Évangile selon Luc 2​:​1-52

2  À cette époque-​là, César Auguste fit paraître un décret ordonnant que toute la terre habitée se fasse enregistrer.  (Ce premier enregistrement+ eut lieu alors que Quirinius était gouverneur de Syrie.)  Tous les gens allèrent donc se faire enregistrer, chacun dans sa propre ville.  Naturellement, Joseph+ monta de Nazareth, en Galilée, à Bethléem de Judée, la ville de David+, parce qu’il était un membre de la famille et de la lignée de David.  Il alla se faire enregistrer avec Marie qui, comme promis, lui avait été donnée pour femme+ et qui était sur le point d’accoucher+.  Pendant qu’ils étaient là, le moment où elle devait accoucher arriva.  Elle donna alors naissance à son fils, son premier-né+. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire+ parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle prévue pour les voyageurs.  Dans la région, il y avait des bergers qui vivaient en plein air et qui, la nuit, surveillaient leurs troupeaux.  Soudain, l’ange de Jéhovah se tint devant eux et la gloire de Jéhovah brilla autour d’eux. Ils eurent très peur, 10  mais l’ange leur dit : « N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui donnera beaucoup de joie à tout le peuple : 11  aujourd’hui, un sauveur+ vous est né dans la ville de David+ ; c’est Christ, le Seigneur+. 12  Et voici comment vous le reconnaîtrez : vous trouverez un bébé enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. » 13  Et soudain, avec l’ange, une multitude de l’armée céleste+ se mit à louer Dieu en disant : 14  « Gloire à Dieu là-haut dans les hauteurs, et sur la terre, paix+ parmi les hommes de bienveillance ! » 15  Après que les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé et ce que Jéhovah nous a révélé. » 16  Ils se dépêchèrent d’y aller et ils trouvèrent Marie ainsi que Joseph, et le bébé couché dans la mangeoire. 17  Quand ils virent cela, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de l’enfant. 18  Et tous ceux qui entendirent les bergers s’étonnèrent de ce qu’ils disaient. 19  Marie, elle, retenait toutes ces paroles et y réfléchissait dans son cœur+. 20  Puis les bergers repartirent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, comme cela leur avait été annoncé. 21  Au bout de huit jours, quand le moment de circoncire l’enfant arriva+, on lui donna le nom de Jésus, c’est-à-dire le nom que l’ange avait indiqué avant sa conception+. 22  De plus, quand arriva le moment où, selon la Loi de Moïse, ils devaient être purifiés+, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter à Jéhovah, 23  comme c’est écrit dans la Loi de Jéhovah : « Tout fils premier-né* doit être mis à part* pour Jéhovah+. » 24  Et ils offrirent en sacrifice ce que demande la Loi de Jéhovah : « une paire de tourterelles ou deux jeunes pigeons+ ». 25  À Jérusalem, il y avait un homme appelé Siméon. C’était un homme juste et fervent. Il attendait le moment où Dieu consolerait Israël+, et l’esprit saint était sur lui. 26  Il lui avait été divinement révélé par l’esprit saint qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ de Jéhovah+. 27  Poussé par l’esprit, il entra dans le Temple. Et alors que les parents de Jésus l’amenaient afin d’accomplir pour lui ce qu’exigeait le rite de la Loi+, 28  il prit l’enfant dans ses bras et loua Dieu en disant : 29  « Maintenant, Souverain Seigneur, tu laisses ton esclave s’en aller en paix+, comme tu l’as dit, 30  car j’ai vu de mes propres yeux celui par qui tu apportes le salut+, 31  celui que tu as préparé devant tous les peuples+, 32  la lumière+ qui enlèvera le voile de devant les yeux des nations+, et la gloire de ton peuple, Israël. » 33  Et le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. 34  De plus, Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Écoute ! Cet enfant est appelé à faire tomber+ ou se relever beaucoup en Israël+, et il sera un signe que les gens rejetteront+ 35  (oui, une longue épée te transpercera+), afin que les raisonnements de nombreux cœurs soient dévoilés. » 36  Il y avait aussi une prophétesse appelée Anne, la fille de Fanouel, qui était de la tribu d’Aser. (Cette femme était très avancée en âge. Elle avait vécu sept ans avec son mari après leur mariage*, 37  et c’était alors une veuve de 84 ans.) Elle n’était jamais absente du Temple : elle y offrait un service sacré nuit et jour en jeûnant et en faisant des supplications. 38  Et ce jour-​là, elle s’approcha et se mit à remercier Dieu et à parler de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem+. 39  Après avoir accompli tout ce que la Loi de Jéhovah exigeait+, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville, Nazareth+. 40  Le jeune enfant grandissait et se développait. Il progressait en sagesse, et il continuait d’avoir la faveur de Dieu+. 41  Ses parents allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque+. 42  Alors qu’il avait 12 ans, ils y montèrent pour respecter la coutume de la fête+. 43  Une fois la fête terminée, ils repartirent. Mais Jésus resta à Jérusalem, et ses parents ne s’en aperçurent pas. 44  Ils pensaient qu’il était dans le groupe des voyageurs. Ce n’est donc qu’après avoir fait une journée de route qu’ils se mirent à le chercher parmi les membres de la famille et les connaissances. 45  Comme ils ne le trouvaient pas, ils retournèrent à Jérusalem et le cherchèrent partout. 46  Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des enseignants : il les écoutait et leur posait des questions. 47  Mais tous ceux qui l’écoutaient étaient impressionnés par son intelligence et par ses réponses+. 48  Quand ses parents le virent, ils furent très étonnés, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-​tu fait cela ? Ton père et moi, nous étions inquiets et nous t’avons cherché partout. » 49  Il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-​vous ? Ne saviez-​vous pas que je dois être dans la maison de mon Père+ ? » 50  Cependant, ils ne comprenaient pas ce qu’il leur disait. 51  Il retourna avec eux à Nazareth, et il continua de leur obéir+. De plus, sa mère gardait soigneusement toutes ces paroles dans son cœur+. 52  Jésus continuait à progresser en sagesse et à se développer physiquement, et il avait de plus en plus la faveur de Dieu et des hommes.

Notes

Litt. « mâle qui ouvre l’utérus ».
Litt. « appelé saint ».
Litt. « depuis sa virginité ».

