Évangile selon Matthieu 4​:​1-25

4  Puis Jésus fut conduit par l’esprit dans le désert pour être tenté+ par le Diable+.  Après avoir jeûné pendant 40 jours et 40 nuits, il eut faim.  Le Tentateur+ s’approcha et lui dit : « Si tu es un fils de Dieu, dis à ces pierres de devenir des pains. »  Mais il répondit : « Il est écrit : “L’homme ne doit pas vivre seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Jéhovah+.” »  Alors le Diable l’emmena dans la ville sainte+, le plaça sur le parapet du Temple+  et lui dit : « Si tu es un fils de Dieu, jette-​toi en bas. Car il est écrit : “Il donnera à ses anges un ordre à ton sujet” et “Ils te porteront sur leurs mains, pour que ton pied ne heurte pas de pierre+.” »  Jésus lui dit : « Il est aussi écrit : “Tu ne dois pas mettre à l’épreuve Jéhovah ton Dieu+.” »  Le Diable l’emmena également sur une montagne extraordinairement haute, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire+,  et lui dit : « Toutes ces choses, je te les donnerai si tu tombes à genoux et fais envers moi un acte d’adoration. » 10  Jésus lui répondit : « Va-​t’en, Satan, car il est écrit : “C’est Jéhovah ton Dieu que tu dois adorer+, et c’est seulement à lui que tu dois offrir un service sacré+.” » 11  Alors le Diable le laissa+, et des anges vinrent et se mirent à le servir+. 12  Quand Jésus apprit que Jean avait été arrêté+, il se retira en Galilée+. 13  Plus tard, il quitta Nazareth et s’installa à Capharnaüm+, au bord de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephtali. 14  C’était pour que s’accomplisse ce que le prophète Isaïe avait annoncé : 15  « Ô Galilée des nations, pays de Zabulon et pays de Nephtali, vous qui êtes au bord de la route de la mer, de l’autre côté du Jourdain ! 16  Le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et la lumière+ s’est levée sur ceux qui sont assis dans une région où règne l’ombre de la mort+. » 17  À partir de ce moment, Jésus commença à prêcher et à dire : « Repentez-​vous, car le royaume des cieux s’est approché+. » 18  En marchant au bord de la mer de Galilée, il vit deux frères : Simon+, qu’on appelle Pierre+, et son frère André+. Ils étaient en train de lancer un filet dans l’eau, car c’étaient des pêcheurs+. 19  Il leur dit : « Venez avec moi, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes+. » 20  Ils abandonnèrent aussitôt leurs filets et le suivirent+. 21  En continuant son chemin, il vit deux autres frères : Jacques fils de Zébédée et son frère Jean+. Ils étaient dans un bateau avec leur père en train de réparer leurs filets. Il les appela+. 22  Ils laissèrent immédiatement le bateau et leur père, et ils le suivirent. 23  Alors il se mit à parcourir toute la Galilée+ : il enseignait dans les synagogues+, il prêchait la bonne nouvelle du Royaume et il guérissait toutes sortes de maladies et de handicaps+. 24  On entendit parler de lui dans toute la Syrie. On lui amena tous ceux qui souffraient de maladies et de douleurs de toutes sortes+, ceux qui étaient possédés par des démons+, ainsi que des épileptiques+ et des paralysés. Et il les guérit. 25  Alors de grandes foules le suivirent. Elles venaient de Galilée, de Décapole, de Jérusalem, de Judée et de l’autre côté du Jourdain.

Notes

Notes d'étude

conduit par l’esprit : Ou « conduit par la force agissante ». Le mot grec pneuma désigne ici l’esprit de Dieu, qui peut agir comme une force d’impulsion et inciter une personne à faire les choses comme Dieu le veut (voir lexique à « esprit »).

Diable : Vient du mot grec diabolos, qui signifie « calomniateur » (Jean 6:70 ; 2Tm 3:3). Le verbe apparenté diaballô signifie « accuser », « dénoncer » ; il est traduit par « a été accusé » en Lc 16:1.

Il est écrit : À trois reprises, Jésus utilise cette expression avant de citer les Écritures hébraïques pour répondre aux tentations du Diable (Mt 4:7, 10).

