Il y a vingt ans, les autorités d’Érythrée ont arrêté trois jeunes hommes. Ils ont été incarcérés dans de terribles conditions à la prison militaire de Sawa, où ils sont toujours détenus à l’heure actuelle. Ils n’ont été reconnus coupables d’aucun crime et ils n’ont jamais eu la possibilité de se défendre devant un tribunal. Pourquoi sont-ils injustement emprisonnés ?

Paulos Eyasu, Negede Teklemariam et Isaac Mogos sont Témoins de Jéhovah. Ils refusent d’effectuer leur service militaire en raison de leurs profondes convictions religieuses. S’ils avaient été officiellement inculpés du « crime » d’objection de conscience, ils auraient été condamnés à des peines de prison d’une durée précise. Paulos, Negede et Isaac, aujourd’hui âgés respectivement de 41, 40 et 38 ans, ont passé leur jeunesse en prison. On les a privés du droit de se marier, d’avoir des enfants, de prendre soin de leurs parents âgés ou de vivre leur vie comme ils le souhaitaient. On les a aussi empêchés de pratiquer leur culte avec leurs coreligionnaires.

Après leur arrestation le 24 septembre 1994, Paulos, Negede et Isaac ont été maltraités, et parfois même torturés, par le personnel de la prison de Sawa. Depuis quelques années cependant, ces mauvais traitements ont pris fin. La ferme détermination de ces trois hommes à rester attachés à leurs convictions religieuses leur a valu le respect des gardiens de prison.

D’autres Témoins détenus dans de terribles conditions

L’Érythrée est le pays du monde où les Témoins subissent la persécution la plus intense. Au moment de la rédaction de cet article, 73 Témoins sont en prison, y compris des femmes, des enfants et des personnes âgées. Beaucoup souffrent du climat très rude, d’un manque de nourriture équilibrée et d’un manque d’eau. Et ils sont maltraités par des gardiens de prison. Trois autres Témoins sont détenus depuis plus de dix ans à Sawa. Mais Paulos, Negede et Isaac sont incarcérés depuis plus longtemps que n’importe quel autre Témoin d’Érythrée.

La communauté internationale demande à l’Érythrée d’arrêter la persécution religieuse

La communauté internationale est bien au courant des mauvais traitements infligés aux Témoins de Jéhovah d’Érythrée et aux autres minorités religieuses.

  • Chaque année depuis 2004, le ministère américain des Affaires étrangères classe l’Érythrée parmi les « États source d’inquiétude », c’est-à-dire « tout pays dont le gouvernement commet, ou tolère, des violations particulièrement graves de la liberté de religion, de façon systématique, permanente et flagrante ».

  • Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU se déclare profondément préoccupé par les « graves violations des droits de l’homme commises par les autorités érythréennes contre leur propre population et leurs concitoyens ». Il demande au gouvernement érythréen de « respecter le droit de chacun à la liberté [...] de pensée, de conscience et de religion ou de conviction ».

  • La Commission internationale pour la liberté religieuse aux États-Unis déclare dans son Rapport annuel de 2014 : « La situation en matière de liberté religieuse est particulièrement grave pour [...] les Témoins de Jéhovah. »

  • Dans son Rapport mondial de 2013, l’organisme humanitaire Human Rights Watch constate que le gouvernement d’Érythrée continue d’arrêter, d’emprisonner et de torturer les membres des religions « non reconnues » et que « les Témoins de Jéhovah sont particulièrement la cible » des autorités.

  • En décembre 2005, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a adopté la Résolution sur la situation des droits de l’homme en Érythrée, qui appelait le gouvernement d’Érythrée « à garantir à tout moment le droit à un procès équitable, les libertés d’opinion et d’expression ainsi que le droit de réunion pacifique ».

Philip Brumley, avocat conseil des Témoins de Jéhovah à New York, parle au nom des Témoins de Jéhovah du monde entier lorsqu’il dit : « Nous espérons sincèrement que le gouvernement d’Érythrée va libérer tous les Témoins emprisonnés, y compris ces trois hommes détenus depuis 20 ans, et mettre un terme à la persécution de nos coreligionnaires. »