Notes d'étude

César : Ou « l’empereur ». Le mot grec Kaïsar correspond au latin Cæsar (voir lexique). Le nom Auguste vient du latin Augustus (le vénérable, l’auguste). C’est à Octave, le premier empereur romain, que le Sénat a attribué ce titre pour la première fois, en 27 av. n. è. Octave est ainsi devenu César Auguste. C’est en raison du décret qu’il a fait paraître que, conformément aux prophéties bibliques, Jésus est né à Bethléem (Dn 11:20 ; Mi 5:2).

la terre habitée : Au sens large, le mot grec oïkouménê, traduit par « terre » ou « terre habitée », désigne notre planète, le lieu d’habitation des humains (Lc 21:26 ; note ; Ac 17:31 ; Rm 10:18 ; Ré 12:9, note ; 16:14). Au 1er siècle, ce terme était aussi employé pour désigner le vaste Empire romain, dans lequel les Juifs étaient dispersés (Ac 17:6, note).

se fasse enregistrer : À l’évidence, Auguste a fait paraître ce décret parce qu’un recensement l’aiderait dans la perception des impôts et le recrutement militaire. Par cette action, Auguste a manifestement accompli la prophétie de Daniel au sujet d’un dirigeant qui ferait « passer un exacteur par le royaume splendide ». Daniel avait aussi prédit que le successeur de ce dirigeant serait un « homme méprisé » et qu’au cours de son règne, un évènement décisif se produirait : « le Guide de l’alliance », le Messie, serait ‘écrasé’, autrement dit mis à mort (Dn 11:20-22). Jésus a été exécuté durant le règne du successeur d’Auguste, Tibère.

Quirinius [...] gouverneur de Syrie : La Bible ne fait mention qu’une seule fois de Publius Sulpicius Quirinius, un sénateur romain renommé. Au départ, des historiens ont prétendu que Quirinius n’avait exercé qu’un seul mandat de gouverneur sur la province romaine de Syrie, vers 6 de n. è., année où a éclaté un mouvement de rébellion à cause d’un recensement. Ils ont donc contesté la véracité de ce passage et mis en doute le récit de Luc en faisant remarquer que Jésus était né avant que Quirinius soit gouverneur, en 6 ou 7 de n. è. Cependant, en 1764, on a découvert une inscription qui donne fortement à penser que Quirinius a été gouverneur (ou : légat) en Syrie à deux moments différents. D’autres inscriptions ont aussi amené certains historiens à reconnaître que Quirinius avait exercé un mandat de gouverneur de Syrie un peu plus tôt, avant notre ère. C’est manifestement au cours de ce mandat qu’a eu lieu le premier enregistrement, mentionné dans ce verset. Par ailleurs, les détracteurs font abstraction de trois faits essentiels. Premièrement, Luc atteste qu’il y a eu plus d’un recensement, puisqu’il parle ici d’un « premier enregistrement ». Il est clair qu’il savait qu’un autre enregistrement était survenu plus tard, vers 6 de n. è. Luc parle de ce deuxième enregistrement dans le livre des Actes (5:37), et Josèphe en fait aussi mention. Deuxièmement, la chronologie biblique exclut la possibilité que Jésus soit né durant le second mandat de Quirinius. Par contre, elle est compatible avec le fait qu’il soit né au cours du premier mandat de Quirinius, mandat qu’il aurait exercé à un moment donné entre 4 et 1 av. n. è. Troisièmement, Luc a la réputation d’être un historien méticuleux, qui était contemporain de beaucoup d’évènements qu’il relate (Lc 1:3). En plus, il était inspiré par Dieu (2Tm 3:16).

monta de [...] Galilée : Il y avait une ville du nom de Bethléem à seulement 11 km de Nazareth, mais la prophétie précisait que le Messie viendrait de « Bethléem Éfrata » (Mi 5:2). Cette Bethléem, aussi appelée la ville de David, se trouvait en Judée, dans le S (1S 16:1, 11, 13). À vol d’oiseau, la distance entre Nazareth et Bethléem Éfrata était d’environ 110 km. Dans les faits, le trajet en traversant la Samarie (si l’on se base sur les routes actuelles) pouvait être long de 150 km. Cet itinéraire passe par une région vallonnée. Le voyage devait donc être difficile et prendre plusieurs jours.

son premier-né : Cette expression suggère que Marie a plus tard eu d’autres enfants (Mt 13:55, 56 ; Mc 6:3).

mangeoire : Le mot grec traduit ici par « mangeoire » est phatnê, qui signifie « endroit où l’on nourrit ». Ce pouvait être une sorte d’auge pour nourrir les animaux ; mais le mot phatnê peut aussi désigner une étable, où l’on parque les animaux (cf. Lc 13:15, où ce mot grec est rendu par « étable »). Il y a de bonnes raisons de penser qu’ici, phatnê a le sens de « mangeoire ». La Bible ne précise cependant pas si cette mangeoire était en plein air ou à l’intérieur, ou encore si elle était rattachée à une étable.

salle prévue pour les voyageurs : Le mot grec employé ici figure aussi en Mc 14:14 et en Lc 22:11, où il est traduit par « salle ». Ce mot pourrait aussi être rendu par « salle réservée aux invités ».

bergers : On avait continuellement besoin d’un grand nombre de moutons pour les sacrifices offerts au temple de Jérusalem. Il est donc très possible que certains des moutons élevés aux alentours de Bethléem étaient destinés à cet usage.

vivaient en plein air : Le verbe grec utilisé ici est formé de deux mots : agros (campagne) et aulê (espace découvert). Il signifie donc « vivre dans un endroit à ciel ouvert », « vivre dans les pâturages », et il emporte l’idée de passer la nuit en plein air. On pouvait mener les moutons dans les pâturages pendant le jour à n’importe quelle saison de l’année. Cependant, le récit de Luc précise que les bergers passaient la nuit à l’extérieur, dans la campagne, avec leurs troupeaux. Cette information donne un indice sur l’époque de la naissance de Jésus. En Israël, la saison des pluies commence vers la mi-​octobre et dure plusieurs mois. En décembre, à Bethléem, comme à Jérusalem, il gèle très souvent la nuit. Le fait que les bergers de Bethléem étaient dans les pâturages la nuit suggère que Jésus est né avant le début de la saison des pluies (voir app. B15).

ange de Jéhovah : Dans les Écritures hébraïques, l’expression traduite par « ange de Jéhovah » est souvent employée (elle y figure pour la première fois en Gn 16:7). Elle est formée du mot hébreu pour « ange » et du Tétragramme. Dans l’un des exemplaires les plus anciens de la Septante, en Za 3:5, 6, le mot grec aggélos (ange, messager) est suivi du nom divin écrit en caractères hébreux. Ce fragment de la Septante, découvert dans une grotte du Naḥal Ḥever, dans le désert de Judée, en Israël, date d’entre 50 av. n. è. et 50 de n. è. Les raisons pour lesquelles la Traduction du monde nouveau utilise l’expression « ange de Jéhovah » en Lc 1:11, alors que les manuscrits grecs aujourd’hui disponibles portent l’expression rendue par « ange du Seigneur », sont expliquées dans les app. C1 et C3.

