Lettre aux Philippiens 1​:​1-30

1  De la part de Paul et de Timothée, esclaves de Christ Jésus, à tous les saints en union avec Christ Jésus qui sont à Philippes+, ainsi qu’aux responsables de l’assemblée et aux assistants+ : 2  Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ vous accordent faveur imméritée et paix ! 3  Je remercie toujours mon Dieu quand je me souviens de vous 4  dans chacune de mes supplications pour vous tous. Je fais chaque supplication avec joie+, 5  en raison de la contribution que vous apportez à la bonne nouvelle depuis le premier jour jusqu’à cet instant. 6  Car je suis certain de ceci : Dieu, qui a commencé en vous une œuvre bonne, la mènera à son terme+ jusqu’au jour de Christ Jésus+. 7  C’est à juste titre que je pense cela de vous tous, parce que je vous porte dans mon cœur, vous qui participez avec moi à la faveur imméritée, aussi bien dans mes chaînes+ que pour ce qui est de défendre la bonne nouvelle et de la faire reconnaître en justice+. 8  Car Dieu m’est témoin que j’ai très envie de tous vous revoir, parce que j’éprouve pour vous une tendre affection semblable à celle qu’a Christ Jésus. 9  Et voici ce que je continue à demander dans mes prières : que votre amour abonde toujours plus+, accompagné de connaissance exacte+ et d’un parfait discernement+ ; 10  que vous puissiez discerner quelles sont les choses les plus importantes+, afin d’être purs et de ne faire trébucher personne+ jusqu’au jour de Christ ; 11  et que vous soyez remplis du fruit de justice, qui vient par Jésus Christ+, à la gloire et à la louange de Dieu. 12  Or, je veux que vous sachiez, frères, que ma situation a plutôt contribué au progrès de la bonne nouvelle, 13  de sorte que, parmi toute la Garde prétorienne et parmi tous les autres, il est bien connu que je suis enchaîné+ pour la cause de Christ+. 14  À présent, en raison de mes chaînes, la plupart des frères dans le Seigneur ont gagné en confiance, et ils redoublent de courage pour annoncer sans crainte la parole de Dieu+. 15  Certains, c’est vrai, prêchent le Christ par envie et rivalité, mais d’autres par bienveillance. 16  Ces derniers annoncent le Christ par amour, car ils savent que j’ai été désigné pour défendre la bonne nouvelle+, 17  tandis que les premiers le font par esprit de dispute et non pour un motif pur, leur intention étant de me créer des ennuis alors que je suis dans les chaînes. 18  Qu’importe ! De toute manière, que les intentions soient mauvaises ou sincères, Christ est annoncé, et je m’en réjouis. Et je continuerai même à m’en réjouir, 19  car je sais que cela aboutira à mon salut grâce à vos supplications+ et avec le soutien de l’esprit de Jésus Christ+. 20  Cela est conforme à mon attente fervente et à mon espérance, à savoir que je n’aurai honte de rien, mais que par mes paroles pleines d’assurance Christ sera maintenant, comme toujours auparavant, glorifié au moyen de mon corps, soit par la vie, soit par la mort+. 21  Car dans mon cas, vivre, c’est Christ+, et mourir, c’est un gain+. 22  Or, si je dois continuer à vivre dans la chair, c’est là un résultat de mon travail ; pourtant ce que je choisirais, je ne le fais pas savoir*. 23  Je suis tiraillé entre ces deux choses, car je désire vraiment être libéré et être avec Christ+, ce qui, bien sûr, est nettement meilleur+. 24  Pour vous, cependant, il est davantage nécessaire que je reste dans la chair. 25  Comme je suis certain de cela, je sais que je resterai et que je demeurerai avec vous tous pour votre progrès et votre joie dans la foi+, 26  afin que, grâce à moi, quand je serai de nouveau présent auprès de vous, vous soyez d’autant plus fiers d’être disciples de Christ Jésus. 27  Seulement, conduisez-​vous d’une manière digne de la bonne nouvelle concernant le Christ+, afin que, soit que je vienne vous voir, soit que je reste absent, j’entende dire à votre sujet que vous tenez bon dans un même esprit, luttant ensemble d’une même âme+ pour la foi de la bonne nouvelle, 28  sans vous laisser effrayer en rien par vos adversaires. C’est bien là pour eux une preuve qu’ils seront détruits+, mais pour vous, que vous serez sauvés+ ; cela vient de Dieu. 29  Car, pour la cause de Christ, vous avez reçu le privilège non seulement de mettre votre foi en lui, mais encore de souffrir pour lui+. 30  Car vous menez le même combat que vous m’avez vu mener+, et que je mène encore comme vous l’apprenez à présent.

