Évangile selon Marc 6​:​1-56

6  Il partit de là pour aller dans sa région+, et ses disciples le suivirent.  Quand le jour du sabbat arriva, il commença à enseigner dans la synagogue. La plupart de ceux qui l’écoutaient étaient très étonnés et disaient : « Où cet homme a-​t-​il appris ces choses+ ? Pourquoi cette sagesse lui aurait-​elle été donnée à lui ? Et pourquoi aurait-​il reçu, lui, le pouvoir de faire de tels miracles*+ ?  N’est-​ce pas le charpentier+, le fils de Marie+ et le frère de Jacques+, de Joseph, de Judas et de Simon+ ? Et ses sœurs ne vivent-​elles pas ici, avec nous ? » Et ils refusaient de croire en lui*.  Mais Jésus leur dit : « Un prophète est honoré partout sauf dans sa région, dans sa famille et sous son propre toit+. »  Et il ne put faire là beaucoup de miracles ; il guérit seulement quelques malades en posant les mains sur eux.  Il était vraiment surpris par leur manque de foi. Et il parcourut les villages des environs pour enseigner+.  Il fit venir les Douze et commença à les envoyer deux par deux+. Il leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs+.  De plus, il leur ordonna de ne rien prendre pour le voyage à part un bâton : pas de pain, pas de sac à provisions, pas d’argent*+.  Il leur dit aussi de mettre des sandales, mais de ne pas prendre de vêtement de rechange*. 10  Il ajouta : « Si quelqu’un vous accueille dans sa maison, restez chez lui jusqu’à ce que vous quittiez l’endroit+. 11  Là où les gens ne vous accueilleront pas ou ne vous écouteront pas, en partant, secouez la terre de vos pieds, en témoignage pour eux+. » 12  Ils partirent donc prêcher en disant aux gens de se repentir+. 13  Ils expulsèrent aussi de nombreux démons+. Et ils appliquèrent de l’huile sur beaucoup de malades et les guérirent. 14  Le roi Hérode+ entendit parler de tout cela, car Jésus* devenait très connu. Certains disaient : « Jean le Baptiseur a été ressuscité* ; voilà pourquoi il a le pouvoir d’accomplir des miracles+. » 15  D’autres disaient : « C’est Élie. » D’autres encore disaient : « C’est un prophète comme ceux du passé+. » 16  Mais quand Hérode apprit cela, il dit : « Ce Jean que j’ai fait décapiter, il a été ressuscité. » 17  Hérode lui-​même avait fait arrêter Jean et l’avait fait enchaîner en prison à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe. Car Hérode s’était marié avec elle+ 18  et Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit d’avoir la femme de ton frère+. » 19  Hérodiade lui en voulait et cherchait à le tuer. Mais elle ne le pouvait pas, 20  car Hérode avait peur de Jean — il savait que c’était un homme juste et saint+ — et il le protégeait. Chaque fois qu’il l’écoutait, il ne savait vraiment pas quoi faire. Pourtant il continuait à l’écouter avec plaisir. 21  Mais une occasion se présenta à Hérodiade quand Hérode, pour l’anniversaire de sa naissance+, offrit un repas à ses hauts fonctionnaires, aux chefs militaires et aux hommes importants de Galilée+. 22  La fille d’Hérodiade entra et dansa. Et elle plut à Hérode et à ceux qui étaient à table avec lui*. Alors le roi dit à la jeune fille : « Demande-​moi tout ce que tu veux, et je te le donnerai. » 23  Il lui jura même : « Je te donnerai tout ce que tu me demanderas, jusqu’à la moitié de mon royaume. » 24  Elle sortit et dit à sa mère : « Que dois-​je demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean le Baptiseur. » 25  Aussitôt la jeune fille retourna voir le roi pour lui faire cette demande : « Je veux que tu me donnes tout de suite sur un plateau la tête de Jean le Baptiseur*+. » 26  Cela attrista profondément le roi. Cependant, il ne voulut pas refuser sa demande à cause des serments qu’il avait faits devant ses invités. 