sont devenus d’authentiques imitateurs de Christ, “le témoin fidèle et vrai”. — Rév. 3:14.

Quand Nikolaus von Tornow, baron allemand qui possédait de grandes propriétés en Russie, est allé en Suisse aux environs de 1907, il s’est vu remettre un des tracts de la Société Watch Tower. Deux années plus tard, il s’est présenté à une réunion de la congrégation de Berlin, en Allemagne, paré de son plus bel habit d’apparat et accompagné de son domestique personnel. Il lui a fallu du temps pour se faire à l’idée que Dieu confie de précieuses vérités à des gens modestes, mais ce qu’il a lu en 1 Corinthiens 1:26-29 l’y a aidé: “Vous voyez votre appel, frères: il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair qui ont été appelés, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de haute naissance, (...) afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu.” Convaincu d’avoir trouvé la vérité, von Tornow a vendu ses propriétés en Russie et a voué sa personne et ses biens à la cause du culte pur.

C’est en 1911 que se sont mariés les Herkendell, deux jeunes Allemands. La jeune mariée a demandé à son père, en quelque sorte comme dot, de l’argent pour financer un voyage de noces inhabituel. Elle projetait avec son mari un voyage très actif qui durerait de longs mois. Durant leur lune de miel, ils ont effectué une tournée de prédication en Russie afin d’y rencontrer les habitants d’expression allemande. Ainsi donc, de diverses manières, des gens de toute condition communiquaient ce qu’ils avaient appris du dessein plein d’amour de Dieu.

Accroissement en Grande-Bretagne

À la suite de la distribution massive de publications qui s’était effectuée en 1881 en Grande-Bretagne, quelques personnes pratiquantes ont compris qu’elles devaient agir conformément à ce qu’elles venaient d’apprendre. Tom Hart, qui habitait le quartier d’Islington, à Londres, a été de ceux qui ont pris au sérieux le conseil biblique repris par La Tour de Garde, “Sortez d’elle, mon peuple”, autrement dit de sortir des Églises de la chrétienté, d’origine babylonienne, et de se conformer à l’enseignement de la Bible (Rév. 18:4). Il s’est retiré de son Église en 1884, et d’autres l’ont imité.

De nombreuses personnes qui se réunissaient avec les groupes d’étude sont devenues des évangélisateurs efficaces. Certains proposaient les publications bibliques dans les parcs londoniens et dans des endroits où les gens venaient se détendre. D’autres concentraient leur activité dans les quartiers d’affaires. Mais la méthode classique consistait à se rendre de maison en maison.

Sarah Ferrie, abonnée à La Tour de Garde, a écrit à frère Russell pour lui signaler qu’elle se portait volontaire avec quelques amis pour se rendre à Glasgow et y distribuer des tracts. Quelle n’a pas été sa surprise de voir un camion déposer devant sa porte 30 000 tracts gratuits à distribuer! Minnie Greenlees,  accompagnée par ses trois jeunes fils, se sont mis à l’œuvre: ils ont parcouru la campagne écossaise en carriole pour y distribuer des publications bibliques. Plus tard, Alfred Greenlees et Alexander MacGillivray ont distribué à bicyclette des tracts dans une grande partie de l’Écosse. Cette tâche n’était plus confiée à des distributeurs rémunérés; des bénévoles voués à Dieu s’en chargeaient maintenant.

Leur cœur les poussait

Dans une de ses paraboles, Jésus a dit que les personnes qui ‘entendraient la parole avec un cœur excellent et bon’ porteraient du fruit. Leur profonde reconnaissance pour les dispositions pleines d’amour de Dieu les pousserait à communiquer la bonne nouvelle du Royaume de Dieu à autrui (Luc 8:8, 11, 15). D’une manière ou d’une autre, elles y parviendraient.