Notes

Ou p.-ê. « je ne le sais pas ».

Notes d'étude

Première lettre aux Corinthiens : De toute évidence, les titres comme celui-ci ne faisaient pas partie du texte original. Un examen des manuscrits anciens donne à penser qu’ils ont été ajoutés par les scribes, sans doute pour permettre d’identifier plus facilement chacune des lettres inspirées. C’est par exemple le cas dans le codex en papyrus référencé sous le sigle P46. Ce codex est le plus ancien recueil que l’on connaisse des lettres de Paul ; d’après un certain nombre de spécialistes, il date de 200 de n. è. environ. Il contient neuf lettres de Paul divinement inspirées. Dans ce codex, la première lettre inspirée de Paul aux Corinthiens porte le titre Pros Korinthious A (vers les [ou : aux] Corinthiens 1) (voir galerie multimédia, « Première lettre de Paul aux Corinthiens »). Le même titre figure dans d’autres manuscrits parmi les plus anciens, comme le Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus, datant du 4e siècle de n. è. Dans ces deux manuscrits, le titre apparaît à la fois au début et à la fin de la lettre.

Lettre aux Philippiens : De toute évidence, les titres comme celui-ci ne faisaient pas partie du texte original. Un examen des manuscrits anciens donne à penser qu’ils ont été ajoutés par les scribes, sans doute pour permettre d’identifier plus facilement chacune des lettres inspirées (voir note d’étude sur le titre de 1Co et galerie multimédia, « Lettre de Paul aux Philippiens »).

De la part de Paul et de Timothée : Litt. « Paul et Timothée ». C’est Paul qui a écrit cette lettre aux Philippiens, mais il associe le nom de Timothée au sien dans les salutations d’introduction. Pendant le premier emprisonnement de Paul à Rome, Timothée se trouvait à ses côtés. Il est également mentionné dans deux autres lettres que Paul a écrites à Rome à cette époque-là : la lettre aux Colossiens et celle à Philémon (Col 1:1, 2 ; Phm 1). Il semble que Timothée ait lui aussi été emprisonné à Rome au cours de la période comprise entre la rédaction de la lettre aux Philippiens et celle de la lettre aux Hébreux (Php 2:19 ; Hé 13:23).

esclaves de Christ Jésus : Voir note d’étude sur Rm 1:1.

les saints : Voir note d’étude sur Rm 1:7.

Philippes : Voir note d’étude sur Ac 16:12.

responsables : Litt. « surveillants ». Paul emploie ici le pluriel du mot grec épiskopos pour désigner les frères qui dirigeaient l’assemblée de Philippes (cf. Ac 20:28). Dans une autre de ses lettres, il rappelle que c’est un collège d’anciens qui avait désigné Timothée pour une certaine mission (1Tm 4:14). Paul ne mentionne aucun frère en particulier qui aurait été le responsable d’une quelconque assemblée ; on en déduit qu’une assemblée ne comptait pas qu’un seul responsable. Ces différents éléments fournissent un éclairage sur l’organisation des assemblées chrétiennes au 1er siècle. De plus, les termes « responsables » et « anciens » sont employés indifféremment dans les Écritures grecques chrétiennes, ce qui montre qu’ils désignent le même rôle (Ac 20:17, 28 ; Tt 1:5, 7 ; cf. 1P 5:1, 2 ; note). Dans une assemblée, le nombre de frères exerçant la fonction de responsable dépendait du nombre d’hommes qui remplissaient les conditions requises d’un « ancien », autrement dit d’un homme mûr spirituellement (Ac 14:23 ; voir notes d’étude sur Ac 20:17, 28).