27  Le roi envoya donc immédiatement un de ses gardes du corps et lui ordonna d’apporter la tête de Jean. Le garde partit décapiter Jean dans la prison 28  et apporta sa tête sur un plateau. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. 29  Quand les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre son corps et le déposèrent dans une tombe. 30  Les apôtres se rassemblèrent autour de Jésus et lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné+. 31  Il leur dit : « Allons à part, dans un endroit isolé, pour que vous vous reposiez un peu+. » En effet, ils n’avaient même pas le temps de manger, car beaucoup de gens allaient et venaient+. 32  Ils partirent donc en bateau vers un endroit isolé pour être seuls+. 33  Mais certains les virent s’en aller, et beaucoup d’autres l’apprirent. Alors, de toutes les villes, des gens coururent jusque là-bas, et ils arrivèrent avant eux. 34  En sortant du bateau, Jésus vit une grande foule et il fut pris de pitié pour eux+, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger+. Alors il commença à leur enseigner beaucoup de choses+. 35  Comme il était déjà tard, ses disciples s’approchèrent de lui et lui dirent : « Cet endroit est isolé et il est déjà tard+. 36  Dis-​leur de partir pour qu’ils aillent s’acheter à manger dans les fermes* et les villages des environs+. » 37  Il leur répondit : « Donnez-​leur vous-​mêmes à manger. » Mais ils lui dirent : « Devons-​nous acheter pour 200 deniers de pain et leur donner à manger+ ? » 38  Il leur répondit : « Allez voir combien de pains vous avez. » Après s’être renseignés, ils lui dirent : « Nous en avons cinq, et aussi deux poissons+. » 39  Puis il demanda à tous les gens de s’asseoir* sur l’herbe*, par groupes+. 40  Ils s’assirent par groupes de 100 et de 50. 41  Alors il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et dit une prière de bénédiction+. Puis il rompit les pains et se mit à les donner à ses disciples pour qu’ils les distribuent aux gens. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. 42  Ainsi tous mangèrent et furent rassasiés. 43  On ramassa les morceaux de pain : on remplit 12 paniers — sans compter le poisson+. 44  Ils étaient 5 000 hommes à avoir mangé du pain. 45  Tout de suite après, il dit à ses disciples de monter dans le bateau et de se diriger vers Bethsaïde, sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait la foule+. 46  Après leur avoir dit au revoir, il partit dans la montagne pour prier+. 47  Quand la nuit tomba, le bateau était au milieu de la mer. Lui était seul, à terre+. 48  Il vit alors qu’ils avaient du mal à ramer parce que le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, il alla vers eux en marchant sur l’eau*. Mais il donnait l’impression de vouloir les dépasser. 49  En le voyant marcher sur l’eau, ils pensèrent : « C’est une apparition*+ ! » Et ils se mirent à crier. 50  Car ils le voyaient tous et étaient troublés. Mais aussitôt il leur dit : « Courage, c’est moi ! N’ayez pas peur+. » 51  Puis il monta avec eux dans le bateau, et le vent tomba. Alors ils furent extrêmement stupéfaits+. 52  En effet, ils n’avaient pas compris ce que le miracle des pains voulait dire. Ils étaient lents à comprendre. 53  Après avoir traversé la mer, ils arrivèrent à Génésareth et ancrèrent le bateau près de là+. 54  Mais dès qu’ils sortirent du bateau, les gens reconnurent Jésus. 55  Ils coururent alors avertir les habitants de toute la région. Et là où on entendait dire qu’il se trouvait, on amenait sur des brancards ceux qui allaient mal. 56  Partout où il allait, dans les villages, les villes ou les fermes, on mettait les malades sur les places de marché, et ils le suppliaient de leur laisser simplement toucher la frange de son vêtement*+. Et tous ceux qui la touchaient étaient guéris*.

