Deuxième lettre aux Corinthiens 11​:​1-33

11  Je voudrais que vous supportiez de ma part un peu de folie. Et effectivement, vous me supportez ! 2  Car je suis jaloux pour vous d’une jalousie qui vient de Dieu ; je vous ai, en effet, personnellement promis en mariage à un seul mari, et je veux vous présenter au Christ comme une vierge pure+. 3  Mais j’ai peur que d’une manière ou d’une autre — comme le serpent a séduit Ève par sa ruse+ — votre intelligence se corrompe et s’écarte de la sincérité et de la pureté qui sont dues au Christ+. 4  Et en effet, si quelqu’un vient prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché — ou si vous recevez un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou une autre bonne nouvelle que celle que vous avez acceptée+ —, vous supportez sans problème un tel homme. 5  Pourtant, j’estime que je ne me suis montré inférieur en rien à vos super-apôtres+. 6  Même si je ne m’exprime pas très bien+, je ne manque certainement pas de connaissance+ ; d’ailleurs, nous vous l’avons montré de bien des manières et en toutes choses. 7  J’ai été heureux de vous annoncer la bonne nouvelle de Dieu sans qu’il vous en coûte rien. Ai-​je commis un péché en m’abaissant ainsi pour que vous soyez élevés+ ? 8  J’ai démuni d’autres assemblées en acceptant d’elles de quoi vivre afin de vous servir+. 9  Pourtant, quand j’étais parmi vous et que je me suis trouvé dans le besoin, je n’ai été un fardeau pour personne, car les frères qui sont venus de Macédoine ont largement pourvu à mes besoins+. Oui, j’ai veillé à ne pas être un fardeau pour vous en quoi que ce soit et je continuerai d’y veiller+. 10  Aussi vrai que la vérité de Christ est en moi, je continuerai de le dire avec fierté+ dans les régions d’Achaïe. 11  Pourquoi ? Parce que je ne vous aime pas ? Dieu sait que si+. 12  Mais ce que je fais, je continuerai de le faire+, afin que ceux qui cherchent un prétexte pour être considérés comme nos égaux dans les choses dont ils se vantent ne puissent pas avoir un tel prétexte. 13  Car ces hommes sont de faux apôtres, des individus* qui trompent les autres et qui se déguisent en apôtres de Christ+. 14  Et il n’y a rien d’étonnant à cela, car Satan lui-​même se déguise tout le temps en ange de lumière+. 15  Ce n’est donc pas extraordinaire si ses serviteurs aussi se déguisent tout le temps en serviteurs de la justice. Mais ils auront la fin qu’ils méritent, selon leurs œuvres+. 16  Je le répète : que personne ne pense que je suis déraisonnable. Et même si vous le pensez, acceptez-​moi comme quelqu’un de déraisonnable pour que je puisse moi aussi me vanter un peu+. 17  Ce que je dis maintenant, je ne le dis pas comme l’aurait fait le Seigneur, mais comme le ferait une personne déraisonnable, qui serait trop sûre d’elle et se vanterait. 18  Puisque beaucoup se vantent pour des raisons humaines, je vais me vanter moi aussi. 19  Vous êtes tellement « raisonnables » que vous supportez volontiers les gens déraisonnables. 20  Oui, vous supportez quiconque vous réduit en esclavage, quiconque prend, et même dévore, tout ce que vous possédez, quiconque s’élève au-dessus de vous ou vous frappe au visage. 21  Nous avons honte de le dire, car cela peut donner l’impression que nous nous sommes montrés faibles. Mais si d’autres se montrent courageux — je parle de façon déraisonnable —, moi aussi je me montre courageux+. 22  Ils sont Hébreux ? Moi aussi+. Ils sont Israélites ? Moi aussi. Ils sont la descendance d’Abraham ? Moi aussi+. 23  Ils sont ministres de Christ ? Comme un fou, je réponds que je le suis de façon plus remarquable : j’ai travaillé plus qu’eux+, j’ai été jeté en prison plus souvent qu’eux+, j’ai reçu un nombre incalculable de coups et, bien des fois, j’ai frôlé la mort+. 24  Cinq fois j’ai reçu des Juifs 40 coups moins un+, 25  trois fois j’ai été battu à coups de baguettes+, une fois j’ai été lapidé+, trois fois j’ai fait naufrage+, je suis resté une nuit et un jour en pleine mer ; 26  souvent en voyage, en danger à cause des fleuves, en danger à cause des voleurs, en danger à cause des gens de mon peuple+, en danger à cause des nations+, en danger dans la ville+, en danger dans le désert, en danger en mer, en danger parmi les faux frères ; 27  j’ai connu le travail pénible et les efforts, beaucoup de nuits sans sommeil+, la faim et la soif+, l’absence fréquente de nourriture+, le froid et le manque de vêtements. 28  En plus de ces choses extérieures, il y a ce qui me préoccupe chaque jour*, mon inquiétude pour toutes les assemblées+. 29  Qui est faible sans que je sois faible ? Qui trébuche sans que je m’enflamme de colère ? 30  Si je dois me vanter, je me vanterai des choses qui montrent que je suis faible. 31  Le Dieu et Père du Seigneur Jésus, Celui qu’on doit louer pour toujours, sait que je ne mens pas. 32  À Damas, le gouverneur du roi Arétas faisait garder la ville des Damascènes pour m’arrêter, 33  mais on m’a fait descendre dans un panier par une fenêtre de la muraille+, et je lui ai échappé.

