La première génération de jeunes Témoins arméniens à bénéficier du service civil de remplacement remplit sa mission avec zèle. La génération précédente encourait des peines de prison pour objection de conscience au service militaire. Mais, en 2013, la République d’Arménie a modifié sa constitution pour mettre en place un service civil de remplacement. À ce jour, plus de 200 Témoins ont été inscrits à ce programme. Fin juin 2016, 16 Témoins avaient terminé leur service civil.

Le service civil de remplacement : une réussite

Les premiers jeunes Témoins à avoir terminé leur service civil avaient été, dans un premier temps, emprisonnés pour avoir refusé de rejoindre l’armée. Quand la nouvelle loi est entrée en vigueur, ces Témoins ont bénéficié du service civil de remplacement. En janvier 2014, ils ont commencé leur service en tant que paysagistes, agents de propreté urbaine, membres d’une équipe médicale ou travailleurs sociaux dans d’autres domaines d’activité.

Les jeunes hommes qui ont terminé leur service civil sont reconnaissants au gouvernement de leur avoir donné l’occasion de travailler pour la collectivité, comme participer à l’embellissement de leur localité ou prendre soin des personnes dans le besoin. Grâce à ce programme, ces jeunes hommes peuvent continuer à travailler en tant que citoyens actifs sans avoir à subir les préjudices liés à un casier judiciaire.

Davit Arakelyan, âgé de 22 ans, a terminé son service civil en tant qu’agent de service hospitalier dans une maison de retraite. Il raconte : « Le service civil de remplacement m’a aidé à être plus sérieux, responsable et consciencieux. J’ai été heureux de m’acquitter de ma mission en apportant une aide concrète aux autres. La direction et toute l’équipe de la maison de retraite, et même quelques pensionnaires, nous ont félicités pour notre travail. » Mikhayil Manasyan, lui aussi âgé de 22 ans, a été affecté au ministère des Situations d’urgence. Il a dit : « J’ai appris un nouveau métier grâce au service civil, et je peux maintenant continuer dans cette branche. Ça m’a aussi permis d’effectuer mon service national sans transiger avec ma conscience. »

L’exemple de l’Arménie peut-il pousser d’autres pays à mettre en place un service civil de remplacement ?

Récemment, l’Arménie a finalisé la modification de sa constitution afin d’intégrer le droit à l’objection de conscience. L’article 41(3) de la constitution amendée, qui est entrée en vigueur en décembre 2015, déclare : « Tout citoyen pour qui le service militaire entre en conflit avec ses croyances religieuses devrait avoir le droit d’accomplir un service de remplacement selon la procédure prescrite par la loi. » La Commission de Venise du Conseil de l’Europe a félicité l’Arménie d’avoir pris cette mesure. Elle a déclaré : « C’est une excellente façon de protéger la mise en œuvre de la jurisprudence issue de l’affaire Bayatyan c. Arménie *, et il convient de lui rendre hommage. »

Cette mise en place d’un service civil de remplacement permet à l’Arménie de se mettre en conformité avec les normes internationales. L’Arménie est passée d’un régime qui punit les objecteurs de conscience à un régime qui reconnaît leur droit à la liberté de conscience. Les retombées positives de cette mesure offrent un bel exemple aux pays qui continuent de punir les objecteurs de conscience. L’exemple de l’Arménie prouve qu’une telle disposition peut satisfaire tant le gouvernement que ses citoyens.

Tigran Harutyunyan, porte-parole des Témoins de Jéhovah en Arménie, s’est exprimé : « Nous sommes reconnaissants au gouvernement d’avoir pris des mesures concrètes pour garantir les droits fondamentaux de l’homme, dont le droit à l’objection de conscience. Les jeunes Témoins arméniens peuvent maintenant s’acquitter de leurs obligations envers le gouvernement tout en respectant leur conscience et en faisant du bien autour d’eux. »

^ § 8 Le jugement rendu par la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Bayatyan c. Arménie ([GC], no 23459/03, CEDH 2011) a été historique. Pour la première fois, la Cour a jugé que l’objection de conscience au service militaire basée sur des convictions religieuses sincères était protégée par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme (liberté de pensée, de conscience et de religion).