Évangile selon Luc 10​:​1-42

10  Après cela, le Seigneur choisit 70 autres disciples et les envoya deux par deux+ dans toutes les villes et tous les endroits où lui-​même irait ensuite+.  Et il leur dit : « La moisson est grande, mais les ouvriers ne sont pas nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson+.  Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups+.  Ne prenez ni bourse, ni sac à provisions, ni sandales+, et ne saluez personne en chemin+.  En entrant dans une maison, dites d’abord : “Paix à cette maison+.”  S’il y a là un ami de la paix, votre paix restera sur lui. Mais si ce n’est pas le cas, elle reviendra vers vous.  Restez donc dans cette maison-​là+, mangez et buvez ce qu’on vous donnera+, car l’ouvrier mérite son salaire+. Ne passez pas d’une maison à l’autre.  « De plus, quand vous entrerez dans une ville et qu’on vous accueillera, mangez ce qu’on mettra devant vous,  guérissez les malades qui s’y trouvent, et dites-​leur : “Le royaume de Dieu s’est approché de vous+.” 10  Mais quand vous entrerez dans une ville et qu’on ne vous accueillera pas, sortez dans les grandes rues et dites : 11  “Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous la secouons contre vous+. Cependant, sachez que le royaume de Dieu s’est approché.” 12  Je vous dis que, ce jour-​là, ce sera plus facile à supporter pour Sodome que pour cette ville+. 13  « Malheur à toi, Korazîn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Parce que, si les miracles* qui ont eu lieu chez vous+ avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants se seraient repentis en portant des toiles de sac et en s’asseyant dans la cendre+. 14  C’est pourquoi, lors du jugement, ce sera plus facile à supporter pour Tyr et Sidon que pour vous. 15  Et toi, Capharnaüm+, tu crois que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusque dans la Tombe ! 16  « Celui qui vous écoute m’écoute+. Et celui qui vous rejette me rejette moi aussi. De plus, celui qui me rejette rejette aussi celui qui m’a envoyé+. » 17  Les 70 disciples revinrent joyeux et dirent : « Seigneur*, même les démons nous sont soumis quand nous nous servons de ton nom+. » 18  Il leur répondit : « Je vois déjà Satan tomber+ du ciel comme un éclair. 19  Écoutez : je vous ai donné le pouvoir d’écraser sous vos pieds les serpents et les scorpions+, ainsi que le pouvoir de vaincre toute la puissance de l’ennemi+. Et absolument rien ne vous fera du mal. 20  Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; réjouissez-​vous parce que vos noms ont été inscrits dans le ciel+. » 21  À ce moment-​là, l’esprit saint le remplit de joie, et il dit : « Je te loue en public, Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as soigneusement caché ces choses aux sages et aux intellectuels+, et que tu les as révélées aux jeunes enfants. Oui, ô Père, parce que tu as trouvé bon d’agir ainsi+. 22  Mon Père m’a confié toutes choses. Personne ne sait qui est le Fils, sauf le Père. Et personne ne sait qui est le Père, sauf le Fils+ et ceux à qui le Fils veut le révéler+. » 23  Puis il se tourna vers les disciples et leur dit, à part : « Heureux ceux qui voient les choses que vous voyez+. 24  Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir les choses que vous observez, mais ne les ont pas vues+, et entendre les choses que vous entendez, mais ne les ont pas entendues. » 25  Et voici qu’un homme qui était un spécialiste de la Loi se leva et lui demanda, pour le mettre à l’épreuve : « Enseignant, que dois-​je faire pour hériter de la vie éternelle+ ? » 26  Jésus lui dit : « Qu’est-​il écrit dans la Loi ? Qu’est-​ce que tu y lis ? » 27  Il répondit : « “Tu dois aimer Jéhovah ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée+”, et “ton prochain comme toi-​même+”. » 28  Il lui dit : « Tu as répondu correctement. Continue à faire cela et tu auras la vie+. » 29  Mais voulant montrer qu’il était juste+, l’homme demanda à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » 30  Jésus lui répondit : « Alors qu’un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il a été attaqué par des voleurs. Ils lui ont pris jusqu’à ses vêtements, l’ont battu et sont partis en le laissant à moitié mort. 31  Un prêtre descendait justement par cette route-​là. Mais quand il a vu l’homme, il a traversé la route et a poursuivi son chemin. 32  Puis un Lévite est arrivé à cet endroit. Quand il a vu l’homme, lui aussi a traversé la route et a poursuivi son chemin. 33  Mais un certain Samaritain+ qui passait par cette route est arrivé près de lui et, en le voyant, il a été ému de pitié. 34  Il s’est donc approché de lui, a versé de l’huile et du vin sur ses blessures, et les a bandées. Puis il l’a fait monter sur sa propre bête, l’a amené à une auberge et a pris soin de lui. 35  Le lendemain, il a pris deux deniers, les a donnés à l’aubergiste et a dit : “Prends soin de lui et, ce que tu dépenseras en plus, je te le rendrai à mon retour.” 36  À ton avis, qui des trois s’est fait le prochain+ de l’homme qui a été attaqué par les voleurs ? » 37  Il répondit : « Celui qui s’est montré miséricordieux envers lui+. » Alors Jésus lui dit : « Va, et toi, fais de même+. » 38  Ils continuèrent leur chemin et entrèrent dans un village. Là, une femme qui s’appelait Marthe+ accueillit Jésus chez elle. 39  Cette femme avait une sœur appelée Marie, qui s’assit aux pieds du Seigneur et écouta ce qu’il disait*. 40  Marthe, par contre, était distraite, occupée à de nombreuses tâches. Elle s’approcha donc de Jésus et lui dit : « Seigneur, cela ne te fait-​il rien que ma sœur me laisse toute seule pour accomplir le travail ? Dis-​lui de m’aider. » 41  Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. 42  Pourtant, peu de choses sont nécessaires, ou même une seule+. Marie, elle, a choisi la meilleure part+, et elle ne lui sera pas enlevée. »

