Les habitants de l’est de l’Ukraine font quotidiennement face à des situations qui perturbent leur vie et entretiennent l’incertitude et la peur. Le conflit en cours dans la région génère également un sentiment accru d’anxiété parmi les Témoins de Jéhovah, car à l’insécurité ambiante s’ajoute une discrimination religieuse alarmante. Des hommes armés ont saisi des Salles du Royaume (lieux de culte). Ils leur ont dit que la religion orthodoxe est la seule qui est reconnue en Ukraine, et qu’ils avaient l’intention de « déraciner les Témoins de Jéhovah » de l’est de l’Ukraine.

Des Salles du Royaume saisies

Entre juin 2014 et novembre 2016, des groupes armés ont saisi par la force 18 Salles du Royaume, dans le but de les convertir en casernes militaires ou autres. La plupart de ces saisies ont eu lieu lorsque le conflit prenait de l’ampleur en 2014, mais récemment, d’autres Salles du Royaume ont également été saisies.

Salle du Royaume saccagée, située au 9 rue Simferopolska à Horlivka.

Le 22 juillet 2016 au matin, des Témoins de Horlivka assistaient à un office dans une Salle du Royaume au 105-A rue Vitchyzniana lorsque des hommes armés ont fait irruption en ordonnant à tout le monde de sortir sur-le-champ. Ils ont ensuite saccagé le bâtiment et l’ont vidé de tous ses meubles et de ses équipements. Le bâtiment avait déjà été confisqué le 29 novembre 2014 mais avait rapidement été abandonné. Les Témoins avaient alors recommencé d’y tenir leurs offices, jusqu’à ce qu’il soit de nouveau saisi le 22 juillet.

Trois jours plus tard, des hommes armés sont entrés dans une autre Salle du Royaume située au 9 rue Simferopolska, à Horlivka. Ces hommes ont pris tout ce qui se trouvait dans la Salle, jusqu’aux radiateurs, et ont même retiré la clôture extérieure. Les assemblées locales qui se réunissaient auparavant dans ce bâtiment ont dû prendre d’autres dispositions pour tenir leurs offices.

Ils continuent de se réunir pour le culte

Certaines assemblées locales qui ont été dépossédées de leur Salle du Royaume se réunissent désormais en petit nombre pour éviter d’attirer l’attention des groupes armés. D’autres Témoins se rendent dans des Salles du Royaume en dehors de la zone de conflit pour assister aux offices, même si les moyens de transports sont rudimentaires, et que cela engendre des frais supplémentaires. Ceux qui ne peuvent pas faire de longues distances en raison de l’âge ou d’une mauvaise santé écoutent les offices par téléphone.

Aux difficultés pour se réunir s’ajoutent celles causées par les combats et les conditions de vie difficiles. Illia Kobel, un porte-parole des Témoins de Jéhovah d’Ukraine déclare : « Comme leurs voisins, les Témoins qui vivent à proximité de la zone tampon sont moralement épuisés à cause des explosions et des tirs fréquents. Ils rencontrent des problèmes d’argent dus à la hausse des prix et à de faibles revenus. Malgré tout, ils continuent de se réunir pour le culte avec leurs coreligionnaires ».

Les Témoins reprennent possession de certaines Salles du Royaume

Les Témoins sont heureux de pouvoir réutiliser comme lieux de culte six des bâtiments qui avaient été saisis. Même si ces salles ont subi des dommages, les Témoins de la région ont uni leurs efforts pour les remettre en état afin d’y tenir de nouveau leurs offices. Un septième bâtiment a été tellement ravagé qu’il n’est pas encore utilisable.

Une assemblée locale qui s’était fait déposséder de son lieu de culte dans la région de Louhansk en septembre 2014 a de nouveau pu y tenir des offices environ un an plus tard. Un ministre du culte local, Anatoliy Danko a exprimé les sentiments de beaucoup par ces mots : « Dans des moments comme ceux-là, nous prenons pleinement conscience que notre congrégation est notre famille. Après une longue séparation, nous sommes rentrés à la maison. »

Neutres face au conflit

Les Témoins de Jéhovah sont connus mondialement pour leur neutralité dans les affaires politiques : ils ne prennent parti dans aucun conflit. Les Témoins qui habitent dans l’est de l’Ukraine ne font pas exception. Ils attendent avec impatience le moment où ils pourront vivre en paix avec leur famille et leurs voisins et pratiquer leur religion sans entrave.