Notes

Litt. « ouvriers ».
Ou « ce qui m’assaille de jour en jour ».

Notes d'étude

un peu de folie : Paul comprenait qu’en se vantant, il pourrait donner l’impression de faire preuve de folie, autrement dit d’être déraisonnable (2Co 11:16). Mais tout au long de la partie finale de 2 Corinthiens, il va se sentir obligé de défendre sa légitimité en tant qu’apôtre. (En fait, en 2Co 11 et 12, Paul va employer huit fois les mots grecs aphrôn et aphrosunê, rendus par « [personne] déraisonnable », « de façon déraisonnable » et « folie » : en 2Co 11:1, 16, 17, 19, 21 ; 12:6, 11.) Les « super-apôtres » faisaient beaucoup de tort à l’assemblée en minant le respect dû à Paul et à son enseignement. Par leur attitude, ces faux enseignants obligeaient Paul à se vanter pour faire valoir l’autorité que Dieu lui avait confiée (2Co 10:10 ; 11:5, 16 ; voir note d’étude sur 2Co 11:5). Dans ces circonstances, sa réaction n’était absolument pas un signe de folie.

je suis jaloux pour vous d’une jalousie qui vient de Dieu : Le verbe grec rendu par « je suis jaloux » ainsi que le nom qui correspond à « jalousie » expriment tous les deux l’idée d’une émotion intense qui peut être soit bienveillante, soit malveillante. Dans ce verset, ils ont une connotation positive. Tous les deux expriment l’idée de s’intéresser sincèrement aux autres et de rechercher leur bien avec ardeur, une attitude qui témoigne d’une affection authentique. C’est ce genre de souci légitime que Paul éprouvait pour ses frères et sœurs oints de l’esprit. Il les compare à une vierge pure promise en mariage à un seul mari, Jésus Christ. Paul voulait protéger jalousement tous les membres de l’assemblée pour qu’ils ne subissent aucun dommage spirituel ; ils pourraient ainsi se présenter sans défaut à Christ. Employée dans ce sens, l’expression « jalousie qui vient de Dieu [litt. « zèle de Dieu »] » laisse entendre que Jéhovah porte à ceux qu’il aime un intérêt sincère, mais aussi qu’il souhaite vivement les protéger du danger (pour un exemple de connotation négative du verbe grec rendu par « être jaloux », voir note d’étude sur 1Co 13:4).

pure : Ou « chaste ». L’épouse du Christ se compose de 144 000 chrétiens oints de l’esprit qui veillent individuellement à préserver leur virginité symbolique en se tenant séparés du monde et en gardant leur pureté dans les domaines de la moralité et de la doctrine (Ré 14:1, 4 ; cf. 1Co 5:9-13 ; 6:15-20 ; Jc 4:4 ; 2J 8-11 ; Ré 19:7, 8).

super-apôtres : Paul emploie ici une expression que l’on pourrait aussi traduire par « apôtres par excellence » ou « archi-apôtres ». Il l’emploie un peu par dérision pour désigner les hommes arrogants qui s’estimaient apparemment supérieurs aux apôtres que Jésus lui-même avait choisis. Il les appelle aussi « faux apôtres » parce qu’ils étaient en réalité des serviteurs de Satan (2Co 11:13-15). Ils enseignaient leur propre version de la bonne nouvelle concernant le Christ (2Co 11:3, 4). De plus, ils dénigraient et calomniaient Paul, remettant en cause l’autorité qu’il avait reçue de Dieu en sa qualité d’apôtre.