assistants : Ou « assistants ministériels ». Ce terme traduit le pluriel du mot grec diakonos, qui est aussi rendu dans de nombreux cas par « ministre » ou « serviteur ». Il est employé ici pour désigner des membres de l’assemblée chrétienne exerçant une fonction officielle. Il est utilisé dans un sens similaire en 1Tm 3:8, 12. Le fait que Paul emploie ce terme au pluriel indique que les assemblées locales comptaient un certain nombre de ces auxiliaires qui secondaient les responsables en accomplissant diverses tâches. Dans certaines traductions de la Bible, on lit à la place des mots « responsables » et « assistants » les termes « évêques » et « diacres ». Mais ces termes étant aujourd’hui utilisés comme des titres dans certaines Églises, ils pourraient donner à penser qu’il existait dans l’assemblée primitive une hiérarchie semblable à celle qui s’est ensuite installée dans la chrétienté. Dans un souci de clarté et de précision, la présente édition a choisi des options de traduction qui ne laissent pas entendre que les attributions confiées à certains dans l’assemblée les rendraient supérieurs aux autres. La traduction de diakonos par « assistant » met en valeur le service que ces hommes dévoués effectuent en faveur de l’assemblée.

faveur imméritée et paix : Voir note d’étude sur Rm 1:7.

en raison de la contribution que vous apportez à : Ou « en raison de votre participation aux progrès de ». Paul évoquait peut-être ici, entre autres choses, l’épisode où Lydie s’était fait baptiser, avec ceux qui étaient sous son toit, et avait insisté avec beaucoup d’hospitalité pour que ses compagnons de voyage et lui logent chez elle (Ac 16:14, 15).

mes chaînes : Paul est peut-être celui des apôtres qui a été emprisonné le plus souvent (cf. 2Co 11:23). Une dizaine d’années auparavant, alors qu’il se trouvait à Philippes, il avait été emprisonné brièvement (Ac 16:22-24). À présent, alors qu’il écrit sa lettre aux Philippiens, il est en résidence surveillée à Rome. Constamment gardé par un soldat, il attend de comparaître devant César (Ac 25:11, 12 ; 28:30, 31). Conscients qu’en raison de ses chaînes Paul a besoin d’un soutien, les Philippiens lui envoient Épaphrodite porteur d’une aide matérielle. Tandis qu’il est présent aux côtés de Paul, Épaphrodite lui rend d’autres services, au point même de mettre sa propre vie en danger (Php 2:25, 30 ; 4:18).

défendre : Le mot grec rendu ici par « défendre » (apologia) est souvent utilisé pour désigner la défense d’un accusé durant un procès (Ac 22:1 ; 25:16). Jésus avait annoncé à ses disciples qu’ils seraient livrés à « des tribunaux locaux » et amenés devant « des gouverneurs et des rois » à cause de lui. Il avait ajouté : « Ce sera là un témoignage pour eux et pour les nations » (Mt 10:17, 18). L’opposition manifestée par les Juifs de Jérusalem ayant abouti à son arrestation, Paul avait été amené devant le gouverneur romain à Césarée (Ac 23:23-35). Pendant son emprisonnement à Césarée, Paul en avait ‘appelé à César’, ce qui allait lui permettre de défendre sa foi devant la plus haute juridiction de l’Empire romain (Ac 25:11, 12). Les Écritures ne précisent pas si Paul a effectivement comparu devant Néron en personne, le César en exercice à l’époque, ou bien devant un de ses représentants. Au moment où Paul écrit cette lettre aux Philippiens, il attend de comparaître devant César à Rome (Ac 28:17-20).

la faire reconnaître en justice : Le terme grec que Paul emploie ici est emprunté au langage juridique. Paul rappelle qu’il a favorisé activement la diffusion de la bonne nouvelle en recourant au système judiciaire. Quand il s’était trouvé à Philippes une dizaine d’années auparavant, il avait invoqué le système judiciaire romain pour faire reconnaître le droit des chrétiens à prêcher librement la bonne nouvelle du royaume de Dieu (Ac 16:35-40). Il menait un combat pour que ce droit soit établi dans tout l’Empire romain. Un ouvrage de référence résume ainsi son combat : « Paul a porté le témoignage de sa foi autant au fond des cachots que dans les tribunaux. »

connaissance exacte : Paul établit ici un lien entre, d’une part, l’amour pour Dieu et pour les autres chrétiens et, d’autre part, la connaissance exacte de Dieu et le fait de discerner sa volonté. Dans les Écritures, les termes grecs rendus par « connaître » et « connaissance » se rapportent souvent à un « savoir acquis par la pratique personnelle » (pour un examen du terme grec rendu ici par « connaissance exacte », voir notes d’étude sur Rm 10:2 ; Éph 4:13).