Jéhovah : En Dt 8:3, qui est cité ici, le nom divin, représenté par quatre consonnes hébraïques (translittérées par YHWH), figure dans le texte hébreu original (voir app. C).

ville sainte : Désigne Jérusalem, qui est souvent qualifiée de « sainte » parce que c’est là que le temple de Jéhovah se trouvait (Né 11:1 ; Is 52:1).

parapet du Temple : Ou « point le plus haut du Temple ». Litt. « aile du temple ». Le mot grec rendu par « Temple » peut se rapporter au bâtiment principal du Temple ou à l’ensemble des bâtiments. Par conséquent, l’expression « parapet du Temple » peut désigner l’endroit le plus haut du mur d’enceinte du Temple.

Jéhovah : En Dt 6:16, qui est cité ici, le nom divin, représenté par quatre consonnes hébraïques (translittérées par YHWH), figure dans le texte hébreu original (voir app. C).

lui montra : Selon toute apparence, le chef des démons a fait voir à Jésus une vision qui semblait bien réelle.

royaumes : Désigne ici les gouvernements humains.

monde : Traduit le mot grec kosmos, qui se rapporte dans ce verset à la société humaine injuste, qui n’adore pas Jéhovah.

fais [...] un acte d’adoration : Le verbe grec employé dans ce verset, qui peut aussi être traduit par « adorer », est ici à l’aoriste, ce qui exprime l’idée d’une action ponctuelle. Voilà pourquoi il a été rendu par « fais [...] un acte d’adoration ». Cela montre que le Diable n’a pas demandé à Jésus de lui rendre un culte constant ou continuel, mais d’accomplir « un [seul] acte d’adoration ».

Satan : Vient du mot hébreu satan, qui signifie « opposant », « adversaire ».

Jéhovah : En Dt 6:13, qui est cité ici, le nom divin, représenté par quatre consonnes hébraïques (translittérées par YHWH), figure dans le texte hébreu original (voir app. C).

et c’est seulement à lui que tu dois offrir un service sacré : Ou « et c’est lui seul que tu dois servir ». Le verbe grec latreuô signifie fondamentalement « servir » ; mais puisque dans les Écritures grecques chrétiennes il est utilisé au sens religieux, il convient de le traduire par « offrir un service sacré » (Lc 1:74 ; 2:37 ; 4:8 ; Ac 7:7 ; Rm 1:9 ; Php 3:3 ; 2Tm 1:3 ; Hé 9:14 ; 12:28 ; Ré 7:15 ; 22:3), « rendre un culte » ou « adorer ». En Dt 6:13, verset cité ici par Jésus, le mot hébreu rendu par « servir » est ʽavadh. Comme latreuô, ʽavadh signifie fondamentalement « servir », mais il peut également être traduit par « adorer » ou « faire un acte d’adoration » (Ex 3:12, note ; 2S 15:8, note). Jésus était déterminé à témoigner à Jéhovah un attachement sans partage.

Quand Jésus apprit : Entre les versets 11 et 12, environ une année s’est écoulée, et les évènements rapportés en Jean 1:29 à 4:3 ont eu lieu dans l’intervalle. Le récit de Jean précise que lorsque Jésus s’est rendu de Judée en Galilée, il est passé par la Samarie, où il a rencontré une Samaritaine à un puits, près de Sychar (Jean 4:4-43 ; voir app. A7-B, tableau « Début du ministère de Jésus » et carte 2).

Capharnaüm : Vient d’un nom hébreu qui signifie « village de Nahum » ou « village de consolation » (Na 1:1, note). Ville d’une grande importance dans le ministère terrestre de Jésus, elle est appelée « sa ville » en Mt 9:1 ; elle se trouvait sur la rive NO de la mer de Galilée.

le territoire de Zabulon et de Nephtali : Désigne les régions à l’O et au N de la mer de Galilée, à l’extrémité N d’Israël ; ce territoire comprenait une grande partie de la Galilée (Jos 19:10-16, 32-39). Le territoire de Nephtali bordait toute la rive O de la mer de Galilée.

pour que s’accomplisse ce que Jéhovah avait annoncé par l’intermédiaire de son prophète : Cette expression et d’autres du même genre apparaissent de nombreuses fois dans l’Évangile de Matthieu, sans doute pour attirer l’attention du public juif sur le fait que Jésus est le Messie promis (Mt 2:15, 23 ; 4:14 ; 8:17 ; 12:17 ; 13:35 ; 21:4 ; 26:56 ; 27:9).

pour que s’accomplisse ce que le prophète Isaïe avait annoncé : Voir note d’étude sur Mt 1:22.