Notes

Ou « œuvres de puissance ».
Ou « trébuchaient à cause de lui ».
Litt. « pas de cuivre dans leurs ceintures ».
Litt. « porter deux vêtements ».
Ou « le nom de Jésus ».
Litt. « relevé d’entre les morts ».
Ou « ses invités », « ceux qui étaient étendus à table avec lui ».
Litt. « le Baptiste ».
Litt. « campagnes ».
Ou « s’étendre ».
Litt. « herbe verte ».
Litt. « mer ».
Ou « illusion ».
Ou « vêtement de dessus ».
Ou « sauvés ».

Notes d'étude

sa région : Litt. « la terre de son père », c’est-à-dire la ville où il a grandi, Nazareth, l’endroit d’où vient sa famille proche.

sa région : Voir note d’étude sur Mt 13:54.

fils du charpentier : Le mot grec téktôn, rendu par « charpentier », est un terme générique pouvant désigner tout artisan ou constructeur. Lorsqu’il se rapporte à un métier du bois, il peut s’appliquer à une personne qui travaille dans la construction, la confection de meubles ou la fabrication d’autres objets en bois. Au 2siècle de n. è., Justin a écrit à propos de Jésus : « Tandis qu’il était parmi les hommes, il fabriquait ces ouvrages de charpentiers : des charrues et des jougs. » Les premières traductions de la Bible en langues anciennes appuient également l’idée que Jésus travaillait le bois. Il était connu à la fois comme le « fils du charpentier » et comme le « charpentier » (Mc 6:3). Il a sans aucun doute appris son métier auprès de son père adoptif, Joseph. En général, un garçon commençait à apprendre un métier quand il avait entre 12 et 15 ans, et cet apprentissage s’étalait sur de nombreuses années.

Jacques : Ce demi-frère de Jésus est sans doute le Jacques qui est mentionné en Ac 12:17 (voir note d’étude) et en Ga 1:19, et qui a écrit le livre biblique qui porte ce nom (Jc 1:1).

Judas : Ce demi-frère de Jésus est sans doute le Jude (en grec, Ioudas) qui a écrit le livre biblique qui porte ce nom (Jude 1).

le charpentier : Jésus était connu comme le « charpentier », mais aussi le « fils du charpentier », ce qui permet d’imaginer ce qu’a été sa vie entre le moment où il s’est rendu au Temple, à l’âge de 12 ans, et le début de son ministère (voir note d’étude sur Mt 13:55). Les récits de Matthieu et de Marc se complètent.

le fils de Marie : C’est la seule fois où Jésus est présenté en ces termes. Étant donné que Joseph n’est pas mentionné dans ce récit, il était peut-être déjà mort à ce moment-​là. Cette hypothèse semble être confirmée par le fait que Jésus a demandé à Jean de prendre soin de sa mère, Marie, après sa mort (Jean 19:26, 27).

frère : Dans la Bible, le mot grec adélphos peut se rapporter aux liens spirituels, mais dans ce verset, il se rapporte aux liens du sang qui unissaient Jésus à ses demi-frères, les plus jeunes fils de Joseph et Marie. Certains, qui croient que Marie est restée vierge après la naissance de Jésus, prétendent qu’adélphos désigne ici des cousins. Mais les Écritures grecques chrétiennes emploient un autre mot pour « cousin » (le grec anépsios en Col 4:10) ; et elles utilisent un autre terme encore pour « fils de la sœur » (Ac 23:16). De plus, on trouve en Lc 21:16 les formes plurielles des mots grecs adélphos et suggénês (traduits par « frères » et « membres de votre famille »). Ces exemples montrent que les termes relatifs aux liens de parenté ne sont pas utilisés au hasard ni indifféremment dans les Écritures grecques chrétiennes.

Jacques : Voir note d’étude sur Mt 13:55.

Judas : Voir note d’étude sur Mt 13:55.

ne put faire là beaucoup de miracles : Si Jésus n’a pas pu accomplir beaucoup de miracles à Nazareth, ce n’est pas parce qu’il manquait de puissance, mais parce que la situation n’y était pas favorable. Les habitants de Nazareth manquaient de foi, et cela l’a retenu de faire beaucoup de miracles à cet endroit (Mt 13:58). Il ne voulait pas gaspiller la puissance divine pour des sceptiques qui ne voulaient rien savoir (cf. Mt 10:14 ; Lc 16:29-31).

enseignait [...] prêchait : Enseigner ne signifie pas la même chose que prêcher, car l’enseignant fait davantage que proclamer un message : il instruit, explique, démontre par des arguments convaincants et apporte des preuves (voir notes d’étude sur Mt 3:1 ; 28:20).