Ainsi, un voyageur argentin a reçu d’un marin italien une partie de la publication Nourriture pour les chrétiens réfléchis. Lors d’une escale au Pérou, ce voyageur a écrit pour en savoir davantage, et comme son intérêt était de plus en plus vif, en 1885 il a de nouveau écrit d’Argentine à l’éditeur de La Tour de Garde pour commander des publications. La même année, un marine anglais, qui était envoyé à Singapour avec son unité, a emporté La Tour de Garde. Ce périodique l’a enchanté et il s’en est servi là-bas à loisir pour faire connaître la pensée des Écritures sur des sujets de conversation courants. En 1910, deux chrétiennes se trouvaient à bord d’un bateau qui a fait escale dans le port de Colombo, à Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka). Elles en ont profité pour donner le témoignage à M. Van Twest, officier de la capitainerie. Elles lui ont expliqué en détail les bonnes choses qu’elles avaient apprises dans le livre Le divin Plan  des Âges. M. Van Twest est devenu Étudiant de la Bible, et la prédication a commencé à Sri Lanka.

Même ceux qui ne pouvaient voyager s’efforçaient de communiquer les vérités réconfortantes de la Bible à des habitants d’autres pays. Il ressort d’une lettre de remerciement publiée en 1905 qu’un habitant des États-Unis avait envoyé Le divin Plan des Âges à un correspondant de Saint-Thomas, dans ce qui était à l’époque les Antilles danoises. Après l’avoir lu, cet homme s’est agenouillé et a exprimé son profond désir de faire la volonté de Dieu. En 1911, Bellona Ferguson, du Brésil, a déclaré qu’elle était “une preuve vivante, indiscutable, que personne n’est trop éloigné pour être touché” par les eaux de la vérité. Il semble qu’elle recevait depuis 1899 les publications de la Société par la poste. Peu avant la Première Guerre mondiale, un immigrant allemand du Paraguay a trouvé un tract de la Société dans sa boîte aux lettres. Il a commandé d’autres publications et a rapidement voulu couper les ponts avec les Églises de la chrétienté. Personne sur place ne pouvait le baptiser; son beau-frère et lui ont donc décidé de se baptiser l’un l’autre. Ainsi, le témoignage était donné jusque dans les parties les plus lointaines de la terre et portait du fruit.

D’autres Étudiants de la Bible, par contre, se sont sentis poussés à retourner là où eux-​mêmes ou leurs parents étaient nés pour entretenir leurs amis et leurs proches du merveilleux dessein de Jéhovah et leur montrer comment en bénéficier. C’est ainsi qu’en 1895 frère Oleszynski est retourné en Pologne porteur de la bonne nouvelle concernant “la rançon, le rétablissement et l’appel d’en haut”; malheureusement, il n’a pas persévéré dans ce service. En 1898, un ancien professeur d’origine hongroise a quitté le Canada pour répandre le message capital de la Bible dans son pays natal. En 1905, un homme qui était devenu Étudiant de la Bible en Amérique est retourné en Grèce pour y donner le témoignage. De même, en 1913, un jeune homme revenant de New York a rapporté les graines de la vérité biblique dans la ville dont était originaire sa famille, Ramallah, non loin de Jérusalem.

Les débuts de l’œuvre aux Antilles

Tandis que le nombre d’évangélisateurs augmentait aux États-Unis, au Canada et en Europe, la vérité biblique commençait aussi à s’implanter au Panama, au Costa Rica, en Guyane néerlandaise (aujourd’hui le Suriname) et en Guyane britannique (aujourd’hui la Guyana). Joseph Brathwaite a reçu de l’aide pour comprendre le dessein divin alors qu’il se trouvait en Guyane britannique. Il est ensuite parti pour la Barbade en 1905 afin d’y enseigner les gens à plein temps. Louis Facey et H. Clarke,  qui ont entendu la bonne nouvelle alors qu’ils travaillaient au Costa Rica, sont retournés à la Jamaïque en 1897 pour communiquer leur nouvelle foi à leurs compatriotes. Les Jamaïquains qui ont embrassé la vérité étaient très zélés. En la seule année 1906, le groupe de la Jamaïque a distribué quelque 1 200 000 tracts et autres publications. Un autre émigrant qui avait connu la vérité au Panama a rapporté à la Grenade le message d’espoir de la Bible.