Jéhovah : Dans cette traduction, il s’agit de la première occurrence du nom divin dans l’Évangile de Luc. Bien que les manuscrits grecs aujourd’hui disponibles utilisent dans ce verset le mot Kurios (Seigneur), il y a de bonnes raisons de penser que c’était le nom divin qui était utilisé à l’origine et qu’il a plus tard été remplacé par le titre « Seigneur » (voir app. C1 et C3, introduction ; Lc 1:6). Les deux premiers chapitres de l’Évangile de Luc reprennent de nombreux passages ou expressions des Écritures hébraïques où figure le nom divin, ou bien y font allusion. Par exemple, dans les Écritures hébraïques, l’expression les commandements et les lois et d’autres combinaisons semblables de termes juridiques sont employées dans des contextes où le nom divin est utilisé ou dans des déclarations de Jéhovah lui-​même (Gn 26:2, 5 ; Nb 36:13 ; Dt 4:40 ; 27:10 ; Éz 36:23, 27).

sanctuaire de Jéhovah : Comme le signale la note d’étude sur Lc 1:6, les deux premiers chapitres de l’Évangile de Luc reprennent de nombreux passages ou expressions des Écritures hébraïques où figure le nom divin, ou bien y font allusion. Par exemple, dans les Écritures hébraïques, le terme traduit par « sanctuaire [ou : « temple »] de » est souvent associé au Tétragramme ; l’expression ainsi formée est rendue par « sanctuaire [ou : « temple »] de Jéhovah » (Nb 19:20 ; 2R 18:16 ; 23:4 ; 24:13 ; 2Ch 26:16 ; 27:2 ; Jr 24:1 ; Éz 8:16 ; Ag 2:15). Comme l’explique l’app. C1, il y a de bonnes raisons de penser que, dans ce verset, c’était le nom divin qui était utilisé à l’origine et qu’il a plus tard été remplacé par le titre « Seigneur ». C’est pourquoi la présente traduction emploie ici le nom Jéhovah dans le corps du texte (voir app. C3, introduction ; Lc 1:9).

l’ange de Jéhovah : Voir note d’étude sur Lc 1:11 et app. C3, introduction ; Lc 2:9.

la gloire de Jéhovah : Les deux premiers chapitres de l’Évangile de Luc reprennent de nombreux passages ou expressions des Écritures hébraïques où figure le nom divin, ou bien y font allusion. Dans les Écritures hébraïques, le terme hébreu correspondant à « gloire » est associé au Tétragramme plus de 30 fois, par exemple en Ex 16:7 ; 40:34 ; Lv 9:6, 23 ; Nb 14:10 ; 16:19 ; 20:6 ; 1R 8:11 ; 2Ch 5:14 ; 7:1 ; Ps 104:31 ; 138:5 ; Is 35:2 ; 40:5 ; 60:1 ; Éz 1:28 ; 3:12 ; 10:4 ; 43:4 ; Hab 2:14 (voir notes d’étude sur Lc 1:6 ; 1:9 et app. C3, introduction ; Lc 2:9).

c’est Christ : L’ange a sans doute employé ce titre dans un sens prophétique, car c’est l’effusion de l’esprit saint lors du baptême de Jésus qui a marqué le moment où il est réellement devenu le Messie, ou Christ (Mt 3:16, 17 ; Mc 1:9-11 ; Lc 3:21, 22).

Christ, le Seigneur : Dans les Écritures grecques chrétiennes, le terme grec khristos kurios (litt. « Christ Seigneur ») ne figure que dans ce verset. L’ange a sans doute employé ces titres dans un sens prophétique, et l’expression du verset pourrait donc se traduire par « ce sera Christ, le Seigneur » (voir note d’étude sur c’est Christ dans ce verset). Sous l’inspiration divine, Pierre explique, en Ac 2:36, que Dieu a fait Jésus « et Seigneur et Christ ». L’expression traduite ici par « Christ, le Seigneur » est cependant comprise d’autres façons encore. Certains biblistes proposent le rendu « le Seigneur oint ». D’autres pensent que cette combinaison de titres signifie « le Christ du Seigneur », option qu’on trouve dans quelques traductions de Lc 2:11 en latin et en syriaque. Dans le même ordre d’idées, des traductions des Écritures grecques chrétiennes en hébreu (référencées sous les sigles J5-8, 10 dans l’app. C) rendent l’expression par mashiaḥ Yehowah, c’est-à-dire « le Christ de Jéhovah ». Pour ces raisons et d’autres encore, certains sont d’avis que l’expression grecque qui figure en Lc 2:11 a plus ou moins le même sens que celle qui se trouve en Lc 2:26 et qui est traduite par « le Christ de Jéhovah ».

qui a mon approbation : Ou « en qui je prends plaisir », « qui me procure beaucoup de joie ». La même expression est employée en Mt 12:18, qui cite Is 42:1, où il est question du Messie, ou Christ, promis. L’effusion de l’esprit saint et la déclaration de Dieu au sujet de son Fils identifiaient clairement Jésus au Messie promis (voir note d’étude sur Mt 12:18).

tu as mon approbation : Ou « je prends plaisir en toi », « tu me procures beaucoup de joie ». La même expression est employée en Mt 12:18, qui cite Is 42:1, où il est question du Messie, ou Christ, promis. L’effusion de l’esprit saint et la déclaration de Dieu au sujet de son Fils identifiaient clairement Jésus au Messie promis (voir notes d’étude sur Mt 3:17 ; 12:18).

et sur la terre, paix parmi les hommes de bienveillance : Certains manuscrits portent un texte qui pourrait être rendu par « et paix sur la terre, bienveillance envers les hommes » ; on retrouve d’ailleurs cette tournure dans quelques traductions de la Bible. Mais la formulation retenue dans la Traduction du monde nouveau est conforme au texte des manuscrits les plus anciens et les plus fiables. Cette déclaration angélique ne signifie pas que Dieu manifestera sa bienveillance envers tous les humains, quels que soient leurs comportements et leurs actions. Elle signifie plutôt que des humains seront l’objet de sa bienveillance parce qu’ils manifestent une foi authentique en lui et qu’ils deviennent disciples de son Fils (voir note d’étude sur hommes de bienveillance dans ce verset).

hommes de bienveillance : La « bienveillance » dont il est question ici désigne de toute évidence la bienveillance manifestée par Dieu, non par des humains. Le mot grec eudokia peut aussi être rendu par « faveur », « bon plaisir », « approbation ». Le verbe qui lui est apparenté, eudokéô, est utilisé en Mt 3:17, en Mc 1:11 et en Lc 3:22 (voir notes d’étude sur Mt 3:17 ; Mc 1:11), où Dieu s’adresse à son Fils juste après son baptême. Il signifie fondamentalement « approuver », « être content de », « juger bon », « prendre plaisir en ». Conformément à cet emploi, l’expression « hommes de bienveillance » (anthrôpoïs eudokias) désigne les personnes qui bénéficient de l’approbation et de la bienveillance de Dieu, et elle peut aussi être rendue par « personnes qu’il approuve », « personnes en qui il prend plaisir ». Cette déclaration angélique se rapportait donc à la bienveillance de Dieu, non envers les humains en général, mais envers ceux qui lui plairaient parce qu’ils manifesteraient une foi authentique en lui et qu’ils deviendraient disciples de son Fils. Même si, dans certains contextes, le mot grec eudokia peut désigner la bienveillance des humains (Rm 10:1 ; Php 1:15), il est souvent employé pour parler de la bienveillance de Dieu, ou son bon plaisir, ou bien de la façon dont il trouve bon d’agir (Mt 11:26 ; Lc 10:21 ; Éph 1:5, 9 ; Php 2:13 ; 2Th 1:11). Dans la Septante, en Ps 50:20 (51:18, TMN), ce mot désigne la « bienveillance » de Dieu.

