Lettre aux Colossiens 2​:​1-23

2  Je veux en effet que vous sachiez combien est grand le combat que je mène pour vous, pour ceux de Laodicée+ et pour tous ceux qui ne m’ont pas vu personnellement. 2  Mon but est que leur cœur soit consolé+, qu’ils soient harmonieusement unis ensemble dans l’amour+ et qu’ils aient toute la richesse qui résulte de la pleine certitude de leur intelligence, afin qu’ils acquièrent une connaissance exacte du saint secret de Dieu, c’est-à-dire Christ+. 3  Tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont soigneusement cachés en lui+. 4  Je dis cela pour que personne ne vous induise en erreur* par des raisonnements persuasifs. 5  Bien qu’absent de corps, je suis avec vous par l’esprit, me réjouissant de voir le bon ordre+ qu’il y a chez vous et la fermeté de votre foi en Christ+. 6  Aussi, tout comme vous avez accepté Christ Jésus le Seigneur, continuez à marcher en union avec lui+, 7  enracinés et bâtis en lui+, et devenus stables dans la foi+, ainsi qu’on vous l’a enseigné, tout en débordant de reconnaissance*+. 8  Prenez garde que personne ne vous fasse prisonniers au moyen de la philosophie et d’une vaine tromperie+ fondées sur la tradition humaine et sur les choses élémentaires du monde+, et non sur Christ ; 9  parce que c’est en lui que prend corps* toute la plénitude de la qualité divine+. 10  Ainsi, vous avez atteint une plénitude par son moyen, lui qui est le chef de tout gouvernement et de tout pouvoir+. 11  Par votre relation avec lui, vous avez aussi été circoncis d’une circoncision réalisée sans mains par dépouillement du corps de chair+, par la circoncision qui relève du Christ+. 12  Car vous avez été enterrés avec lui par un baptême comme le sien+, et par votre relation avec lui vous avez aussi été ressuscités*+ ensemble grâce à votre foi en l’action puissante de Dieu, qui l’a ressuscité*+. 13  D’autre part, alors que vous étiez morts dans vos fautes et dans l’état d’incirconcision de votre chair, Dieu vous a rendus à la vie avec lui+. Il a bien voulu nous pardonner toutes nos fautes+ 14  et a effacé le document manuscrit+ qui consistait en décrets+ et qui était contre nous+. Il l’a fait disparaître en le clouant au poteau de supplice+. 15  Par le moyen du poteau de supplice, il a dénudé les gouvernements et les pouvoirs et les a exposés publiquement comme des vaincus+ en les conduisant dans un cortège triomphal. 16  Que personne donc ne vous juge à propos de ce que vous mangez et buvez+, ou à propos de l’observance d’une fête, de la nouvelle lune+ ou d’un sabbat+. 17  Ces choses étaient une ombre des choses à venir+, mais la réalité*, c’est le Christ+. 18  Ne laissez pas les gens qui prennent plaisir à une fausse humilité et à un culte des anges vous enlever le prix+. Ces gens « scrutent » les choses qu’ils ont vues ; ils sont en fait gonflés d’orgueil sans raison véritable par leur mentalité charnelle, 19  et ils ne restent pas attachés à la tête+, à celui par qui tout le corps est alimenté et harmonieusement assemblé au moyen de ses jointures et ligaments, et amené à grandir de la croissance qui vient de Dieu+. 20  Si vous êtes morts avec Christ quant aux choses élémentaires du monde+, pourquoi vivez-​vous comme si vous faisiez toujours partie du monde, en continuant de vous soumettre à des décrets+ tels que : 21  « Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas » ? 22  Ces décrets concernent des choses qui périssent toutes lorsqu’on les consomme. Ce sont des commandements et des enseignements d’hommes+. 23  Bien que ces choses-​là aient une apparence de sagesse par un culte que l’on s’impose à soi-​même et par une fausse humilité, un dur traitement du corps+, elles n’ont aucune valeur pour combattre les désirs de la chair.

Notes

Ou « ne vous trompe », « ne vous abuse ».
Ou « d’actions de grâce ».
Litt. « qu’habite corporellement ».
Litt. « relevés ».
Litt. « relevé d’entre les morts ».
Ou « la substance ». Litt. « le corps ».