surpris par leur manque de foi : Marc est le seul évangéliste qui signale à quel point Jésus était surpris par l’accueil qu’il a reçu des habitants de « sa région » (Mt 13:57, 58 ; voir aussi « Introduction à Marc »). Le verbe grec thaumazô, rendu ici par « surpris », est souvent utilisé pour décrire la réaction des gens face aux miracles et à l’enseignement de Jésus (Mc 5:20 ; 15:5). Mais il est aussi utilisé deux fois pour décrire des réactions de Jésus : son admiration devant la grande foi d’un officier (Mt 8:10 ; Lc 7:9), et ici, sa surprise mêlée de consternation face au manque de foi des habitants de Nazareth.

parcourut les villages des environs : C’est à ce moment-​là que Jésus commence sa troisième tournée de prédication en Galilée (Mt 9:35 ; Lc 9:1). L’expression grecque rendue ici par « des environs » signifie littéralement « dans un cercle ». Elle emporte peut-être l’idée que Jésus s’est appliqué à couvrir toute la région et, selon certains spécialistes, qu’il est revenu à son point de départ. Enseigner était un aspect essentiel de son ministère (voir note d’étude sur Mt 4:23).

restez chez lui jusqu’à ce que vous quittiez l’endroit : Par ces mots, Jésus disait à ses apôtres que lorsqu’ils arriveraient dans une ville, ils devraient rester chez celui qui leur offrirait l’hospitalité. Par la suite, il a donné la même instruction aux 70 disciples en disant : « Ne passez pas d’une maison à l’autre » (Lc 10:1-7). En s’interdisant de rechercher un endroit où on leur offrirait plus de confort, une nourriture plus raffinée ou plus de biens matériels, les disciples montreraient que ces choses sont secondaires par rapport à leur mission de prêcher.

secouez la terre de vos pieds : Ce geste indiquait que les disciples se dégageaient de toute responsabilité quant aux conséquences du jugement de Dieu sur les gens. Une expression semblable figure en Mt 10:14 et en Lc 9:5 ; Marc et Luc ajoutent ensuite : en témoignage pour [ou : « contre »] eux. Paul et Barnabé ont suivi cette instruction à Antioche de Pisidie (Ac 13:51). Et quand Paul a fait un geste similaire à Corinthe en secouant ses vêtements, il a ajouté : « Vous serez seuls responsables de votre mort. Moi, je suis innocent » (Ac 18:6). Les disciples connaissaient peut-être déjà ce geste. En effet, après avoir traversé une région gentile, les juifs les plus fervents secouaient la poussière de leurs sandales avant d’entrer sur le territoire juif, car ils considéraient cette poussière comme impure. Mais lorsque Jésus a donné cette instruction à ses disciples, il avait manifestement une idée différente en tête.

appliquèrent de l’huile sur beaucoup de malades : Ce geste avait une valeur symbolique. Certes, on considérait que l’huile avait des propriétés curatives (cf. Lc 10:34), mais les personnes malades ont été guéries non grâce à l’huile elle-​même, mais grâce à l’action miraculeuse de l’esprit saint de Dieu (Lc 9:1, 6).

Hérode : C.-à-d. Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand (voir lexique).

gouvernait : Litt. « était tétrarque de ». Le terme « tétrarque » désignait le chef d’une petite région ou le prince d’un territoire, qui n’exerçait son pouvoir qu’avec l’accord des autorités romaines (voir notes d’étude sur Mt 14:1 ; Mc 6:14).

le Baptiseur : Ou « l’Immergeur », « le Plongeur ». Le participe grec ho baptizôn, qui est utilisé ici et en Mc 6:14, 24, pourrait aussi être traduit par « celui qui baptise ». Le nom grec Baptistês (litt. « Baptiste ») est employé en Mc 6:25 ; 8:28 et dans les Évangiles de Matthieu et de Luc. Ces deux mots grecs sont légèrement différents, mais ils ont le même sens. C’est pourquoi, dans le texte original, Mc 6:24, 25 les emploie indifféremment (voir note d’étude sur Mt 3:1).