Jéhovah : Dans cette traduction, il s’agit de la première occurrence du nom divin dans l’Évangile de Luc. Bien que les manuscrits grecs aujourd’hui disponibles utilisent dans ce verset le mot Kurios (Seigneur), il y a de bonnes raisons de penser que c’était le nom divin qui était utilisé à l’origine et qu’il a plus tard été remplacé par le titre « Seigneur » (voir app. C1 et C3, introduction ; Lc 1:6). Les deux premiers chapitres de l’Évangile de Luc reprennent de nombreux passages ou expressions des Écritures hébraïques où figure le nom divin, ou bien y font allusion. Par exemple, dans les Écritures hébraïques, l’expression les commandements et les lois et d’autres combinaisons semblables de termes juridiques sont employées dans des contextes où le nom divin est utilisé ou dans des déclarations de Jéhovah lui-​même (Gn 26:2, 5 ; Nb 36:13 ; Dt 4:40 ; 27:10 ; Éz 36:23, 27).

ce que Jéhovah nous a révélé : Ou « ce que Jéhovah nous a fait connaître ». Ce sont des anges qui ont transmis le message aux bergers, mais ces derniers ont compris que c’était Jéhovah qui en était à l’origine. Dans la Septante, le verbe grec rendu ici par « a révélé » est employé pour traduire un verbe hébreu qui est utilisé dans des contextes où Jéhovah communique sa volonté à des humains ou bien dans des contextes où des humains veulent connaître sa volonté. Dans ces passages, le texte hébreu original emploie souvent le Tétragramme (Ps 25:4 ; 39:4 ; 98:2 ; 103:6, 7). Il est donc logique que le nom divin soit associé à cette déclaration des bergers juifs (voir note d’étude sur Lc 1:6 ; voir aussi app. C1 et C3, introduction ; Lc 2:15).

Jésus : Correspond au nom hébreu Jéshoua, ou Josué, une forme abrégée de Jéhoshoua, qui signifie « Jéhovah est salut ».

Jéhovah : Dans cette traduction, il s’agit de la première occurrence du nom divin dans l’Évangile de Luc. Bien que les manuscrits grecs aujourd’hui disponibles utilisent dans ce verset le mot Kurios (Seigneur), il y a de bonnes raisons de penser que c’était le nom divin qui était utilisé à l’origine et qu’il a plus tard été remplacé par le titre « Seigneur » (voir app. C1 et C3, introduction ; Lc 1:6). Les deux premiers chapitres de l’Évangile de Luc reprennent de nombreux passages ou expressions des Écritures hébraïques où figure le nom divin, ou bien y font allusion. Par exemple, dans les Écritures hébraïques, l’expression les commandements et les lois et d’autres combinaisons semblables de termes juridiques sont employées dans des contextes où le nom divin est utilisé ou dans des déclarations de Jéhovah lui-​même (Gn 26:2, 5 ; Nb 36:13 ; Dt 4:40 ; 27:10 ; Éz 36:23, 27).

Jéhovah : En Ex 13:2, 12, qui est paraphrasé ici, le nom divin, représenté par quatre consonnes hébraïques (translittérées par YHWH), figure dans le texte hébreu original (voir app. C).

le moment où [...] ils devaient être purifiés : Autrement dit, le moment où ils devaient se purifier rituellement. D’après la Loi mosaïque, une mère devait se purifier pendant 40 jours après avoir donné naissance à un garçon (Lv 12:1-4). Bien entendu, cette loi n’enseignait pas le mépris pour les femmes et l’accouchement, mais une vérité spirituelle fondamentale : le péché adamique se transmet d’une génération à la suivante par le processus de la procréation. Et Marie ne faisait pas exception, contrairement à ce que prétendent certains théologiens (Rm 5:12). Quand Luc a utilisé le pluriel « ils devaient », il n’y incluait évidemment pas Jésus, car il savait que l’esprit saint avait protégé Jésus de la condition de pécheresse de sa mère humaine imparfaite ; Jésus n’avait donc pas besoin d’être purifié (Lc 1:34, 35). Comme c’est Joseph qui a organisé le voyage et que, en tant que chef de famille, c’était sa responsabilité de veiller à ce que le sacrifice soit offert, Luc a sans doute inclus le père adoptif de Jésus dans le pronom « ils ».

pour le présenter à Jéhovah : Comme le montre le verset suivant, si Jésus a été emmené au Temple après sa naissance, c’était pour respecter ce que Jéhovah avait dit à Moïse et qui est rapporté en Ex 13:1, 2, 12 : les parents avaient l’obligation de ‘vouer à Jéhovah tous les fils premiers-nés’. L’expression « pour le présenter à Jéhovah » fait aussi penser à l’épisode consigné en 1S 1:22-28, où le jeune Samuel est présenté « devant Jéhovah » et où il est voué à son service (voir notes d’étude sur Lc 1:6 ; 2:23 et app. C3, introduction ; Lc 2:22).

Jéhovah : Dans cette traduction, il s’agit de la première occurrence du nom divin dans l’Évangile de Luc. Bien que les manuscrits grecs aujourd’hui disponibles utilisent dans ce verset le mot Kurios (Seigneur), il y a de bonnes raisons de penser que c’était le nom divin qui était utilisé à l’origine et qu’il a plus tard été remplacé par le titre « Seigneur » (voir app. C1 et C3, introduction ; Lc 1:6). Les deux premiers chapitres de l’Évangile de Luc reprennent de nombreux passages ou expressions des Écritures hébraïques où figure le nom divin, ou bien y font allusion. Par exemple, dans les Écritures hébraïques, l’expression les commandements et les lois et d’autres combinaisons semblables de termes juridiques sont employées dans des contextes où le nom divin est utilisé ou dans des déclarations de Jéhovah lui-​même (Gn 26:2, 5 ; Nb 36:13 ; Dt 4:40 ; 27:10 ; Éz 36:23, 27).

le moment où [...] ils devaient être purifiés : Autrement dit, le moment où ils devaient se purifier rituellement. D’après la Loi mosaïque, une mère devait se purifier pendant 40 jours après avoir donné naissance à un garçon (Lv 12:1-4). Bien entendu, cette loi n’enseignait pas le mépris pour les femmes et l’accouchement, mais une vérité spirituelle fondamentale : le péché adamique se transmet d’une génération à la suivante par le processus de la procréation. Et Marie ne faisait pas exception, contrairement à ce que prétendent certains théologiens (Rm 5:12). Quand Luc a utilisé le pluriel « ils devaient », il n’y incluait évidemment pas Jésus, car il savait que l’esprit saint avait protégé Jésus de la condition de pécheresse de sa mère humaine imparfaite ; Jésus n’avait donc pas besoin d’être purifié (Lc 1:34, 35). Comme c’est Joseph qui a organisé le voyage et que, en tant que chef de famille, c’était sa responsabilité de veiller à ce que le sacrifice soit offert, Luc a sans doute inclus le père adoptif de Jésus dans le pronom « ils ».