Notes d'étude

Laodicée : Ville prospère qui était située dans la partie occidentale de l’Asie Mineure (près de l’actuelle Denizli, en Turquie) à environ 18 km de Colosses et 150 km d’Éphèse (voir app. B13). Laodicée se trouvait dans la vallée fertile du Lycus, à la croisée d’axes commerciaux majeurs. Comme l’indique ce verset, Paul n’avait pas prêché la bonne nouvelle dans cette ville. Il n’empêche que le message du Royaume avait atteint la région (Ac 19:10), et des assemblées avaient été formées à Laodicée ainsi qu’à Colosses et à Hiérapolis, des villes voisines (Col 4:13, 15, 16). Seuls les livres de Colossiens et de Révélation mentionnent la ville de Laodicée (Ré 1:11 ; 3:14).

ne m’ont pas vu personnellement : Ou « ne m’ont pas rencontré face à face ». Litt. « n’ont pas vu mon visage dans la chair » (voir note d’étude sur Rm 3:20).

saint secret de Dieu, c’est-à-dire Christ : Paul indique ici que le saint secret de Dieu est centré sur Jésus ; dans un autre verset, il l’appelle d’ailleurs « saint secret concernant le Christ » (Col 4:3). Mais ce saint secret comporte de nombreux autres éléments (voir notes d’étude sur Mt 13:11 ; 1Co 2:7 ; Éph 1:9).

soigneusement cachés en lui : En raison du rôle important que Jéhovah a confié à son Fils dans l’accomplissement de ses projets, il est approprié de dire que tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont cachés en Jésus. Bien sûr, le fait que cette sagesse et cette connaissance si précieuses sont ‘cachées’ ne signifie pas qu’elles sont hors de portée de l’intelligence humaine. Mais il est essentiel d’exercer la foi en Jésus Christ, en le reconnaissant comme le Fils de Dieu, pour comprendre le sens réel des Écritures (Mt 13:11). Au 1er siècle, les enseignements de Jésus ont ouvert l’esprit de ses disciples, ce qui leur a permis de découvrir des vérités merveilleuses qu’ils n’avaient jamais comprises jusque-là ; par exemple, ils ont compris comment la vie de Jésus et son ministère réalisaient des prophéties bibliques (Lc 24:25-27, 32). De plus, Jésus a ‘révélé’ son Père à des humains, autrement dit il les a aidés à connaître Dieu d’une façon complètement nouvelle pour eux (Lc 10:22). En effet, étant le Fils premier-né de Dieu, il connaît le Père et ses manières d’agir mieux que quiconque (Col 1:15, 16, 18).

enracinés : Dans ce verset, Paul utilise trois images littéraires différentes pour expliquer comment un chrétien peut ‘continuer à marcher en union avec Christ’ (Col 2:6). La première souligne qu’un chrétien doit être aussi robuste qu’un arbre aux racines profondes et solides (voir note d’étude sur Éph 3:17).

bâtis en lui : C.-à-d. en Jésus Christ. Cette image souligne qu’un chrétien doit être aussi inébranlable qu’un bâtiment qui repose sur des fondations solides (voir note d’étude sur Éph 3:17).

devenus stables dans la foi : Il s’agit ici de la troisième image littéraire expliquant comment un chrétien peut ‘continuer à marcher en union avec Christ’ (Col 2:6). Après avoir employé des images tirées des domaines de l’agriculture (« enracinés ») et de l’architecture (« bâtis »), Paul recourt à présent à du vocabulaire juridique et commercial. Le verbe grec rendu ici par « devenus stables » peut aussi être traduit par « confirmer » ; « affermir » ; « garantir » (Rm 15:8 ; 1Co 1:8 ; 2Co 1:21). Un dictionnaire rend d’ailleurs l’ensemble de l’expression par « confirmés dans la foi ». Dans sa lettre aux chrétiens de Philippes, Paul emploie un nom grec apparenté quand il parle de « faire reconnaître en justice » la bonne nouvelle (Php 1:7). Plus un chrétien acquiert une connaissance exacte de Dieu, plus il trouve confirmation que sa foi en lui est bien fondée.

fasse prisonniers : Ou « entraîne comme sa proie ». Un dictionnaire donne la définition suivante du verbe grec que Paul emploie ici : « se rendre maître en emportant comme butin, faire captif ». Il ajoute que ce verbe « exprime de façon imagée l’idée de détourner quelqu’un de la vérité pour le rendre esclave du mensonge ».

