Actes des apôtres 28​:​1-31

28  Une fois en sécurité, nous avons appris que l’île s’appelait Malte+.  Les gens de l’endroit nous ont témoigné une bonté remarquable. Ils ont allumé un feu et nous ont tous reçus gentiment, parce qu’il s’était mis à pleuvoir et qu’il faisait froid+.  Mais lorsque Paul a ramassé un fagot de bois sec et l’a posé sur le feu, une vipère en est sortie sous l’effet de la chaleur et s’est accrochée à sa main.  Quand les gens de l’endroit ont aperçu la bête venimeuse suspendue à sa main, ils se sont mis à se dire les uns aux autres : « Cet homme est sûrement un meurtrier. Même s’il a réussi à échapper à la mer, la Justice ne lui a pas permis de rester en vie. »  Cependant, il a secoué la bête pour la faire tomber dans le feu et n’a rien ressenti.  Eux s’attendaient à le voir enfler ou tomber raide mort. Mais après avoir attendu un bon moment et voyant qu’il ne lui arrivait rien, ils ont changé d’avis et se sont mis à dire que c’était un dieu+.  Près de cet endroit, il y avait des terres appartenant au principal personnage de l’île, nommé Publius. Cet homme nous a bien accueillis et nous a offert l’hospitalité pendant trois jours.  Or le père de Publius souffrait de dysenterie ; il était alité, avec de la fièvre. Paul est allé le voir, il a prié, posé les mains sur lui et l’a guéri+.  Après cela, les autres habitants de l’île qui étaient malades ont commencé à venir vers Paul et ont été guéris+. 10  Ils nous ont aussi honorés en nous offrant beaucoup de cadeaux et, au moment où nous avons repris la mer, ils nous ont fourni tout ce dont nous avions besoin. 11  Après avoir passé trois mois dans l’île, nous avons embarqué sur un bateau qui portait comme figure de proue les « fils de Zeus ». Il était d’Alexandrie et avait hiverné dans l’île. 12  Nous avons fait escale à Syracuse, où nous sommes restés trois jours ; 13  puis poursuivant notre route, nous sommes arrivés à Rhegium. Le lendemain, un vent du sud s’est levé, et en deux jours nous sommes parvenus à Puteoli. 14  Là, nous avons trouvé des frères qui ont insisté pour que nous restions avec eux sept jours ; ensuite nous avons pris la direction de Rome. 15  Quand les frères de Rome ont appris que nous arrivions, ils sont venus jusqu’à Marché-d’Appius et à Trois-Auberges pour nous voir. En les apercevant, Paul a remercié Dieu et a pris courage+. 16  Finalement, nous sommes arrivés à Rome, où l’on a permis à Paul d’avoir un domicile privé et d’y habiter sous la garde d’un soldat. 17  Trois jours plus tard, il convoqua les notables juifs. Quand ils se furent réunis, il leur dit : « Hommes, frères, bien que je n’aie rien fait contre le peuple ou contre les coutumes de nos ancêtres+, j’ai été fait prisonnier à Jérusalem et livré aux Romains+. 18  Après interrogatoire+, ils voulaient me relâcher, car ils n’avaient trouvé contre moi aucun motif de condamnation à mort+. 19  Toutefois, comme les Juifs s’y opposaient, j’ai été obligé d’en appeler à César+, mais pas parce que je voulais accuser ma nation de quoi que ce soit. 20  C’est pour cela que j’ai demandé à vous voir et à vous parler, car c’est en raison de l’espérance d’Israël que je porte ces chaînes+. » 21  Ils lui dirent : « Nous n’avons pas reçu de lettres de Judée à ton sujet, et aucun des frères venus de là-bas n’a rapporté ou dit du mal de toi. 22  Mais il nous semble approprié d’entendre de ta bouche ce que tu penses, car nous savons que partout on parle en mal+ de ce mouvement+. » 23  Ils convinrent donc d’un jour pour se revoir, et ils vinrent en plus grand nombre encore à l’endroit où il logeait. Et depuis le matin jusqu’au soir, à l’aide de la Loi de Moïse+ et des Prophètes+, il leur donna des explications en rendant pleinement témoignage au sujet du royaume de Dieu, pour les persuader de croire en Jésus+. 24  Certains se mirent à croire ce qu’il disait ; d’autres, non. 25  Comme ils étaient en désaccord les uns avec les autres, ils commencèrent à partir ; Paul se contenta de faire cette remarque : « C’est avec raison que l’esprit saint a dit à vos ancêtres par l’intermédiaire du prophète Isaïe : 26  “Va dire à ce peuple : ‘Vous entendrez, mais vous ne comprendrez rien, et vous regarderez, mais vous ne verrez rien+. 27  En effet, le cœur de ce peuple est devenu insensible* ; ils se sont bouché les oreilles et ils ont fermé les yeux, afin de ne pas voir de leurs yeux, ni entendre de leurs oreilles, ni comprendre avec leur cœur, ni revenir à moi pour que je les guérisse+.’” 28  Sachez donc que ce salut venant de Dieu a été envoyé aux gens des nations+ ; eux l’écouteront, c’est certain+. » 29  —— 30  Il resta deux années entières dans la maison qu’il louait+, et il accueillait aimablement tous ceux qui venaient le voir, 31  leur prêchant le royaume de Dieu+ et leur enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec une très grande assurance+, sans rencontrer d’empêchement.