Le roi Hérode : C.-à-d. Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand (voir lexique à « Hérode »). Matthieu et Luc utilisent le titre romain officiel d’Hérode Antipas : « tétrarque », ou « gouverneur » (voir notes d’étude sur Mt 14:1 ; Lc 3:1). La tétrarchie d’Hérode Antipas était constituée de la Galilée et de la Pérée. Même si « roi » n’était pas le titre officiel d’Hérode, le peuple l’appelait « le roi ». Pour désigner Hérode Antipas, Matthieu emploie une fois le titre « roi » (Mt 14:9), et Marc n’utilise que ce titre (Mc 6:22, 25, 26, 27).

Certains disaient : Litt. « ils disaient ». Dans certains manuscrits, on trouve « il disait ».

le Baptiseur : Voir note d’étude sur Mc 1:4.

avait fait arrêter Jean, et l’avait fait [...] mettre en prison : La Bible ne précise pas à quel endroit cela a eu lieu. L’historien Josèphe déclare que Jean a été emprisonné et tué dans la forteresse de Macheronte (ou : Machaero), qui se trouvait à l’E de la mer Morte (Antiquités judaïques, liv. 18, chap. 5, § 2, trad. Reinach). Il est possible que Jean ait passé un certain temps dans cette prison (Mt 4:12). Toutefois, à l’époque de son exécution, il se trouvait probablement en prison à Tibériade, ville située sur la rive O de la mer de Galilée. Voici les raisons qui mènent à cette conclusion : 1) Il semble que Jean ait été dans une prison proche de l’endroit où Jésus effectuait son ministère en Galilée. Il avait entendu parler de ce que Jésus faisait et, de sa prison, il a envoyé ses disciples l’interroger (Mt 11:1-3). 2) Marc précise que les « hommes importants de Galilée » étaient présents à l’anniversaire d’Hérode, ce qui signifie que cette fête avait lieu dans la résidence d’Hérode, à Tibériade. Jean était sans doute détenu près de l’endroit où on célébrait l’anniversaire d’Hérode (Mc 6:21-29 ; Mt 14:6-11).

Hérodiade, la femme de son frère Philippe : Hérode Antipas est tombé follement amoureux d’Hérodiade, la femme de son demi-frère Hérode Philippe. Hérodiade a divorcé d’avec son mari ; Antipas a divorcé d’avec sa femme ; puis, Hérodiade et Antipas se sont mariés ensemble. Jean le Baptiseur a été arrêté pour avoir condamné cette union immorale, union qui était contraire à la loi juive.

avait fait arrêter Jean et l’avait fait enchaîner en prison : Voir note d’étude sur Mt 14:3.

Hérodiade, la femme de son frère Philippe : Voir note d’étude sur Mt 14:3.

savait que c’était un homme juste et saint : Hérode Antipas écoutait et protégeait Jean, car il savait que c’était un homme juste et saint. Mais même s’il avait peur de Jean, il avait aussi peur de perdre le respect de ses invités et il manquait de foi ; voilà pourquoi il s’est laissé manipuler et a fait tuer Jean. L’historien juif Josèphe a parlé de Jean comme d’un « homme de bien ».

avait fait arrêter Jean, et l’avait fait [...] mettre en prison : La Bible ne précise pas à quel endroit cela a eu lieu. L’historien Josèphe déclare que Jean a été emprisonné et tué dans la forteresse de Macheronte (ou : Machaero), qui se trouvait à l’E de la mer Morte (Antiquités judaïques, liv. 18, chap. 5, § 2, trad. Reinach). Il est possible que Jean ait passé un certain temps dans cette prison (Mt 4:12). Toutefois, à l’époque de son exécution, il se trouvait probablement en prison à Tibériade, ville située sur la rive O de la mer de Galilée. Voici les raisons qui mènent à cette conclusion : 1) Il semble que Jean ait été dans une prison proche de l’endroit où Jésus effectuait son ministère en Galilée. Il avait entendu parler de ce que Jésus faisait et, de sa prison, il a envoyé ses disciples l’interroger (Mt 11:1-3). 2) Marc précise que les « hommes importants de Galilée » étaient présents à l’anniversaire d’Hérode, ce qui signifie que cette fête avait lieu dans la résidence d’Hérode, à Tibériade. Jean était sans doute détenu près de l’endroit où on célébrait l’anniversaire d’Hérode (Mc 6:21-29 ; Mt 14:6-11).