la philosophie : Le mot grec philosophia, qui ne figure qu’ici dans les Écritures grecques chrétiennes, signifie littéralement « amour de la sagesse ». À l’époque de Paul, ce mot avait un sens très large. Il désignait couramment de nombreux groupes et écoles de pensée, même de nature religieuse. Dans le seul récit biblique qui rapporte un échange entre Paul et des philosophes grecs, la discussion portait essentiellement sur des questions religieuses (Ac 17:18-31). L’E de l’Empire romain, où se trouvait Colosses, comptait diverses écoles philosophiques. Tant le contexte que la construction grammaticale de Col 2:8 indiquent que Paul s’inquiétait particulièrement de l’influence des judaïsants, qui prônaient le respect de la Loi mosaïque, y compris l’obligation de se faire circoncire, l’observance des fêtes et l’abstinence de certains aliments (Col 2:11, 16, 17).

tromperie : Ou « séduction ». Le mot grec employé ici est aussi rendu par « pouvoir trompeur » (Mt 13:22 ; Hé 3:13) et « enseignements trompeurs » (2P 2:13).

choses élémentaires du monde : Paul emploie la même expression dans sa lettre aux Galates (voir note d’étude sur Ga 4:3).

non sur Christ : Paul n’était pas opposé à l’acquisition de connaissances, puisqu’il a prié pour que les chrétiens de Colosses soient « remplis de la connaissance exacte » de la volonté de Dieu. Mais la philosophie qu’il mentionne dans ce verset était, elle, d’origine humaine. Et comme il l’a indiqué précédemment, pour acquérir la connaissance exacte et la vraie sagesse, il faut bien comprendre le rôle de Jésus Christ dans l’accomplissement du projet de Dieu (Col 1:9, 10 ; 2:2, 3).

c’est en lui que prend corps toute la plénitude de la qualité divine : Comme l’indique le contexte, la « qualité divine » de Jésus Christ ne le rend pas égal au Dieu tout-puissant, contrairement à ce que certains prétendent. Dans le chapitre précédent, Paul a précisé : « Dieu a trouvé bon de faire habiter en lui [Christ] toute plénitude » (Col 1:19). C’est donc le Père qui donne à Christ la « plénitude de la qualité divine ». De plus, en Col 1:15, Paul dit que Jésus « est l’image du Dieu invisible », et non Dieu lui-même. Col 1:19-22 parle de la réconciliation que Dieu rend possible par l’intermédiaire de Christ, et Col 2:12 indique que Dieu l’a ressuscité. Enfin, Paul écrira un peu plus loin que « Christ est assis à la droite de Dieu » (Col 3:1). Toutes ces affirmations montrent que, même si Jésus Christ possède la « plénitude de la qualité divine », il n’est pas pour autant identique à Dieu, le Tout-Puissant.

de la qualité divine : Ou « de la divinité ». La « qualité divine » englobe tous les attributs remarquables que possède le Dieu et Père céleste de Jésus, et que Jésus possède également. Le mot grec théotês, qui ne figure qu’ici dans les Écritures grecques chrétiennes, est dérivé du mot théos (dieu), mais a un sens différent. Beaucoup de dictionnaires le définissent ainsi : « essence divine » ; « nature divine » ; « divinité ». Ce terme était employé par des écrivains grecs de l’Antiquité pour parler d’une qualité ou d’une condition qu’une personne pouvait obtenir ou perdre en raison de son comportement. Manifestement donc, il pouvait s’appliquer à des créatures, et pas exclusivement au Dieu tout-puissant et éternel, Jéhovah. Ainsi, il y a de solides raisons de rendre théotês par un terme évoquant la qualité divine plutôt que Dieu lui-même.

vous avez atteint une plénitude par son moyen : Le contexte du verset éclaire le sens de cette déclaration. On lit par exemple en Col 2:3 que « tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont soigneusement cachés en lui », c’est-à-dire en Christ. Jésus Christ a fourni à ses disciples tout ce dont ils ont besoin pour être « bâtis en lui » et pour devenir « stables dans la foi » (Col 2:6, 7). De plus, Col 2:13, 14 explique que Christ a libéré les chrétiens de l’alliance de la Loi. Ils n’ont donc pas besoin de la Loi ; ils n’ont pas non plus besoin de la philosophie ni des traditions humaines (Col 2:8). Ils ont tout ce qu’il leur faut, une précieuse « plénitude » par le moyen de Christ (Col 2:10-12).

une circoncision réalisée sans mains : Voir note d’étude sur Rm 2:29.