Notes

Litt. « s’est épaissi (engraissé) ».

Notes d'étude

Malte : Dans le texte grec figure ici le nom Mélitê, que l’on identifie depuis des siècles à l’actuelle île de Malte. Au cours des années, toutefois, des biblistes ont proposé d’autres îles, par exemple une île voisine de Corfou, au large de la côte O de la Grèce, ou encore (en raison de la ressemblance entre les noms) l’île Melitê Illyrica, aujourd’hui Mljet, située au large de la Croatie, dans l’Adriatique. Mais si on prend en compte la description que fait le récit biblique du trajet parcouru par le bateau qui transportait Paul, il est fort peu probable qu’il soit remonté aussi loin vers le N. En effet, après l’appareillage à Cnide, à la pointe SO de l’Asie mineure, le bateau a été poussé par des vents puissants vers le S, jusqu’en-dessous de la Crète (Ac 27:7, 12, 13, 21). Puis, en raison du vent de tempête appelé euraquilon, le bateau a été ‘ballotté sur la mer d’Adria’ (Ac 27:14, 27). À l’époque de Paul, la « mer d’Adria » correspondait à une zone plus vaste que l’Adriatique actuelle : elle englobait la mer Ionienne ainsi que les eaux situées entre l’E de la Sicile et l’O de la Crète, ce qui comprenait donc la zone maritime où se trouve Malte (voir note d’étude sur Ac 27:27). Il est donc probable que le bateau ait été poussé vers l’O par l’euraquilon et soit allé faire naufrage sur l’île de Malte, au S de la Sicile (voir app. B13).

Les gens de l’endroit : Ou « les gens de langue étrangère ». Certaines Bibles françaises traduisent par « barbares » le mot grec barbaros qui figure ici dans le texte. La répétition « bar bar » dans ce mot grec faisait penser au bégaiement, au babillage ou à des paroles inintelligibles. C’est pourquoi les Grecs l’utilisaient à l’origine pour désigner un étranger qui parlait une autre langue. À l’époque, ce terme ne sous-entendait pas l’absence de raffinement, de finesse ou de bonnes manières ; il n’avait pas non plus de connotation méprisante. Il distinguait simplement les non-Grecs des Grecs. Certains auteurs juifs, tels que Josèphe, reconnaissaient être eux-​mêmes désignés par ce nom (Antiquités judaïques, liv. 14, chap. 10, § 1, trad. Reinach ; Contre Apion, liv. 1, chap. 11, trad. Reinach). Du reste, jusqu’à ce qu’ils adoptent la culture grecque, les Romains se qualifiaient de barbares. Comme les habitants de Malte parlaient apparemment une langue complètement différente du grec, sans doute le punique, le terme barbaros leur a été appliqué ici (voir note d’étude sur Rm 1:14).

bonté : Ou « humanité ». Le mot grec philantrôpia signifie littéralement « affection (ou amour) pour les humains ». Il exprime l’idée de témoigner un intérêt sincère aux autres et de faire preuve d’hospitalité en veillant à ce que leurs besoins soient comblés et à ce qu’ils aient accès aux commodités de la vie. Comme l’indique cet épisode, des humains peuvent manifester cette qualité divine avant même de connaître Jéhovah. Ce constat ressort également d’Ac 27:3, où le mot apparenté philantrôpôs décrit la façon dont l’officier romain Julius a traité Paul. En Tt 3:4, philantrôpia se rapporte aux sentiments de Jéhovah ; il y est traduit par « amour pour l’humanité ».