ils offrirent en sacrifice : Sous la Loi mosaïque, après un accouchement, une femme restait impure du point de vue rituel pendant une période bien définie. À la fin de cette période, un holocauste et un sacrifice pour le péché étaient présentés à Jéhovah en sa faveur (Lv 12:1-8).

la Loi de Jéhovah : Dans les Écritures hébraïques, l’expression traduite par « Loi de Jéhovah » est souvent employée ; elle est formée du mot hébreu pour « loi » et du Tétragramme (par exemple : Ex 13:9 ; 2R 10:31 ; 1Ch 16:40 ; 22:12 ; 2Ch 17:9 ; 31:3 ; Né 9:3 ; Ps 1:2 ; 119:1 ; Is 5:24 ; Jr 8:8 ; Am 2:4). L’expression comme c’est écrit est couramment utilisée dans les Écritures grecques chrétiennes pour introduire une citation des Écritures hébraïques (Mc 1:2 ; Ac 7:42 ; 15:15 ; Rm 1:17 ; 10:15 ; voir note d’étude sur Lc 1:6 et app. C3, introduction ; Lc 2:23).

Tout fils premier-né : L’épisode raconté en Lc 2:22-24 se rapporte non seulement au sacrifice offert au moment de la purification de Marie (voir notes d’étude sur Lc 2:22 ; 2:24), mais aussi à l’exigence de la Loi qui voulait qu’un couple paie cinq sicles d’argent à la naissance de leur premier-né. Étant le fils premier-né, Jésus était mis à part, ou sanctifié, pour Dieu et il lui appartenait. C’est pour cette raison que la Loi exigeait que Jésus soit racheté par ses parents, Joseph et Marie (Ex 13:1, 2 ; Nb 18:15, 16). Le paiement devait se faire quand l’enfant avait « un mois ou plus ». Joseph pouvait donc payer les cinq sicles au même moment que celui où Marie apportait l’offrande pour sa purification, c’est-à-dire 40 jours après la naissance de Jésus.

Jéhovah : En Ex 13:2, 12, qui est paraphrasé ici, le nom divin, représenté par quatre consonnes hébraïques (translittérées par YHWH), figure dans le texte hébreu original (voir app. C).

la Loi de Jéhovah : Dans les Écritures hébraïques, l’expression traduite par « Loi de Jéhovah » est souvent employée ; elle est formée du mot hébreu pour « loi » et du Tétragramme (par exemple : Ex 13:9 ; 2R 10:31 ; 1Ch 16:40 ; 22:12 ; 2Ch 17:9 ; 31:3 ; Né 9:3 ; Ps 1:2 ; 119:1 ; Is 5:24 ; Jr 8:8 ; Am 2:4). L’expression comme c’est écrit est couramment utilisée dans les Écritures grecques chrétiennes pour introduire une citation des Écritures hébraïques (Mc 1:2 ; Ac 7:42 ; 15:15 ; Rm 1:17 ; 10:15 ; voir note d’étude sur Lc 1:6 et app. C3, introduction ; Lc 2:23).

ils offrirent en sacrifice : Sous la Loi mosaïque, après un accouchement, une femme restait impure du point de vue rituel pendant une période bien définie. À la fin de cette période, un holocauste et un sacrifice pour le péché étaient présentés à Jéhovah en sa faveur (Lv 12:1-8).

la Loi de Jéhovah : Voir note d’étude sur Lc 2:23 et app. C3, introduction ; Lc 2:24.

une paire de tourterelles ou deux jeunes pigeons : La Loi autorisait les femmes qui avaient peu de moyens à offrir un oiseau à la place du mouton requis, qui aurait coûté beaucoup plus cher (Lv 12:6, 8). Manifestement, Joseph et Marie étaient pauvres à ce moment-​là, ce qui montre que les astrologues sont venus non au moment où Jésus était un nouveau-né, mais plus tard, alors qu’il avait grandi (Mt 2:9-11). Si Joseph et Marie avaient déjà reçu les cadeaux coûteux que ces hommes ont apportés, ils auraient facilement pu se procurer un mouton à offrir en sacrifice quand ils sont allés au Temple.

Siméon : Ce nom vient d’un verbe hébreu qui signifie « entendre », « écouter ». Comme Zacharie et Élisabeth, Siméon est qualifié de juste (Lc 1:5, 6). Il est aussi qualifié de fervent, terme qui traduit le mot grec eulabês. Dans les Écritures grecques chrétiennes, ce mot se rapporte à quelqu’un qui est très consciencieux dans tout ce qui touche au culte (Ac 2:5 ; 8:2 ; 22:12).

Christ : Le titre « Christ », qui vient du grec Khristos, et le titre « Messie » (de l’hébreu mashiaḥ) sont équivalents : ils signifient tous les deux « oint ». À l’époque biblique, on désignait officiellement quelqu’un comme dirigeant en l’oignant avec de l’huile.

le Christ : Ou « le Messie », « l’Oint ». Le titre « Christ », qui vient du grec Khristos, et le titre « Messie » (de l’hébreu mashiaḥ) sont équivalents : ils signifient tous les deux « oint » (voir notes d’étude sur Mt 1:1 et sur le Christ de Jéhovah dans ce verset).

le Christ de Jéhovah : Il y a de bonnes raisons d’utiliser ici le nom divin dans le corps du texte, même si les manuscrits grecs disponibles portent ton khriston Kuriou (litt. « le Christ du Seigneur »). Dans des exemplaires de la Septante, cette expression grecque traduit le terme hébreu mashiaḥ YHWH (oint de Jéhovah), qui figure 11 fois dans les Écritures hébraïques (1S 24:6 [deux fois], 10 ; 26:9, 11, 16, 23 ; 2S 1:14, 16 ; 19:21 ; Lm 4:20 ; voir app. C3, introduction ; Lc 2:26).