La révolution mexicaine de 1910-​1911 a également permis de faire connaître le message du Royaume de Dieu à des personnes affamées de vérité. Beaucoup de Mexicains ont fui vers les États-Unis. Là, certains ont rencontré des Étudiants de la Bible, ont appris que Jéhovah se propose d’offrir aux humains une paix durable, et ont envoyé des publications au Mexique. Ce n’était cependant pas la première fois que le message parvenait dans ce pays. En 1893 déjà, La Tour de Garde avait publié une lettre de F. Stephenson, du Mexique, qui avait lu quelques-unes des publications de la Société Watch Tower et qui en demandait d’autres pour en faire profiter des amis au Mexique et en Europe.

Afin d’étendre la prédication des vérités bibliques à d’autres îles des Antilles et d’organiser régulièrement des réunions d’étude, frère Russell a envoyé en 1911 Evander Coward au Panama, puis dans les îles. Frère Coward était un orateur énergique et original, et il drainait souvent des foules de plusieurs centaines de personnes à l’occasion de ses discours dans lesquels il réfutait les doctrines de l’enfer de feu et de l’immortalité de l’âme humaine, et parlait de l’avenir magnifique de la terre. Pour toucher le plus grand nombre, il se déplaçait d’une ville à l’autre, et d’une île à l’autre: Sainte-Lucie, Dominique, Saint-Christophe, la Barbade, Grenade et la Trinité. Il a aussi pris la parole en public en Guyane britannique. Alors qu’il se trouvait au Panama, il a rencontré William Brown, un jeune frère jamaïquain très zélé, qui a ensuite servi à ses côtés dans plusieurs îles des Antilles. Frère Brown a plus tard participé à l’inauguration de l’œuvre dans d’autres territoires.

En 1913, frère Russell s’est lui-​même rendu au Panama, à Cuba et en Jamaïque et y a prononcé des discours publics. À Kingston, en Jamaïque, l’un d’eux a été suivi par une foule rassemblée dans deux salles, mais il restait encore 2 000 personnes qui ne pouvaient entrer. La presse a fait remarquer que l’orateur n’avait pas parlé d’argent et que l’on n’avait pas fait de collecte.

La lumière de la vérité parvient en Afrique

À cette époque, la lumière de la vérité est également parvenue en Afrique. Dans une lettre postée en 1884 au Liberia, un homme qui aimait lire la Bible faisait savoir qu’il était entré en possession d’un exemplaire de Nourriture pour  les chrétiens réfléchis, et en commandait d’autres pour les distribuer. Quelques années plus tard, un rapport signalait qu’un ecclésiastique libérien s’était défroqué pour être libre d’enseigner les vérités bibliques apprises dans La Tour de Garde et qu’un groupe d’Étudiants de la Bible tenaient régulièrement des réunions.

Un ministre de l’Église réformée hollandaise qui s’est rendu des Pays-Bas en Afrique du Sud en 1902 a emporté des publications de Charles Russell. Ce pasteur n’a pas vraiment tiré profit de ce livre, contrairement à Frans Ebersohn et à Stoffel Fourie, qui ont vu cette publication dans sa bibliothèque. Quelques années plus tard, deux Étudiantes de la Bible zélées sont venues d’Écosse s’installer à Durban pour y grossir les rangs des chrétiens locaux.

Malheureusement, parmi ceux qui ont reçu les publications écrites par frère Russell et en ont parlé à d’autres, quelques-uns, comme Joseph Booth et Elliott Kamwana, y ont mêlé des idées personnelles, invitant à militer en faveur d’un changement social. Cela tendait à donner une image faussée des authentiques Étudiants de la Bible en Afrique du Sud et au Nyassaland (appelé plus tard Malawi). Il n’empêche que beaucoup ont entendu le message qui présente le Royaume de Dieu comme l’unique solution aux problèmes de l’humanité, et ils l’ont apprécié.