une vipère : Aujourd’hui, il n’y a plus de vipères sur Malte. Mais comme le montre ce récit, au 1er siècle de n. è., les Maltais connaissaient ces serpents. La disparition de ce reptile sur Malte est peut-être due à des modifications de son écosystème ou à l’augmentation de la population humaine au cours des siècles.

Justice : Le mot grec traduit ici par « Justice » est dikê. Il peut désigner soit une déesse personnifiant la justice vengeresse soit la justice en tant que concept. Dans la mythologie grecque, Dikê était le nom de la déesse de la justice. Les Grecs pensaient qu’elle surveillait les affaires humaines et qu’elle rapportait à Zeus les injustices non dévoilées pour que les coupables soient punis. Les habitants de Malte se sont peut-être dit que Paul, même s’il avait survécu au naufrage, était maintenant rattrapé par une sorte de justice divine qui le punissait par le moyen d’un serpent.

fils de Zeus : D’après la mythologie gréco-romaine, les « fils de Zeus » (en grec, Dioskouroï) s’appelaient Castor et Pollux ; c’étaient les fils jumeaux du dieu Zeus (Jupiter) et de la reine spartiate Léda. On les considérait, entre autres, comme les protecteurs des marins, capables de les sauver s’ils étaient en danger en mer. Ce détail concernant la figure de proue du bateau sur lequel Paul avait embarqué est une preuve parmi d’autres que le récit a été écrit par un témoin oculaire (voir lexique à « Zeus »).

Syracuse : Ville d’Italie située sur la côte SE de la Sicile qui disposait d’un magnifique port très fonctionnel. Selon l’historien grec Thucydide, la ville a été fondée par les Corinthiens en 734 av. n. è. Syracuse a été la ville natale de plusieurs personnages célèbres de l’Antiquité, comme le mathématicien Archimède. En 212 av. n. è., la ville a été conquise par les Romains (voir app. B13).

Puteoli : Aujourd’hui appelé Pouzzoles, ce port important au SE de Rome se trouvait à une dizaine de kilomètres à l’O de Naples. Il existe encore de nombreux vestiges d’un môle, ou brise-lames, antique. Josèphe appelle l’endroit par son nom ancien, Dicéarchia, et signale qu’une colonie juive y résidait (Antiquités judaïques, liv. 17, chap. 12, § 1, trad. Reinach). Paul, en route pour comparaître devant César à Rome, est arrivé à Puteoli vers 59 de n. è. Son bateau arrivait de Rhegium (aujourd’hui Reggio di Calabria), ville portuaire située à la pointe S de l’Italie, en face de la Sicile, à environ 320 km au SE de Puteoli. Les frères de Puteoli ont insisté pour que Paul et ceux qui l’accompagnaient passent une semaine avec eux (Ac 28:14). Cela montre que, bien que prisonnier, Paul jouissait d’une certaine liberté (voir app. B13).

ensuite nous avons pris la direction de Rome : Rome se situait à 245 km de Puteoli ; le trajet entre ces deux villes a donc pu prendre jusqu’à une semaine. Paul et ses compagnons de voyage se sont sans doute rendus de Puteoli à Capoue, où ils se sont engagés sur la voie Appienne (en latin, via Appia) ; il leur restait alors 212 km à parcourir sur cette route jusqu’à Rome. La voie Appienne tient son nom d’Appius Claudius Caecus, homme politique romain qui a entrepris sa construction en 312 av. n. è. Cette route a plus tard été prolongée et a fini par relier Rome à Brundisium (aujourd’hui Brindisi), ville portuaire ouvrant sur l’E. La chaussée était le plus souvent pavée de grandes dalles de roche volcanique. Sa largeur variait beaucoup : certaines sections faisaient moins de 3 m de large, d’autres plus de 6 m. L’objectif était que deux véhicules aient la place de se croiser sans encombre. À certains endroits, on apercevait la Méditerranée. Cette voie traversait les marais Pontins (aujourd’hui la plaine Pontine), région inhospitalière qu’un auteur romain dépeint comme étant infestée de moustiques et dégageant des odeurs pestilentielles. Lorsque la chaussée était inondée, les voyageurs traversaient la région en barque sur un canal creusé le long de la route. Juste au N de ces marais se trouvaient Marché-d’Appius (ou Forum-d’Appius), à environ 65 km de Rome, et Trois-Auberges, un relais situé à une cinquantaine de kilomètres de la ville.