parfait discernement : Le mot grec traduit ici par « discernement » (litt. « perception par les sens ») n’apparaît que dans ce verset. Un mot apparenté figure en Hé 5:14 dans l’expression « ceux dont les facultés de discernement [ou : « facultés de perception » ; litt. « organes des sens »] sont exercées, par l’usage, à distinguer et le bien et le mal ». Dans la Bible, ces deux termes grecs se rapportent au discernement dans les questions d’ordre moral ou spirituel. Paul exprime son souhait que l’amour des chrétiens de Philippes abonde et s’accompagne de ce discernement. Cela leur permettrait de faire la part des choses entre ce qui est le plus important et ce qui l’est moins du point de vue de Dieu (Php 1:10). Un chrétien qui possède un sens moral affûté est capable de percevoir ce qui est bien et ce qui est mal, non seulement dans des situations bien définies et nettes, mais aussi dans celles qui sont complexes et où il est plus difficile de savoir quel est le bon comportement à adopter. Ce chrétien est en mesure de prendre des décisions qui lui permettront de préserver son amitié avec Jéhovah.

la Garde prétorienne : Durant son premier emprisonnement à Rome (v. 59-61 de n. è.), « on a permis à Paul d’avoir un domicile privé et d’y habiter sous la garde d’un soldat » (Ac 28:16). Alors qu’il était en résidence surveillée, il a écrit : « Parmi toute la Garde prétorienne […], il est bien connu que je suis enchaîné pour la cause de Christ. » Cette garde était une troupe d’élite composée de plusieurs milliers de soldats romains. Le mot grec qui est employé ici dérive du mot latin prætorium, qui désignait à l’origine l’endroit où résidait un commandant de l’armée romaine (une tente ou un bâtiment). À partir du règne de César Auguste, les soldats de la Garde prétorienne ont eu pour fonction d’assurer la garde personnelle de l’empereur, ce qui explique pourquoi certaines versions de la Bible parlent ici de « garde impériale » ou de « garde du palais ». Leur fonction les obligeait à être stationnés près de l’endroit où résidaient l’empereur et sa famille.

Certains […] prêchent le Christ par envie et rivalité : Certains chrétiens servaient Dieu avec de mauvais mobiles. Il y avait sans doute parmi eux des Juifs convertis au christianisme qui ont rejeté l’enseignement que l’apôtre Paul leur avait transmis. Leur préoccupation première était d’attirer l’attention sur leur personne et sur leurs idées plutôt que de glorifier Dieu (Ga 6:12, 13). Ils enviaient la renommée de Paul, son autorité et son influence, de sorte qu’ils cherchaient à le discréditer (Php 1:17). Paul gardait néanmoins sa joie, car il voyait qu’au bout du compte Christ était « annoncé » (Php 1:18).

mais d’autres par bienveillance : Le mot traduit ici par « bienveillance » peut aussi se rendre par « approbation », « faveur », « bon plaisir ». Les chrétiens sincères prêchaient le message concernant le Christ par bienveillance, autrement dit avec de bons mobiles. Ils manifestaient aussi de la bienveillance aux représentants du Christ, entre autres à Paul. En retour, ils bénéficiaient de l’approbation, ou bienveillance, de Dieu (Ps 106:4 ; note ; Pr 8:35).

mon salut : Ou « ma libération ». Paul emploie ici le mot grec sôtêria, qui est souvent rendu par « salut ». Comme Paul écrit cette lettre aux Philippiens au cours de son premier emprisonnement à Rome (v. 59-61 de n. è.), ce terme pourrait indiquer qu’il était persuadé qu’il serait libéré de prison en réponse aux prières intenses des chrétiens de Philippes. Cette compréhension s’accorderait avec le souhait qu’il va exprimer plus loin dans sa lettre d’aller revoir les Philippiens (Php 2:24). Sa libération de prison rendrait possible un tel déplacement (voir galerie multimédia, « Voyages de Paul à partir de 61 env. »). Il n’empêche que dans le contexte de ce verset, le mot sôtêria peut tout autant se rapporter au salut éternel de Paul.