Souverain Seigneur : Le terme grec déspotês signifie fondamentalement « seigneur », « maître », « propriétaire » (1Tm 6:1 ; Tt 2:9 ; 1P 2:18). Quand on l’utilise pour s’adresser à Dieu en personne, comme ici, en Ac 4:24 et en Ré 6:10, il est rendu par « Souverain Seigneur » pour exprimer la supériorité absolue de sa seigneurie. D’autres traductions emploient des termes comme « Seigneur », « Maître », « Souverain » ou « Maître Souverain ». Un grand nombre de traductions des Écritures grecques chrétiennes en hébreu utilisent le terme hébreu ʼadhonay (Souverain Seigneur), mais au moins deux traductions (référencées sous les sigles J9, 18 dans l’app. C) emploient ici le nom divin, Jéhovah.

laisses ton esclave s’en aller : Le terme grec traduit par « laisser s’en aller » signifie littéralement « relâcher », « libérer », « renvoyer ». Ici, il est employé par euphémisme pour « laisser mourir ». Mourir en paix pouvait signifier connaître une mort douce après avoir eu une vie bien remplie ou après avoir vu la réalisation d’une espérance à laquelle on était attaché (cf. Gn 15:15 ; 1R 2:6). La promesse que Dieu avait faite à Siméon était maintenant accomplie : il avait vu le Messie promis, « le Christ de Jéhovah », le moyen de salut prévu par Dieu. Désormais, Siméon pouvait connaître la paix intérieure et la sérénité, et il était prêt à dormir dans la mort jusqu’à la résurrection (Lc 2:26).

celui par qui tu apportes le salut : Ou « de quelle façon tu apporteras le salut », « le salut par toi » (voir lexique à « salut »).

qui enlèvera le voile de devant les yeux des nations : Ou « pour la révélation aux nations ». Le mot grec apokalupsis, traduit ici par « enlever le voile », désigne « l’action de découvrir » ou « un dévoilement ». Il est souvent utilisé en rapport avec la révélation de notions spirituelles ou la révélation de la volonté et des projets de Dieu (Rm 16:25 ; Éph 3:3 ; Ré 1:1). Dans ce verset, Siméon parle de Jésus enfant comme étant la lumière, et il révèle que même les nations non juives seront éclairées spirituellement, et pas seulement les Juifs de naissance et les prosélytes. Les paroles prophétiques de Siméon concordent avec des prophéties des Écritures hébraïques, par exemple celles consignées en Is 42:6 et 49:6.

résurrection : Le mot grec anastasis signifie littéralement « action de se lever », « action de se mettre debout ». Il est utilisé une quarantaine de fois dans les Écritures grecques chrétiennes en lien avec la résurrection des morts (Mt 22:31 ; Ac 4:2 ; 24:15 ; 1Co 15:12, 13). La Septante utilise en Is 26:19 le verbe apparenté à anastasis pour rendre le verbe hébreu qui a été traduit par « revivre » dans l’expression « tes morts revivront » (voir lexique).

se relever : Le mot grec anastasis, utilisé ici, est généralement rendu par « résurrection » dans les Écritures grecques chrétiennes (voir note d’étude sur Mt 22:23). Les paroles de Siméon, consignées dans ce verset, montrent que les gens réagiraient de diverses manières au ministère de Jésus, ce qui dévoilerait les raisonnements de leurs cœurs (Lc 2:35). Pour les gens qui ne croiraient pas en lui, Jésus serait un signe qu’ils rejetteraient, un objet de mépris. Ces gens sans foi trébucheraient à cause de lui et tomberaient. Comme annoncé, Jésus a été une pierre contre laquelle beaucoup de Juifs ont trébuché (Is 8:14). Cependant, d’autres auraient foi en lui (Is 28:16). Figurément parlant, ils seraient relevés, ressuscités, alors qu’ils étaient ‘morts à cause de leurs fautes et de leurs péchés’, et ils seraient tenus pour justes par Dieu (Éph 2:1).

une longue épée : Les Écritures ne disent pas que Marie a été transpercée par une véritable épée. Cette expression se rapporte donc probablement à la douleur, à la souffrance et au chagrin que Marie connaîtrait à cause de la mort de son fils sur un poteau de supplice (Jean 19:25).

te : Ou « ton âme même », « ta vie » (voir lexique à « âme »).

Anne : Vient du nom hébreu qui signifie « faveur », « miséricorde ». En parlant de Jésus enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem, Anne a agi en prophétesse. « Prophétiser » signifie fondamentalement « proclamer les messages inspirés de Dieu », « révéler la volonté divine » (voir note d’étude sur Ac 2:17).

lui offrir [...] un service sacré : Ou « lui rendre un culte ». Le verbe grec latreuô signifie fondamentalement « servir ». Dans les Écritures, il emporte l’idée d’offrir un service sacré à Dieu ou d’effectuer une tâche en rapport avec le culte de Dieu (Mt 4:10 ; Lc 2:37 ; 4:8 ; Ac 7:7 ; Rm 1:9 ; Php 3:3 ; 2Tm 1:3 ; Hé 9:14 ; 12:28 ; Ré 7:15 ; 22:3), ou encore d’accomplir un service au sanctuaire ou au Temple (Hé 8:5 ; 9:9 ; 10:2 ; 13:10). C’est pourquoi, dans certains contextes, il est traduit par « rendre un culte ». Dans quelques cas, il est utilisé en lien avec le faux culte et se rapporte au fait d’offrir un service sacré, ou de rendre un culte, à des êtres ou des choses créés (Ac 7:42 ; Rm 1:25).

jamais absente du Temple : Anne était constamment au Temple, peut-être dès l’ouverture des portes le matin jusqu’à leur fermeture le soir. Le service sacré qu’elle offrait consistait à jeûner et à faire des supplications ; sans doute menait-​elle deuil en raison des conditions qui régnaient et aspirait-​elle à un changement, comme d’autres fidèles serviteurs de Dieu (Esd 10:1 ; Né 1:4 ; Lm 1:16). Depuis des siècles, les Juifs vivaient sous la coupe de puissances étrangères, et la pratique du culte se détériorait même au Temple et parmi les prêtres. C’est sans doute pour ces raisons qu’Anne et d’autres « attendaient la délivrance de Jérusalem » avec impatience (Lc 2:38).

offrait un service sacré : Ou « rendait un culte » (voir note d’étude sur Lc 1:74).

Dieu : Les manuscrits grecs les plus anciens utilisent ici Théos (Dieu). Cependant, d’autres manuscrits grecs ainsi que des traductions latines et syriaques portent « le Seigneur ». Certaines traductions des Écritures grecques chrétiennes en hébreu (référencées sous les sigles J5, 7-17, 28 dans l’app. C) utilisent le nom divin ; l’expression de ce verset pourrait donc se lire ainsi : « se mit à remercier Jéhovah ».