Marché-d’Appius : Ou « Forum-d’Appius » (en latin, Appii Forum). Il s’agissait d’une place de marché située à environ 65 km au SE de Rome. C’était une halte bien connue sur la célèbre via Appia, voie romaine qui allait de Rome à Brundisium (aujourd’hui Brindisi) en passant par Capoue. La voie et la place du marché tiraient toutes les deux leur nom de leur fondateur, Appius Claudius Caecus, qui a vécu au 4e siècle av. n. è. Comme c’était l’étape habituelle des voyageurs venant de Rome à la fin de leur première journée de route, ce relais de poste est devenu un centre commercial actif et un bourg où se tenait un marché. Sa situation, au bord d’un canal qui longeait la route et traversait les marais Pontins (aujourd’hui la plaine Pontine), ajoutait encore à son importance. On raconte que les voyageurs étaient transportés de nuit sur ce canal dans des barques tirées par des mules. Décrivant l’inconfort du voyage à travers cette région, le poète romain Horace se plaignait des grenouilles et des moustiques ; il parlait également de Marché-d’Appius comme d’un endroit « fourmillant de mariniers et de cabaretiers fripons » (Satires, liv. 1, 5, 1-6, trad. Villeneuve). Pourtant, malgré tous ces désagréments, le petit groupe de frères romains y a volontiers attendu Paul et ses compagnons de voyage pour les escorter dans leur ultime étape. Aujourd’hui, le village de Borgo Faiti marque le site occupé jadis par Foro Appio, ou Forum-d’Appius, sur l’ancienne voie Appienne (voir app. B13).

Trois-Auberges : Cette localité, dont l’existence est attestée par d’autres écrits anciens, se trouvait sur la voie Appienne. Son emplacement se situe à une cinquantaine de kilomètres au SE de Rome et à une quinzaine de kilomètres de Marché-d’Appius. À cet endroit, on ne trouve aujourd’hui plus que quelques vestiges romains (voir app. B13).

ce mouvement : Voir note d’étude sur Ac 24:5.

en rendant pleinement témoignage au sujet du royaume de Dieu : Les termes grecs martus (témoin), marturéô (témoigner), diamarturomaï (rendre pleinement témoignage) et d’autres mots apparentés sont utilisés plus souvent dans le livre des Actes que dans n’importe quel autre livre de la Bible, à l’exception de l’Évangile de Jean (voir notes d’étude sur Jean 1:7 ; Ac 1:8). L’idée de rendre témoignage au sujet des projets de Dieu, par exemple au sujet de son royaume et du rôle capital de Jésus, se retrouve tout au long du livre des Actes (Ac 2:32, 40 ; 3:15 ; 4:33 ; 5:32 ; 8:25 ; 10:39 ; 13:31 ; 18:5 ; 20:21, 24 ; 22:20 ; 23:11 ; 26:16).

ce salut venant de Dieu : Ou « ceci, le moyen par lequel Dieu sauve ». Le mot grec sôtêrion peut évoquer l’idée de salut, mais il peut aussi se rapporter au moyen qui rend possible le salut ou la délivrance (Lc 3:6 ; note ; voir note d’étude sur Lc 2:30). Par extension, il peut renvoyer au message expliquant comment Dieu va sauver les humains (voir lexique à « salut »).

Quelques manuscrits grecs parmi les plus récents et des traductions anciennes dans d’autres langues ajoutent : « Et quand il eut dit cela, les Juifs s’en allèrent, ayant une grande discussion entre eux. » Toutefois, ces paroles ne figurent pas dans les manuscrits les plus anciens et les plus fiables ; elles ne font manifestement pas partie du texte original des Actes (voir app. A3).