démuni : Litt. « dépouillé ». Le verbe grec sulaô est souvent employé pour évoquer la prise d’un butin lors d’une guerre. Paul emploie ici ce verbe très évocateur dans un sens figuré ; il s’exprime par exagération pour appuyer son idée. Paul n’avait rien commis de frauduleux en acceptant un soutien d’autres assemblées. En fait, il répond ici aux attaques des chrétiens de Corinthe qu’il appelle les super-apôtres ; ces hommes l’accusaient de profiter matériellement des frères et sœurs de l’assemblée (2Co 11:5). Alors qu’il séjournait dans cette ville, il s’était à un certain moment « trouvé dans le besoin », mais il semble que l’assemblée locale ne lui était pas venue en aide, alors que certains de ses membres étaient apparemment riches. Ce sont au contraire les frères de Macédoine, bien moins aisés, qui ont pourvu à ses besoins (2Co 11:9). Par ailleurs, Paul dit qu’il n’a pas « commis un péché » en s’abaissant, une possible allusion au fait qu’il a fabriqué des tentes pour avoir de quoi vivre tout en effectuant son ministère (2Co 11:7). Ainsi, c’est peut-être avec une pointe d’ironie qu’il écrit qu’il a « dépouillé » d’autres assemblées en acceptant leur soutien financier alors même qu’il se dépensait au service des Corinthiens.

de quoi vivre : Ou « un soutien ». Le mot grec opsônion désigne littéralement une somme d’argent. En Lc 3:14 (voir note d’étude), il est employé comme un terme militaire pour désigner la solde d’un soldat, son allocation. Dans le contexte de ce verset, Paul l’utilise pour parler du modeste soutien matériel qu’il avait reçu d’autres assemblées pour couvrir ses besoins tandis qu’il séjournait à Corinthe. (Pour des explications sur les autres occurrences de ce mot grec, voir notes d’étude sur Rm 6:23 ; 1Co 9:7.)

ne puissent pas avoir un tel prétexte : Paul refusait toute aide financière venant de l’assemblée de Corinthe (2 Co 11:9). Il semble par contre que les « super-apôtres » de Corinthe acceptaient un tel soutien (2Co 11:4, 5, 20). En fait, ils cherchaient juste un « prétexte », un fondement, ‘pour être considérés comme les égaux’ de Paul. Ils allaient jusqu’à dire que Paul ne pouvait pas être un véritable apôtre, puisqu’il exerçait une activité professionnelle (2Co 11:7). Les choses dont ils se vantent désignent peut-être les arguments qu’ils avançaient pour se prétendre apôtres. Plus loin dans ce chapitre et dans le chapitre 12, pour prouver que leurs revendications n’avaient pas de fondement solide, Paul va souligner les raisons pour lesquelles lui-même était pleinement qualifié pour exercer son apostolat. Avec franchise, il affirmera aussi que les « super-apôtres » étaient en réalité de ‘faux apôtres, qui se déguisaient en apôtres de Christ’ (2Co 11:13).

pour des raisons humaines : Litt. « selon la chair ». C.-à-d. se vantent de leur situation personnelle.

Hébreux […] Israélites […] la descendance d’Abraham : Dans ce verset, Paul donne des détails sur ses origines, peut-être parce qu’à Corinthe certains de ses détracteurs se vantaient de leurs racines et de leur identité juives. Premièrement, il rappelle qu’il est Hébreu, peut-être pour faire ressortir que parmi ses ancêtres figuraient des hommes éminents de la nation juive comme Abraham et Moïse (Gn 14:13 ; Ex 2:11 ; Php 3:4, 5). Peut-être faisait-il aussi allusion à sa capacité à s’exprimer en hébreu (Ac 21:40 – 22:2 ; 26:14, 15). Deuxièmement, Paul dit qu’il est Israélite, terme parfois employé au 1er siècle pour désigner les Juifs (Ac 13:16 ; Rm 9:3, 4). Troisièmement, Paul dit expressément qu’il descend d’Abraham. Il souligne ainsi qu’il fait partie de ceux qui devaient être les héritiers des promesses que Dieu avait faites à Abraham (Gn 22:17, 18). Toutefois, Paul n’accordait pas une importance exagérée à son héritage juif (Php 3:7, 8).

la descendance : Ou « descendants ». Litt. « la semence » (voir app. A2).