Jéhovah : Dans cette traduction, il s’agit de la première occurrence du nom divin dans l’Évangile de Luc. Bien que les manuscrits grecs aujourd’hui disponibles utilisent dans ce verset le mot Kurios (Seigneur), il y a de bonnes raisons de penser que c’était le nom divin qui était utilisé à l’origine et qu’il a plus tard été remplacé par le titre « Seigneur » (voir app. C1 et C3, introduction ; Lc 1:6). Les deux premiers chapitres de l’Évangile de Luc reprennent de nombreux passages ou expressions des Écritures hébraïques où figure le nom divin, ou bien y font allusion. Par exemple, dans les Écritures hébraïques, l’expression les commandements et les lois et d’autres combinaisons semblables de termes juridiques sont employées dans des contextes où le nom divin est utilisé ou dans des déclarations de Jéhovah lui-​même (Gn 26:2, 5 ; Nb 36:13 ; Dt 4:40 ; 27:10 ; Éz 36:23, 27).

la Loi de Jéhovah : Dans les Écritures hébraïques, l’expression traduite par « Loi de Jéhovah » est souvent employée ; elle est formée du mot hébreu pour « loi » et du Tétragramme (par exemple : Ex 13:9 ; 2R 10:31 ; 1Ch 16:40 ; 22:12 ; 2Ch 17:9 ; 31:3 ; Né 9:3 ; Ps 1:2 ; 119:1 ; Is 5:24 ; Jr 8:8 ; Am 2:4). L’expression comme c’est écrit est couramment utilisée dans les Écritures grecques chrétiennes pour introduire une citation des Écritures hébraïques (Mc 1:2 ; Ac 7:42 ; 15:15 ; Rm 1:17 ; 10:15 ; voir note d’étude sur Lc 1:6 et app. C3, introduction ; Lc 2:23).

la Loi de Jéhovah : Dans les Écritures hébraïques, l’expression traduite par « Loi de Jéhovah » est souvent employée ; elle est formée du mot hébreu pour « loi » et du Tétragramme (Ex 13:9 ; 2R 10:31 ; 1Ch 16:40 ; 22:12 ; 2Ch 17:9 ; 31:3 ; Né 9:3 ; Ps 1:2 ; 119:1 ; Is 5:24 ; Jr 8:8 ; Am 2:4 ; voir notes d’étude sur Lc 1:6 ; 2:23 et app. C3, introduction ; Lc 2:39).

ils retournèrent en Galilée : Cette déclaration pourrait donner à penser que Joseph et Marie sont rentrés directement à Nazareth après être allés au Temple pour présenter Jésus à Jéhovah. Mais le récit de Luc est très condensé. Celui de Matthieu (2:1-23) fournit des renseignements supplémentaires : il parle de la visite des astrologues, de la fuite de Joseph et Marie en Égypte pour échapper au projet meurtrier du roi Hérode, de la mort d’Hérode et de l’installation de la famille à Nazareth.

Ses parents allaient chaque année : La Loi n’exigeait pas que les femmes aillent à la fête de la Pâque. Pourtant, Marie avait l’habitude d’accompagner Joseph à Jérusalem pour cette fête annuelle (Ex 23:17 ; 34:23). Chaque année, alors que la famille s’agrandissait, ils effectuaient ensemble un trajet aller-retour de presque 300 km à travers un relief vallonné.

monta de [...] Galilée : Il y avait une ville du nom de Bethléem à seulement 11 km de Nazareth, mais la prophétie précisait que le Messie viendrait de « Bethléem Éfrata » (Mi 5:2). Cette Bethléem, aussi appelée la ville de David, se trouvait en Judée, dans le S (1S 16:1, 11, 13). À vol d’oiseau, la distance entre Nazareth et Bethléem Éfrata était d’environ 110 km. Dans les faits, le trajet en traversant la Samarie (si l’on se base sur les routes actuelles) pouvait être long de 150 km. Cet itinéraire passe par une région vallonnée. Le voyage devait donc être difficile et prendre plusieurs jours.

y montèrent : C’est-à-dire à Jérusalem, un voyage qui impliquait de gravir des collines et des montagnes (voir note d’étude sur Lc 2:4).

leur posait des questions : Comme le montre la réaction de ceux qui écoutaient Jésus, ses questions n’étaient pas simplement celles d’un petit garçon cherchant à satisfaire sa curiosité (Lc 2:47). Le mot grec traduit par « poser des questions » peut, dans certains contextes, se rapporter au genre d’interrogatoire et de contre-interrogatoire qui a lieu lors d’une audience judiciaire (Mt 27:11 ; Mc 14:60, 61 ; 15:2, 4 ; Ac 5:27). Des historiens disent que certains des plus éminents chefs religieux avaient l’habitude de rester au Temple après les fêtes et d’enseigner sous l’un des grands porches. Les gens pouvaient s’asseoir aux pieds de ces hommes pour les écouter et leur poser des questions.

étaient impressionnés : Ici, la forme du verbe grec rendu par « être impressionné » peut évoquer un étonnement qui dure ou qui se répète.

le ciel s’ouvrit : Dieu a apparemment donné à Jésus la capacité de percevoir et de comprendre les choses célestes, ce qui englobait peut-être les souvenirs de sa vie préhumaine au ciel.

le ciel s’ouvrit : Dieu a apparemment donné à Jésus la capacité de percevoir les choses célestes, ce qui englobait peut-être les souvenirs de sa vie préhumaine. Certaines des paroles que Jésus a prononcées après son baptême, notamment la prière intime qu’il a faite la nuit de la Pâque de l’an 33, révèlent que Jésus se souvenait de son existence préhumaine, des paroles et des actions de son Père, et de la gloire que lui-​même avait au ciel (Jean 6:46 ; 7:28, 29 ; 8:26, 28, 38 ; 14:2 ; 17:5). C’est peut-être au moment de son baptême et de son onction que ces souvenirs lui ont été rendus.

Il leur répondit : Cette expression introduit les premières paroles de Jésus rapportées dans la Bible. Tout porte à croire que Jésus adolescent ne savait pas tout de son existence préhumaine (voir notes d’étude sur Mt 3:16 ; Lc 3:21). Mais il semble logique de penser que sa mère et son père adoptif lui ont transmis ce qu’ils avaient appris grâce aux apparitions des anges et aux prophéties de Siméon et d’Anne, prophéties qu’ils avaient entendues au cours de leur voyage à Jérusalem 40 jours après la naissance de Jésus (Mt 1:20-25 ; 2:13, 14, 19-21 ; Lc 1:26-38 ; 2:8-38). La réponse de Jésus révèle qu’il avait une certaine connaissance de la nature miraculeuse de sa naissance et de la relation particulière qu’il avait avec son Père céleste, Jéhovah.

je dois être dans la maison de mon Père : L’expression grecque traduite par « dans la maison de mon Père » peut être rendue littéralement par « dans les [choses] de mon Père ». Le contexte montre que Joseph et Marie s’inquiétaient de savoir où était Jésus. Il est donc logique de penser que la réponse de Jésus se rapporte à un lieu, un endroit, ce qui justifie le rendu « la maison [ou : la demeure, les cours] de mon Père » (Lc 2:44-46). Plus tard, au cours de son ministère, Jésus a expressément appelé le Temple « la maison de mon Père » (Jean 2:16). Selon certains spécialistes, l’expression utilisée par Jésus pourrait avoir un sens plus large et signifier : « Je dois m’intéresser aux [ou : m’occuper des] choses de mon Père. »

montait à Jérusalem : La ville se trouvait à environ 750 m au-dessus du niveau de la mer ; c’est la raison pour laquelle on lit souvent dans les Écritures que les fidèles « montaient à Jérusalem » (Mc 10:32 ; Lc 18:31 ; Jean 2:13 ; Ac 11:2). Dans ce verset, Jésus et ses disciples montaient depuis la vallée du Jourdain (voir note d’étude sur Mt 19:1), dont le point le plus bas se trouvait à peu près à 400 m au-dessous du niveau de la mer. Par conséquent, jusqu’à Jérusalem, il n’y avait pas moins de 1 000 m de dénivelé.