Galilée des nations : Isaïe a sans doute utilisé cette appellation parce que la Galilée constituait une des frontières entre Israël et les nations voisines. En raison de son emplacement et des routes qui la traversaient, la Galilée avait beaucoup d’échanges avec ces nations et elle était exposée à l’invasion des non-Israélites et à leur implantation. Au 1er siècle, quantité de non-Juifs vivaient là, ce qui rendait cette appellation encore plus appropriée.

la route de la mer : Désigne peut-être une route de l’Antiquité qui longeait la mer de Galilée et menait à la Méditerranée.

de l’autre côté du Jourdain : Dans ce contexte, cette expression signifie de toute évidence « à l’ouest du Jourdain ».

une grande lumière : En effectuant une bonne partie de son ministère public en Galilée, dans le territoire de Zabulon et de Nephtali, Jésus a accompli cette prophétie messianique d’Isaïe (Mt 4:13, 15). C’est ainsi qu’il a éclairé spirituellement ceux qui étaient considérés comme se trouvant dans les ténèbres spirituelles et qui étaient méprisés même par leurs frères juifs de Judée (Jean 7:52).

l’ombre de la mort : Cette expression signifie probablement que, figurément parlant, la mort jette son ombre sur les humains à mesure qu’elle s’approche d’eux. Mais Jésus a apporté une lumière qui peut faire disparaître cette ombre et sauver les humains de la mort.

prêcher : Traduit un mot grec qui a pour sens premier « faire une proclamation en qualité de messager public ». Ce mot souligne la manière de proclamer : généralement, il s’agit de faire une déclaration ouverte, publique, plutôt qu’un sermon ou un discours devant un groupe.

prêcher : C.-à-d. faire une proclamation publique (voir note d’étude sur Mt 3:1).

le royaume des cieux s’est approché : Cette annonce d’un nouveau gouvernement mondial était au centre de la prédication de Jésus (Mt 10:7 ; Mc 1:15). Jean le Baptiseur s’est mis à proclamer un message semblable environ six mois avant le baptême de Jésus (Mt 3:1, 2). Toutefois, dans la bouche de Jésus, cette proclamation avait encore plus de sens, puisqu’il était maintenant présent et oint comme futur Roi. Il n’est rapporté nulle part qu’après la mort de Jésus, ses disciples aient continué de proclamer que le Royaume s’était « approché », ou était proche.

Simon, celui qu’on appelle Pierre : Dans les Écritures, Pierre est désigné par cinq noms différents : 1) le nom hébreu « Siméon », écrit en caractères grecs ; 2) le nom grec « Simon » (« Siméon » et « Simon » viennent tous les deux d’un verbe hébreu qui signifie « entendre », « écouter ») ; 3) « Pierre » (un nom grec qui signifie « morceau de rocher » et qu’il est le seul à porter dans les Écritures) ; 4) « Céphas », l’équivalent sémitique de « Pierre » (peut-être apparenté à l’hébreu képhim [rochers] qu’on trouve en Jb 30:6 et en Jr 4:29) ; et 5) le nom composé « Simon Pierre » (Ac 15:14 ; note ; Jean 1:42 ; Mt 16:16).

la mer de Galilée : Lac d’eau douce dans le N d’Israël (le mot grec traduit par « mer » peut aussi signifier « lac »). On l’appelle aussi mer de Kinneret (Nb 34:11), lac de Génésareth (Lc 5:1) ou mer de Tibériade (Jean 6:1). Ce lac se situe en moyenne à 210 m au-dessous du niveau de la mer. Il fait 21 km de long du N au S et 12 km de large ; sa profondeur maximale est de 48 m (voir app. A7, carte 3B, « Activité à la mer de Galilée »).

Simon, qu’on appelle Pierre : Simon est le nom sous lequel il était connu jusqu’alors. Pétros (rendu par « Pierre ») est la forme grecque du nom sémitique Képhaʼ (rendu par « Céphas ») ; ce nom lui a été donné par Jésus (Mc 3:16 ; Jean 1:42 ; voir note d’étude sur Mt 10:2).

lancer un filet : Pour lancer un filet circulaire, le pêcheur était debout dans l’eau ou sur un petit bateau. S’il était habile, il pouvait le lancer de telle façon qu’il se pose à plat sur la surface de l’eau. Le filet, mesurant peut-être entre 6 m et 8 m de diamètre, avait le bord lesté, si bien qu’il s’enfonçait et prenait les poissons au piège.

pêcheurs : La pêche était une activité courante en Galilée. Pierre et son frère André ne pêchaient pas tout seuls : ils travaillaient dans une entreprise de pêche ; sans doute étaient-​ils associés à Jacques et Jean, les fils de Zébédée (Mc 1:16-21 ; Lc 5:7, 10).

pêcheurs d’hommes : Ou « pêcheurs d’humains ». Expression figurée inspirée du métier de Simon et André. Elle montre qu’ils ‘prendraient vivants des humains’ pour le Royaume (Lc 5:10 ; note). Elle emporte peut-être aussi l’idée que, comme la pêche, l’activité consistant à faire des disciples serait fatigante, nécessiterait une main-d’œuvre importante, réclamerait de la persévérance, et pourtant produirait parfois peu de résultat.