j’ai reçu des Juifs 40 coups moins un : La Loi de Moïse prévoyait que les malfaiteurs soient battus, mais elle précisait qu’il était interdit d’infliger à un condamné plus de 40 coups pour qu’il ne soit pas « déshonoré » (Dt 25:1-3). Une tradition juive avait réduit le nombre de coups à 39 afin d’éviter que l’on dépasse par inadvertance la limite prévue. Paul avait subi la peine maximale, ce qui indique que les Juifs considéraient qu’il avait commis des délits graves. Il avait sans doute subi les châtiments dont il parle ici dans des synagogues ou dans leurs dépendances servant de tribunaux locaux (voir note d’étude sur Mt 10:17). Les autorités non juives qui ont parfois infligé des châtiments corporels à Paul n’étaient, quant à elles, pas concernées par les limites que définissait la Loi de Moïse (voir note d’étude sur 2Co 11:25).

trois fois j’ai été battu à coups de baguettes : Il s’agissait là d’un type de châtiment souvent infligé par les autorités romaines. Le livre des Actes ne mentionne qu’une des « trois fois » où Paul a ainsi été battu. Cet épisode avait eu lieu à Philippes, avant qu’il écrive sa deuxième lettre aux Corinthiens (Ac 16:22, 23). À noter que Paul a aussi été battu par des Juifs à Jérusalem, mais le récit ne précise pas si c’était à coups de baguettes (Ac 21:30-32). Quoi qu’il en soit, les destinataires de sa lettre, qui habitaient à Corinthe, une colonie romaine, savaient certainement à quel point ce châtiment était brutal. Il était également humiliant, puisqu’on commençait par arracher les vêtements du condamné (cf. 1Th 2:2). Un citoyen romain, ce qu’était Paul, ne pouvait normalement pas être puni de cette façon. C’est pourquoi il a signalé aux magistrats de Philippes qu’ils avaient bafoué ses droits (voir notes d’étude sur Ac 16:35, 37).

lapidé : Paul fait très probablement allusion ici à l’incident qui a eu lieu à Lystre et dont le récit figure en Ac 14:19, 20. La lapidation était une méthode de mise à mort prévue par la Loi de Moïse (Lv 20:2). Toutefois, la lapidation que Paul a subie à Lystre a sans doute été provoquée par un débordement de foule auquel ont pris part des Juifs fanatiques et peut-être aussi des Gentils. L’objectif était clairement de le tuer ; d’ailleurs, après l’avoir lapidé, ses assaillants pensaient qu’il était mort. Paul a certainement gardé des cicatrices permanentes de toutes les brutalités qu’il a subies, comme celles dont il parle dans ce passage.

trois fois j’ai fait naufrage : La Bible raconte de manière détaillée un naufrage que Paul a vécu, mais cet épisode a eu lieu après la rédaction de la deuxième lettre aux Corinthiens (Ac 27:27-44). Paul voyageait souvent par mer (Ac 13:4, 13 ; 14:25, 26 ; 16:11 ; 17:14, 15 ; 18:18-22). Il a donc eu de nombreuses occasions de subir ce genre de mésaventures. Paul fait sans doute allusion aux conséquences d’un de ces naufrages quand il écrit : je suis resté une nuit et un jour en pleine mer (litt. « dans l’abîme »). Il était peut-être resté agrippé à un débris du navire pendant toute une nuit et toute une journée, balloté par une mer déchaînée, avant d’être secouru ou rejeté sur le rivage. Toutefois, ces évènements terribles ne l’ont jamais dissuadé de continuer à voyager par mer.

en danger à cause des fleuves, en danger à cause des voleurs : Le mot rendu par « fleuves » dans ce verset est rendu par « inondation » en Mt 7:25, 27. Dans certaines régions comme la Pisidie, que Paul a traversée pendant son premier voyage missionnaire, les rivières débordaient souvent après les épisodes pluvieux, ce qui transformait les ravins en torrents impétueux et meurtriers. Cette région montagneuse avait également la sombre réputation d’abriter des bandes de brigands. Paul était disposé à affronter tous ces dangers, non parce qu’il était téméraire, mais parce qu’il se soumettait aux orientations que Dieu donnait à son ministère (Ac 13:2-4 ; 16:6-10 ; 21:19). Il se souciait bien plus de proclamer la bonne nouvelle que d’assurer son propre confort et sa sécurité (cf. Rm 1:14-16 ; 1Th 2:8).