Mais il allait falloir encore attendre des années avant que la prédication s’étende en Afrique.

L’Extrême-Orient et les îles du Pacifique

Les publications bibliques éditées par Charles Russell sont arrivées en Extrême-Orient peu après leur diffusion en Grande-Bretagne. En 1883, Mlle C. Downing, missionnaire presbytérienne à Tche-fou (Yantaï), en Chine, a reçu un numéro de La Tour de Garde. Elle a apprécié les explications sur la doctrine du rétablissement et a prêté le périodique à d’autres missionnaires, parmi lesquels Horace Randle, membre du Conseil des missions baptistes. L’intérêt de cet homme a été plus tard avivé quand il a vu dans le Times de Londres une publicité pour L’Aurore du Millénium dont il a ensuite reçu deux exemplaires, un de Mlle Downing, l’autre de sa mère qui habitait en Angleterre. De prime abord, il a été outré par son contenu. Mais quand il a acquis la conviction que la Trinité n’est pas un enseignement biblique, il s’est retiré de l’Église baptiste et s’est mis en devoir de faire profiter d’autres missionnaires de ce qu’il avait appris. En 1900, il a signalé qu’il avait envoyé 2 324 lettres et quelque 5 000 tracts à des missionnaires en Chine, au Japon,  en Corée et au Siam (Thaïlande). En Extrême-Orient, en ce temps-​là, le témoignage était surtout donné aux missionnaires de la chrétienté.

Dans la même période, des graines de vérité étaient aussi semées en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les premières “graines” ont sans doute été apportées en Australie en 1884 ou peu après par un homme qui avait rencontré un Étudiant de la Bible dans un parc en Angleterre. D’autres “graines” ont été envoyées au gré des courriers entre amis et proches.

Quelques années seulement après la création du Commonwealth australien en 1901, La Tour de Garde y comptait des centaines d’abonnés. Certains ont saisi le privilège de communiquer la vérité à autrui et ont envoyé des milliers de tracts en s’aidant des listes électorales. On en distribuait d’autres dans les rues, et dans les régions reculées on en jetait des liasses depuis les trains pour atteindre les ouvriers et ceux qui habitaient le long des lignes de chemin de fer. On avertissait les gens que les temps des Gentils s’achèveraient en 1914. En Australie occidentale, Arthur Williams père en parlait à tous les clients de son magasin et invitait ceux qui étaient bien disposés à venir en discuter chez lui.

On ignore qui a introduit la vérité biblique en Nouvelle-Zélande. Toujours est-​il qu’en 1898, Andrew Anderson, un résident, avait lu suffisamment de publications de la Société Watch Tower pour se dépenser dans le service de colporteur. Il a été épaulé en 1904 par d’autres colporteurs venus d’Amérique et de la filiale d’Australie, filiale qui avait été ouverte cette année-​là. Mme Thomas Barry, de Christchurch, a accepté six tomes des Études des Écritures que lui a proposés l’un des colporteurs. En 1906, son fils Bill, embarqué pour l’Angleterre, a profité des six semaines de voyage pour les lire et a reconnu qu’ils disaient vrai. Le fils de Bill, Lloyd, est devenu des années plus tard membre du Collège central des Témoins de Jéhovah.

Ed Nelson faisait partie des prédicateurs zélés des débuts de l’œuvre. Le tact n’était pas son fort, mais il a consacré 50 années de sa vie à propager le message du Royaume du nord au sud de la Nouvelle-Zélande. Au bout de quelques années, il a été rejoint par Frank Grove, qui travaillait sa mémoire pour compenser sa mauvaise vue et qui a également été pionnier pendant plus de 50 ans, jusqu’à sa mort.