Il resta deux années entières dans la maison qu’il louait : Durant ces deux années, Paul a écrit ses lettres aux Éphésiens (Éph 4:1 ; 6:20), aux Philippiens (Php 1:7, 12-14), aux Colossiens (Col 4:18), à Philémon (Phm 9) et sans doute aussi aux Hébreux. Son assignation à résidence semble avoir pris fin vers 61 de n. è., année où il serait passé en procès devant l’empereur Néron, ou l’un de ses représentants, et aurait été déclaré innocent. Après sa libération, comme on pouvait s’y attendre, Paul est resté très actif. C’est peut-être à cette époque-​là qu’il a effectué le voyage qu’il avait envisagé de faire en Espagne (Rm 15:28). Clément de Rome a écrit vers l’an 95 que Paul avait voyagé jusqu’aux « bornes de l’Occident », c’est-à-dire jusqu’aux limites de l’Empire romain. De ses trois lettres qui, pense-​t-​on, datent d’après sa libération (1 Timothée, 2 Timothée et Tite), on apprend qu’il s’est probablement rendu en Crète, à Éphèse, en Macédoine, à Milet, à Nicopolis et à Troas (1Tm 1:3 ; 2Tm 4:13, 20 ; Tt 1:5 ; 3:12). Certains commentateurs pensent que c’est à Nicopolis, en Grèce, que Paul a de nouveau été arrêté et qu’il a été renvoyé en prison à Rome vers 65. Mais, cette fois-​ci, il semble que Néron n’a pas fait preuve de clémence. L’année d’avant, un incendie avait ravagé la ville de Rome, et selon l’historien romain Tacite, Néron en avait accusé à tort les chrétiens et avait lancé une terrible persécution contre eux. Au moment où Paul écrivait sa deuxième et dernière lettre à Timothée, il s’attendait à être mis à mort prochainement ; c’est pour cela qu’il a demandé à Timothée et à Marc de le rejoindre rapidement. Durant cette période, Luc et Onésiphore ont fait preuve d’un grand courage, car ils ont risqué leur vie pour lui rendre visite et le réconforter (2Tm 1:16, 17 ; 4:6-9, 11). C’est sans doute vers 65 que Paul a été exécuté. Tant par sa vie que par sa mort, Paul a rendu un témoignage remarquable au sujet de « tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le début » (Ac 1:1).

prêchant : Traduit un mot grec qui a pour sens premier « faire une proclamation en qualité de messager public ». Ce mot souligne la manière de proclamer : généralement, il s’agit de faire une déclaration ouverte, publique, plutôt qu’un sermon ou un discours devant un groupe. Le thème de la prédication de Paul était le royaume de Dieu. L’expression « royaume de Dieu » figure six fois dans le livre des Actes. La première occurrence se situe en Ac 1:3, où il est dit que Jésus a parlé de ce royaume durant les 40 jours qui se sont écoulés entre sa résurrection et son ascension. Le royaume de Dieu est resté le thème principal de la prédication des apôtres (Ac 8:12 ; 14:22 ; 19:8 ; 28:23).

avec une très grande assurance : Ou « avec une entière hardiesse », « avec beaucoup de courage ». Le mot grec parrêsia est aussi rendu par « franc-parler » (Ac 4:13). Ce nom et le verbe parrêsiazomaï, qui lui est apparenté et qui est souvent rendu par « parler avec assurance » ou « parler avec courage », sont employés à plusieurs reprises dans le livre des Actes. Du début à la fin de son récit, Luc présente cette qualité comme une marque distinctive de la prédication des premiers chrétiens (Ac 4:29, 31 ; 9:27, 28 ; 13:46 ; 14:3 ; 18:26 ; 19:8 ; 26:26).

sans rencontrer d’empêchement : Ou « librement ». C’est sur cette note positive que se termine le livre des Actes. Bien qu’assigné à résidence, Paul a continué de prêcher et d’enseigner ouvertement. Rien ne pouvait empêcher que le message concernant le Royaume se propage dans Rome. C’est là une conclusion appropriée aux Actes. En effet, ce livre relate comment les chrétiens du 1er siècle se sont engagés, grâce à la puissance que leur communiquait l’esprit saint, dans la plus grande campagne de prédication de l’Histoire, campagne qui a permis de faire connaître la bonne nouvelle du royaume de Dieu « jusque dans la région la plus lointaine de la terre » (Ac 1:8).