vous étiez morts dans vos fautes : Dans la Bible, les notions de mort et de vie sont parfois employées dans un sens figuré pour décrire une condition spirituelle (voir note d’étude sur Éph 2:1). Paul signale qu’avant de devenir des chrétiens oints de l’esprit, les Colossiens avaient été ‘morts à cause des fautes’ que leur mode de vie les avait amenés à commettre. Toutefois, puisqu’ils s’étaient repentis de leur mauvaise conduite passée, Jéhovah a bien voulu leur pardonner toutes leurs fautes sur la base du sacrifice rédempteur de Jésus. C’est ainsi qu’il les a rendus à la vie avec Jésus Christ (Éph 2:5 ; cf. notes d’étude sur Lc 9:60 ; Jean 5:24, 25).

a effacé : Ou « a annulé » (voir note d’étude sur Ac 3:19).

le document manuscrit : C.-à-d. la Loi de Moïse. En acceptant la valeur sacrificielle du sang de Jésus, Dieu « a effacé le document manuscrit » ; autrement dit, il a aboli l’alliance de la Loi, avec les offrandes et les sacrifices qu’elle prescrivait. Il a figurément parlant cloué ce document (ou contrat) au poteau sur lequel Jésus est mort. En Col 2:16, Paul mentionne certains des décrets qui ont été effacés. Il écrit : « Que personne donc ne vous juge à propos de ce que vous mangez et buvez, ou à propos de l’observance d’une fête, de la nouvelle lune ou d’un sabbat. » En Éph 2:15, Paul emploie une formulation similaire à celle de Col 2:14 quand il explique que, « par le moyen de sa chair », Jésus « a aboli la cause d’hostilité, c’est-à-dire la Loi des commandements consistant en décrets ».

poteau de supplice : Ou « poteau d’exécution » (voir lexique).

Par le moyen du poteau de supplice : Litt. « par lui ». La mort de Christ sur le poteau de supplice a non seulement fourni le fondement permettant d’annuler le « document manuscrit », c’est-à-dire l’alliance de la Loi, mais elle a aussi permis aux chrétiens d’être libérés de l’esclavage des ‘gouvernements et pouvoirs’ soumis à Satan, qui sont plongés dans les ténèbres spirituelles (Col 1:13 ; 2:14). Le texte grec original pourrait également se rendre ainsi : « par le moyen de sa personne », c’est-à-dire de Jésus Christ.

il a dénudé les gouvernements et les pouvoirs : Dans ce verset, Paul recourt à une image littéraire ; il compare les gouvernements et les autorités soumis à Satan à des prisonniers condamnés à mort qu’on faisait défiler, à l’époque romaine, dans un cortège triomphal (cf. Éph 6:12). On dépouillait les prisonniers de leur armure et de leurs armes, et la foule qui suivait le cortège les tournait en ridicule. Des ouvrages anciens rapportent que certains prisonniers, y compris des monarques, préféraient se suicider plutôt que de défiler dans un tel cortège, dépouillés de leur dignité. Dans cette métaphore, Jéhovah, le Vainqueur, dénude ses ennemis et les expose en public comme des vaincus. Ici, Paul fait de la métaphore du « cortège triomphal » une application différente de celle qu’il fait en 2Co 2:14-16 (voir note d’étude sur 2Co 2:14).

l’observance d’une fête, de la nouvelle lune ou d’un sabbat : Sous la Loi de Moïse, le peuple de Dieu devait célébrer des fêtes particulières (voir note d’étude sur Ga 4:10 et lexique à « fête des Huttes », à « fête de l’Inauguration », à « fête des Pains sans levain », à « nouvelle lune », à « Pentecôte » et à « sabbat »). Les judaïsants prétendaient que tous les chrétiens devaient continuer de célébrer ces fêtes, mais Paul rappelle ici qu’il ne fallait pas prêter attention à ces affirmations. Personne ne devait juger les chrétiens à propos de l’observance de fêtes exigées par la Loi de Moïse, qui était désormais obsolète.

une ombre des choses à venir : L’ombre qu’un objet projette peut donner une idée de la forme générale ou du contour de la réalité dont elle est la projection. Toutefois, une ombre est temporaire, ou éphémère, en comparaison de l’objet ou de la réalité qu’elle représente. Paul explique ici que la Loi, qui englobait la célébration de fêtes, un culte pratiqué au tabernacle et l’offrande de sacrifices, était une ombre, ou représentation, de choses à venir qui seraient plus grandes (Hé 8:5 ; 9:23-28 ; 10:1).