Un tour du monde pour étendre la prédication de la bonne nouvelle

Une nouvelle action de grande envergure a été menée en 1911-​1912 pour aider les habitants des pays d’Orient. L’Association internationale des Étudiants de la Bible a dépêché un comité de sept hommes dirigé par Charles Russell pour évaluer la situation sur place. Tout au long de leur périple, ils ont expliqué que Dieu se propose de procurer des bénédictions à l’humanité par le moyen du Royaume messianique. Parfois, les auditeurs étaient peu nombreux, mais aux Philippines et en Inde, par exemple, ils étaient des milliers. Cette campagne n’avait pas pour but de collecter des fonds en vue de la conversion du monde, comme cela se pratiquait couramment à l’époque dans la chrétienté. Ces frères ont remarqué que les missionnaires de la chrétienté s’efforçaient surtout de  promouvoir des systèmes éducatifs. Mais frère Russell était convaincu que les gens avaient par-dessus tout besoin de “la bonne nouvelle au sujet de Dieu qui, dans son amour, a prévu que vienne le Royaume messianique”. Loin d’espérer convertir le monde, les Étudiants de la Bible comprenaient grâce aux Écritures qu’il fallait donner un témoignage, et que cela permettrait le rassemblement de “quelques élus de toutes nations, peuples, tribus et langues, qui deviendraient membres de la classe de l’Épouse [du Christ], s’assiéraient avec lui sur son trône pendant les mille ans, et contribueraient à élever l’ensemble de la race humaine” *. — Rév. 5:9, 10; 14:1-5.

Après avoir passé du temps au Japon, en Chine, aux Philippines et en d’autres endroits, les frères composant ce comité ont parcouru 6 400 kilomètres de plus pour se rendre en Inde. Quelques résidents avaient lu des publications de la Société et avaient envoyé des lettres de remerciement dès 1887. Un jeune homme qui avait fait ses études en Amérique avait rencontré frère Russell et avait connu la vérité. À partir de 1905, il avait donné le témoignage parmi les habitants d’expression tamoule. Ce jeune homme a collaboré à la formation d’une quarantaine de groupes d’étude de la Bible dans le sud de l’Inde. Mais,  après avoir prêché aux autres, il est lui-​même devenu un homme désapprouvé pour avoir négligé les règles de conduite chrétiennes. — Voir 1 Corinthiens 9:26, 27.

Toutefois, à peu près à la même époque, dans le Travancore (Kerala), A. Joseph a écrit à un adventiste renommé pour demander certains éclaircissements et a reçu en guise de réponse un tome des Études des Écritures. Il y a trouvé des réponses bibliques satisfaisantes à ses questions concernant la Trinité. Bientôt, lui et des membres de sa famille ont parcouru les rizières et les plantations de cocotiers du sud de l’Inde pour communiquer les enseignements qu’ils venaient de découvrir. Après la visite de frère Russell en 1912, frère Joseph s’est engagé dans le service à plein temps. Il a voyagé en train, en char à bœufs, en bateau ou à pied pour distribuer des publications bibliques. Ses discours publics étaient souvent interrompus par des ecclésiastiques et leurs fidèles. À Kundara, alors qu’un membre du clergé “chrétien” poussait ses ouailles à perturber une réunion et à lancer de la boue sur frère Joseph, un hindou de haute naissance est venu voir quel était ce tumulte. Il a demandé à l’homme d’Église: “Est-​ce là l’exemple laissé par Christ aux chrétiens, ou n’êtes-​vous pas en train d’imiter les Pharisiens du temps de Jésus?” L’ecclésiastique a alors battu en retraite.

Avant que ne s’achève le voyage de quatre mois du comité de l’AIÉB, frère Russell a chargé frère Robert Hollister de représenter la Société en Orient et de veiller à ce que s’effectue l’annonce du Royaume messianique, une disposition divine pleine d’amour. Des tracts spéciaux ont été imprimés en dix langues et des millions d’exemplaires ont été distribués en Inde, en Chine, au Japon et en Corée par des autochtones. On a ensuite traduit des livres en quatre langues orientales pour procurer une nourriture spirituelle plus abondante aux personnes bien disposées. Le territoire était vaste et il restait beaucoup à faire. Il n’empêche qu’un travail extraordinaire avait déjà été réalisé à l’époque.