Ils laissèrent immédiatement : Le mot grec euthéôs, traduit ici par « immédiatement », apparaît également au verset 20, où il est traduit par « aussitôt ». Comme Pierre et André, Jacques et Jean acceptent rapidement l’invitation de Jésus à le suivre à plein temps.

le suivirent : Pierre et André étaient déjà disciples de Jésus depuis 6 à 12 mois (Jean 1:35-42). À présent, Jésus les invite à quitter leur entreprise de pêche et à le suivre à plein temps (Lc 5:1-11 ; voir note d’étude sur Mt 4:22).

Salomé : Vient probablement d’un mot hébreu qui signifie « paix ». Salomé était une disciple de Jésus. Une comparaison de Mt 27:56 avec Mc 3:17 et 15:40 peut laisser penser que Salomé était la mère des apôtres Jacques et Jean ; en effet, Matthieu parle de la « mère des fils de Zébédée » là où Marc parle d’une certaine « Salomé ». De plus, une comparaison des versets mentionnés plus haut avec Jean 19:25 suggère que Salomé et Marie (la mère de Jésus) étaient peut-être sœurs. Si c’est vraiment le cas, Jacques et Jean étaient des cousins de Jésus. D’après Mt 27:55, 56, Mc 15:41 et Lc 8:3, Salomé faisait partie des femmes qui accompagnaient Jésus et qui utilisaient leurs biens pour le servir.

Jacques [...] et son frère Jean : Jacques est toujours mentionné avec son frère Jean, et dans la majorité des cas, son nom apparaît en premier. C’est peut-être signe qu’il était l’aîné des deux (Mt 4:21 ; 10:2 ; 17:1 ; Mc 1:29 ; 3:17 ; 5:37 ; 9:2 ; 10:35, 41 ; 13:3 ; 14:33 ; Lc 5:10 ; 6:14 ; 8:51 ; 9:28, 54 ; Ac 1:13).

Zébédée : Peut-être l’oncle de Jésus par alliance, si Salomé était bien la femme de Zébédée et la sœur de Marie, mère de Jésus. Dans ce cas, Jean et Jacques étaient les cousins de Jésus (Mt 27:55, 56 ; Mc 15:40, 41 ; Jean 19:25 ; voir note d’étude sur Mc 15:40).

Ils laissèrent immédiatement : Le mot grec euthéôs, traduit ici par « immédiatement », apparaît également au verset 20, où il est traduit par « aussitôt ». Comme Pierre et André, Jacques et Jean acceptent rapidement l’invitation de Jésus à le suivre à plein temps.

prêcher : Traduit un mot grec qui a pour sens premier « faire une proclamation en qualité de messager public ». Ce mot souligne la manière de proclamer : généralement, il s’agit de faire une déclaration ouverte, publique, plutôt qu’un sermon ou un discours devant un groupe.

leur enseignant : Le mot grec rendu par « enseigner » emporte l’idée d’instruire, d’expliquer, de démontrer par des arguments et d’apporter des preuves (voir notes d’étude sur Mt 3:1 ; 4:23). Enseigner aux gens à pratiquer tout ce que Jésus a commandé serait un processus continu. Cela impliquerait de leur apprendre à enseigner ce qu’il a enseigné, à appliquer ses enseignements et à suivre son exemple (Jean 13:17 ; Éph 4:21 ; 1P 2:21).

se mit à parcourir toute la Galilée : C’est à ce moment-​là que Jésus commence sa première tournée de prédication en Galilée, accompagné des quatre disciples qu’il vient d’appeler : Pierre, André, Jacques et Jean (Mt 4:18-22 ; voir app. A7).

enseignait [...] prêchait : Enseigner ne signifie pas la même chose que prêcher, car l’enseignant fait davantage que proclamer un message : il instruit, explique, démontre par des arguments convaincants et apporte des preuves (voir notes d’étude sur Mt 3:1 ; 28:20).

synagogues : Voir lexique.

la bonne nouvelle : Première occurrence du mot grec euaggélion, traduit par « évangile » dans certaines Bibles françaises. Le mot euaggélistês, qui lui est apparenté et qui est rendu par « évangélisateur », signifie « prédicateur de la bonne nouvelle » (Ac 21:8 ; Éph 4:11, note ; 2Tm 4:5, note).