l’esprit de Jésus Christ : Cette expression se rapporte apparemment au fait que Jésus utilisait l’esprit saint de Dieu, sa force agissante. Ac 2:33 dit que Jésus « a reçu du Père l’esprit saint promis ». Et en Php 1:11, Paul signale qu’il priait pour que les chrétiens soient « remplis du fruit de justice, qui vient par Jésus Christ, à la gloire et à la louange de Dieu ». En effet, depuis que Jésus a été ressuscité et qu’il est monté au ciel, Dieu comble les besoins des chrétiens sur terre par son intermédiaire. D’ailleurs, en Jean 14:26, Jésus a expliqué : « Le Père enverra [l’esprit saint] en mon nom » ; et en Jean 15:26, il a précisé : « Quand viendra l’assistant que je vous enverrai de la part du Père, l’esprit de la vérité […], celui-là témoignera à mon sujet » (voir note d’étude sur Ac 16:7).

paroles pleines d’assurance : Voir note d’étude sur 2Co 7:4.

vivre, c’est Christ, et mourir, c’est un gain : Paul semble ici soupeser les deux éventualités qui se présentent à lui, à savoir la vie et la mort. Tant qu’il restera vivant, il pourra éprouver de la joie à servir Dieu et ses frères et sœurs chrétiens, tandis que s’il meurt fidèle, il obtiendra la vie éternelle au ciel (2Tm 4:6-8).

c’est là : Autrement dit, que Christ soit glorifié.

Je suis tiraillé entre ces deux choses : Alors qu’il est en résidence surveillée en attendant de comparaître devant César, Paul est tiraillé entre deux éventualités. La première, c’est qu’il reste en vie et puisse ainsi continuer de servir ses frères et sœurs chrétiens. La seconde, c’est qu’il meure en serviteur de Dieu fidèle (2Tm 4:7, 8). Paul ne dit pas laquelle de ces deux éventualités a sa préférence (Php 1:22). Néanmoins, il admet qu’« être libéré et être avec Christ » serait la situation la plus favorable. Il sait que ce n’est qu’à la condition de rester fidèle jusqu’à la mort qu’il obtiendra sa récompense céleste durant la présence de Christ (Ré 2:10).

être libéré : Grec analuô. Ici, Paul fait apparemment allusion à sa mort. Dans sa deuxième lettre à Timothée, écrite vers 65 de n. è., il emploie un mot grec apparenté (analusis) quand, parlant de sa mort prochaine, il dit : « Le moment de ma libération est imminent » (2Tm 4:6). Les expressions « être libéré » et « être avec Christ » font apparemment écho aux paroles de Paul en 2Co 5:8 : « Nous préférerions être loin de ce corps pour aller vivre près du Seigneur. » Paul, qui était un serviteur de Dieu oint de l’esprit, savait que s’il restait fidèle jusqu’à la mort, il serait plus tard ressuscité pour vivre dans le « royaume céleste » du Christ (2Tm 4:18) ; c’est en ce sens que sa mort serait une « libération ». Comme il l’explique en 1Co 15:23, « ceux qui appartiennent au Christ » seraient ressuscités « durant sa présence », c’est-à-dire la présence future du Christ, pour vivre au ciel. Ici, en Php 1:23, Paul exprime donc son souhait de mourir fidèle pour pouvoir être plus tard ressuscité en vue de la vie céleste. Cet emploi des termes « être libéré » ou « libération » n’est pas propre à Paul. Chez certains auteurs grecs, il s’agissait d’euphémismes pour désigner la mort.

quand je serai de nouveau présent auprès de vous : Ou « quand je me trouverai de nouveau parmi vous ». La tournure grecque rendue ainsi contient le nom parousia, qui signifie littéralement « fait d’être auprès (à côté) de ». Il est souvent rendu par « présence », notamment en rapport avec la présence invisible de Jésus Christ (Mt 24:37 ; 1Co 15:23). Paul emploie ici ce terme alors qu’il exprime son espoir d’aller revoir les chrétiens de Philippes. Les choix de traduction « présence » et « présent » trouvent un appui dans l’emploi que Paul fait du mot parousia en Php 2:12 (voir note d’étude) pour parler de sa « présence » dans l’assemblée de Philippes, qu’il oppose à son « absence » (voir notes d’étude sur Mt 24:3 ; 1Co 16:17).