Un témoignage impressionnant a été donné

Avant que n’éclate la dévastatrice Première Guerre mondiale, un très grand témoignage avait été donné dans le monde entier. Frère Russell avait effectué des tournées pour prononcer des discours dans des centaines de villes aux États-Unis et au Canada, entrepris plusieurs voyages en Europe, pris la parole au Panama, à la Jamaïque, à Cuba, ainsi que dans les principales villes d’Orient. Des dizaines de milliers d’auditeurs avaient suivi ses discours vibrants et l’avaient vu répondre en public aux questions bibliques que posaient tant ses amis que ses détracteurs. Cela avait suscité  beaucoup d’intérêt, et des milliers de journaux d’Amérique, d’Europe, d’Afrique du Sud et d’Australie publiaient régulièrement des sermons de frère Russell. Les Étudiants de la Bible avaient distribué des millions de livres, ainsi que des centaines de millions de tracts et autres imprimés en 35 langues.

Même s’il a joué un rôle de premier plan, frère Russell n’était pas le seul à prêcher. Des hommes et des femmes disséminés dans le monde entier unissaient leurs voix comme témoins de Jéhovah et de son Fils, Jésus Christ. Tous ne prononçaient pas des discours publics. Ils étaient issus de tous milieux et exploitaient toutes les possibilités qui s’offraient à eux pour répandre la bonne nouvelle.

En janvier 1914, à moins d’un an de la fin des temps des Gentils, un autre témoignage puissant a été rendu grâce au “Photo-Drame de la Création”, qui illustrait d’une manière nouvelle le dessein de Dieu à l’égard de la terre. Il consistait en belles vues fixes en couleurs peintes à la main et en films accompagnés d’un enregistrement sonore. Aux États-Unis, la presse a signalé que chaque semaine des centaines de milliers de personnes assistaient aux projections. Aux États-Unis et au Canada réunis, au bout d’un an, près de huit millions de spectateurs avaient vu le Photo-Drame. À Londres, les foules se sont massées à l’Opéra et au Royal Albert Hall pour assister à cette présentation qui consistait en quatre séances de deux heures. En six mois, plus de 1 226 000 personnes avaient pu la voir dans 98 villes de Grande-Bretagne. En Allemagne et en Suisse, les salles disponibles étaient combles. De larges auditoires se sont également rassemblés en Scandinavie et dans le Pacifique Sud.

Vraiment, dans le monde entier, un témoignage remarquable et puissant a été rendu dans les premières décennies de l’histoire moderne des Témoins de Jéhovah! Mais, à vrai dire, l’œuvre n’en était qu’à ses débuts.

Les prédicateurs qui répandaient la vérité biblique n’étaient que quelques centaines au début des années 1880. En 1914, d’après les chiffres disponibles, ils étaient environ 5 100 à prendre part à l’activité. D’autres distribuaient peut-être quelques tracts occasionnellement. Les ouvriers étaient relativement peu nombreux.

Ce petit groupe d’évangélisateurs avaient déjà, de diverses manières, étendu leur proclamation du Royaume de Dieu à 68 pays à la fin de 1914. Dans 30 de ces pays, l’organisation de leur activité de prédication et d’enseignement était déjà en bonne voie.

Des millions de livres et des centaines de millions de tracts ont été distribués avant la fin des temps des Gentils. Par ailleurs, en 1913, pas moins de 2 000 journaux publiaient régulièrement des sermons écrits par Charles Russell, et, en 1914, plus de 9 000 000 de personnes ont vu sur trois continents le “Photo-Drame de la Création”.