Syrie : C’est-à-dire la province romaine de Syrie, une région située au N de la Galilée, qui était habitée par des Gentils et qui se trouvait entre Damas et la Méditerranée.

épileptiques : Le mot grec signifie littéralement « être influencé par la lune ». (Certaines versions le rendent par « lunatiques ».) Mais Matthieu emploie ce mot dans un sens médical ; il n’y rattache pas les croyances superstitieuses qui associent cette maladie à certaines phases de la lune. Les symptômes que décrivent Matthieu, Marc et Luc sont manifestement ceux de l’épilepsie.

Décapole : Ou « la région des Dix Villes » (voir lexique et app. B10).

l’autre côté du Jourdain : Dans ce contexte, cette expression désigne à l’évidence la région à l’E du Jourdain, région aussi appelée Pérée (du grec péran, qui signifie « l’autre côté », « au-delà »).

Documents multimédias

Le désert de Judée, à l’ouest du Jourdain
Le désert de Judée, à l’ouest du Jourdain

C’est dans cette région aride que Jean le Baptiseur a commencé son ministère et que Jésus a été tenté par le Diable.

Désert
Désert

Les mots des langues originales traduits par « désert » dans la Bible (l’hébreu midhbar et le grec érêmos) désignent généralement une région non cultivée et très peu habitée ; il s’agit souvent de steppes de broussailles et d’herbe, et parfois même de pâturages. Ces mots peuvent aussi se rapporter à des régions arides qu’on peut réellement qualifier de « désertiques ». Dans les Évangiles, le terme « désert » désigne généralement le désert de Judée. C’est dans ce désert que Jean a vécu et prêché, et que Jésus a été tenté par le Diable (Mc 1:12).

Le parapet du Temple
Le parapet du Temple

Satan a sans doute littéralement placé Jésus « sur le parapet [ou : « le point le plus haut »] du Temple », puis il lui a dit de se jeter en bas ; mais on ne sait pas à quel endroit précis Jésus s’est tenu. Puisque le mot « Temple » utilisé ici peut désigner l’ensemble des bâtiments du Temple, il se peut que Jésus se soit tenu à l’angle SE (1) de l’enceinte du Temple. Il a aussi pu se tenir à un autre angle du Temple. Si Jésus était tombé d’un de ces endroits, il serait forcément mort, sauf si Jéhovah était intervenu.

Rive nord de la mer de Galilée, vue en direction du nord-ouest
Rive nord de la mer de Galilée, vue en direction du nord-ouest

1. Plaine de Génésareth. C’était un triangle de terre fertile qui longeait la mer sur environ 5 km et s’enfonçait dans les terres sur environ 2,5 km. Jésus marchait le long du rivage dans cette région quand il a invité les pêcheurs Pierre, André, Jacques et Jean à l’accompagner dans son ministère (Mt 4:18-22).

2. Selon la tradition, c’est ici que Jésus a prononcé le Sermon sur la montagne (Mt 5:1 ; Lc 6:17, 20).

3. Capharnaüm. Jésus s’est installé dans cette ville, et c’est là ou dans les environs qu’il a vu Matthieu et l’a invité à le suivre (Mt 4:13 ; 9:1, 9).

Lancer un filet
Lancer un filet

Les pêcheurs de la mer de Galilée utilisaient deux sortes de filets à lancer, aussi appelés « éperviers ». L’un était tissé en fines mailles, pour prendre des petits poissons ; l’autre avait de grosses mailles, pour prendre de plus grosses proies. Contrairement à la senne, dont l’utilisation nécessitait généralement au moins un bateau et un équipage, le filet à lancer pouvait être utilisé par une personne seule sur un bateau, ou se tenant sur la rive, ou encore debout dans l’eau près de la rive. Un filet à lancer pouvait mesurer 6 m de diamètre ou plus ; son bord était lesté de pierres ou de plombs. Quand il était bien lancé, il se posait à plat sur l’eau, comme un disque. Le bord lesté s’enfonçait en premier, et les poissons étaient pris au piège à mesure que le filet était entraîné vers le fond. Le pêcheur devait ensuite plonger et récupérer les poissons prisonniers du filet, ou alors tirer avec précaution le filet vers le rivage. Il fallait beaucoup d’habileté et fournir de vigoureux efforts pour bien manier ce genre de filet.