l’anniversaire de naissance : Cet évènement a probablement eu lieu dans la résidence d’Hérode Antipas, à Tibériade (voir notes d’étude sur Mt 14:3 ; Mc 6:21). La Bible ne mentionne que deux anniversaires de naissance : celui dont on parle ici, lors duquel Jean a été décapité, et celui d’un pharaon, lors duquel le chef des boulangers du souverain a été exécuté (Gn 40:18-22). Il y a des points communs entre ces deux évènements : dans chaque cas, il y a eu un grand festin et une faveur accordée à quelqu’un, et on se souvient de chacun de ces anniversaires en raison des exécutions qui ont eu lieu.

l’anniversaire de sa naissance : Cet évènement a probablement eu lieu dans la résidence qu’Hérode Antipas avait à Tibériade, ville située sur la rive O de la mer de Galilée. Cette hypothèse s’appuie sur le fait que, d’après le récit de Marc, les hommes importants de Galilée étaient présents à cet anniversaire (voir notes d’étude sur Mt 14:3, 6). La Bible ne mentionne que deux anniversaires de naissance : celui dont on parle ici, lors duquel Jean a été décapité, et celui d’un pharaon, lors duquel le chef des boulangers du souverain a été exécuté (Gn 40:18-22). Il y a des points communs entre ces deux évènements : dans chaque cas, il y a eu un grand festin et une faveur accordée à quelqu’un, et on se souvient de chacun de ces anniversaires en raison des exécutions qui ont eu lieu.

chefs militaires : Ou « commandants ». Le terme grec khiliarkhos (chiliarque) signifie littéralement « chef d’un millier », c’est-à-dire d’un millier de soldats. Il désigne un tribun militaire romain. Chaque légion romaine comptait six tribuns. Cependant, la légion n’était pas répartie sous six commandements distincts. En fait, chaque tribun dirigeait la totalité de la légion deux mois par an (un sixième de l’année). Ces commandants étaient investis d’une grande autorité ; ils pouvaient par exemple nommer des centurions et les affecter à un poste. Le terme grec khiliarkhos peut aussi désigner de façon plus large un officier supérieur de l’armée. En présence de ces personnages de haut rang, Hérode s’est senti obligé de respecter son serment, ce qui l’a poussé à faire décapiter Jean le Baptiseur.

fille d’Hérodiade : Fille d’Hérode Philippe et unique enfant d’Hérodiade, sa mère. Son nom, Salomé, ne figure pas dans les Écritures, mais il a été préservé dans les écrits de Josèphe. À un moment donné, Hérode Antipas a épousé la mère de Salomé, contractant ainsi une union adultère puisqu’il l’avait prise à son demi-frère Philippe.

le Baptiseur : Ou « l’Immergeur », « le Plongeur ». Le participe grec ho baptizôn, qui est utilisé ici et en Mc 6:14, 24, pourrait aussi être traduit par « celui qui baptise ». Le nom grec Baptistês (litt. « Baptiste ») est employé en Mc 6:25 ; 8:28 et dans les Évangiles de Matthieu et de Luc. Ces deux mots grecs sont légèrement différents, mais ils ont le même sens. C’est pourquoi, dans le texte original, Mc 6:24, 25 les emploie indifféremment (voir note d’étude sur Mt 3:1).

le Baptiseur : Voir note d’étude sur Mc 1:4.

des serments qu’il avait faits : L’utilisation de « serment » au pluriel indique peut-être qu’Hérode a confirmé sa promesse par des serments répétés.

des serments qu’il avait faits : L’utilisation de « serment » au pluriel indique peut-être qu’Hérode a confirmé ce qu’il a juré à la fille d’Hérodiade (Mc 6:23) en faisant des serments répétés (voir note d’étude sur Mt 14:9).