conduisez-vous : Ou « conduisez-vous en citoyens ». Le verbe grec que Paul emploie ici est apparenté aux mots traduits par « citoyenneté » (Php 3:20) et « citoyen » (Ac 21:39). En général, les citoyens romains prenaient une part active dans les affaires de l’État parce que la citoyenneté romaine était tenue en haute estime et qu’elle s’accompagnait de responsabilités et de privilèges (Ac 22:25-30). Par conséquent, en employant ici ce verbe pour introduire la tournure rendue par d’une manière digne de la bonne nouvelle concernant le Christ, Paul exprime l’idée de participation aux activités chrétiennes, et en particulier l’annonce de cette bonne nouvelle. Les habitants de Philippes s’étaient vu accorder par Rome une forme partielle de citoyenneté ; cette notion de participation active à des intérêts communs leur était donc certainement familière (voir notes d’étude sur Ac 23:1 ; Php 3:20).

d’une même âme : Ou « dans un même objectif » ; « comme un seul homme » (voir note d’étude sur Ac 4:32).

Documents multimédias

Lettre de Paul aux Philippiens
Lettre de Paul aux Philippiens

On voit sur cette photo une page d’un codex en papyrus référencé sous le sigle P46. La partie du codex à laquelle elle appartient est appelée papyrus Chester Beatty II ; elle est conservée à la bibliothèque Chester Beatty, à Dublin, en Irlande. D’après un certain nombre de spécialistes, ce codex date de 200 de n. è. environ. Il contient neuf lettres de Paul divinement inspirées, mais qui n’apparaissent pas dans le même ordre que celui des Bibles modernes (voir galerie multimédia, « Première lettre de Paul aux Corinthiens » et « Deuxième lettre de Paul aux Corinthiens »). La page figurant sur la photo montre la fin de la lettre de Paul aux Galates et le début de sa lettre aux chrétiens de Philippes. La zone mise en évidence est le titre, « Vers les [ou : aux] Philippiens ». Ce codex prouve que très tôt, les scribes ont attribué des titres aux livres de la Bible.

Vidéo d’introduction à la lettre aux Philippiens
Vidéo d’introduction à la lettre aux Philippiens
La Garde prétorienne
La Garde prétorienne

De 59 à 61 de n. è. environ, alors qu’il attendait de comparaître devant César, l’apôtre Paul a passé deux ans en résidence surveillée à Rome. Pendant cette période, il était surveillé par des soldats romains qui appartenaient probablement à une unité d’élite appelée la Garde prétorienne (Ac 28:16). Les soldats prétoriens étaient plusieurs milliers ; pourtant, Paul a indiqué à l’assemblée de Philippes que « toute la Garde prétorienne » savait qu’il était enchaîné pour la cause de Christ (Php 1:13). Regardez cette vidéo pour en savoir plus sur l’histoire de la Garde prétorienne et sa mission principale.

Les tenues officielles des soldats prétoriens
Les tenues officielles des soldats prétoriens

Les membres de la Garde prétorienne portaient habituellement une tunique (1) et parfois une cape (2). Ce genre de tenue leur assurait une grande liberté de mouvement. La tunique était un vêtement courant que portaient autant les Romains que les non-Romains, qu’ils soient libres ou esclaves ; toutefois, les militaires se reconnaissaient aux armes, aux ceintures et aux sandales qu’ils portaient. Il est à noter que, lorsque les membres de la Garde prétorienne se trouvaient à l’intérieur de la ville de Rome ou lorsqu’ils assuraient la garde de l’empereur, ils portaient un vêtement différent, la toge (3). La toge était un vêtement d’apparat réservé aux hommes possédant la citoyenneté romaine.

Les conditions de détention de Paul en résidence surveillée
Les conditions de détention de Paul en résidence surveillée

Lors de son premier emprisonnement à Rome, l’apôtre Paul a été autorisé à vivre sous la garde d’un soldat dans une maison qu’il louait (Ac 28:16, 30). Il était courant chez les Romains de restreindre la liberté de mouvement du prisonnier au moyen d’une chaîne qui reliait son poignet droit au poignet gauche d’un garde. Le garde pouvait ainsi se servir librement de sa main droite. Paul a fait mention de ses chaînes et de sa condition de prisonnier dans la plupart des lettres inspirées qu’il a écrites pendant qu’il était en résidence surveillée à Rome (Éph 3:1 ; 4:1 ; 6:20 ; Php 1:7, 13, 14, 17 ; Col 4:3, 18 ; Phm 1, 9, 10, 13).