Vraiment, un témoignage extraordinaire a été donné! Mais la suite allait se révéler encore plus impressionnante.

[Note]

^ § 59 Un récit détaillé de ce tour du monde a été publié dans La Tour de Garde du 15 avril 1912 (angl.).

[Carte/Illustration, page 405]

Charles Russell a prononcé des discours dans plus de 300 villes (dans les lieux signalés par des points) d’Amérique du Nord et des Antilles, souvent en 10 ou 15 occasions différentes.

[Carte]

(Voir la publication)

[Carte, page 407]

(Voir la publication)

Tournées de prédication de frère Russell en Europe, qui passaient généralement par l’Angleterre.

1891

1903

1908

1909

1910 (deux fois)

1911 (deux fois)

1912 (deux fois)

1913

1914

[Carte/Illustration, page 408]

Lorsqu’il a acquis la certitude d’avoir trouvé la vérité, Andreas Øiseth s’est mis à distribuer avec zèle des publications bibliques dans presque toute la Norvège.

[Carte]

(Voir la publication)

NORVÈGE

Cercle arctique

[Carte/Illustration, page 409]

Depuis la Suisse, Adolf Weber, humble jardinier, a répandu la bonne nouvelle dans d’autres pays d’Europe.

[Carte]

(Voir la publication)

BELGIQUE

ALLEMAGNE

SUISSE

ITALIE

FRANCE

[Carte/Illustration, page 413]

Bellona Ferguson, au Brésil: “Personne n’est trop éloigné pour être touché.”

[Carte]

(Voir la publication)

BRÉSIL

 [Carte, page 415]

(Voir la publication)

ALASKA

CANADA

GROENLAND

SAINT-PIERRE ET MIQUELON

ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

BERMUDES

BAHAMAS

ÎLES TURKS ET CAÏQUES

CUBA

MEXIQUE

BÉLIZE

JAMAÏQUE

HAÏTI

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

PORTO RICO

ÎLES CAÏMANES

GUATEMALA

SALVADOR

HONDURAS

NICARAGUA

COSTA RICA

PANAMA

VENEZUELA

GUYANA

SURINAME

GUYANE

COLOMBIE

ÉQUATEUR

PÉROU

BRÉSIL

BOLIVIE

PARAGUAY

CHILI

ARGENTINE

URUGUAY

MALOUINES

ÎLES VIERGES (USA)

ÎLES VIERGES (G.-B.)

ANGUILLA

SAINT-MARTIN

SABA

SAINT-EUSTACHE

SAINT-CHRISTOPHE

NIÉVÈS

ANTIGUA

MONTSERRAT

GUADELOUPE

DOMINIQUE

MARTINIQUE

SAINTE-LUCIE

SAINT-VINCENT

BARBADE

GRENADE

TRINITÉ

ARUBA

BONAIRE

CURAÇAO

OCÉAN ATLANTIQUE

MER DES ANTILLES

OCÉAN PACIFIQUE

 [Carte, pages 416, 417]

(Voir la publication)