latin : C’est la seule mention directe du latin dans le texte inspiré de la Bible. À l’époque de Jésus, le latin était la langue employée par les autorités romaines en Israël. Il était utilisé dans les inscriptions officielles, mais ce n’était pas la langue du peuple. C’est sans doute parce qu’on parlait plusieurs langues en Israël que, selon Jean 19:19, l’écriteau placé par Pilate au-dessus de la tête de Jésus Christ portait le motif de l’exécution en latin, la langue officielle, ainsi qu’en hébreu et en grec (koinè). Plusieurs mots et expressions des Écritures grecques chrétiennes dérivent du latin (voir lexique à « latin » et « Introduction à Marc »).

un de ses gardes du corps : Le terme grec utilisé ici est spékoulatôr, un mot emprunté au latin (speculator), et il peut désigner un garde du corps, un coursier, ou parfois un bourreau. Dans les Écritures grecques chrétiennes, le plus souvent en Marc et en Matthieu, on trouve les équivalents grecs d’une trentaine de mots latins qui appartiennent au vocabulaire militaire, juridique, financier et domestique. Marc les utilise plus que n’importe quel autre rédacteur de la Bible, ce qui appuie l’idée selon laquelle il a écrit son Évangile à Rome, et surtout à l’intention des non-Juifs, en particulier des Romains (voir note d’étude sur Jean 19:20).

tombe : Ou « tombe de souvenir » (voir lexique à « tombe de souvenir »).

eut pitié : Le verbe grec splagkhnizomaï, traduit par « eut pitié », dérive d’un mot qui signifie « intestins » (splagkhna) et qui emporte l’idée d’un sentiment ressenti au plus profond de son corps, d’une émotion intense. En grec, c’est un des mots les plus forts servant à rendre l’idée de compassion.

fut pris de pitié : Ou « eut de la compassion » (voir note d’étude sur Mt 9:36).

Donnez-​leur vous-​mêmes à manger : Il s’agit du seul miracle de Jésus qui soit rapporté dans chacun des quatre Évangiles (Mt 14:15-21 ; Mc 6:35-44 ; Lc 9:10-17 ; Jean 6:1-13).

deniers : Voir lexique et app. B14.

poissons : Aux temps bibliques, pour préparer le poisson, soit on le grillait, soit on le salait et on le faisait sécher ; on le mangeait souvent avec du pain. Il est probable que les poissons que Jésus a utilisés étaient salés et séchés.

poissons : Voir note d’étude sur Mt 14:17.

rompit les pains : Le pain avait souvent la forme d’une galette ; il durcissait à la cuisson. Rompre le pain avant de le manger était donc un geste courant (Mt 14:19 ; 15:36 ; 26:26 ; Mc 8:6 ; Lc 9:16).

paniers : Dans les récits qui racontent les deux épisodes où Jésus a miraculeusement nourri des foules, deux termes bien distincts sont utilisés pour parler des paniers ayant servi à recueillir les restes (voir notes d’étude sur Mc 6:43 ; 8:8, 20 et récits parallèles en Mt 14:20 ; 15:37 ; 16:9, 10). Dans l’épisode où Jésus a nourri les 5 000 hommes, c’est à chaque fois le terme grec kophinos (rendu par « panier ») qui est employé ; et dans l’épisode où il a nourri les 4 000 hommes, c’est à chaque fois le mot grec sphuris (rendu par « grand panier ») qui est employé. Cela montre que les rédacteurs étaient présents ou bien qu’ils ont recueilli les faits auprès de témoins fiables.

grands paniers : Ou « paniers à provisions » (voir notes d’étude sur Mc 8:8, 19).

paniers : Il s’agissait sans doute de petits paniers en osier munis d’une corde pour faciliter leur transport par les voyageurs. On pense que ces paniers avaient une capacité d’environ 7,5 L (voir notes d’étude sur Mc 8:19, 20).

5 000 hommes : Il s’agit du seul miracle de Jésus qui soit rapporté dans chacun des quatre Évangiles (Mt 14:15-21 ; Mc 6:35-44 ; Lc 9:10-17 ; Jean 6:1-13), mais seul Matthieu mentionne les femmes et les jeunes enfants. Le nombre total de personnes nourries miraculeusement dépassait sans doute largement les 15 000.

vers la fin de la nuit : Litt. « pendant la quatrième veille », c.-à-d. entre 3 h environ et le lever du soleil, vers 6 h. Cette division du temps suit le système gréco-romain, qui découpait la nuit en quatre veilles. Au début, les Hébreux divisaient la nuit en trois veilles d’environ quatre heures chacune (Ex 14:24 ; Jg 7:19, note) ; mais, à l’époque de Jésus, ils avaient déjà adopté le système romain.