Notes

Ou « œuvres de puissance ».
Ou « Maître ».
Ou « son enseignement ». Litt. « sa parole ».

Notes d'étude

Après cela : Les évènements qui sont rapportés entre Lc 10:1 et 18:14 ne figurent pas dans les autres Évangiles. Cependant, certains des sujets traités dans ces chapitres sont couverts par les autres évangélistes, mais ils sont manifestement rattachés à des évènements survenus plus tôt au cours du ministère de Jésus. On pense que les évènements mentionnés dans cette partie de l’Évangile de Luc ont eu lieu après la fête des Tabernacles (ou : des Huttes) de l’automne 32 de n. è. (voir app. A7). À partir de ce moment-​là, Jésus a semble-​t-​il concentré son activité plus vers le S, c’est-à-dire à Jérusalem et dans ses environs ainsi qu’en Judée et en Pérée. C’est surtout dans cette zone qu’il a prêché durant les six derniers mois de son ministère terrestre.

70 : Certains manuscrits anciens portent ici « 72 », nombre que reprennent plusieurs traductions de la Bible. Cependant, le nombre « 70 » se retrouve dans quantité d’autres manuscrits anciens qui font autorité, comme le Codex Sinaiticus (datant du 4siècle de n. è.), ainsi que le Codex Alexandrinus et le Codex Ephraemi Syri rescriptus (datant tous deux du 5siècle). Des biblistes ont avancé diverses raisons pour expliquer cette différence entre les manuscrits, mais elle est mineure et ne change en rien l’idée globale du verset. Les nombreux manuscrits et traductions anciens concordent sur l’essentiel : Jésus a envoyé beaucoup de disciples prêcher deux par deux.

70 autres disciples : Il s’agit sans doute de 70 disciples en plus des 12 apôtres, qui avaient été formés et envoyés quelque temps auparavant (Lc 9:1-6).

sandales : Il semble qu’il soit question ici d’une paire de rechange, puisque Jésus a dit à ses disciples de ne pas prendre de sandales. Il était courant d’emporter une paire de sandales de rechange pour un long voyage, car les semelles de la première paire pouvaient s’user ou les lanières pouvaient se casser. Quelque temps plus tôt, Jésus a donné des instructions similaires à ses apôtres et leur a dit de « mettre [ou : « se chausser »] » des sandales qu’ils possédaient déjà (Mc 6:8, 9). Et comme le rapporte Mt 10:9, 10, il leur a demandé de ne pas ‘se procurer’ de sandales, autrement dit de ne pas acheter de sandales en plus de celles qu’ils avaient déjà.