qui prennent plaisir à une fausse humilité : Ici, Paul met en garde ses lecteurs contre les faux enseignants qui prenaient plaisir à paraître humbles. Certains affirmaient, semble-t-il, que pour avoir l’approbation de Dieu, il fallait s’imposer certaines formes d’abstinence. Par exemple, ils renonçaient à des biens matériels, ils s’abstenaient de certains aliments ou ils observaient des jours de jeûne, autant de pratiques qui n’étaient pas exigées dans le christianisme. Ces pratiques les faisaient peut-être paraître humbles, mais ils étaient en réalité « gonflés d’orgueil […] par leur mentalité charnelle » ; en faisant ainsi étalage de leur attachement à Dieu, ils cherchaient surtout à impressionner les autres (Mt 6:1).

une fausse humilité : Cette expression traduit un mot grec qui signifie simplement « humilité » ou « opinion humble de soi-même ». Toutefois, Paul précise dans ce même verset que les faux enseignants contre lesquels il met en garde ses lecteurs sont « gonflés d’orgueil », ce qui indique clairement que leur humilité n’était pas authentique (pour un examen détaillé de ce qu’est la véritable humilité, voir note d’étude sur Ac 20:19).

un culte : Le mot grec employé ici (thrêskéïa) désigne un culte, ou adoration religieuse, qu’il soit vrai ou faux (Ac 26:5). Le même mot grec figure en Jc 1:26, où il est également rendu par « culte ». En Jc 1:27, il est rendu par « culte » dans le corps du texte et par « religion » dans la note en bas de page.

un culte des anges : Paul ne donne pas de détails sur ce qu’était ce « culte des anges ». L’expression qu’il utilise en grec peut se comprendre de diverses façons : Il est possible que certains Colossiens prétendaient pratiquer le culte de Dieu à la manière des anges ou s’imaginaient imiter leur attitude pleine de révérence. Ou alors ils adoraient directement les anges, peut-être en demandant leur aide ou leur protection. Il existe des indices attestant qu’au cours des siècles qui ont suivi la rédaction de cette lettre, le culte des anges était pratiqué dans la région de Colosses tant au sein de religions dites chrétiennes qu’au sein de religions païennes. Par exemple à Laodicée, au 4e siècle de n. è., des autorités ecclésiastiques ont condamné ce genre de culte ; il a cependant persisté pendant au moins un siècle de plus. Cela étant, les anges fidèles de Jéhovah refusent d’être adorés (Ré 19:10 ; 22:8, 9). Paul précise ici qu’un tel culte allait souvent de pair avec une « fausse humilité » (voir note d’étude sur une fausse humilité dans ce verset). Un chrétien qui adorerait des créatures plutôt que le Créateur se verrait « enlever le prix », la vie éternelle (cf. Mt 4:10 ; Rm 1:25).

« scrutent » les choses qu’ils ont vues : Ou « “s’appuient sur” les choses qu’ils ont vues ». Dans ce verset, Paul évoque semble-t-il la position, ou attitude, adoptée par certains faux enseignants. Ces hommes pensaient peut-être avoir vu des « choses » lors de rites mystiques (ou d’initiation) ou lors de visions qu’ils auraient reçues. Le verbe grec rendu ici par « scruter » signifie littéralement « entrer dans », « poser le pied dans » ; l’idée exprimée serait peut-être que ces enseignants cherchaient minutieusement à comprendre les choses qu’ils disaient avoir vues et les expliquaient dans le détail. Quoi qu’il en soit, il semble que ces faux enseignants étaient persuadés que leur sagesse était supérieure à celle de leurs frères chrétiens, ce qui selon eux leur conférait une certaine autorité. Ils affirmaient avec force que l’assemblée pouvait chercher conseil auprès d’autres sources de connaissance et de sagesse que le Fils de Dieu. C’est pourquoi Paul met ici en garde les chrétiens de Colosses contre ces individus (voir note d’étude sur Col 2:3).

tout le corps : C.-à-d. l’assemblée des chrétiens oints de l’esprit. Jésus Christ fournit au corps ce dont il a besoin au moyen des « jointures et ligaments », autrement dit des dispositions qu’il a prises afin de donner à ses disciples la nourriture spirituelle, de communiquer des instructions au sein de l’assemblée et de coordonner ses activités. Grâce à ces dispositions, le « corps » est bien alimenté sur le plan spirituel, et chacune de ses parties est informée de la façon dont elle doit accomplir la tâche qui lui est attribuée (Éph 4:7-16 ; voir note d’étude sur Éph 4:16).

harmonieusement assemblé : Voir note d’étude sur Éph 4:16.