le manque de vêtements : Litt. « la nudité ». Le mot grec gumnotês peut signifier « manque de vêtements adéquats » (cf. Jc 2:15 ; note). Quand Paul dit qu’il a connu « le froid et le manque de vêtements », il décrit des épreuves qu’il a probablement vécues dans le cadre de son ministère, par exemple lorsqu’il lui arrivait de parcourir des régions froides en périodes d’intempéries, de traverser des cours d’eau glacés, de se faire dépouiller par des brigands, d’être détenu dans des prisons glaciales ou de subir d’autres persécutions (voir note d’étude sur 1Co 4:11).

mon inquiétude : Le mot grec mérimna, rendu ici par « inquiétude », peut aussi être traduit par « angoisse », « souci ». On notera que Paul mentionne ce point juste après avoir énuméré quantité de dangers et d’épreuves qu’il a affrontés ; ce détail souligne à quel point il se faisait du souci pour ses frères et sœurs (2Co 11:23-27). Comme il restait en contact avec un certain nombre de ses frères, il était au courant de la condition spirituelle des chrétiens de diverses assemblées (2Co 7:6, 7 ; Col 4:7, 8 ; 2Tm 4:9-13). Et l’une de ses principales préoccupations était que tous restent fidèles à Dieu jusqu’à la fin (le verbe mérimnaô, apparenté à mérimna, est employé dans un sens similaire en 1Co 12:25 ; voir note d’étude).

trébuche : Voir lexique.

Celui qu’on doit louer pour toujours : Les formes grammaticales grecques utilisées dans cette expression permettent de conclure que le mot « Celui » désigne Jéhovah, le « Dieu et Père », et non le « Seigneur Jésus ». On trouve ce même genre de formules de louange à Dieu en Lc 1:68 (voir note d’étude) ; en Rm 1:25 ; 9:5 ; 2Co 1:3 ; en Éph 1:3 ; et en 1P 1:3.

le gouverneur : Ou « l’ethnarque ». Litt. « le chef d’un peuple ». Le mot grec éthnarkhês, rendu ici par « gouverneur », ne se rencontre nulle part ailleurs dans les Écritures grecques chrétiennes. Il désigne une fonction inférieure à celle d’un roi, mais supérieure à celle d’un tétrarque (chef d’un quart de province) (voir note d’étude sur Mt 14:1). Toutefois, au fil des siècles, le mot a eu diverses significations. Le gouverneur mentionné dans ce verset agissait comme représentant du roi Arétas à Damas, mais on ignore quelle était sa nationalité et en quoi consistaient exactement ses attributions.

roi Arétas : Arétas IV était un roi arabe qui a régné d’environ 9 av. n. è. à 40 de n. è. Son royaume avait pour capitale la ville nabatéenne de Pétra, située au S de la mer Morte, mais Arétas exerçait aussi une certaine autorité sur Damas. Paul raconte ici un épisode qui a eu lieu peu après sa conversion au christianisme. Le récit que Luc en fait dans les Actes dit que ‘les Juifs complotèrent de supprimer Paul’ (Ac 9:17-25). Paul, lui, attribue ce projet au gouverneur, ou ethnarque, de Damas, qui était au service d’Arétas. Toutefois, il n’y pas de contradiction entre les récits de Luc et de Paul. Comme l’explique un ouvrage de référence, « les Juifs avaient fourni le mobile, et l’ethnarque avait mis à disposition ses soldats ».

panier : Ou « panier d’osier ». Racontant sa fuite aux chrétiens de Corinthe, l’apôtre Paul utilise le mot grec sarganê, qui se rapporte à un panier fait de cordes tressées ou de petites branches entrelacées. Ce genre de panier servait peut-être à transporter du foin, de la paille ou de la laine en grande quantité (voir note d’étude sur Ac 9:25).

par une fenêtre : Dans la description du même épisode, le texte grec d’Ac 9:25 dit littéralement : « à travers la muraille ». Toutefois, puisque qu’ici, en 2Co 11:33, le texte grec mentionne explicitement une « fenêtre », l’option de traduction « par une ouverture de la muraille » se justifie tout à fait en Ac 9:25. Certains biblistes émettent l’hypothèse qu’un des disciples avait une maison construite contre la muraille et que c’est par une fenêtre de cette maison qu’on avait fait descendre Paul.