ne saluez personne : Ou « ne serrez personne dans vos bras en signe de salut ». Dans certains contextes, le mot grec aspazomaï (saluer) peut signifier plus qu’un simple « bonjour ». Il peut emporter l’idée d’étreintes et de longues conversations entre deux amis qui se croisent. Ici, Jésus n’encourageait pas ses disciples à être impolis. Il soulignait plutôt l’importance pour eux de ne pas se laisser distraire et de faire le meilleur usage possible de leur temps. Le prophète Élisée a un jour donné une instruction similaire à Guéazi, son assistant (2R 4:29). Dans les deux cas, la mission était urgente. Il n’y avait pas de temps à perdre.

ami de la paix : Litt. « fils de la paix ». L’expression grecque utilisée ici correspond sans doute à une expression idiomatique hébraïque qui emporte l’idée de personne pacifique ou paisible. Dans ce contexte, elle se rapporte à une personne qui souhaite se réconcilier avec Dieu et qui écoute la « bonne nouvelle de la paix » et l’accepte volontiers. Elle est alors en paix avec Dieu (Ac 10:36).

Ne passez pas d’une maison à l’autre : Quelque temps plus tôt, Jésus a donné une instruction similaire aux 12 apôtres (Mt 10:11 ; Mc 6:10 ; Lc 9:4). Ici, il dit aux 70 prédicateurs que lorsqu’ils arriveront dans une ville, ils devront rester chez celui qui leur offrira l’hospitalité. En s’interdisant de passer d’une maison à l’autre pour rechercher un endroit où on leur offrirait plus de confort, une nourriture plus raffinée ou plus de biens matériels, les disciples montreraient que ces choses sont secondaires par rapport à leur mission de prêcher.

ce sera plus facile à supporter : À l’évidence, Jésus a utilisé cette expression comme une sorte d’hyperbole ; il ne voulait pas qu’on la prenne au pied de la lettre (cf. autres hyperboles frappantes employées par Jésus, comme celles consignées en Mt 5:18 ; Lc 16:17 ; 21:33). Lorsqu’il a dit que, ce jour-​là, c’est-à-dire le jour du Jugement, ce serait « plus facile à supporter pour Sodome » (Mt 10:15 ; 11:22, 24 ; Lc 10:14), Jésus ne laissait pas entendre que les habitants de Sodome seraient présents ce jour-​là (cf. Jude 7). Il se peut qu’il ait tout simplement voulu souligner l’ampleur de l’insensibilité et de la culpabilité de la plupart des gens vivant dans des villes comme Korazîn, Bethsaïde et Capharnaüm (Lc 10:13-15). Il est intéressant de noter que ce qui est arrivé à Sodome était très connu, et cet épisode était souvent associé à la colère de Dieu et à son jugement (Dt 29:23 ; Is 1:9 ; Lm 4:6).

Tyr et [...] Sidon : Il s’agissait de villes non juives de la Phénicie, qui étaient situées le long de la côte méditerranéenne (voir app. B10).

ciel : Ici, le « ciel » est utilisé dans un sens métaphorique : il désigne une position extrêmement favorisée.

la Tombe : Ou « l’hadès », c.-à-d. la tombe commune aux hommes (voir lexique à « tombe »). Ici, le mot « Tombe » est utilisé au sens figuré pour représenter la déchéance que connaîtrait Capharnaüm.

70 : Certains manuscrits anciens portent ici « 72 », nombre que reprennent plusieurs traductions de la Bible. Cependant, le nombre « 70 » se retrouve dans quantité d’autres manuscrits anciens qui font autorité, comme le Codex Sinaiticus (datant du 4siècle de n. è.), ainsi que le Codex Alexandrinus et le Codex Ephraemi Syri rescriptus (datant tous deux du 5siècle). Des biblistes ont avancé diverses raisons pour expliquer cette différence entre les manuscrits, mais elle est mineure et ne change en rien l’idée globale du verset. Les nombreux manuscrits et traductions anciens concordent sur l’essentiel : Jésus a envoyé beaucoup de disciples prêcher deux par deux.

Je vois déjà Satan tomber du ciel comme un éclair : Manifestement, Jésus parlait de façon prophétique quand il a mentionné l’expulsion de Satan du ciel comme si elle avait déjà eu lieu. Ré 12:7-9 décrit une guerre qui aurait lieu au ciel, et le contexte montre que la chute de Satan coïnciderait avec la naissance du royaume messianique. En Lc 10:18, Jésus soulignait qu’il était certain que, dans cette guerre à venir, Satan et ses démons seraient vaincus, car Dieu venait d’accorder à ces 70 disciples — pourtant de simples humains imparfaits — le pouvoir d’expulser des démons (Lc 10:17).