au moyen de ses jointures et ligaments : Les os du squelette humain sont maintenus ensemble par des « jointures », les articulations majeures. Le corps comporte aussi des « ligaments », des faisceaux de tissu résistants qui unissent les os ou maintiennent les organes en place. Certains biblistes pensent que, si Paul a employé ici des termes médicaux, c’est peut-être en partie parce que Luc, le « médecin bien-aimé », était à ses côtés au moment de la rédaction de cette lettre (Col 4:14). Le terme grec sundésmos, rendu ici par « ligaments », est aussi employé en Éph 4:3 et en Col 3:14 dans le sens plus large de « ce qui lie ensemble » ; il y est traduit respectivement par « lien » et « lien d’union ».

un culte que l’on s’impose à soi-même : Litt. « un culte volontaire ». Un dictionnaire biblique propose cette définition modernisée du mot grec que traduit cette expression : « religion à la carte ; religion sur mesure ».

les désirs de la chair : Paul montre ici que jeûner et s’imposer à soi-même le respect de certaines règles (Col 2:16, 20, 21) ne constituent pas pour les chrétiens des moyens efficaces de combattre les désirs charnels, ou mauvais ; le reniement de soi poussé à l’extrême ne permet pas non plus de devenir plus fort sur le plan spirituel. Il est vrai que des serviteurs de Dieu des temps bibliques ont été disposés à souffrir plutôt que de renoncer à leur intégrité (Hé 11:35-38). Toutefois, les Écritures n’encouragent pas à rechercher la souffrance pour la souffrance ou dans le but de progresser spirituellement. La vraie spiritualité s’obtient par l’étude et par l’application de la Parole de Dieu ainsi que par la foi dans la rançon versée par Christ (Rm 3:23, 24 ; 2Tm 3:16, 17).

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L’arc de Titus, à Rome
L’arc de Titus, à Rome

La photo de gauche présente l’arc de triomphe qui se dresse sur le Forum romain, en Italie. Cet arc a été construit pour commémorer la victoire du général romain Titus sur la Judée, et notamment sur Jérusalem, en 70 de n. è. En juin 71, Titus et son père, l’empereur Vespasien, ont célébré cette victoire dans la capitale de l’Empire romain. En 79, Titus a succédé à Vespasien sur le trône impérial. Deux ans plus tard, Titus est mort de manière soudaine, et c’est peu après que cet arc a été construit en son honneur. Le cortège triomphal de Titus est représenté sur des bas-reliefs gravés sur le côté intérieur de chaque pilier de l’arcade ; à l’origine, ces sculptures avaient été peintes dans des couleurs éclatantes. Sur un côté du passage (1), on voit des soldats romains portant le mobilier sacré qui avait été pris en butin dans le temple de Jérusalem. On distingue nettement le porte-lampes à sept branches ainsi que la table des pains de proposition sur laquelle sont posées les trompettes sacrées. Sur l’autre côté (2) est représenté Titus victorieux monté sur un char tiré par quatre chevaux. Ces reliefs permettent de se représenter les scènes évoquées par l’apôtre Paul lorsqu’il emploie l’expression « cortège triomphal » dans deux de ses lettres (2Co 2:14 ; Col 2:15). Les destinataires des lettres de Paul avaient très certainement entendu parler de ces cérémonies de victoire romaines. À l’époque, ces rituels publics étaient organisés à l’initiative de l’empereur ou des membres de sa famille. L’arc de Titus confirme l’accomplissement de la prophétie dans laquelle Jésus avait annoncé que Jérusalem serait prise et ses habitants emmenés captifs (Lc 21:24).

Un cortège triomphal
Un cortège triomphal

Du temps de la République romaine, le Sénat honorait un général victorieux en lui permettant de célébrer sa victoire par un cortège officiel. Ce cortège comprenait généralement des musiciens, suivis d’hommes qui menaient les bovins destinés à être tués en sacrifice. Venaient ensuite le butin, puis les captifs : rois, princes, généraux, ainsi que leurs familles. Ils étaient suivis par d’autres prisonniers, attachés par des entraves. Derrière eux marchaient les hommes qui allaient les exécuter. Puis venait le général sur un char d’apparat. Des cortèges triomphaux ont été représentés sur des sculptures, des peintures et des pièces de monnaie ; ils ont aussi été décrits dans des textes littéraires, dont des pièces de théâtre. L’apôtre Paul s’est servi de l’image du cortège triomphal dans deux exemples différents (2Co 2:14 ; Col 2:15). Ce sont les deux seuls passages de la Bible où figure le verbe grec thriambeuô, qui est rendu par « conduire (ou emmener) dans un cortège triomphal ».