Vers la fin de la nuit : Voir note d’étude sur Mt 14:25.

donnait l’impression de vouloir : Ou « allait ». Cette expression signifie probablement que, de l’endroit où ils étaient, les disciples avaient l’impression que Jésus allait les dépasser.

ils n’avaient pas compris ce que le miracle des pains voulait dire : Juste quelques heures auparavant, les disciples avaient vu Jésus multiplier des pains miraculeusement. Cet évènement montrait clairement qu’il avait reçu une très grande puissance par le moyen de l’esprit saint. Toutefois, comme les disciples n’avaient pas compris tout ce qu’impliquait ce miracle, ils ont été extrêmement stupéfaits quand Jésus a marché sur l’eau et a calmé la tempête. Au départ, en voyant Jésus marcher sur l’eau, ils ont même cru que c’était une « apparition », quelque chose d’irréel, une illusion (Mc 6:49).

Génésareth : Petite plaine qui mesure environ 5 km sur 2,5 km et qui s’étend sur la rive NO de la mer de Galilée. En Lc 5:1, la mer de Galilée est appelée le « lac de Génésareth ».

Génésareth : Voir note d’étude sur Mt 14:34.

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Bâton et sac à provisions
Bâton et sac à provisions

Dans l’Antiquité, les Hébreux utilisaient souvent des baguettes ou des bâtons. Ils s’en servaient de façons très variées, par exemple comme appui (Ex 12:11 ; Za 8:4 ; Hé 11:21), pour se défendre ou se protéger (2S 23:21), pour battre des graines (Is 28:27) ou pour récolter des olives (Dt 24:20 ; Is 24:13). Les sacs à provisions, habituellement en cuir, étaient portés sur l’épaule ou en bandoulière par les voyageurs, les bergers, les cultivateurs... On y mettait de la nourriture, des vêtements, etc. Lorsqu’il a envoyé ses apôtres en tournée de prédication, Jésus leur a donné des instructions entre autres au sujet des bâtons et des sacs à provisions. Les apôtres devaient se mettre en route juste avec ce qu’ils avaient sur eux, sans perdre de temps à se procurer des choses supplémentaires ; Jéhovah pourvoirait à leurs besoins (pour un examen détaillé des instructions de Jésus, voir notes d’étude sur Lc 9:3 et 10:4).

Paniers
Paniers

Dans la Bible, plusieurs mots sont employés pour parler des différents types de paniers existants. Par exemple, dans l’épisode où Jésus a nourri miraculeusement environ 5 000 hommes, le terme grec utilisé pour parler des 12 récipients ayant servi à recueillir les restes désigne sans doute des paniers en osier relativement petits. Un autre terme grec est utilisé pour parler des sept paniers qui ont recueilli les restes après que Jésus a nourri environ 4 000 hommes (Mc 8:8, 9). Ce terme désigne de grands paniers ; le même terme grec est employé pour parler du genre de panier dans lequel on a mis Paul pour le faire sortir de Damas en le faisant descendre par une ouverture de la muraille (Ac 9:25).

Place du marché
Place du marché

Certains marchés, comme celui représenté ici, se situaient le long d’une rue. Généralement, les commerçants étalaient dans la rue tellement de marchandises que cela bloquait la circulation. Les habitants pouvaient acheter des articles ménagers courants, de la poterie, de la verrerie coûteuse ou des produits frais. Comme les systèmes de réfrigération n’existaient pas, les gens devaient se rendre au marché chaque jour pour faire des achats. Là, une personne qui faisait ses courses pouvait entendre les dernières nouvelles apportées par des marchands ou d’autres visiteurs, les enfants pouvaient jouer, et les personnes sans emploi pouvaient chercher du travail. Jésus a guéri des malades sur des places de marché, et Paul a prêché dans ce genre d’endroits (Ac 17:17). Les scribes et les pharisiens, des hommes orgueilleux, aimaient quant à eux être remarqués et salués dans ces lieux publics.