les serpents et les scorpions : Dans ce contexte, Jésus utilise ces animaux pour symboliser des éléments nuisibles (cf. Éz 2:6).

aux jeunes enfants : Ou « à ceux qui ont un cœur d’enfant », autrement dit qui sont humbles, disposés à apprendre.

aux jeunes enfants : Voir note d’étude sur Mt 11:25.

le : C.-à-d. le Père.

pensée : Il s’agit des facultés intellectuelles. Une personne doit utiliser ses facultés mentales pour apprendre à connaître Dieu et faire grandir son amour pour lui (Jean 17:3 ; Rm 12:1). Le texte hébreu original de Dt 6:5, qui est cité ici, utilise trois termes qu’on traduit par « cœur », « âme » et « force ». Mais dans le récit de Marc, qui a été écrit en grec, ce sont quatre notions qui sont mentionnées : le cœur, l’âme, la pensée et la force. Il peut y avoir plusieurs raisons à cela. Le mot grec rendu par « pensée » a peut-être été ajouté pour restituer l’idée complète des trois notions du texte hébreu, dont les sens se recoupent. Même si l’hébreu ancien n’a pas de mot spécifique pour « pensée », cette notion est souvent incluse dans le mot hébreu correspondant à « cœur ». Employé au sens figuré, ce mot hébreu désigne la personne intérieure tout entière, notamment les pensées, les sentiments, l’état d’esprit et les mobiles d’une personne (Dt 29:4 ; Ps 26:2 ; 64:6 ; voir note d’étude sur cœur dans ce verset). C’est pourquoi quand le texte hébreu utilise le mot traduit par « cœur », la Septante emploie souvent l’équivalent grec de « pensée » (Ex 35:26 ; Dt 29:18 ; Jb 1:5 ; Pr 2:10). Le fait que Marc utilise le mot pensée suggère peut-être aussi que les sens du mot hébreu pour « force » et du mot grec pour « pensée » se recoupent (cf. formulation en Mt 22:37, où « pensée » est employé à la place de « force »). Le fait que toutes ces notions se recoupent peut aider à comprendre pourquoi le scribe utilise le mot « intelligence » quand il répond à Jésus (Mc 12:33, note). Cela peut aussi expliquer pourquoi les rédacteurs des Évangiles ne reprennent pas exactement la même formulation que Dt 6:5 quand ils le citent (voir note d’étude sur force dans ce verset et notes d’étude sur Mt 22:37 ; Lc 10:27).

force : Comme l’explique la note d’étude sur pensée, le texte hébreu original de Dt 6:5, qui est cité ici, utilise trois termes qu’on traduit par « cœur », « âme » et « force ». Le mot hébreu rendu par « force [ou : « force vitale », note] » pouvait désigner à la fois la force physique et les capacités mentales ou intellectuelles. Ce peut être une autre raison pour laquelle la notion de « pensée » est ajoutée quand ce verset est cité dans les Écritures grecques chrétiennes. Cela peut aussi expliquer pourquoi Mt 22:37 emploie « pensée » et non « force » quand il cite Dt 6:5. Quoi qu’il en soit, quand un spécialiste de la Loi a cité ce même verset des Écritures hébraïques, il a mentionné les quatre notions : le cœur, l’âme, la force et la pensée (d’après le récit de Luc [10:27], qui a été écrit en grec). Cela montre à l’évidence qu’à l’époque de Jésus, il était couramment admis que la combinaison des quatre notions grecques restituait bien le sens des trois mots hébreux de la citation originale.

prochain : Le mot grec pour « prochain » (litt. « le proche », « le voisin ») peut désigner non seulement les personnes qui vivent à proximité de soi, mais aussi toute autre personne avec qui on a des contacts (Lc 10:29-37 ; Rm 13:8-10 ; voir note d’étude sur Mt 5:43).