monta de [...] Galilée : Il y avait une ville du nom de Bethléem à seulement 11 km de Nazareth, mais la prophétie précisait que le Messie viendrait de « Bethléem Éfrata » (Mi 5:2). Cette Bethléem, aussi appelée la ville de David, se trouvait en Judée, dans le S (1S 16:1, 11, 13). À vol d’oiseau, la distance entre Nazareth et Bethléem Éfrata était d’environ 110 km. Dans les faits, le trajet en traversant la Samarie (si l’on se base sur les routes actuelles) pouvait être long de 150 km. Cet itinéraire passe par une région vallonnée. Le voyage devait donc être difficile et prendre plusieurs jours.

y montèrent : C’est-à-dire à Jérusalem, un voyage qui impliquait de gravir des collines et des montagnes (voir note d’étude sur Lc 2:4).

aucune déclaration n’est impossible pour Dieu : Ou « aucune parole de Dieu ne restera inaccomplie ». Ou p.-ê. « rien n’est impossible à Dieu ». Le mot grec rhêma, rendu ici par « déclaration », peut signifier « parole », « chose dite », « déclaration ». Il peut aussi désigner « une chose », « la chose dont on parle » ; il peut par exemple se rapporter à un évènement, à une action ou à la conséquence d’une déclaration. Même si le texte grec pourrait être traduit de différentes façons, le sens global reste le même : en ce qui concerne Dieu et n’importe laquelle de ses promesses, rien n’est impossible. Le texte grec de ce verset ressemble à celui de la Septante en Gn 18:14, où Jéhovah promet à Abraham que sa femme, Sara, donnera naissance à Isaac dans sa vieillesse.

Il retourna avec eux : Litt. « il descendit avec eux et vint ». Jérusalem se trouvait à environ 750 m au-dessus du niveau de la mer. Le terme « descendre » est utilisé ici dans le sens de quitter Jérusalem (Lc 10:30, 31 ; Ac 24:1 ; 25:7 ; cf. notes d’étude sur Mt 20:17 ; Lc 2:4, 42).

continua de leur obéir : Ou « leur restait soumis ». La forme du verbe grec exprime une action continue ; cela indique qu’après avoir impressionné les enseignants au Temple par sa connaissance de la Parole de Dieu, Jésus est rentré chez lui et a continué de se soumettre humblement à ses parents. Son obéissance avait une portée plus grande que celle de n’importe quel autre enfant, parce qu’il devait accomplir la Loi mosaïque dans les moindres détails (Ex 20:12 ; Ga 4:4).

paroles : Ou « choses » (voir note d’étude sur Lc 1:37).

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César Auguste
César Auguste

Octave a été le premier empereur de l’Empire romain. Son nom complet en latin est Caius Julius Cæsar Octavianus (cet empereur est plus connu sous les noms d’Octave ou d’Octavien). C’était le fils adoptif du dictateur romain Jules César, qui a été assassiné en 44 av. n. è. En septembre 31 av. n. è., Octave est devenu le maître incontesté de l’Empire romain, et le 16 janvier 27 av. n. è., le Sénat romain lui a attribué le titre d’« Auguste ». En 2 av. n. è., Auguste a fait paraître un décret ordonnant que tous les habitants de l’Empire aillent se faire enregistrer, chacun « dans sa propre ville » (Lc 2:1-7). C’est en raison de ce décret que, conformément aux prophéties bibliques, Jésus est né à Bethléem (Dn 11:20 ; Mi 5:2). Auguste est mort le 17 août 14 de n. è. (19 août selon le calendrier julien), mois auquel il avait donné son nom. La sculpture en bronze que l’on voit sur la photo date d’entre 27 et 25 av. n. è., et elle est aujourd’hui conservée au British Museum.

L’hiver à Bethléem
L’hiver à Bethléem

Il est impossible que Jésus soit né en décembre, car, de novembre à mars, le temps est généralement froid et pluvieux à Bethléem. L’hiver, il peut même neiger dans cette région. À cette époque de l’année, les bergers ne vivaient pas en plein air et ne restaient donc pas dans les pâturages la nuit pour surveiller leurs troupeaux (Lc 2:8). Bethléem s’élève à 780 m au-dessus du niveau de la mer, sur les hauteurs de Judée.

Jésus dans la mangeoire
Jésus dans la mangeoire

Le mot grec utilisé en Lc 2:7 et traduit par « mangeoire » est phatnê, qui signifie « endroit où l’on nourrit ». Des archéologues ont découvert en Palestine de grandes auges taillées d’une seule pièce dans des blocs de calcaire ; elles mesurent environ 90 cm de long, 50 cm de large et 60 cm de haut. On pense qu’elles servaient de mangeoires. Il est possible aussi que, comme à une époque plus récente, on taillait des mangeoires dans les parois des grottes où l’on abritait les bêtes.

Tourterelle et pigeon
Tourterelle et pigeon

Sous la Loi mosaïque, après un accouchement, une femme devait offrir un jeune bélier en holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle en sacrifice pour le péché. Si la famille n’avait pas les moyens de se procurer un bélier — ce qui était manifestement le cas de Marie et Joseph —, la Loi permettait d’offrir deux tourterelles ou deux jeunes pigeons (Lv 12:6-8). La tourterelle des bois (Streptopelia turtur), que l’on voit ici (1), est présente non seulement en Israël, mais aussi en Europe, en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest. Chaque année, en octobre, cet oiseau migre vers le S, dans les pays plus chauds ; il revient en Israël au printemps. L’autre oiseau en photo ici (2) est un pigeon biset (Columba livia). Cette espèce est présente partout dans le monde. En général, elle ne migre pas.

Vue sur la vallée de Jezréel
Vue sur la vallée de Jezréel

Cette photo permet d’admirer une vue depuis un escarpement situé près de Nazareth lorsqu’on regarde vers le S. On y voit la fertile vallée de Jezréel, théâtre d’évènements marquants du récit biblique, qui s’étend vers l’E et vers l’O (Jos 17:16 ; Jg 6:33 ; Os 1:5). Le relief imposant que l’on voit sur la gauche, à l’arrière-plan, est la colline de Moré ; sur l’un de ses versants se trouve le village de Nein, qui correspond à l’antique Naïn, où Jésus a ressuscité le fils d’une veuve (Jg 7:1 ; Lc 7:11-15). À l’horizon, au milieu, on aperçoit le mont Gelboé (1S 31:1, 8). Jésus, qui a grandi dans les environs de Nazareth, s’est peut-être rendu sur cet escarpement, qui offre une vue sur plusieurs lieux importants de l’histoire d’Israël (Lc 2:39, 40).