Poissons de la mer de Galilée
Poissons de la mer de Galilée

Quand il est question de la mer de Galilée dans la Bible, souvent le récit fait aussi mention de poissons, de pêche et de pêcheurs. La mer de Galilée abrite une vingtaine d’espèces de poissons. Sur ce nombre, seule une dizaine intéresse les pêcheurs. Ces dix espèces se répartissent en trois groupes qui font l’objet d’un commerce important. Le premier groupe est celui du biny, aussi connu sous le nom de barbeau (représenté au point 1, le Barbus longiceps). Les trois espèces qui le composent se caractérisent par la présence de barbillons aux coins de la bouche, d’où leur nom sémitique, biny, qui signifie « poil ». Le barbeau se nourrit d’escargots de mer et d’autres mollusques, ainsi que de petits poissons. Le barbeau à longue tête peut mesurer 75 cm de long et peser plus de 7 kg. Le deuxième groupe est celui du tilapia (représenté au point 2, le Tilapia galilea). En arabe, le tilapia est appelé musht, mot qui signifie « peigne », car les cinq espèces qui composent ce groupe ont une nageoire dorsale ressemblant à un peigne. Une certaine variété de tilapia atteint 45 cm de long et pèse jusqu’à 2 kg. Le troisième groupe est celui de la sardine appelée en arabe sardin Tabariya, c’est-à-dire « sardine de Tibériade » (représenté au point 3, l’Acanthobrama terrae sanctae) ; elle ressemble à un petit hareng. Depuis l’Antiquité, ce poisson se conserve dans de la saumure.

Réparation d’un filet de pêche
Réparation d’un filet de pêche

Les filets de pêche coûtaient cher et leur entretien demandait beaucoup de travail. Le pêcheur consacrait une grande partie de son temps à la réparation, au nettoyage et au séchage des filets, tâches qu’il effectuait chaque fois qu’il rentrait de la pêche (Lc 5:2). Matthieu a utilisé trois mots grecs pour parler des filets de pêche. Le diktuon est un terme général qui désigne à l’évidence différents types de filets (Mt 4:21). La sagênê est un grand filet, aussi appelé « senne », qu’on lâchait depuis un bateau (Mt 13:47, 48). L’amphiblêstron, mot qui signifie « chose qu’on jette », était de plus petite taille ; il semble que le pêcheur le lançait dans des eaux peu profondes, en se tenant soit sur la rive soit dans l’eau, près de la rive (Mt 4:18).

Bateau de pêche du 1er siècle
Bateau de pêche du 1er siècle

Cette reconstitution s’inspire à la fois de l’épave d’un bateau de pêche du 1er siècle, qui était enfouie dans la vase près des rives de la mer de Galilée, et d’une mosaïque découverte dans une maison du 1er siècle, dans la ville côtière de Migdal. Ce genre d’embarcation était sans doute équipé d’un mât et d’une ou plusieurs voiles. Son équipage pouvait compter cinq membres : quatre rameurs et un barreur, qui se tenait sur une petite plateforme surélevée à l’arrière du bateau, à la poupe. La coque du bateau mesurait 8,20 m de long et, en son milieu, elle faisait 2,30 m de large et 1,30 m de profondeur (ou : de creux). Apparemment, ce bateau pouvait transporter au moins 13 personnes.

Épave d’un bateau de pêche galiléen
Épave d’un bateau de pêche galiléen

En 1985-​1986, une sécheresse a fait baisser le niveau de la mer de Galilée au point de laisser apparaître une partie de la coque d’un bateau ancien prisonnier de la vase. L’épave du bateau fait 8,20 m de long et 2,30 m de large, et sa hauteur maximale est de 1,30 m. Les archéologues pensent que ce bateau a été construit entre le 1er siècle av. n. è. et le 1er siècle de n. è. Cette vidéo présente une reconstitution de ce bateau, qui est maintenant exposé dans un musée d’Israël. Elle montre à quoi ce bateau devait ressembler lorsqu’il naviguait sur les eaux, il y a environ 2 000 ans.

Synagogue du 1er siècle
Synagogue du 1er siècle

Cette reconstitution intègre des éléments architecturaux d’une synagogue du 1er siècle découverte à Gamala, à une dizaine de kilomètres au NE de la mer de Galilée. Elle permet de savoir à quoi pouvait ressembler une synagogue à l’époque.