Jéhovah : En Dt 6:5, qui est cité ici, le nom divin, représenté par quatre consonnes hébraïques (translittérées par YHWH), figure dans le texte hébreu original (voir app. C).

cœur, [...] âme, [...] force et [...] pensée : Ici, un homme qui était un spécialiste de la Loi cite Dt 6:5, qui, dans le texte hébreu original, utilise trois termes qu’on traduit par « cœur », « âme » et « force ». Cependant, d’après le récit de Luc, qui a été écrit en grec, l’homme mentionne quatre notions : le cœur, l’âme, la force et la pensée. Cette réponse du spécialiste montre à l’évidence qu’à l’époque de Jésus, il était couramment admis que la combinaison de ces quatre notions grecques restituait bien le sens des trois mots hébreux de la citation originale (pour plus de détails, voir notes d’étude sur Mc 12:30).

toute ton âme : Ou « tout ton être », « toute ta vie » (voir lexique à « âme »).

ton prochain : Voir note d’étude sur Mt 22:39.

un certain Samaritain : Généralement, les Juifs méprisaient les Samaritains et refusaient toute relation avec eux (Jean 4:9). Certains Juifs utilisaient même le terme « Samaritain » comme une expression de mépris (Jean 8:48). Selon la Mishna, un rabbin a dit que celui qui mange le pain des Samaritains est semblable à celui qui mange du porc (Cheviit 8:10). Beaucoup de Juifs ne croyaient pas au témoignage des Samaritains ni n’acceptaient de service de leur part. Connaissant le mépris que les Juifs avaient pour les Samaritains, Jésus a utilisé l’exemple qu’on appelle souvent « la parabole du bon Samaritain » pour faire passer un message puissant.

a versé de l’huile et du vin sur ses blessures, et les a bandées : Luc, qui était médecin, rapporte ici dans le détail l’exemple de Jésus, et la description qu’il donne des soins apportés à un blessé correspond à ce qui se faisait à l’époque. Quand on soignait soi-​même des blessures, on utilisait couramment de l’huile et du vin. L’huile servait parfois à « adoucir » les blessures, ou peut-être à apaiser la douleur (cf. Is 1:6). Le vin, qui avait aussi certaines vertus médicinales, servait d’antiseptique et de désinfectant léger. Luc explique également qu’on bandait, ou pansait, les blessures pour éviter qu’elles s’aggravent.

une auberge : Le mot grec utilisé ici signifie littéralement « lieu où tous sont reçus ou accueillis ». Dans une auberge, les voyageurs pouvaient se loger et trouver un abri pour leurs bêtes. L’aubergiste leur fournissait des denrées de base et il pouvait, contre rémunération, s’occuper de ceux qui lui étaient confiés.

deniers : Voir lexique et app. B14.

Celui qui s’est montré miséricordieux envers lui : Le spécialiste de la Loi était peut-être réticent à utiliser le mot « Samaritain ». Quoi qu’il en soit, sa réponse, de même que la dernière remarque de Jésus, rend évidente la leçon de l’exemple : on se fait vraiment le prochain de quelqu’un quand on se montre miséricordieux envers lui.

environ trois kilomètres : Litt. « environ 15 stades ». Le mot grec stadion (singulier) désigne une mesure de longueur qui correspond à 185 m, ou à un huitième de mille romain (voir app. B14).

un village : Apparemment, il s’agissait de Béthanie, un village situé sur le versant ESE du mont des Oliviers, à environ 3 km de Jérusalem (voir note d’étude sur Jean 11:18). C’était là qu’habitaient Marthe, Marie et Lazare. Quand Jésus était en Galilée, on disait qu’à Capharnaüm il était « chez lui » (Mc 2:1). Pareillement, quand il était en Judée, on peut dire qu’à Béthanie il était chez lui.

Marthe : Ici, il est dit que c’est Marthe, et seulement Marthe, qui accueille Jésus chez elle. Généralement, c’était elle qui prenait les initiatives (Lc 10:40 ; Jean 11:20), ce qui signifie peut-être qu’elle était la grande sœur de Marie (Lc 10:39).

Pourtant, peu de choses sont nécessaires, ou même une seule : Certains manuscrits anciens portent une expression plus courte, qui peut être rendue par : « Mais une seule chose est nécessaire. » C’est l’option retenue par plusieurs traductions de la Bible. Cependant, la formulation utilisée ici dans le corps du texte s’appuie sur un certain nombre de manuscrits faisant autorité. Mais quel que soit le manuscrit que l’on prend comme base de traduction, le sens global du conseil de Jésus reste le même : il faut mettre les choses spirituelles à la première place. Jésus félicite alors Marie d’avoir choisi la « meilleure part » en donnant la priorité aux choses spirituelles.

la meilleure part : Litt. « la bonne part ». Dans la Septante, le mot grec méris, rendu ici par « part », est utilisé pour parler d’une portion, ou part, de nourriture (Gn 43:34 ; Dt 18:8), ou encore pour parler d’une portion, ou part, au sens spirituel (Ps 16:5 ; 119:57). Dans le cas de Marie, la « meilleure part » consistait à être nourrie spirituellement par le Fils de Dieu lui-​même.