GROENLAND

SUÈDE

ISLANDE

NORVÈGE

ÎLES FÉROÉ

FINLANDE

RUSSIE

ESTONIE

LETTONIE

LITUANIE

BIÉLORUSSIE

UKRAINE

MOLDAVIE

GÉORGIE

ARMÉNIE

AZERBAÏDJAN

TURKMÉNISTAN

OUZBÉKISTAN

KAZAKHSTAN

TADJIKISTAN

KIRGHIZISTAN

POLOGNE

ALLEMAGNE

PAYS-BAS

DANEMARK

GRANDE-BRETAGNE

IRLANDE

BELGIQUE

LUXEMBOURG

LIECHTENSTEIN

SUISSE

TCHÉCOSLOVAQUIE

AUTRICHE

HONGRIE

ROUMANIE

YOUGOSLAVIE

SLOVÉNIE

CROATIE

BOSNIE-HERZÉGOVINE

BULGARIE

ALBANIE

ITALIE

GIBRALTAR

ESPAGNE

PORTUGAL

MADÈRE

MAROC

SAHARA OCCIDENTAL

SÉNÉGAL

ALGÉRIE

LIBYE

ÉGYPTE

LIBAN

ISRAËL

CHYPRE

SYRIE

TURQUIE

IRAQ

IRAN

BAHREÏN

KOWEÏT

JORDANIE

ARABIE SAOUDITE

QATAR

ÉMIRATS ARABES UNIS

OMAN

YÉMEN

DJIBOUTI

SOMALIE

ÉTHIOPIE

SOUDAN

TCHAD

NIGER

MALI

MAURITANIE

GAMBIE

GUINÉE-BISSAO

SIERRA LEONE

LIBERIA

CÔTE D’IVOIRE

GHANA

TOGO

BÉNIN

GUINÉE ÉQUATORIALE

SAINTE-HÉLÈNE

GUINÉE

BURKINA FASO

NIGERIA

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

CAMEROUN

SAO TOMÉ

CONGO

GABON

ZAÏRE

ANGOLA

ZAMBIE

NAMIBIE

BOTSWANA

AFRIQUE DU SUD

LESOTHO

SWAZILAND

MOZAMBIQUE

MADAGASCAR

RÉUNION

MAURICE

RODRIGUES

ZIMBABWE

MAYOTTE

COMORES

SEYCHELLES

MALAWI

TANZANIE

BURUNDI

RWANDA

OUGANDA

FRANCE

PAKISTAN

AFGHANISTAN

NÉPAL

BHOUTAN

MYANMAR

BANGLADESH

INDE

SRI LANKA

GRÈCE

MALTE

TUNISIE

KENYA

OCÉAN ATLANTIQUE

OCÉAN INDIEN

 ALASKA

MONGOLIE

RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE

JAPON

RÉPUBLIQUE DE CORÉE

CHINE

MACAO

TAÏWAN

HONG-KONG

LAOS

THAÏLANDE

VIÊT NAM

CAMBODGE

PHILIPPINES

BRUNÉI

MALAISIE

SINGAPOUR

INDONÉSIE

SAIPAN

ROTA

GUAM

YAP

BELAU

CHUUK

POHNPEI

KOSRAE

ÎLES MARSHALL

NAURU

PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE

AUSTRALIE

NOUVELLE-ZÉLANDE

ÎLE NORFOLK

NOUVELLE-CALÉDONIE

ÎLES WALLIS ET FUTUNA

VANUATU

TUVALU

FIDJI

KIRIBATI

TOKELAU

HAWAII

SAMOA OCCIDENTALES

SAMOA AMÉRICAINES

NIUE

TONGA

ÎLES COOK

TAHITI

ÎLES SALOMON

OCÉAN PACIFIQUE

OCÉAN INDIEN

[Carte/Illustration, page 421]

A. Joseph, originaire de l’Inde, et sa fille, Gracie, qui est plus tard devenue missionnaire de Galaad.

[Carte]

(Voir la publication)

INDE

[Illustration, page 411]

Hermann Herkendell a entrepris avec sa femme un voyage de noces de plusieurs mois pour prêcher aux personnes d’expression allemande en Russie.

[Illustrations, page 412]

Les colporteurs d’Angleterre et d’Écosse se sont efforcés de donner le témoignage à tout le monde; même leurs enfants aidaient à distribuer les tracts.

[Illustration, page 414]

Evander Coward a répandu la vérité biblique avec zèle aux Antilles.

[Illustration, page 418]

Frank Grove, à gauche, et Ed Nelson (ici avec leurs femmes) ont tous deux répandu le message du Royaume à plein temps dans toute la Nouvelle-Zélande pendant plus de 50 ans.

[Illustrations, page 420]

Charles Russell et six collaborateurs ont effectué un voyage autour du monde en 1911-​1912 pour étendre la prédication de la bonne nouvelle.