Documents multimédias

Saul et Damas
Saul et Damas

Cette image montre à quoi ressemblait probablement le plan général de la ville de Damas au 1er siècle de n. è. Damas était un important centre d’affaires, et les eaux dérivées du Barada tout proche (l’Abana de 2R 5:12) faisaient des environs de la ville une véritable oasis. Damas comptait plusieurs synagogues. Saul a voulu se rendre dans cette ville afin d’arrêter « tous les membres du Chemin qu’il trouverait », « les membres du Chemin » désignant les disciples de Jésus (Ac 9:2 ; 19:9, 23 ; 22:4 ; 24:22). Mais, sur la route de Damas, Jésus glorifié est apparu à Saul. Après cela, Saul est resté quelque temps à Damas, chez un homme nommé Judas, qui habitait dans une maison de la rue Droite (Ac 9:11). Dans une vision, Jésus a ordonné au disciple Ananias d’aller chez Judas pour rendre la vue à Saul, puis Saul s’est fait baptiser. Finalement, au lieu d’arrêter les chrétiens d’origine juive, il est devenu l’un d’entre eux. Saul a commencé sa carrière de proclamateur de la bonne nouvelle dans les synagogues de Damas. Après être allé en Arabie et être revenu à Damas, il est retourné à Jérusalem, probablement vers l’an 36 (Ac 9:1-6, 19-22 ; Ga 1:16, 17).

A. Damas

1. Route vers Jérusalem

2. Rue Droite

3. Agora

4. Temple de Jupiter

5. Théâtre

6. Odéon (bâtiment consacré aux spectacles musicaux) (?)

B. Jérusalem

Pièce de monnaie frappée par le roi Arétas IV
Pièce de monnaie frappée par le roi Arétas IV

Les deux faces de cette pièce de monnaie en argent, frappée vers 21 de n. è., représentent le roi arabe Arétas IV. Les pièces de cette série portaient comme inscription cette titulature (reproduite partiellement sur la photo de gauche) : « Arétas, roi des Nabatéens, qui aime son peuple. » La capitale du royaume nabatéen était Pétra, située au S de la mer Morte, dans l’actuelle Jordanie (voir app. B10, B13). Arétas a régné d’environ 9 av. n. è. à 40 de n. è. Il est mentionné une seule fois dans la Bible, dans l’épisode qui rapporte que Paul, se trouvant à Damas vers 34-36 de n. è., a commencé à prêcher le message chrétien. À cette époque-là, Damas dépendait d’une certaine manière de l’autorité d’Arétas IV. Le gouverneur dont Paul parle en 2Co 11:32 agissait apparemment comme représentant du roi Arétas dans cette ville (voir note d’étude sur 2Co 11:32). Durant son règne, Arétas a frappé une énorme quantité de pièces en argent et en bronze, dont beaucoup ont été retrouvées loin de l’antique royaume de Nabatène. Ces pièces qui portent son nom confirment qu’il y a bien eu un personnage historique du nom d’Arétas qui a été roi à l’époque où a vécu l’apôtre Paul.

Pétra : capitale des Nabatéens
Pétra : capitale des Nabatéens

On voit sur ces photos les ruines de Pétra, située au S de la mer Morte, dans l’actuelle Jordanie. Cette ville était la capitale du royaume nabatéen dont un des rois, Arétas IV, mentionné en 2Co 11:32 (voir note d’étude), a régné d’environ 9 av. n. è. à 40 de n. è. (voir app. B10, B13). Au 1er siècle de n. è., cela faisait déjà plusieurs centaines d’années que Pétra était la capitale des Nabatéens, une tribu arabe. Les ruines de Pétra témoignent de sa prospérité passée et portent les traces de l’influence gréco-romaine, alors que cette ville se trouvait loin de tout au milieu d’un désert. Pétra était pour ainsi dire imprenable, car elle est située à l’intérieur d’un cirque de montagnes escarpées. Les Nabatéens ont taillé dans la roche leurs maisons, leurs tombes, leurs temples et même un théâtre. Les montagnes de grès rose qui entourent Pétra se prêtaient bien à ce type de construction inhabituel. Certains de ces édifices troglodytiques possédaient une façade richement ornée. La ville disposait également d’un réseau de canalisations, de citernes et de réservoirs qui permettait de récupérer et de stocker les eaux de pluie saisonnières. Au 1er siècle de n. è. encore, les habitants de la ville faisaient commerce de produits comme l’encens et la myrrhe. Pétra se situait à la croisée des routes caravanières, ce qui facilitait grandement les échanges commerciaux et a contribué à sa richesse.