Documents multimédias

Construction d’une route romaine
Construction d’une route romaine

L’immense réseau routier romain a permis aux premiers chrétiens de répandre la bonne nouvelle dans tout l’empire. L’apôtre Paul a sans doute parcouru de nombreux kilomètres sur ces routes (Col 1:23). Ce dessin illustre la conception classique des routes romaines pavées de pierres. Pour commencer, on définissait le tracé. Ensuite, des ouvriers creusaient une tranchée et la remplissaient de couches de base successives, faites de pierres, de mortier et de sable. Puis les ouvriers pavaient la route avec de grandes dalles en pierre et installaient des bordures de pierres pour garder le pavage en place. Les matériaux utilisés et la forme bombée de la route permettaient à l’eau de ruisseler sur les côtés. L’eau s’écoulait alors dans des trous d’évacuation, aménagés à intervalles réguliers dans les bordures, et se déversait dans des rigoles qui longeaient la route. Les ouvriers faisaient un si bon travail que certaines de leurs routes existent encore aujourd’hui. Toutefois, la plupart des routes de l’Empire romain n’étaient pas d’une conception aussi sophistiquée ; elles étaient simplement faites de gravier tassé.

Rome à l’époque de Paul
Rome à l’époque de Paul

Rome, la capitale de l’Empire romain, se trouvait au bord du Tibre ; elle a été construite sur sept collines. À mesure que l’empire prospérait, la ville s’est agrandie. Au milieu du 1er siècle de n. è., la population de Rome s’élevait peut-être à un million d’habitants, parmi lesquels figurait une importante communauté juive. Les premiers chrétiens de Rome étaient probablement des juifs et des prosélytes qui se trouvaient à Jérusalem à la Pentecôte 33 et qui avaient entendu l’enseignement de Pierre et des autres disciples. Ces nouveaux disciples ont certainement ramené la bonne nouvelle avec eux quand ils sont rentrés à Rome (Ac 2:10). Dans sa lettre aux Romains, écrite vers 56, Paul a dit qu’on parlait de la foi de ces disciples de Rome « dans le monde entier » (Rm 1:7, 8). Cette vidéo offre une représentation artistique de quelques particularités de Rome, telle qu’elle se présentait à l’époque de Paul.

1. Via Appia

2. Cirque Maxime

3. Mont palatin et palais de César

4. Temple de César

5. Théâtres

6. Panthéon

7. Tibre

La voie Appienne
La voie Appienne

Cette photographie représente un tronçon de la voie Appienne, ou via Appia, toujours visible en Italie. Bien que le nom de cette route ne soit pas cité dans la Bible, il est probable que ce soit cet axe que Paul a emprunté lorsqu’il s’est rendu à Rome. Le premier tronçon de cette route a été construit en 312 av. n. è. La voie Appienne a ensuite été prolongée et a fini par relier Rome à Brundisium vers 244 (voir carte). Pour aller à la rencontre de Paul, les frères de Rome se sont déplacés en direction du S jusqu’à Trois-Auberges et à Marché-d’Appius, deux localités situées sur la voie Appienne (Ac 28:15). Marché-d’Appius se trouvait à environ 65 km de Rome, et Trois-Auberges à une cinquantaine de kilomètres de la ville.

1. Rome

2. Trois-Auberges

3. Marché-d’Appius

4. Voie Appienne

5. Brundisium (aujourd’hui Brindisi)

L’empereur Néron
L’empereur Néron

Cette pièce en or, frappée vers 56-57 de n. è., représente le visage de Néron, qui a dirigé l’Empire romain de 54 à 68. Néron est le César devant lequel Paul a comparu après son arrestation injustifiée à Jérusalem et son incarcération à Césarée d’environ 56 à 58. Il semble qu’après le premier emprisonnement de Paul à Rome (vers 59), Néron l’a déclaré innocent et l’a libéré (vers 61). En 64, Rome a été ravagée par un grand incendie qui a détruit un quart de la ville, et certains ont accusé Néron d’avoir provoqué cette catastrophe. Pour détourner les soupçons, il a rejeté la faute sur les chrétiens, ce qui a suscité contre eux une vague de persécutions violentes de la part des autorités. C’est probablement à ce moment-​là (vers 65) que Paul a de nouveau été incarcéré à Rome, pour finalement être exécuté.