Documents multimédias

Loup
Loup

En Israël, les loups (Canis lupus) chassent essentiellement la nuit (Hab 1:8). Ces animaux sont féroces, voraces, intrépides et avides ; souvent, ils tuent plus de moutons qu’ils ne peuvent en manger ou en emporter. Dans la Bible, il n’est pas rare que les animaux et leurs spécificités servent, dans le langage figuré, à illustrer des qualités ou des défauts. Par exemple, dans la prophétie qu’il a prononcée sur son lit de mort, Jacob a assimilé la tribu de Benjamin à un guerrier qui combat comme un loup (Gn 49:27). Mais la plupart du temps, le loup sert à illustrer des défauts comme la férocité, l’avidité, l’agressivité et la ruse. Parmi ceux que la Bible compare à des loups figurent les faux prophètes (Mt 7:15), ceux qui s’opposent avec agressivité au ministère chrétien (Mt 10:16 ; Lc 10:3) et les faux enseignants qui, de l’intérieur, mettent en danger l’assemblée chrétienne (Ac 20:29, 30). Les bergers étaient bien conscients du danger que représentaient les loups. Jésus a parlé d’un « salarié » qui « voit venir le loup, abandonne les brebis et s’enfuit ». Contrairement au salarié, qui « ne se soucie pas des brebis », « l’excellent berger [Jésus] donne sa vie pour les brebis » (Jean 10:11-13).

Bâton et sac à provisions
Bâton et sac à provisions

Dans l’Antiquité, les Hébreux utilisaient souvent des baguettes ou des bâtons. Ils s’en servaient de façons très variées, par exemple comme appui (Ex 12:11 ; Za 8:4 ; Hé 11:21), pour se défendre ou se protéger (2S 23:21), pour battre des graines (Is 28:27) ou pour récolter des olives (Dt 24:20 ; Is 24:13). Les sacs à provisions, habituellement en cuir, étaient portés sur l’épaule ou en bandoulière par les voyageurs, les bergers, les cultivateurs... On y mettait de la nourriture, des vêtements, etc. Lorsqu’il a envoyé ses apôtres en tournée de prédication, Jésus leur a donné des instructions entre autres au sujet des bâtons et des sacs à provisions. Les apôtres devaient se mettre en route juste avec ce qu’ils avaient sur eux, sans perdre de temps à se procurer des choses supplémentaires ; Jéhovah pourvoirait à leurs besoins (pour un examen détaillé des instructions de Jésus, voir notes d’étude sur Lc 9:3 et 10:4).

Capharnaüm, Korazîn et Bethsaïde
Capharnaüm, Korazîn et Bethsaïde

La vue panoramique présentée dans cette vidéo a été prise depuis le point d’observation d’Ofir, situé près de la rive NE de la mer de Galilée, et permet de voir les sites présumés de ces trois villes. Korazîn (2) se trouvait à seulement 3 km de la Capharnaüm antique (1), la ville que Jésus avait apparemment choisie comme point d’attache pour son ministère en Galilée, qui a duré plus de deux ans. Les apôtres Pierre et André vivaient à Capharnaüm ; le bureau des impôts de Matthieu était situé dans cette ville ou ses environs (Mc 1:21, 29 ; 2:1, 13, 14 ; 3:16 ; Lc 4:31, 38). Pierre et André, ainsi que Philippe, étaient originaires de Bethsaïde (3), une ville voisine (Jean 1:44). Jésus a accompli de nombreux miracles dans ces trois villes et leurs alentours (voir app. A7-D, carte 3B, et app. A7-E, carte 4).

La route allant de Jérusalem à Jéricho
La route allant de Jérusalem à Jéricho

La route (1) que l’on voit sur cette courte vidéo suit probablement à peu près le même tracé que l’ancienne route allant de Jérusalem à Jéricho. Cette route sinueuse faisait plus de 20 km de long et descendait parfois en pente raide ; en effet, il y avait 1 000 m de dénivelée entre Jérusalem et Jéricho. Par ailleurs, les vols étaient si courants dans cette zone désertique et peu fréquentée qu’on avait dû y poster une garnison pour assurer la protection des voyageurs. La Jéricho romaine (2) se trouvait à l’endroit où la route venant de Jérusalem sortait du désert de Judée. Et la Jéricho la plus ancienne (3) se situait à un peu moins de 2 km de la ville romaine.